‹ De quelques causes rares d'intoxication par le plomb: étains plombifères et étamagesChapitre 32 sur 36 · Chapitre VII · texte numérisé non relu

Chapitre VII

Prophylaxie

Le plomb n’est pas seulement dangereux pour les ouvriers qui le travaillent, maïs aussi pour tous ceux qui s’en servent pour les usages domestiques.

Les risques d’intoxication sont d’autant plus redoutables que l’emploi de ce métal est extrêmement répandu et qu’il se trouve dans la vie courante sous une forme dissimulée: étains et étamages.

Ces formes permettent une absorption insidieuse du toxique, soit brutale pouvant provoquer des intoxications aiguës ou subaïiguës, soit lente créant un saturnisme chronique.

Pour empêcher ces intoxications, il faut d’abord en connaître le danger. Ce danger connu, on pourra prendre toutes les mesures nécessaires pour l’éviter.

1) Connaître le danger. — Le but de notre travail est de montrer que de nos jours encore, malgré des règlementations très sévères, les étains et les étamasg'es sont trop souvent la cause d’intoxications par le plomb.

Venir le rappeler, nous semble être le premier temps d’une prophylaxie efficace.

II) Prophylaxie proprement dite. — Les mesures de prophylaxie capables d'empêcher les accidents de ce cenre dus aux étains et aux étamages, ne peuvent être que des mesures légales fixant à la fabrication un pour centage de plomb qui ne soit pas toxique.

Nous avons étudié les décrets et règlements français limitant l’emploi du plomb dans la fabrication ou la réparation des ustensiles ou objets destinés à contenir ou à envelopper des substances alimentaires.

Les accidents que nous citons proviennent tous de la non-observation des lois fixant la proportion de plomb à 0,5 p. 100 pour les étamages et à 10 p. 100 pour les étains plombifères.

Nous avons dit dans nos considérations médico-légales, combien étaient punissables les procédés qui consistent à ajouter aux étains de trop fortes quantités de plomb, et demandé des mesures particulièrement sévères contre ceux qui enfreignent les lois.

Mais si ces règlements sanitaires étaient serupuleusement respectés, seraient-ils suffisants pour empêcher tous risques d’intoxications ?

Pour les étains plombifères ou « poterie d’étain », la proportion de plomb fixée par les ordonnances de 1890-1896 et la circulaire ministérielle de juin 1912, à 10 p. 100 nous paraît trop forte.

La dernière de nos observations inédites montre qu’un taux de 13 p. 100 de plomb dans une cuillère en métal étamé a suffi à créer une intoxication saturnine à type de colique de plomb. Or, ce taux de 13 p. 100, s’il dépasse largement la proportion fixée pour les étamages est très voisin du taux limite de 10 p. 100 fixé pour la poterie d’étain réglementaire,

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Il peut devenir particulièrement dangereux si Îles étains plombifères servent surtout à fabriquer des récipients destinés à contenir des boissons acidulées, vin, cidre, lait, dont les acides pourront dissoudre rapide: ment le plomb et le transformer en sels solubles.

Nous proposerions done que la proportion légale de 10 p. 100 de plomb soit abaissée.

Certes, on ne peut demander pour les étains plombifères le même taux que pour les étamages.

Les industriels arguent que le travail de l’étain pur est très difficile parce que ce métal est très cassant. Nous ne sommes pas qualifiés pour discuter ces affirmations. Cependant certains auteurs tels Foveau de Courmelles qui fut appelé à effectuer de nombreux essais pour le service des monnaies, soutiennent le contraire.

On n’a jamais signalé des cas d'intoxication dus à une proportion de plomb inférieure à 5 p. 100. Il nons semble que ce taux serait capable de satisfaire et les industriels et les hygiénistes, en conservant aux étains toute leur malléabilité et en leur ôtant leur toxicité.

Roussin a démontré que ces alliages à 5 p. 100 présentaient une résistance suffisante au choc et n'étaient pas attaqués par les acides faibles.

C’est d’ailleurs le taux adopté depuis longtemps par les règlements d'hygiène militaire, et qu’on devrait admettre en attendant d’avoir découvert un alliage d’étain non plombifère.

Pour les étamages, une’ application stricte des arrêtés du 8 mars 1896 et du 28 juin 1912 supprimerait toute cause d’intoxication. Les étains extractifs ne con: tiennent jamais 5/1000 de matières étrangères. Si on

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