SYMPTOMES & DIAGNOSTIC
. Nous réunissons dans le même chapitre les symptômes et le diagnostic, car chaque genre de fracture, offrant des signes différents, le diagnostic en découlera nécessairement.
« La fracture, le diastasis articulaire, disait M. Terrier, occupèrent assez peu le chirurgien et le blessé. Tous les phénomènes morbides furent les douleurs. » En effet, les symptômes propres des fractures de l'extrémité supérieure du péroné sont bien moins importants que ceux de la lésion nerveuse qui complique presque toujours cette sorte de fractures.
Le phénomène constant est une douleur qui est: localisée à la partie externe et supérieure de la jambe. On observe aussi une dépression à la place de la saillie habituelle produite par la tête du péroné,
UE quelquefois des mouvements anormaux du corps de los.
« I existe, dit M. Couette, à la partie supérieure et externe du creux poplité, une tumeur osseuse, mobile, se rapprochant du péroné dans la flexion de la jambe, ce qui permet de produire la crépitation. » Cette assertion n’est pas toujours vraie, et nous n'avons trouvé ce signe que dans la fracture siégeant au col et encore avec luxation de la tête en arrière.
La crépitation est loin d’être toujours observée.
Dans les fractures par arrachement telles que les a produites M. Levrat,il n’ya ni crépitation,ni déplace: ment. Dans la fracture par éclatement il n'y a pas de déplacement. On trouve quelquefois seulement de la crépitation, quand le surtout fibreux de la tête est rompu. Dans les fractures du col il y a toujours déplacement et crépitation.
On trouve encore comme symptômes des fractures du péroné du gonflement et une ecchymose assezconsidérable dans Îa région où est située la partie supérieure.dé cetos:
On observe souvent aussi de l’épanchement traumatique dans l'articulation du genou. Cette articulation est elle-même généralement le siège d’une laxité considérable témoignant d’une dilacération des ligaments.
Les symptômes de la lésion nerveuse, si bien décrits par M. Couette, sont divisés par lui en symptômes immédiats et symptômes consécutifs.
Les symptômes immédiats qu'on a constamment observés, sont la douleur tantôt localisée au niveau
Te de fa lésion, tantôt irradiée vers les parties innervées, Douleur extrêmement vive, souvent continue. En second lieu la paralysie du mouvement complète ou incomplète, s’'accompagnant de déformations (pied bot varus équin),et paralysie de la sensibilité localisée surtout sur le dos du pied.
Les symptômes consécutifs sont des troubles de la motilité, troubles de la sensibilité, troubles trophiques. Nous n’insisterons pas sur ce sujet, ces désordres étant les mêmes que ceux qui se produisent dans les autres lésions nerveuses.
Le diagnostic des fractures de l'extrémité supérieure du péroné sera facile : souvent le gonflement et l’ecchymose de la région, qui sont très considé rables au début, empêcheront de bien se rendre compte des signes physiques de la fracture. Dépression au niveau de la tête du péroné, déplacement crépitation, etc. Mais l'impossibilité du malade à marcherl’étenduedes mouvements latéraux qu’on peut imprimer au genou, parfois la mobilité anormale du péroné, feront pencher vers l’idée de fracture au lieu d’une simple contusion ou d’une entorse dans laquelle le maximum de douleur ne siégerait d’ailleurs pas au même niveau.
Une fois le gonflement disparu le diagnostic de la fracture sera des plus faciles, on ne pourra la confondre avec aucune autre lésion traumatique.
En effet, s’il y a dépression au lieu de la saillie osseuse que doit occuper la tête du péroné, s’ily a crépitation, si l’on ne sent plus la tête de l’os, on est
ste en présence d’une fracture de la tête du péroné avéc’ écrasement. |
Dans la fracture par éclatement avec rupture du surtout fibreux, on constate, à la partie externe du’ genou, une petite saillie à forme pyramidale, de la grosseur d’une noisette, mobile sur les parties profondes, ayant un mouvement d’ascension plus ou moins faible par la contraction du biceps, et se rapprochant du reste du péroné dans la flexion du genou.
Si le malade accuse une vive douleur à l'extrémité supérieure et externe de la jambe, que nous constations une vaste ecchymose, sans crépitation, sans mouvements anormaux, nous pouvons songer à une fracture du péroné avec intégrité du surtout fibreux.
Quant aux fractures du col, elles seront toujours reconnaissables à la crépitation siégeant à ce niveau et à la mobilité du fragment inférieur.
La lésion du nerf sera généralement facile à découvrir ; mais il faudra pour cela faire un examen très consciencieux du malade, surtout au début.
L'anesthésie, aux points indiqués plus haut, la douleur si vive du début, la paralysie des muscles antéro-externes de la jambe, avec les conséquences de déviation et de déformation du pied, leur mode de réaction à l'électricité ne laisseront aucun doute à cet égard.