‹ De quelques causes rares d'intoxication par le plomb: étains plombifères et étamagesChapitre 5 sur 36 · Chapitre Premier · texte numérisé non relu

Chapitre Premier

Généralités

L’intoxication par le plomb ou saturnisme est l’ensemble des manifestations morbides HOCRQteeE par le plomb et ses composés.

Cette intoxication est connue depuis la plus haute antiquité.

Un siècle avant Jésus-Christ, Nicandre en décrit les symptômes. Vitruve, Celse et Galien en parlent. Méxraf en 1812 par son « Traité de la colique métallique », Grisolle en 1835 par son « Essai sur la colique de plomb », Tanquerel des Planches en 1839 avec son remarquable « Traité des maladies saturnines », la sortent de l’oubii où elle était tombée depuis l’antiquité.

Proust et Armand Gautier en décrivent les causes, Duchenne de Boulogne, Charcot, Gombault, Gubler et Lancereaux en précisent la symptômatologie.

Les multiples usages du plomb dans la vie moderne donnent sans cesse aux auteurs l’occasion d’étudier de nouvelles formes d’intoxication.

Voyons rapidement ce qu’elles sont.

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L’absorption d’une dose massive de plomb détermine des phénomènes d'intoxication aiguë.

Immédiatement après l’ingestion le malade accuse dans la bouche une saveur sucrée et âcre, puis métallique. Une sensation de brûlure apparaît au niveau du pharynx, de l’œsophage et de l’épigastre. Des nausées, des vomissements le plus souvent d’un blanc laitenx surviennent. Des douleurs abdominales atroces avec diarrhée noire et profuse s'installent. L'état général s’altère rapidement. Le facies est pâle, la langue tuméfiée, l'abdomen dur et rétracté, le pouls petit et irrégulier, les extrémités froides, l’haleine fétide, la respiration stercoreuse, les urines rares et albumineuses. On note rarement au niveau des gencives le liseré bleuâtre ardoisé de quelques millimètres d'épaisseur (liseré de Burton) qui serait produit par le dépôt de particules métalliques.

La mort survient en deux ou trois jours, par coma progressif et collapsus cardiaque. La guérison est de règle lorsque le malade résiste jusqu’au cinquième jour, mais la convalescence est très lente.

Bien différent est le tableau de l’intoxication subaiguê.

Les auteurs italiens L. Croselti et Forconi, dans « Il Policlinico Sez. Medica », du 1* septembre 1934, en donnent les caractéristiques principales. On note d’après eux :

1) Une coloration faite de pâleur et d’ictère.

IT) Des troubles digestifs: anorexie, dyspepsie, douleurs épi puis médiogastriques, constipation, sialhorrée,

et

saveur amère dans la bouche et souvent constriction &e la gorge.

III) Une asthénie intense disproportionnée avee l’état anémique. |

IV) Un liseré gingival toujours présent apparaissant vers le cinquième jour.

V) Des altérations sanguines avec présence constante d’hématies à granulations basophiles.

L’intoxication chronique se manifeste par des troubles de deux sortes :

D'une part, des signes se montrant chez tous les intoxiqués et traduisant une imprégnation discrète de l’organisme; d’autre part, des phénomènes épisodiques variant avec les susceptibilités individuelles, viennent se greffer sur les premiers.

Parmi les stigmates du saturnisme encore latent, le plus classique est le liseré gingival de Burton (souvent accompagné de pigmentation de la face interne des joues « tatouage de Gubler »). De fréquence discutée, rare pour Téléky, il est tardif pour Seitz. Les Gerlach y ont décelé le plomb par l’examen spectro-photographique avec étincelage à haute fréquence.

Avec ce liseré l’arrêté ministériel du 4 décembre 1934 cite le teint saturnin autrefois attribué à l’anémie, maintenant à un spasme vaso-constricteur.

Mais trois ordres de signes servent surtout à dépister le saturnisme chronique; ce sont :

1) Des troubles de la chronaxie de l’extenseur commun de la main droite.

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