‹ De quelques causes de la mort inattendue du foetus pendant le travailChapitre 33 sur 36 · MÉCANISME DE LA MORT DU FŒTUS ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE LA MORT DU FŒTUS ET PRONOSTIC

Dans le tétanisme ulérin la mort du fœtus arrive par asphyxie. Tout le temps que dure la contraction normale les bruits du cœur sont sourds et peu distincts ; ils s’arrêtent même complèlement. A plus forte raison en serat-il de même lorsque les contractions seront exagérées et incessantes comme dans le cas qui nous occupe. Les vaisseaux utérins qui apportent le sang au fœtus diminuent considérablement de calibre, la circulation y est à peu près arrêlée ; le sang fœtal ne pouvant plus être revivifié par l’oxygène du sang maternel, se charge d’acide carbonique, et l’asphyxie se produit amenant la mort à bref délai.

Lorsque le tétanisme était produit par l’ergot, on à accusé cette substance de provocier la mort de l’enfant ; mais on a abandonné celle opinion et on n’accorde à l’ergot qu’une action mécanique et non plus toxique.

Dans certains cas on trouve des lésions du crâne et du cerveau suffisantes pour amener la mort. « Les contractions très énergiques, dit Charpentier, coïncident quelquefois avec des vices de conformation, des rétrécissements du bassin ; il semble alors que la nature propor-

mr 9 — tionne les efforts aux résistances et il n’est pas absolument rare de rencontrer sur la tête du fœtus des dépres sions, des fissures, des fractures, qui viennent ainsi compromettre l'existence des enfants. » ; Une autre cause d’asphyxie pour le fœtus résulte de la compression possible du cordon. Celui-ci peut être pris

entre la paroi utérine tétanisée et une partie fœtale résis-

tante, le calibre des vaisseaux diminue et la circulation ne s’y fait plus que d’une manière insuffisante.

Dans la plupart des cas de tétanisme ulérin on voit que la poche des eaux s'était rompue prémalurément ; cet accident favorise considérablement la production de la contracture. En effet, tant que le liquide amniotique reste enfermé dans la cavité utérine il en distend les parois el protège le fœlus contre leur action. Bailly écrit à ce sujet dans le Dichionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. « L’évacuation partielle de lPutérus est fatale-. ment suivie d’une rétaction de l'organe dont l'effet est de restreindre le volume de ses vaisseaux, la circulation utéro-placentäire et par conséquent l'apport des matériaux respiratoires indispensables à l'entretien de la vie fœtale.

Le trouble respiratoire qui en résulte ne saurait se prolonger au-delà d’un certain laps de temps sans devenir fatal au fœtus, qui suecombe alors à un élat asphyxique dont on retrouve les lésions caractéristiques sur son cadavre, et qui s’accuse dans les cas moins graves par

- les phénomènes de la mort apparente que présentent ces

enfants à leur naissance... La rétraction graduelle de

- l'utérus, quand elle est excessive, peut d'’ailléurs, indé-

pendamment de la longue durée du travail, suffire pour

tuer le fœtus par le mécanisme que je viens d'indiquer. | C’est ce qu'on observe lorsque, par exemple, par le fait d’une présentation vicieuse de l'enfant, la totalité du liquide amniotique s’est écoulée au dehors et lorsqu'une cause accidentelle, comme des manœuvres infructueuses d'accouchement, l'administration du seigle ergoté, ont

beaucoup accru la contractilité de la matrice. Dans ce

cas, au trouble de la circulation utérine s'ajoutent sou-vent la compression directe du cordon par la matrice et

l'interruption de la circulation fæto-placentaire. Le fœtus

ne résiste pas longtemps à celte double cause d’asphyxie. » SA

C’est donc par asphyxie que la mort arrive le plus souvent, on en retrouve du reste à l’autopsie toutes les lésions caractéristiques. Le cœur et les gros vaisseaux sont gorgés de sang; le cerveau, les méninges sont congestionnés, on voit dans les organes des extravasations sanguines.

Le pronostic est absolument fatal pour l'enfant qui succombe très rapidement après que le tétanisme s’est déclaré. Si cependant le bassin de la mère était large et le fœtus petit l’expulsion de celui-ci pourrait se faire dès que les contractions commencent à s’exagérer. Il serait alors en état de mort apparente mais on pourrait le ranimer.

En outre, sile tétanisme se produisait sous les yeux de l'accoucheur, celui-ci, par les divers moyens que nous allons passer en revue, pourrait l'arrêter avant qu'il soit tout à fait établi ou terminer rapidement l'accouchement avant que tout espoir de ranimer le fœtus soit perdu.

ù CHAPITRE V

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