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sur la cuisse, la fracture par arrachement de la tête du péroné peut se produire. En effet, nous avons vu que le ligament latéral externe est tendu dans l’extension de la jambe. Si l’on exagère cette extension, il se produit une rupture du ligament, ou un arrachement de l’une des insertions osseuses. D'après Bonnet, ce serait l'insertion supérieure ou fémorale qui céderait. Second, en reprenant les expériences de Bonnet, dans son étude sur les Epanchements sanguins du genou par entorse, a trouvé l’arrachement de l’insertion inférieure du ligament latéral externe. Nous trouvons, page 6, les lignes suivantes:
« Les ligaments latéraux n’enlèvent pas toujours « leur point d'insertion au fémur, comme le dit « Bonnet. Son assertion est vraie seulzment pour « le ligament latéral interne, dont le point d’inser- « tion inférieur reste en effet toujours intact; mais « l'insertion inférieure du ligament latéral externe « peut très bien céder. Nous l'avons observé dans un (CMNCAS En)
Nous nous bornerons à constater la possibilité de cette fracture, car nous ne possédons pas d’observation clinique relative à ce cas.
La contraction musculaire et l’adduction forcée semblent, au premier abord, être les causes les plus fréquentes de la fracture qui nous occupe. Ces deux causes peuvent agir simultanément chez le vivant; mais chacune d’elles peut, croyons-nous, produire isolément une rupture osseuse plus ou moins considérable.
Nous pouvons voir par les trois observations
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des docteurs Herrgott, Weber et Muller que la con-
traction musculaire seule peut occasionner une fracture de la tête ou de l'extrémité supérieure du péroné. Dans la première de ces observations, il s'agit d’une femme qui se jette instinctivement en arrière pour éviter une chute. Evidemment il ya eu dans ce cas une contraction énergique du biceps fémoral dont l'insertion inférieure se fait à l'apophyse styloïde du péroné ; et, comme le fait justement remarquer le docteur Herrgott, la jambe se trouvant fléchie, l’action principale du muscle s'exerça perpendiculairement à la direction du péroné. La tête de l'os se trouvant ainsi portée en arrière, la fracture se produisit dans la partie la plus faible, c'est-à-dire au niveau du col. Dans les observations des docteurs Weber et Muller, le mécanisme est Ie même, mais ressort moins clairement, la position du membre dans ces deux observations étant moins clairement établie.
La tension exagérée du ligament latéral externe, dans l'adduction forcée, peut aussiproduire la fracture par arrachement. Les deux cas rapportés par M.S. Duplay et le second cas signalé par G. W. Callender, le seul qui soit décrit avec quelques détails, ont été classés dans cette catégorie parle docteur Tisserand. M. Couette les considère aussi comme des fractures par arrachement; voici du reste, selon lui, quel en est le mécanisme :
« Le corps tout entier se trouvait soumis à un mou- « vement de rotation rapide, lorsque la jambe, « venant frapper par sa face externe contre un plan
RMC.
« résistant, était brusquement arrêtée, pendant que « la cuisse continuait le mouvement; il y avait par « suite tendance à l'effacement de l'angle interne « Saillant du genou, et son remplacement par un « angle rentrant, d’où tiraillement sur l’angle ex- « terne et arrachement de la tête osseuse par le « ligament plus résistant. »
M. Tisserand, dans ses expériences par adduction forcée, a toujours réussi à produire un arrachement peu considérable de la tête du péroné, sans lésions appréciables du nerf sciatique poplité externe,
Dans trois de nos expériences nous avons essayé l’'adduction forcée, lemembre étant dans l'extension ; nous n’avons obtenu que des résultats négatifs. La force était-elle insuffisante ? Nous ne le croyons pas, car dans notre expérience No 3,nous avons obtenu un arrachement du ligament latéral externe, mais sans rupture osseuse.
MM. Couette et Strauss ont essayé au Val-de- Grâce de réaliser, sur le cadavre, l’action produite par la contraction du biceps, mais sans résultat. Les faits cliniques restent donc, comme nous l’avons dit plus haut, les seuls pour démontrer une fracture par arrachement musculaire.
Nous nous croyons autorisé à être moins affirmatif que MM. Tisserand et Couette, et nous pensons que larrachement seul n’a pu suflire à produire d'aussi graves lésions. Dans les observations citées plus haut, de nombreuses fractures se sont produites sur différéntes parties du corps. Dans la première observation de M. S. Duplay il y a eu fracture de
la jambe gauche ; dans la seconde, on a trouvé à lautopsie une esquille du volume d’une noisette entrainée en haut par le tendon du biceps. Dans l'observation du Docteur G. W. Callender, on a constaté à la nécropsie que la tête du péroné était en morceaux, et le nerfsciatique poplité externe écrasé et déchiré. |
La tension exagérée du ligament latéral externe a eu certainement une grande influence dans la production de ces fractures ; mais nous ne pensons pas que seule elle ait pu causer d'aussi graves désordres. Ne pouvons-nous pas supposer, en effet,que dans les mouvements de rotation indiqués plus haut, la face externe du genou soit venue frapper contre le plan résistant ? Ces chocs qui ont occasionné de nombreuses fractures sur les autres parties du corpssont,croyonsnous, la cause la plus probable de ces lésions. Du reste la fracture par broiement citée par le Docteur Callender semble nous donner raison, comme nous le verrons par le résultat de nos expériences, lorsque nous étudierons les fractures par choc direct. |
On conçoit aisément qu’un choc violent portant sur la tête du péroné puisse occasionner de graves lésions, soit dans les parties molles, soit dans les parties osseuses de la région. Nous nous sommes attaché surtout à reproduire dans nos expériences ces fractures par choc direct. Nous verrons qu’elles peuvent varier quant à leur siège et quant à leur forme, suivant la position du membre, la force et la nature du choc.
Le membre inférieur étant dans l’extension, et la
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jambe dans l'adduction forcée, si un choc se produit sur la tête du péroné on pourra observer une fracture de cette partie osseuse ; fracture qui variera suivant que le choc sera plus ou moins violent, c’est ce que nous avons essayé de démontrer par nos expériences n° 2, 4 et 6. Dans le premier cas nous avons eu broiement de la tête du péroné par choc très violent produit à l’aide du marteau de dissection; dans le second cas avec un fort maillet de bois et un choc moins violent, nous avons obtenu un seul trait de fracture, le tendon du biceps et le ligament latéral externe s'inséraient sur le fragment séparé. Enfin dans le troisième cas, en nous servant d’un marteau de menuisier, nous avons pu relever un trait de fracture se dirigeant d'avant en arrière et de haut en bas; sur le fragment se trouvait, comme dans l'expérience précédente, l'insertion du ligament latéral externe et du tendon du biceps.
Lorsque la jambe est fléchie sur la cuisse, il peut se produire, d’après les expériences faites par M. Levrat. soit une luxation de la tête en arrière, soit une luxation compliquée de fracture. Dans notre expérience n° 6 nous avons produit une fracture du col de l’os au niveau où le nerf sciatique poplité externe contourne le péroné.
D’après le résultat fourni par nos expériences et les données cliniques que nous avons cherché à réunir, nous croyons pouvoir rapporter les fractures de la tête du péroné par choc direct aux types suivants :
19 La jambe étant fixée : éclatement de la tête du péroné ou broiement avec fragments multiples quand
SA TR le traumatisme a été très violent. Æxpérience N°7, observation du D' Callender.
20 Fracture à deux ou trois fragments ou en étoile, avec fragment principal adhérant au ligament latéral externe et au tendon du biceps.
30 Fracture à un seul fragment, lequel estadhérent, comme dans le cas précédent au ligament latéral externe et au tendon du biceps.
Expérience No 6. Dans ce cas:il est à noter, que le surtout fibreux qui enveloppe la tête du péroné n'est pas rompu, et que le fragment n'étant pas déplacé, il n’y a pas de signes sensibles de la fracture. Nous devons avouer que, pour ce dernier cas, nous ne possédons pas de donnée clinique. Mais ne pouvonsnous pas supposer que cette fracture a souvent pu passer inaperçue, étant donnée la fixité presque absolue des fragments maintenus par le surtout fibreux et l'absence de crépitation.
Nous nous pensons donc autorisé, d’après les faits cliniques établis, d’après les expériences de M. Levrat, et d’après nos expériences personnelles, à croire que la fracture de la tête du péroné peut se produire par choc direct, mais que ce choc ne semble avoir tout son effet que lorsque le membre inférieur se trouve dans l’extention et l’adduction forcée.