‹ De quelques causes de la mort inattendue du foetus pendant le travailChapitre 6 sur 36 · FA · texte numérisé non relu

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Malgré la fréquence des hémorrhagies pendant la grossesse, les dangers qu’elles font courir à la mère et au fœtus, les auteurs anciens ne s’en sont guère occupés. Il faut arriver au xvn° siècle pour les voir mentionnées et encore les observations rapportées sont-elles fort incomplètes. ;

Guillemeau signale le décollement du placenta comme pouvant occasionner ces hémorrhagies : « Le sang, ditil, peut sortir ou de l’arrière-faix ou des veines qui s’abouchent avec iceluy. »

Dans son Trailé des maladies des femmes grosses et de celles qui sont accouchées Mauriceau écrit : « Quand cette perte de sang arrive à la femme grosse d'enfant, cela vient principalement de ce que l’arrière-faix venant à se séparer en partie ou tout-à-foit du fond de.la matrice (auquel il doit être adhérent pour recevoir le sang de la mère destiné à la nourriture de l'enfant), tous les orifices des vaisseaux contre lesquels il était joint, demeurent ouverts par ce détachement ; après quoi il se fait incontinent un grand flux de sang, qui est ordinairement

ll}, d'autant plus abondant et dangereux que le terme de la grossesse est plus avancé. » Il rapporte quelques observations d’hémorrhagie pendant la grossesse et les expli-que par un décollement du placenta.

J. L. Baudelocque, dans son Traité de l'art des accouchements, pose nettement la question en ces termes : « L'hémorrhagie que l'on désigne sous le nom de perte est constamment la suite de la désunion accidentelle d’une portion du placenta d'avec la matrice et peut se manifester indistinctement dans tous les temps de la grossesse. » Il distingue ensuite les hémorrhagies internes et les hémorrhagies externes et il ajoute : « Sila structure de la matrice et la résistance que ses parois opposent aux agents qui en opèrent le développement semblent porter à croire qu'il ne peut s'épancher beaucoup de sang derrière le placenta, l’observation, peu d'accord avec ces connaissances, nous a prouvé plusieurs fois que ces sortes d’épanchements pouvaient devenir assez considérables pour influer manifestement sur les forces de la femme et sur la vie de son enfant. »

Pour Mme Lachapelle cependant les hémorrhagies qui surviennent pendant la grossesse proviennent d’une insertion vicieuse du placenta. « J'avoue, dit-elle, que je ne crois pas à la possibilité de ce décollement lorsque le placenta occupe le fond de l'utérus ou les parois qui l’avoisinent. Le placenta, dit Mme Boivin, est pendant la grossesse parfaitement soutenu et appliqué aux parois de Ja matrice par les eaux de l'amnios. Que l’utérus soit secoué, comprimé, frappé même, ses rapports avec le placenta inséré vers le fond ne changent en

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DU res aucune manière... D’après cela on doit bien penser que je ne puis admettre la possibilité d'une hémorrhagie interne pendant la ‘grossesse et d’une accumulation de sang entre le placenta et l'utérus. Les faits de ce genre que les auteurs ont rapportés ne sont point concluants à mon avis ; et la théorie du caillot lenticulaire, qui décolle peu à peu le placenta du centre à la circonférence, est évidemment de pure spéculation. Je ne puis croire que la matrice soit assez extensible pour se laisser amplifier aussi brusquement qu’on dit Pavoir vu, et moi-même je n'ai observé absolument aucun cas analogue. » Elle repousse même le décollement du placenta par brièveté du cordon. « Le tiraillement de cette masse par un cordon court ou entourant le col du fœtus ne peut être regardé comme suffisant pour le détacher. » Elle n’admet le décollememt du placenta que pendant le travail. « Cette masse vasculeuse a bien pu résister à la distension graduelle qui a licu pendant la grossesse ; mais les premières contraclions surmontent celte résistance ; le placenta se décolle en tout ou en partie, quelquefois même au point qu'il s'échappe de l'utérus avant lenfant. »

C. A. Baudelocque rapporte une observation dans laquelle le placenta était décollé vers son centre, les bords élant restés adhérents, l'hémorrhagie rétro-placentaire ainsi produite était considérable.

Pour Jacquemier : « Le décollement d’une portion du placenta est un fait ordinaire dans les hémorrhagies utérines qui surviennent pendant la grossesse. » Cette partie déco:lée peut contracter de nouvelles adhérences avec

la face interne de l’utérus, mais ce mode d’adhérence est incompatible avec le rétablissement de la circulation dans cette partie qui est affaissée et dont les vaisseaux sont atrophiés. »

En 1860 Braxton Hicks réunit 23 cas de décollement prématuré du placenta et en 1869 Goodell publie un travail dans lequel il en rapporte 106 observations.

En 1870 cependant Stolz repousse absolument ces décollements : « On a parlé aussi d’hémorrhagie utérine interne dans laquelle le sang s'accumulerait entre la matrice et le placenta en refoulant celui-ci en forme d’entonnoir. Ceci est de la théorie pure que la pratique n’a plus confirmée depuis Baudelocque. »

Nœgelé distingue les hémorrhagies avec insertion vicieuse du placenta et les hémorrhagies avec insertion normale du placenta.

En 1885 Winter publie trois observations et en rapporte une nouvelle en 1889.

En 1891 Mme Henry fait paraître un travail sur ce sujet dans les Annales de gynécologie. La même année Hans Meyer en rapporte quatre observations dans le Correspondens blatt für Schweizer Aerste. Enfin en 1892 Graefe, Desprez, Palardy en publient de nouveaux cas.

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