INDUSTRIES
Des usines spéciales transforment ces métaux en matériel de guerre ou de transport, en charpentes métalliques, îoques de navires, machines-outils, moteurs, outillages livers. Elles occupent en Angleterre 4.200.000 ouvriers, LlOO.OOO en Allemagne, 700.000 en France. Mais T'essor ie la production américaine — 26 millions de fonte et lA d'acier en 1907 — commence à leur faire une sérieuse îoncurrence. Les pays industriels ont pris la tête dans les îonstructions navales. En 1907 l'Angleterre a livré 1825 nak^ires jaugeant 1.814.961 tonneaux, TAUemagne 321.372, a Hollande J 45.000 et la France 113.000. Quant au cuivre iont les applications de l'électricité augmentent la consommation, l'Europe en importe de grandes quantités ;out raffiné. Notons qu' « un fil d'aluminium susceptible le transmettre le même courant électrique qu'un fîl de îuivre donné, a un diamètre supérieur d'un quart mais )èse moitié moins (i) » et coûte seosiblement moins cher. H )ourrait y avoir là un débouché pour les pays riches en )auxiteet en chutes d'eau.
Les industries textiles sont en plein développement, je lin et le chanvre, le jute et la soie, mais surtout la laine st le coton sont des matières premières qui après une érie de transformations successives deviennent de la lin- ;'erie et des vêtements dont l'usage se répand de plus en )lus. Le travail du coton occupe en Grande-Bretagne 53 nillions de broches et 700.000 ouvriers, en Allemagne G millions de broches et un million de personnes, en Russie 5 millions de fuseaux, en France6 millions etdemiet900. 000 adividus. Les manufactures de lainages anglaises et franaises traitent respectivement 275 et 250 millions de dlogr. de laine et emploient les unes et les autres 215.000 >uvriers. L'Italie, la Suisse et surtout la France produisent les soieries. Elles se procurent la soie brute en Chine i au Japon. Les industries de rhabillement, et iiotam-
(1) Cité par Leroy-Beaulieu, Les États-Lnis au xx^ siècle, p. 324.
124 LES RELATIONS INTEREUROPÉENNES.
ment la confection, ont pris en Europe une très grande extension. Néanmoins les grands ateliers n'ont pas entièrement fait disparaître le travail à domicile. Il subsiste pour les objets de luxe ou de qualité médiocre et ne vaut aux infortunés, qui s'y adonnent, que des salaires misérables. U se retrouve dans toutes les capitales européennes sous le nom de svveating-system. Le Gouvernement anglais essaie actuellement, par la fixation d'un taux de rémunération minimum, de combattre ses effets inhumains.
De nombreuses et diverses industries, celles du bois el du bâtiment, des cycles et des automobiles, des produits alimentaires ou chimiques, des arts libéraux et des objet* de parure exigent des capitaux importants et occupent d( nombreuses personnes. Les progrès des sciences appliquées et du machinisme développent tellement la production dans tous les pays que les débouchés actuels ne suf fîront peut-être pas toujours à absorber les quantités produites.
Toutes les découvertes qui ont bouleversé en moins d( 130 ans les industries européennes ont été le produit de recherches et de tâtonnements, d'expériaientations, de mises au point, de perfectionnements dans lesquelles soni intervenus des savants et des techniciens de tous les pays mais surtout des Etats d'Europe, si bien qu'il est impossible de fixer dans une invention la part exacte qui revient à un peuple déterminé. En 1690 le Français Denis Pa pin conçoit et propose la première machine à vapeur, deu: Anglais Newcomen et Gawley la construisent peu de temp: après, un autre Anglais James Walt découvre le conden seur isolé, le double eff"et, le parallélogramme articulé la manivelle, le régulateur à boules. En 1725 l'Allemani Leupold émet l'idée d'employer la vapeur à haute tensioi et c'est l'Américain Evans qui la réalise. Il en fut d même pour les chemins de fer. En 1769 le Suisse Plant proposait d'employer la machine à vapeur au transpoi des marchandises. Le Français Cugnot construisit un ch;
LNDtSTRIES.
iotà vapeur en 1770. Des chemins à ornières de fer furent réés en Angleterre en 1789, deux Anglais TreWthick et '^ivian lancèrent en 1804 la première locomotive, un autre Lnglais découvrit en 1813 que les roues des locomotives jurdement chargées ne patinent pas. En 1829 le Français (éguin construisit la première chaudière tubulaire et en 830 la Fusée, locomotive deStephenson, servit de modèle
toutes les locomotives dont l'emploi dès lors se multiilia rapidement en Europe.
Dans la plupart des pays du continent les ouvriers ont herché à se grouper par catégories professionnelles et à éfendre en commun leurs intérêts, trade-unions anglaies, syndicats allemands, belges, français. Partout des grèves ont éclaté par lesquelles les salariés ont essayé de ontraindre leurs employeurs soit à élever le taux de leur émunérationjournalière, soit à reprendre des travailleurs ongédiés, soit à renvoyer certains contremaîtres ou luvriers. Voici quelques chitfres relatifs à Tannée 1908 :