FÉES
n’y ajoute pas volontairement du plomb, ces étain: neufs employés pour les étamages répondent aux conditions exigées par les règlements d'hygiène.
Mais ces étains se souillent au cours de leurs diverses manipulations et se chargent en plomb. Une purification des vieux étains est nécessaire si l’on veut toujours avoir de l’étain pur pour les bains d’étamage et de rétamage.
En ce qui concerne les feuilles d’étain servant à envelopper les fruits, confiseries, chocolats, ou autres denrées alimentaires, le taux de 0,5 p. 100 de plomb fixé par la loi est assez généralement respecté.
L’étamage ou les soudures des boîtes de conserve donnent très rarement lieu à des intoxications.
Actuellement, les étamages impurs se rencontrent surtout dans les ustensiles culinaires. La couche qui les recouvre est souvent grossière et dans de nombreux cas très plombifère.
Les tuyaux en métal étamé méritent une mention spéciale. Employés dans l’industrie pour conduire les jus de fruits, ils sont remplacés actuellement par des canalisations plus modernes et donnant plus de sécurité, en métal chromé ou nickelé.
Comme nous l’avons vu, Pellé ct Artus ont montré que l’étamage intérieur de certaines canalisations d’eau contenait jusqu’à 80 p. 100 de plomb.
Pouchet a signalé les dangers que présentaient leurs étamages défectueux par formation possible d’un couple électrique. D’un prix relativement élevé, ces tuyaux n’offrent pas une résistance suffisante aux chocs.
Deux solutions s’imposent: ou leur étamage selon les principes légaux ou plus simplement leur suppression, les garanties qu’ils présentent n'étant pas suffisantes.
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En résumé :
FT) Abaisser la tolérance en plomb de 10 à 5 p. 106 pour les étains plombifères ;
IT) Supprimer les canalisations d’eau en plomb étamé ;
III) Exiger pour les soudures et l’étamage des ustensiles ordinaires, des boîtes de conserve, l’emploi de l’étain fin ;
IV) Maintenir le taux maximum de 0,5 p. 100 d&e plomb dans les papiers métalliques servant à entourer les denrées alimentaires, nous semblent être les mesnres prophylactiques suffisantes et nécessaires à enrayer le saturnisme accidentel dû aux étains et aux étamages.
L'idéal serait même de bannir le plomb de tous les usages domestiques, le développement sans cesse croissant des industries du chrome, du nickel et de l’aluminium venant nous y aider dans une grande mesure.
Conclusions
T1) Les intoxications par le plomb dans les étains et les étamages sont les plus fréquentes parmi les causes de saturnisme accidentel.
II) Elles sont dues à une mauvaise application des règlements d'hygiène sanitaire fixant à 10 p. 100 le taux de plomb que doit contenir la « poterie d’étain » et à 0,5 p. 100 le taux de plomb dans les étamages.
ID) Ces intoxications revêtent exceptionnellement la forme aiguë, mais le plus souvent une forme subaiguë ou chronique caractérisée surtout par des troubles disestifs et des phénomènes généraux: anémie, vertiges, céphalée.
IV) Le diagnostic est d’autant plus délicat qu’on est loin d’un milieu professionnel et que le médecin croit les usagers des ustensiles en étain ou étamés protégés par des mesures sévères de prophylaxie.
Dans les cas douteux un interrogatoire serré, la recherche du plomb dans l’urine et le sang, la présence dans le sang d’hématies à granulations basophiles et d’éosinophiles, et enfin le dosage du plomb dans les ustensiles suspects permettront seuls un diagnostic
sûr.
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V) Les intoxications par les étamages pourraient être évitées par l'application stricte de la circulaire ministérielle du 28 juin 1912.
La proportion de plomb dans les étains plombifères nous paraît excessive étant donné les accidents rapportés et dus à des taux limites de 13 p. 100 de plomb.
Un abaissement du taux à 5 p. 100, comme le prescrivent les règlements d'hygiène militaire, nous paraîe souhaitable et seul capable d’enrayer les intoxications par les étains plombifères en attendant la découverte d’un alliage d’étain non toxique.
VI) Des mesures sévères contre les industriels peu scrupuleux qui enfreignent les règlements, une surveillance active à la fabrication permettraient de faire disparaître ces causes d’intoxication.
VIT) Après avoir rappelé que de nos jours encore les étains et les étamages peuvent être une source d’intoxication nous concluerons avec Duvoir : « L'intérêt de l’étude du saturnisme réside actuellement bien plus dans son dépistage et sa prophylaxie que dans son diagnostic et son traitement ».