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MARRANT
En 1928, les phénomènes douloureux sont tels que le malade redoute de manger. Aussi, tous les matins, il reste à jeun, ce dont il se trouve très bien.
En juillet 1930, nouvel examen radioscopique pratiqué par le Docteur Virror (Belfort) :
1° À jeun : légère quantité de liquide gastrique résiduel.
2° Ingestion de 300 cc. de bouillie barytée :
Estomac en écharpe nettement oblique en bas et à droite avec bas-fond au-dessous des crêtes iliaques quand le péristaltisme s’amorce, on voit le bas-fond gastrique remonter sensiblement.
Le bulbe n’apparaît bien dessiné qu’après un certain nombre de contractions ; il est volumineux, très allongé, à grand axe oblique en haut et à gauche ; on ne peut le déplacer vers la gauche ; il apparaît de profil en rétroposition ; il ne se vide jamais complètement.
Le bulbe, le pylore, la région prépylorique sont nettement déportés à droite. Le cadre duodénal est masqué, par l'artère prépylorique.
Les courbures gastriques sont mobiles et souples ; l'estomac a conservé sa mobilité verticale.
La chambre à air gastrique est volumineuse.
3° 3 heures aprés.
Evacuation gastrique totale ; une tache très opaque en forme de cupule à niveau supérieur à peu près horizontal persiste au niveau de D, ; c’est cette tache qui constitue le seul point douloureux à la palpation.
4° 9 heures après.
La même tache persiste identique comme aspect et comme volume ; l’ingestion d’une petite quantité de gélobarine permet de voir, lors du passage d’une bouchée dans le cadre duodénal, et en relevant fortement l’antre pylorique au distincteur, que le trajet
Leo
duodénal passe en avant de la tache résiduelle, ce qui est bien visible, en O A D en particulier.
Conclusions : « Périduodénite prédominant au niveau de la région bulbaire. Diverticule duodénal douloureux ».
Cet examen est confirmé par le Docteur SCHAAFF en 1932, à Strasbourg, et le malade se fait opérer de nouveau le 16 janvier 1932 par M. le Professeur LE- RICHE :
« Laparotomie médiane. On trouve l’estomac complètement accolé sur la ligne médiane par des adhérences vasculaires qui, certainement, doivent gêner l'évacuation de l’estomac, et peuvent être la cause du ballonnement sus-ombilical dont le malade se plaint. Le foie est également accolé à la face antérieure de l’estomac, et son lobe droit descend tout le long de la deuxième portion du duodénum à laquelle il est accolé. Après libération des adhérences de la face antérieure et détachement de lépiploon à la face antérieure de la cicatrice, on cherche l’angle duodéno-jéjunal ; on trouve un grand accolement jéjunal à la face inférieure du mésocôlon, accolement qui à l’air tout à la fois inflammatoire et congénital. On en fait la mobilisation sur 3 travers de doigts environ et l’on va ainsi jusqu’au point de passage des vaisseaux mésentériques. Nulle part, on ne trouve trace de diverticule. Il est probable qu’il s’agit d’une simple apparence radiographique due aux adhérences.
Gastro-entérostomie postérieure très à droite, et très près de la grande courbure.
Nous avons été voir en 1935 M. N.… Nous l’avons trouvé en très bonne santé. Depuis son opération, il ne souffre plus et ne suit plus aucun régime.
Il a bien voulu se faire radiographier à nouveau par le Docteur Vrrror et nous-même. Nous avons re-
trouvé la même image diverticulaire, au même siège, et nette quoique se remplissant très difficilement à cause de la gastro-entérostomie.
Il s’agit donc bien d’un diverticule de la troisième portion du duodénum.