‹ De quelques causes rares d'intoxication par le plomb: étains plombifères et étamagesChapitre 6 sur 36 · LATTES · texte numérisé non relu

LATTES

IT) Des altérations sanguines avec augmentation des eranulobasocytes et éosinophilie (Vigliani).

III) La présence du plomb dans le sang et dans

l’urine (0,06 milligramme de plomb par 100 c.c. de sanz suffisent à affirmer une intoxication saturnine (A. Feil).

Cet état d'intoxication permanente peut être compatible pendant un certain temps avec une bonne sante apparente, jusqu’à ce que se produisent subitement des accidents aigüs venant déceler cette intoxication méconnue.

La colique de plomb quoique bien plus rare auJourd’hui qu’autrefois est le plus fréquent de ces accidents révélateurs.

Quelquefois précédée de prodromes (haleine fétide, troubles digestifs), la crise éclate brusquement.

C’est une douleur atroce périombilicale, véritable « colique >» irradiée au rectum et thorax, entrecoupée d’accalmies pendant lesquelles persiste un endolorissement de tout l’abdomen. Il y a des vomissements ; on note de l’hyperesthésie cutanée avec contracture et rétraction de la paroi abdominale. La pression légère est douloureuse, mais la pression profonde peut apaiser la souffrance. La facies est pâle, angoissé, le pouls tendu, ralenti. Il existe une constipation frisant parfois l’occlusion: arrêt des gaz, ballonnement abdominal. On note de l’hypertension et une diminution de volume da foie. Les urines sont rares, l’apyrexie est de règle.

L'évolution de cette colique est variable. Il pent y avoir des récidives et surtout des complications qui en aggravent le pronostic (séquelles gastro-intestinales,

état de mal, encéphalopathie). La convalescence est très lente, l’asthénie et les troubles digestifs persistent longtemps.

Mais la colique de plomb n’est pas, si elle est le plus fréquent, le seul accident que détermine le saturnismie chronique.

Les manifestations nerveuses ne sont pas rares.

Elles peuvent porter sur le système nerveux périphérique, apparaissant chez les intoxiqués de vieille date. On a alors des polynévrites motrices localisées aux membres supérieurs revêtant presque toujours le type antibrachial avec intégrité du long supinateur. Les autres groupes musculaires des membres supérieurs et inférieurs sont moins souvent frappés. Cependant De Massary et Pasteur-Valléry-Radot (Société Médicalc des Hôpitaux de Paris, du 19 janvier 1912) citent comme fréquent le type supérieur de Duchenne-Erb, pouvant donner une amyotrophie scapulo-humérale importante. Les troubles sensitifs sont exceptionnels. L’atrophie musculaire est au contraire toujours considérable (Rimbaud).

Le plomb peut aussi attaquer le système nerveux central et déterminer des méningites (Mazin, thèse de Paris 1900, « Intoxication des poudreuses dans les fabriques de porcelaine »). Mosny et ses élèves décrivent des réactions méningées latentes décelées uniquement à la ponction lombaire, des formes frustes, des formes aiguës, des formes subaiguës simulant la méningite tuberculeuse, voire des cas chroniques avee anomalies biologiques du liquide céphalo-rachidien qui pourrait

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contenir du plomb (Tremollières, Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 30 novembre 1928).

Certains auteurs ont décrit une hystérie et une épilepsie saturnines.

L’encephalopathie de Tanquerel Des Planches semble avoir vécu: une conception plus moderne l’a remplacée, celle de méningoencéphalite.

Le plomb peut provoquer des amauroses dépendant soit de l’hpertension qui accompagne l’intoxication saturnine, soit d’une encéphalite causée par l’action directe du plomb sur les centres nerveux.

Le rein des saturnins est très souvent touché et on voit surtout des néphrites à types azotémique et chlorurémique.

Garrot et Nobécourt décrivent et rapportent des cas ae goutte saturnine frappant surtout des sujets anéiniés et amaigris par une intoxication prolongée.

Les autres localisations du saturnisme : parotidites dyspepsies, troubles respiratoires (asthme saturnin) sont beaucoup plus rares.

Par contre, il provoque souvent des avortements et a une action nocive sur le fœtus. |

Myalgies et arthralgies ne doivent être retenues que

si elles sont accompagnées ou suivies d’autres manifestations.

Le saturnisme s'accompagne toujours de modifications sanguines importantes. On note une anémie modérée avec diminution également modérée du taux de l’hémoglobine s’accompagnant de polychromathophilie, de granulo-réticulocytose, de granulo-basocytose; cette

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dernière serait proportionnelle à l’importance de l’intoxication et représenterait l’élément le plus caractéristique, surtout si elle atteint: 200 ou 300 par million de globules rouges, soit 10 à 15 pour 100 leucocytes (Duvoir).

Les troubles circulatoires sont de règle : la bradycardie est admise par tous. L’hypertension admise par Vaquez est discutée par M. Pinard.

Tels sont les différents aspects que peut revêtir l’intoxication par le plomb.

À côté de ces formes ordinaires, Picard rapporte de nombreuses formes anormales dues au saturnisme d’0origine hydrique.

Duvoir et Coste décrivent une intoxication provoquée par le plomb tétra-éthyle et entièrement différente de celle que peut causer tout autre composé plombique. Les troubles initiaux consistent dans la chute de la ten. sion artérielle, le ralentissement du pouls et l’abaisse. ment de la température du corps. Presque simultanément s’observent de graves désordres nerveux: insomnies, anxiété, agitation, délire et même hallucinations. Ti existe de l’anorexie, des nausées, des vomissements. L’amaigrissement est rapide, le visage est pâle, les pupilles dilatées. Un tremblement parfois violent secoue le malade comme dans le delirium tremens. La température peut atteindre 41 degrés et plus. La mort est fréauente (Duvoir et Coste, « Intoxication par le plomb tétra-éthyle », Presse Médicale du 18 mars 1936).

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Quelles sont donc les quantités de plomb capables de provoquer ces intoxications ?

Pour les intoxications aiguës la dose mortelle est assez mal connue parce qu’une grande partie du toxique ingéré est rejetée par les vomissements.

L'’absorption de 30 à 50 grammes de carbonate de plomb (céruse) entraînerait la mort.

Tardieu évalue à 30 ou 60 grammes la dose d’acétate de plomb pouvant provoquer læ mort d’un adulte. Taylor a observé des cas de guérison après ingestion de 20 à 30 grammes de ce sel.

D'après Hugounenq, la dose mortelle d’extrait de saturne serait d’environ 1 gramme.

Le chromate de plomb serait toxique à la dose de quelques centigrammes.

M. Pinard dit que l’ingestion de 3 à 5 centigrammes de plomb pendant quelques jours, ne produirait d’autre effet nocif qu’un ralentissement des secrétions glandulaires, alors que des doses plus faibles mais plus prolongées donneraient lieu à des accidents plus redoutables. Ils seraient dus pour cet auteur à ce que le plomb à l’état molléculaire acquerrait des propriétés particulières, sa nocivité se trouvant favorisée par des phénomènes d’ionisation.

Selon Legge il faudrait absorber 2 mgrs de plomb par jour pour provoquer le saturnisme.

Rasori croit que les accidents les plus redoutables d'intoxication par le plomb sont ceux où ce corps pénètre dans l’économie par petites quantités à la fois mais d’une manière continue.

L’alcoolisme favoriserait le saturnisme.

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Il est presque impossible d'évaluer les quantités de plomb nécessaires à provoquer l’intoxication subaiguë ou chronique, ceci dépendant de la résistance particuliè re de chaque organisme. Les observations que nous citerons par la suite, montreront que certains individus ont été intoxiqués alors que d’autres sont restés apparemment indemnes, tout en ayant vraisemblablemeat absorbé les mêmes doses.

Nous passerons très rapidement sur les voies d’absorption et d'élimination du plomb. Les intoxications d’origine digestive sont les plus fréquentes, mais le plomb peut être aussi absorbé par les voies respiratoires sous forme de vapeurs et de poussières, par la peau saine ou ulcérée et les muqueuses.

Meillére a étudié sa localisation dans l’organisme.

L’élimination du plomb peut se faire en dehors de !a bile par les urines, la salive, (Rénon) la sueur (Spillmann) et la peau.

Abordons maintenant l’étude des différentes causes intoxications.

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