‹ De Quelques Cas d'Anesthésie Généralisée Dans l'HystérieChapitre 11 sur 17 · DESCRIPTION CLINIQUE. CLASSEMENT DES SYMPTOMES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION CLINIQUE. CLASSEMENT DES SYMPTOMES

L'histoire de l’anesthésie généralisée tient tout entière dans les huit observations précédentes. Pour rare que soit l'affection, nous ne craignons plus désormais que la description en semble prématurée ; car les faits sont assez caractéristiques, assez semblables entre eux pour constituer un groupe homogène, digne d'occuper une place dans la nosographie.

Nous avons donné à dessein à la rédaction de ces huit observations un développement tel qu’elles contiennent toute la symptomatologie de l’affection. L’anesthésie généralisée s’y trouve en somme décrite avec tous ses détails et tous ses caractères. Aussi nous bornerons-nous dans ce chapitre à tirer des observations de MM. Strümpell, Krukenberg,

Heyne, Ziemssen, Raymond et Ballet un tableau d'ensemble, aussi schématique que possible.

A) Troubles sensoriels. — Le symptôme capital de l'affection, celui qui par son intensité et sa netteté absolue attire l'attention par dessus tous les autres, c’est l’anesthésie. Par les trois formes qu’elle affecte simultanément : anesthésie tactile, analgésie et thermoanesthésie, elle détruit les trois modes de la sensibilité normale et le revêtement cutané ne transmet plus au malade atteint aucune impression venue du monde extérieur: que l’évo-lution en soit longue ou brève, qu'elle mette des semaines et des mois à s’accomplir, ou qu’au contraire, comme dans lobservation de Heyne (IH), elle se complète en huit jours, toujours elle atteint ce-stade extrême, et la généralisation et l’universalité de la lésion sont nettément relatés dans chacun des cas. Les exemples sont caractéristiques : c’est le malade de Strümpell qui est averti qu'on lui a posé un poids lourd sur la poitrine, non par le contact intime de sa peau et du fardeau, non plus par la compression douloureuse des téguments pris entre la force extérieure et le plan résistant des côles, mais uniquement par un sentiment vague de gêne fonctionnelle ; il se rend compte qu'une cause extérieure empêche la libre expansion de ses côtes et de ses poumons. C’est la malade de M. Raymond (Obs. V) qui, couchée dans son lit et les yeux fermés, n’a plus notion de la

posilion qu'occupent ses membres dans l’espace ou sur la surface du lit, quelle que soit la situation qu'on leur fasse prendre. Tel autre (Obs. If) ne distingue pas au toucher la forme des objets.

L'anesthésie frappe en même temps les ruqueuses, el si les malades sont dans l'ignorance des choses qui touchent, atteignent ou blessent Icur corps, ils ignorent de même ce qui y centre éipcosquirens sort Onne” note pas” d'ailleurs les incontinences d'urine ou de matières fécales, et la miction comme la défécation restent des aëtes volontaires. Mais ce ne sont plus des besoins ; aucune impression par contact des muqueuses recla.e où cyslique ne vient prévenir le malade de la nécessité où de l'opportunité d’une exonération. Hs salisfont à ces devoirs par raison ou par souvenir, par la mémoire des heures ou des jours passés depuis la dernière selle, par exemple ; par une vague impression de pesanteur au périnée. Toujours est-il que les malades ne sentent plus passer ni l’urine ni les matières fécales.

Le passage des aliments par la voie buccale n'est pas perçu davantage, et la mastication, la gustation, la déglutition sont désormais des actes qui s’accomplissent sans qu'aucune impression parvienne aux centres qui renseigne le malade sur la qualité, la nature et la température des aliments ingérés. [] est permis de supposer aussi, quoique. aucun fait d’expérimentation où d'observation di-

Page 1