COMPLICATIONS
De toutes les complications qui peuvent accompagner les fractures de l'extrémité supérieure du péroné, la plus importante, nous pourrions même dire la seule qui doive occuper le chirurgien, c’est la lésion que peut subir directement ou indirectement le nerf sciatique poplité externe. Ces lésions nerveuses ont été étudiées par M. Tisserand (De la fracture par arrachement de la tête du péroné et de ses conséquences) (1), et décrites avec beaucoup de soin par M. le Docteur Couette, dans sa thèse inaugurale: (Lésion du nerfsciatique poplité externe dans les fractures de la tête du péroné) (2).
Nous devonscroyons-nous distinguer, deux choses : 10 Ja lésion directe ; 20 la lésion indirecte ou secondaire. |
(1) Thèse de Paris 1880.
(2) Thèse de Paris 1881.
LEO Tee
Nous voyons, en effet, que lenerf sciatique poplité externe au niveau où il contourne la tête du péroné se trouve placé superficiellement, il peut donc être facilement contus ou comprimé.
Dans le cas de fracture par chocdirect, il estévident que le traumatisme qui fracture la tête de l'os peut, bien plus facilement encore, comprimer, écraser Île nerf à ce niveau. De là, contusion violente, douleur plus ou moins vive au niveau de la lésion et dans les parties inñervées.
Lorsque la fracture est produite par arrachement simple, ou bien par contraction musculaire, le mécanisme n’est plus le même. En eftet, il ne peut y avoir contusion du nerf, puisqu'il n’y a pas de traumatisme ; la déchirure du tissu nerveux par les fragments osseux ne peut pas non plus être invoquée, car le tendon du biceps, agissant sur le fragment séparé l’entraîne en haut et par suite l’éloigne du trajet nerveux. La seule explication admissible serait, selon nous, l’élongation du nerf avec rupture de quelques fibrilles nerveuses dans son épaisseur.
: On pourra nous objecter que MM. Tisserand dans ses éxpériences, et S. Duplay, dans son autopsie n’ont pas trouvédelésions appréciables du nerf. On pourra dire également que nos expériences elles-mêmes semblent nier la lésion nerveuse. Mais les désordres dont nous voulons parler ne sont pas de ceux que l’on retrouve facilement à l'œil nu, surtout sur le cadavre. D'un autre côté, dans l’autopsie faite par M. Duplay, si l’on n'a rienrencontré d’anormal, ne peut-on pas supposer que les faibles dégâts qui
:s’étaient produits, ont pu se réparer dans les six jours qui séparèrent l’accident de l’autopsie. Du reste les symptômes observés s'accordent avec l’idée d’une élongation, douleur vive au début, non persistante, parésie musculaire, et plus tard quelques symptômes consécutifs peu intenses et disparaissant rapidement. Quant aux lésions secondaires, elles seront variables suivant la nature de la lésion initiale. S'il y a eu -contusion violente du nerf, il se produira un processus inflammatoire réparateur, une névrite, qui se traduira par des phénomènes d’excitation, comme cela s'est rencontré chez le malade de M. Terrier. La production du cal peut aussi causer l’altération des fonctions du nerf. Il pourra soit comprimer, soit envylober le nerf. S'il est volumineux, comme cela avait lieu chez le malade de M. Gaujot, il est facile ‘de comprendre que le nerf a pu, à son niveau, être comprimé et sa texture altérée.
. En résumé, les lésions nerveuses peuvent consister, au début, en une simple élongation, ou bien en: - une élongation avec contusion. | Plus tard, réparation des désordres ou bien névrite avec ou sans action du cal sur le nerf.