OBSERVATIONS
OBSERVATION I (Strumpell.)
F. S..., apprenti cordonnier, âgé de 15 ans.
Antécédents personnels : À eu des convulsions dans son enfance. Pendant les quatre dernières années qui ont précédé son entrée à l'hôpital, a souffert d'accès de vertige se terminant par de la céphalalgie et des vomissements. Quinze jours avant son admission, il a eu un nouvel accès qui l'a mis dans l’état où il se trouve actuellement.
Etat actuel, au 21 octobre 1876 :
Le malade, bien ‘conformé, d'apparence robuste, souffre de vertiges incessants, de malaise général, d’anorexie ; éructations continuelles, bluettes dans le champ visuel ; sensibilité intacte, sauf aux avant-bras où l'on observe une diminution notable; démarche titubante.
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Ces symptômes s’'amendent rapidement, ét le malade se trouvant mieux sort le 5 novembre.
Le 17 novembre, S..., qui avait repris son travail, ressent « comm® un coup à travers tous les membres », puis des douleurs épigastriques. Il revient à l'hôpital : sa respiration est irrégulière, il chancelle puis est pris d'un violent accès convulsif.
On lui fait prendre des bains froids répétés en même temps qu'on lui applique un traitement psychique sérieux.
Les jours suivants, pas d'accidents convulsifs, mais la douleur à l'épigastre augmente. La parole est bégayante; secousses choréiformes lors des mouvements intentionnels : point douloureux au niveau de la quatrième vertèbre dorsale.
Après une amélioration passagère, on observe le 9 décembre une nouvelle phase dans l'évolution des symptômes : le bras droit est le siège d’un trouble fonctionnel continu, qui se traduit par un tremblement marqué et intermittent; dans les intervalles mouvements choréiformes. Dans tout le côté droit, la sensibilité tactile est diminuée et la sensibilité à la douleur supprimée, sauf dans deux zones, à la région lombaire et à la plante du pied.
Ouïe et goût diminués. L'œil droit est amaurotique, sa pupille est dilatée, démarche maladroite; intelligence affaiblie.
Le 20 décembre, après contracture, la jambe droite et les fléchisseurs des doigts du même côté se para- Iysent.
Au 1® janvier 4877, on observe que le sensibilité est
lo) devenue très faible en divers endroits du côté gauche du corps.
Enfin, le 4 janvier, l’évolution atteint son culmen : J'anesthésie est devenue à peu près complète pour tous les modes de sensibilité. La sensation d’un poids lourd sur le thorax est seule perçue, mais uniquement parce que la compression mécanique du thoraxempêche l'air d'entrer. L'anesthésie n'est pas seulement cutanée ; elle à gagné les muqueuses, toutes celles du moins dont l'exploration est possible.
Lorsque le malade ferme les yeux, il ne peut exécuter aucun mouvement volontaire, l'oreille et l'œil gauches sont les seuls organes des sens qui le fassent communiquer avec le monde extérieur.
En même temps, il y a aboulie, et les besoins d’évacuation n'existent plus.
C'est à ce moment que Strumpell eut l’idée de pratiquer sur son sujet l'expérience si simple et si caractéristique qui porte son nom.
Expérience de Strumpell. — Le malade, par la perte absolue de toute sensibilité cutanée et muqueuse, n'est plus en rapport avec les milieux ambiants que . par un œil et une oreille: on lui supprime ces deux derniers moyens de rapport en lui bouchant l'œil et l'oreille valide. Il s'écrie : « quand je ne vois plus, je ne suis plus rien. » Ce cri ne faisait que traduire l’impression que ressentait le sujet, impression d'une cessation complète de l'existence. Il cherchait alors à tapoter sa joue pour se procurer quelques sensations auditives ; enfin, au bout de 2 ou 3 minutes, il se calmait et s’endormait profondément. Pour le tirer de ce
LE AGE sommeil, il fallait exciter son œil ou son oreille valides.
Arrivé à ce point, l'état général du malade persiste sois cette forme, pendant des mois. Ce n'est qu'en mai 4877, qu'on observe une rétrocession notable des troubles sensitifs. L'année suivante (avril 1878), le malade a recouvré la sensibilité normale des téguments du côté gauche du corps, de la joue droite et de la face interne des membres du côté droit. La sensibilité gustative lui est revenue sur la moitié postérieure de la langue.
OBSERVATION II (Krukenberg).
T'erminaison fatale ; Examen microscopique négatif.
G. H..., marin, âgé de 40 ans.
Antécédents : un frère mort de paralysie générale. Personnellement, il a eu plusieurs reprises des fièvres intermittentes. En 1861, paralysie des quatre membres, sans cause appréciable, d’ailleurs passagère. Cette paralysie reparaît en 1862, et dure un an.
En 1859-86, le malade est pris d'une grande faiblesse, accompagnée de vomissements et de diarrhée.
Il entre à l'hôpital le 30 mai 1886, il est atteint alors d'anémie, de catarrhe intestinal chronique et présente les signes d’une affection spinale.
En octobre 1886, après avoir expulsé un ténia, le malade va mieux, mais à des troubles de motilité.
En avril 1887, on observe nettement de l'analgésie
TS AR cutanée ; la sensibilité tactile est tout à fait émoussée, la sensibilité thermique est restée presque intacte.
En mai, mêmes signes, mais notablement exagérés : il n’y à presque plus de sensibilité à la douleur, ni de sensibilité thermique; le goût et l'odorat sont amoindris, l'ouïe légèrement diminuée ; le champ visuel est rétréci. Les sensations de faim, de soif, de volupté sont abolies; apathie générale; mais pas de paralysie motrice.
Get état est légèrement amélioré par la faradisation, la strychnine,le bromure, etplus tard par un exercice gymnastique et la galvanisation.
On essaye en octobre 1887 d'hypnotiser le malade, mais la suggestion échoue.
En avril 1888, tuméfaction des gencives, suffusions hémorrhagiques des membres; douleurs intenses dans les membres et dans l'abdomen ; stomatite grave, adynamie, et mort le 43 mai en collapsus.
Aùtopsie. — Anémie de tous les organes ; absence de toute altération nerveuse, tant du côté des centres que du côté des nerfs périphériques.
OBSERVATION III (Heyne).
J. W...., soldat, 22 ans ; parents bien portants.
Le 28 août 1884, il fait une fièvre typhoïde, dont il relève vers la fin de septembre : il est atteint à cette époque d’un tremblement persistant dans tout le corps, et de douleurs dans les membres inférieurs.
Le 20 octobre, il est frappé d'anesthésie loca-