TRAITEMENT
Nous avons noté au passage dans les observations les essais dé traitement dirigés contre l’anesthésie elle-même. Dans aucun cas la thérapeutique ne semble avoir réussi à atténuer l'affection, encore bien moins à la guérir. Toujours elle évolue pour son propre compte, et la rétrocession des troubles. le retour progressif à la sensibilité normale semblent dus beaucoup plus au temps écoulé qu’à l'intervention et aux ressources de l'art.
Puisque aucur cas de guérison directe n’est venu mettre en vedette une médication précise ou particulière, nous croyons que le mieux sera d’instituer en faveur du malade le traitement général de l'hystérie.
Les antinervins ne semblent agir que comme médicaments suggestifs. En réalité, le traitement
dera êlre avant tout psychique. Avec Charcot, nous attacherons une importance prépondérante à l'isolement. Eloigner le malade de sa famille, l’arracher à un milieu où l’on entretient son mal par des conversations intempestives, des fantaisies qu'on lui passe ; lui faire désirer sa guérison qui le ramènera dans son milieu, tel est le but qu'on se propose en isolant le malade.
La suggestion hypnotique pourra rendre de très grands services. Quoiqu'’elle ait eu des détracteurs acharnés, nous ne pouvons ni ne voulons la rejeter ici, pour en avoir observé les bons effets dans la clinique de M. le professeur Bernheim de Nancy, dont nous nous honorons d’avoir été l'élève. Elle demande seulement un grand taet et une connaissance profonde de lesprit humain.
Elle sera, avec la suggestion à l’état de veille, un levier puissant entre les mains du médecin psychologue.
Nous avons vu chez quelques-uns de nos malades les essais d'hypnotisme échouer. On pourrait peut-être dans ces cas profiter du sommeil provoqué par lrexpérience de Strümpell pour essayer de la suggestion.
CONCEUSIONS
Arrivé au terme de cette étude sur l’anesthésie généralisée, nous croyons pouvoir avancer les proposilions suivantes :
40 La suppression des excitations venues du dehors entraîne un état particulier intermédiaire au sommeil naturel et au sommeil hypnotique ;
20 L'intervention des organes des sens est indispensable pour que les mouvements volontaires s’accomplissent régulièrement ;
30 Les organes peuvent se suppléer dans leur aclion de contrôle sensoriel pour l’accomplissement de ces mêmes mouvements ;
4° Le siège de la conscience musculaire semble se trouver dans un lerriloire de l'écorce cérébrale encore insuffisamment déterminé ;
RE ARRET Li dre L
bit 5° La suppression du contrôle de cette conscience musculaire amène l'impossibilité des mouvementscompliqués, maisles troubles de la motilité
observés dans ce cas n’ont rien de commun avec ceux du tabès,