‹ De quelques considérations sur les fractures de l'extrémité supérieure du péroné: Par arrachement et par choc directChapitre 27 sur 28 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Hôpital militaire de la Charité. — Service de M. le médecin-principal Servier. Observation recueillie par le D' Lemoine, aide-major.

PARALYSIE DU SCIATIQUE POPLITÉ EXTERNE, A LA SUITE D'UN ARRA- CHEMENT DE L'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DU PÉRONÉ.

Dromé Désiré, incorporé le 12 novembre, 1880, âgé de 22 ans, 10° régiment de ligne, entré à l'hôpital le 8 mars 1882. Pas d’antécédents, pas de saturnisme, etc.

Tombé le 24 novembre, au gymnase, de la hauteur de trois mètres, en lâchant les anneaux après avoir pris beaucoup d’élan. 11 est tombé le corps en avant, assis sur sa jambe gauche qui était dans ladduction forcée, a senti un craquement à la partie externe, n’a pu se relever.

Transporte à l’infirmerie, y reste jusqu’au 13 février 1882. Il ya eu beaucoup de gonflement au niveau du genou, ecchymose au côté externe de la jambe, s'étendant presque jusqu’à la fesse et au bas de la jambe. On n’a pas fait de réduction, la jambe n’a pas été déviée.

Bandages silicatés ; électricité après l'enlèvement du premier appareil.

Le 13 février 1882, entre à l'hôpital d’Auxonne. Frictions à l’huile camphrée.

Evacué le 8 mars 1882.

Eïat actuel :

A la vue, la jambe n’est pas déviée, le pied est dans la flexion et l’adduction. Cette déviation existe depuis le début, ou du moins le malade s’en est aperçu après lalevée du premier appareil.

Pas de changement de coloration des téguments. Atrophie du membre inférieur gauche. Cuisse 3 centimètres en moins; jambe 2 centimètres en moins.

Articulations du genou et tibio-tarsienne saines.

Au toucher, on sent à la partie externe du genou une petite saillie de la grosseur d’une noisette qui semble être la tête du péroné, mobile sur les parties profondes, ayant un mouvement d'ascension très faible par la contraction du biceps, se rapprochant du reste du péroné dans la flexion du genou, mais la tête du péroné n’est pas du tout déviée en dedans.

Le membre étant dans l'extension on sent l'extrémité supérieure du fragment inférieur du péroné à un demi centimètre en bas de la tête. Un cal fibreux remplit l’espace existant entre les deux fragments.

Symptômes fonctionnels. — Pas de douleur à la pression, sensation de fourmillements au niveau du dos du pied, lorsqu’on presse fortement au niveau de la tête du péroné. À aucune époque il n'y a eu de douleurs spontanées le long du trajet nerveux. Les mouvements du pied en dehors et en haut (abduction et extension) sont impossibles; tout effort pour faire des mouvements n’a pour résultat que d’exagérer l’adduction et la flexion.

Les muscles jambiers antérieurs et péroniers se contractent légèrement sous l’influence des courants faradiques, mais sans avoir, comme résultat, le redressement du pied. Au contraire, ils agissent par transmission et augmentent aussi l’adduction et la flexion.

Les mouvements communiqués aux deux articulations du genou et du pied ne sont nullement douloureux.

Sensibilité cutanée abolie dans toute la région antéro-externe de la jambe et sur le dos du pied.

Electrisation par courants faradiques.

Sorti, par réforme, le $ mai 1882, sans amélioration.

OBSERVATION XI (personnelle)

Recueillie à l'Hôtel-Dieu. Service de la clinique chirurgicale. Salle

St-Philipe, n° 32.

Aulas, voiturier, 24 ans. Ce malade entre à l’hôtel-Dieu le 10 novembre. Trois jours avant, ilest tombé de sa voiture sur la chaussée. Il était étendu sur le sol, la face externe du

Le y genou droit reposant sur le pavé ; une roue de la voiture a passé sur la face interne de l'articulation. Il ressent à cet instant une vive douleur, il veut essayer de marcher, mais ne peut s'appuyer sur la jambe droite. Le soir, dit-il, on remarquait une tuméfaction considérable au niveau de l'articulation.

Ce n’est qne le troisième jour après son accident que le malade entre à l’hôpital. A l'examen, on constate :

Âu niveau de larticulatiou du genou existe une légère tuméfaction et une ecchymose, s’étendant sur la face externe de la jambe, jusqu’à l'articulation tibio-tarsienne. On trouve, en outre, une légère érosion de la peau au niveau de la tête du péroné.

À la pression lorsqu'on suit le péroné dans toute sa longueur depuis l'articulation tibio-tarsienne jusqu’au niveau de la tête de cet os, le malade n’accuse pas de douleurs ; mais au niveau de la jonction du corps de l'os avec la tête, il éprouve une vive douleur. Nous avons recherché la crépitation sans pouvoir la produire ; quant à la mobilité elle était forcément obscure à cause du gonflement.

La sensibilité est intacte sur toute la face inférieure et externe de la jambe.

Sur la face dorsale du pied elle est diminunée sur une surface de 4 à cinq centimètres de côté. Cette plaque, sans limites précises, se dirige dela base du gros orteil vers la malléole externe.

Les mouvements de l'articulation du genou et de l’articulatibio-tarsienne ne sont pas altérés.

M. Levrat ordonne au malade le repos absolu, et des bains fréquents. Aucun appareil.

20 novembre. — Le malade va mieux, il n’accuse de douleur que si on presse le péroné au niveau de la fracture. Le gonflement a bien diminué et on sent de la mobilité du frag-

ment inférieur.

La sensibilité est moins obtuse sur la face dorsale du pied.

nr de 25 novembre. — Même état. La sensibilité revient peu à peu. Continuation des bains.

Le malade part le 9 décembre pour l’hôpital de Longchène.

A ce moment il marche sans trop ‘de difficulté. Il n’y a pas de déviation du pied.

Vu BON A IMPRIMER

Le Président de thèse, ROPEET VU BON A IMPRIMER Le Doyen, LORTET Vu ET PERMIS D’IMPRIMER Le Recteur, Ém. CHARLES.

8023 Imp. Wazsrener er G!°, rue Belle-Cordière, 14. — Lyon.

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