OBSERVATION VII
(Inédite) (Docteur PoLony)
Mile R.. est âgée de 64 ans. Très maigre, toute ridée, elle accuse une déchéance physique et intellectuelle très accentuée.
Comme antécédents, elle se souvient seulement d’avoir eu deux hygromas rotuliens en 1911.
Tous les symptômes qu’elle ressent ne dateraient que de décembre 1934. On ne peut arriver à noter aucun malaise avant cette date.
A ce moment-là, elle éprouva des envies de dormir après les repas, s’accompagnant de sensation de gonflement, de plénitude, et de quelques brûlures.
Trois semaines environ après ces premiers malaises, brusquement, elle eut des vomissements tous les jours, sans arrêt, même la nuit, vomissements aqueux, très acides, très douloureux, survenant après les repas, les vomissements étaient alimentaires et survenaient alors en fusée.
Les liquides, surtout le lait, étaient en général mieux supportés que les aliments solides.
Durant six mois, ne s’alimentant presque plus, elle maigrit beaucoup et perdit ses forces.
Elle n’a jamais eu de diarrhée ni de constipation. Jamais non plus d’hématémèse ni de moœlena évident.
LATTES Nr
Par intervalles, elle a des céphalées occipitales, surtout la nuit.
A l’examen, on se trouve en présence d’une femme très amaigrie, présentant un point douloureux épigastrique, presque syncopal, un peu à droite de la colonne vertébrale.
Un examen radiologique, pratiqué par le Docteur Virrot, le 26 juillet 1935, montre :
À jeun, l'estomac ne contient pas de liquide résiduel. :
Après ingestion de 300 cc. de bouillie barytée, l’estomac apparaît très fortement ptosé, mais sans dilatation véritable de son bas-fond. Les courbures gastriques paraissent souples et ne présentent aucune image pathologique ; le pylore est bien perméable, l'évacuation gastrique s’effectue sans retard marqué.
Le bulbe duodénal présente des courbures régulières et une opacité homogène.
La deuxième portion du duodénum a suivi l’estomac dans sa ptose d’où son aspect tassé, en accordéon. L’angle duodéno-jéjunal est surmonté par une bulle d’air avec petit niveau liquide. A la partie inférieure de ce liquide, on voit apparaître, dès le début de l’évacuation gastro-duodénale, un petit culot baryté qui met ainsi en évidence un diverticule duodénal du volume d’une très grosse noix. La baryte entre facilement dans le diverticule et en sort aussi facilement ; par contre, le liquide de stase contenu déjà dans le diverticule avant l’examen paraît persister.
Ce diverticule est vivement douloureux à la pression.
Le 2 août 1935, la malade se fait opérer par le Docteur PoLoNY, aidé par nous-même :
Laparotomie médiane sus-ombilicale. Le diverticule est situé à l’angle duodéno-jéjunal derrière le
DUVERDIER