‹ De Quelques Cas d'Anesthésie Généralisée Dans l'HystérieChapitre 8 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire de l’anesthésie généralisée a eu pour point de départ l'observation presque fortuile et déjà lointaine d’un des phénomènes les plus curieux de celte affection singulière ; les malades atteints deviennent incapables de faire un mouvement, de tenir un objet dans leurs mains, de pro. noncer une parole s'ils viennent à être privés momentanément du secours ou du contrôle de la vue ou de l’ouïe. Charles Bell avait‘le premier, à notre connaissance, il y a 50 ans environ, signalé le fait à propos d’un cas d’anesthésie localisée. Il s'agissait d’une nourrice atteinte d’anesthésie de l'un des membres supérieurs, qui était dans l’impossibilité de maintenir avec un objet ce membre, sitôt qu'elle venait à en détourner la vue. Voici d’ailleurs ce que Gh. Bell en dit: « Aussi longtemps qu'elle regardait son enfant, elle pouvait le

présenter à son sein, du bras qui avait conservé la puissance musculaire; mais si les objets environnants venaient à délourner son attention de la position de son bras, les muscles fléchisseurs de ce dernier se relächaient peu à peu, el l'enfant courait le risque de tomber. »

Duchenne de Boulogne rapporta ensuite dans son Trailé de l'Electrisalion localisée une série de faits qui montrent bien la dépendance sous laquelle les membres se trouvent relativement à la vue dans différents cas d’anesthésie. Il cite notamment l'observation d’une jeune fille hystérique qui « était très maladroite de ses mains, et ne pouvait marcher qu’en regardant ses pieds ». Une nuit, pendant son sommeil, elle tomba de son lit sur le plancher de sa chambre, et se trouva forcée d'y passer le reste de cette nuit dans une position très gênante.

Enfin, Landry publia, dans les Archives générales de Médecine (juillet 1852), l'observation d’un cas analogue.

Depuis, Strumpell et Heyne, en 18. , ont étudié la question de plus près. Strumpell nous a laissé une observation que nous reproduisons plus loin, et qui lui fournit l’occasion de nombreuses expériences dont l’une a gardé son nom. Comme cette expérience est le point de départ de toute l'expérimentation des auteurs cités, et que nous aurons à en faire mention dans la plupart des observa-

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Uons, sinon dans ioutes, nous en donnerons Ja description telle qu’elle a été pratiquée par Strum pell lui-même sur son sujet, un Jeune cordonnier de 15 ans.

En 1891, M. Raymond a fait paraître dans la Revue de Médecine une étude très détaillée de l’anesthésie généralisée, étude à laquelle nous avons dans ce travail fait de larges emprunts. M. Ballet, en 1892, a donné, dans le Progrès médical, une observation et une intéressante discussion des faits qu’il a observés. Enfin, dans le Bullelin médical, il a paru récemment (juin 1893) une nouvelle observation de M. Raymond, et c’est à propos de celte dernière étude que notre éminent maître a bien voulu nous signaler l’opporlunité d’un travail synthétique sur l’ensemble de la question.

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