‹ De quelques considérations sur la "Res publica" européenneChapitre 50 sur 74 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

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en francs.

Allemagne

Budget d'Em-

Autriche- Hon-

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pire.

Belgique

Bulgarie

Danemark

Espagne

France

Grande-Breta-

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Grèce

Italie

Norvège

Paj's-Bas

Portugal

Roumanie

compris

Russie

les dépen-

Suisse

Ministère des co

Suède

Serbie

lonlee.

Turquie

LES ARxMEMENTS. 171

ue peut contenir d'agressif le culte de la patrie, elles ippellent à chaque instant l'époque où les peuples de l'Eu- 3pe étaient autant de petits clans fermés et constamment ostiles. Elles entretiennent cette notion que la puissance lalérielle est supérieure à l'idée de justice. Qu'une crise rave dynastique, politique ou économique assaille une ation et que l'une de ses voisines soit momentanément, our une cause ou pour une autre, sensiblement affaiblie, i plus léger désaccord se transformera en conflit et la station sera grande pour l'Etat le plus fort de chercher, ans une campagne militaire, une diversion à ses difficultés itérieures. Au cours de négociations délicates l'annonce e la mobilisation des troupes de l'un des litigants peut ervir à impressionner l'autre et à influencer ses dédions (1). Le chantage à la guerre, parfois savamment orgaisé, est, contre certains peuples, une arme redoutable.

Si les moyens d'attaque et de défense des nations euroéennes se sont considérablement accrus leur vulnérabilité ropre a été notablement augmentée. Sans parler des rrérages des sommes prêtées à l'étranger, qui ne seraient •lus payées si prêteur et emprunteur devenaient belliérants, ou des nationaux et intérêts divers que chaque îtat possède hors de ses frontières, c'est-à-dire sur le sol 'un adversaire possible, il faut considérer que, plus ou loins, tous les pays de notre continent ont aujourd'hui m commerce extérieur très actif. Certains achètent même u dehors les éléments indispensables à l'alimentation de 3urs habitants ainsi qu'à l'approvisionemeat en matières

(1) Au mois de mars 1909 dans luGazette de la Croix M. Schliemann crivait « Berlin est d'avis qu'après les sacrifices faits par son alliée our sa mobilisation elle est en droit d'exiger des satisfactions qu'elle ourrait imposer par la force et que la Serbie pour éviter un désastre ccordera peut-être an dernier*moment ».

172 LES RELATIONS INTEREUROPÉENNES.

premières de la plupart de leurs industries et chaque jour circulent, sur toutes les mers du monde, de nombreux navires chargés de leur apporter les denrées et les produits qui leur sont nécessaires. La capture de ces vaisseaux et de leurs cargaisons, la destruction par bombardement des richesses accumulées dans les ports, le renchérissement de la vie qui résulterait de l'obligation de se ravitailler par les voies étrangères causeraient aux peuples, qui en seraient "victimes, des dommages plus grands aujourd'hui que jadis.

Une révolte habilement provoquée dans les colonies que certaines puissances possèdent hors d'Europe exposerait leurs nationaux, qui s'y trouveraient, aux pires dangers et obligerait les métropoles à conclure une paix prématurée et désavantageuse. Le prestige de la nation qui serait vaincue subirait une éclipse dans le monde entier. C'est au vainqueur que l'on demanderait des instructeurs et des conseillers, puis Tinfluence économique suivant toujours tôt ou tard la force politique, la victime d'uneguerre verrait, au moins pendant quelques années, ses clients de l'étranger lui échapper. Le poids déjà très lourd des charges publiques s'augmenterait des frais de la lutte et pour le vaincu de certaines conséquences financières. La dernière guerre a coûté au Japon, qui cependant a triomphé, près de deux milliards de francs.

Un conflit armé causerait dans chaque pays d'Europe aujourd'hui une série de malaises plus graves que jadis.

L'interdépendance sociale s'est grandement accrue. Les industries sont si spécialisées que le brusque arrêt de l'une d'elles suffît dans certains cas à paralyser le fonctionnement de nombreuses autres (i). L'appel sous les drapeaux de la plupart des ouvriers désorganiserait la pro- i

(4) Par exemple les industries minières ou de transport, les usines métallurgiques et les filatures.

juction manufacturière, ce qui atteindrait les femmes, les mfants, les réformés, tous ceux qui, ne prenant pas une Dart active aux hostilités, auraient pu continuer à travailer. Des acheteurs étrangers pourraient être définitivenent perdus au profit des nations tierces. La mobilisation les paysans et la réquisitioQ des animaux de trait risqueraient de compromettre la rentrée des récoltes peniantes et la préparation des semailles prochaines. L'augnentation générale de la population et son agglomération lans les centres urbains rendent plus difficile que jadis a question des approvisionnements. Une grande quantité le produits alimentaires arrivent de fort loin et leur ransport exige chaque jour un nombre de trains que les lécessités de la concentration et du ravitaillement destrou- )es réduiraient sensiblement. Les denrées et les objets les dIus divers s'accumuleraient dans les ports et les gares fronières. Les femmes et les enfants qui n'ont d'autre gagne )ain que le salaire quotidien ou les appointements menluels d'un homme, les familles, qui dépourvues d'avance dvent au jour le jour, sont plus nombreuses que par le )assé, surtout dans les grands pays industriels. Une série ['emprunts seraient nécessaires pour acheter, à des )rix majorés par les circonstances, les vivres nécessaires L leur subsistance. Les pertes considérables que subi- •aient les particuliers du fait de la mévente générale des irticles manufacturés et du non-paiement des dettes resreindraient le nombre et les facultés des prêteurs à l'inérieur tandis que Tincertitude de la victoire augmente- •ait les exigences des capitalistes étrangers. Enfin il pourrait se trouver des criminels qui profiteraient des difficulés des gouvernements en guerre pour fomenter des trou- )les politiques ou déchaîner une crise sociale.

Non seulement les Etats belligérants se heurteraient à le graves embarras et risqueraient de s'infliger des pertes îonsidérables, sinon même mortelles, mais les individus l'entreraient pas en campagne dans des conditions identi-

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ques à celles dans lesquelles se sont effectuées les guerres précédentes.

Dans les armées de demain se rencontreraient, en bien plus grand nombre que jadis, des hommes adonnés en temps normal à des occupations sédentaires, peu familiarisés avec la rigueur des intempéries, la marche et le tir, habitués au contraire à un certain confort, anémiés et peu robustes. Avec la meilleure bonne volonté les réservistes souffriraient des fatigues et des privations de la vie de bivouac beaucoup plus que les troupes de la dernière génération. Certes cette situation se retrouverait à peu près analogue chez tous les belligérants; elle n'en constitue pas moins un obstacle à une déclaration de guerre pour un motif d'ordre secondaire. De même l'évolution qui s'est faite au point de vue moral. Le prix de la vie humaine a été estimé plus haut que jadis. Les grandes nations européennes, l'Allemagne, la France, l'Angleterre s'imposent chaque année de lourdes charges pour assister les vieillards, retraiter les vieux ouvriers, assurer les travailleurs contre les accidents, protéger la santé publique. Le contraste paraît de jour en jour plus douloureux entre la somme des soins vigilants des mères, des efforts tenaces des éducateurs, des sacrifices divers de l'État, du travail patient de l'enfant, qui arrivent à peine à faire en vingt ans un homme presque complet, et la balle qui, en moins d'une seconde, en fait un cadavre. Les foules européennes sont plus attachées à l'existence que celles des époques passées. L'horreur du sang et l'inaptitude générale à rester impassible devant la souffrance physique, le respect grandissant de la personne humaine et des habitudes séculaires de juridicité détournent nombre d'Européens, quand; ils sont de sang-froid, de l'idée de tuer d'autres hommes qui personnellement ne leur ont causé aucun dommage et dont la mort privera de mari et de père des victimes innocentes. L'individualisme rend de plus en plus sett-| sibles les atteintes portées par les pouvoirs publia*

IX droits et aux intérêts des citoyens (faculté de s'assosr, de parler en public, impôt sur le revenu) et peutre de moins en moins pénibles à la masse les lésions iligées par des particuliers étrangers aux intérêts natio- Lux (espionnage, conquête d'un marché extérieur, conirrence maritime). Cette tendance commence peut-être à parer, dans certaines circonstances et dans Topinion mérale, les préoccupations des gouvernants de celles de însemble des gouvernés, et à donner l'impression qu'il iste parfois, entre chefs d'Etat ou ministres étrangers, des fférends et mêmes de simples rivalités de personnes qui i correspondent pas à une opposition violente des peu- :es qu'ils dirigent. Il est vrai, par contre, que le sentiment itional est facilement excitable et le chauvinisme très g-u dans certains pays. Le moindre incident, convenableent exploité par la nervosité de la presse et l'emballeent des foules, peut donner naissance à un courant d"oinion belliqueux. En plusieurs circonstances récentes, uU, Casablanca, annexion de la Bosnie-Herzégovine, incients de Crête, les gouvernements plus conscients des sques et des dommages nationaux possibles ont été plus âges et plus pacifiques que leurs gouvernés. L'on a pu dire avec raison que les peuples européens 5 jouissent en fait de la paix que parce qu'ils prépalient incessamment la guerre.

Pour éviter les dangers, la barbarie et les charges subéquentesdesrencontresarméeSjilsontcherché des moyens lus humains et moins onéreux, de résoudre les litiges u'occasionnait de plus en plus fréquemment le heurt de îurs intérêts de jour en jour plus nombreux et plus cora lexes. Les bons offices des nations tierces et la médiation 'une haute autorité morale ont souvent proposé une soluon honorable pour les deux parties en cause et réglé

176 LES RELATIONS INTEREIJROPÉENNES.

pacifiquement des différend s d'une réelle gravité. La nomination d'une commission internationale d'enquête, chargée d'éclaircir les points de fait et les détails des contestations soulevées, a l'heureux effet de faire gagner du temps, de laisser s'apaiser les haines et les passions et, le plus souvent, d'éviter ainsi un recours aux armes.

Les individus dans certains pays manifestent leur hostilité contre les agissements des Etats qui blessent leurs sentiments ou violent leurs droits en organisant h mise à Tindex des produits, des magasins, des navires appartenant à des nationaux de ces Gouvernements. Les Turcs ont ainsi boycotté les articles, les commerçants, les vaisseaux d'origine autrichienne (i) en 1908, de provenanc( grecque en 1909. Ces manifestations pacifiques sont ei elles-mêmes peu dangereuses, mais elles blessent l'a mour-propre, lèsent les intérêts des nations qui en son victimes, et l'irritation qu'elles provoquent peut amenai des représailles ou accroître l'acuité du conflit.

En fait, à part les guerres turco-russe en 1877 et turco hellénique en 1897 aucune série de batailles rangées n'i mis aux prises, depuis près de quarante ans, les nation européennes. Des associations se sont formées et des con grès réunis pour défendre l'idée de la paix. L'Union inter parlementaire groupe des représentants de tous les peuple du monde et surtout de notre continent. Chaque anné elle tient des assises solennelles et flétrit la maxime de 1 force supérieure au droit. Une doctrine nouvelle, le paci fîsme, s'efforce de propager l'horreur des tueries humaine et de rapprocher, dans un sentiment de commune boni volonté, les patriotismes respectifs des foules européenne

Des accords ont été conclus entre Gouvernements qui t réglant à l'avance, soit un groupe de points litigieux, se! un seul germe de conflit, préviennent la tension subite q

(1) D'après certains calculs qui semblent exagére's les pertes inflige; au Commerce autrichien auraient été de 200 millions de francs.

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