‹ De Quelques Manifestations Oculaires du DiabèteChapitre 11 sur 20 · LÉSIONS DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

LÉSIONS DE LA CORNÉE

En 1830, Himly signale un cas de kératite chez un diabétique sans y voir aucun rapport de cause à effet. Leudet, en 1857, relate dans la Gazette médicale le cas d’une femme diabétique âgée de trente-deux ans, atteinte de kératite à l’œil gauche, mais l’autopsie prouva qu'il s'agissait d'une tumeur cérébrale probablement syphilitique : celle-ci aurait été la cause directe du diabète et des troubles musculaires.

Panas, le premier, signale en 1876 le diabète comme cause fréquente de kératite. En réalité donc, c’est de l'observation de Panas que doit dater l’histoire de la kératite diabétique. Elle se présente sous différents aspects : ulcère de la cornée, kératite vésiculeuse, kératite diffuse, forme neuro-paralytique.

a) L'ulcère de la cornée, l’ulcère rongeant diabétique, ne présente rien de particulier qui ne se rencontre dans d’autres affections (obs XXX). Samelshon nie l’origine diabétique de celui-ci et ne voit dans la simultanéité des deux aflections qu'une simple coïncidence. .

b) La deuxième forme est la kératite vésiculeuse ; en même temps que se développe de l'acné sur la face et les paupières, on voit apparaître sur la cornée des lésions analogues sous forme de phlyctènes de pustules.

Cette forme aboutit à des ulcérations superficielles, mais excessivement douloureuses ; le pronostic en est bénin et le traitement habituel des kératites, joint au traitement général du diabète, en a rapidement raison (obs. XVIT.

Ro

c) La kératite diffuse, signalée par Panas, est caractérisée par le soulèvement de l’épithélium ; en même temps l'éclairage oblique montre les lames cornéennes infiltrées et parsemées, surtout à la périphérie, d’un pointillé noir.

Si cette forme est moins douloureuse que la précédente, la sensibilité cornéenne n’est nullement abolie (obs. XVIII).

d) Dans la forme dite par Hirschberg neuro-paralytique, la cornée est dépolie, sa surface est comme chagrinée, l'éclairage oblique montre de petites ulcérations nombreuses et superficielles. L’anesthésie complète de la cornée est un des symptômes les plus frappants de cette affection. Dansla majorité des cas, cette forme n'entraine pas un pronostic funeste, la guérison arrive plus ou moins complète (obs. XIT,. Mais quelquefois, comme dans notre observation XIV, cette kératite s'accompagne d’une inflammation vive, l’hypopion est précoce et aboutit à la fonte purulente de l'œil.

Observation XVII Kératite pustuleuse grave. — Guérison (Lagrange)

Homme,.quarante-six ans, médecin. Depuis plusieurs années, sucre en petite quantité dans les urines. Kératite pustuleuse dont l'apparition coïncide avec une éruption d'acné facial. Les pustules cornéennes laissent après elles des ulcérations extrêmement douloureuses et dont la guérison exige plusieurs

mois.

Observation XVIII Diabète. — Kératite interstitielle

(Recueilie au service de Panas, par Condouris)

T...(Émile), cinquante-trois ans, blanchisseur, s’est aperçu, il y a deux ans, qu'il était diabétique. 5

Hot Il avait alors 690 grammes de sucre en 6 litres d’urine. Saison à Vichy, régime antidiabétique.

Le 4 mai 1883, 126 grammes de sucre pour 3 litres d’urine.

Depuis six mois, il accuse de la diminution de la vision de l'œil gauche; depuis six semaines, cet œil estrouge ; le malade éprouve une démangeaison à l'angle interne; photophobie, pas de douleurs.

10 juillet. — La conjonctive de l'œil gauche est rouge; un peu de chémosis. À l'éclairage oblique, on voit la cornée infiltrée, surtout au centre; dans la partie inférieure, on aperçoit un pointillé noir. L& pupille est un peu irrégulière.

La sensibilité est conservée. 50 grammes de sucre par litre et 3 litres d'urine.

Atropine. Compresses chaudes et iodure.

16. — Amélioration : les parties centrales de la cornée restent encore leucomateuses.

Observation XIX Glycosurie. — Kératite suppurative (Galezowski)

Mre X..., diabétique depuis longtemps, âgée de soixantetrois ans. Ses urines contiennent 80 grammes de sucre par litre. Dans les dernières années de sa vie, et à huit mois de distance, survinrent deux kératites suppuratives, avec hypopion au bout de vingt-quatre heures. Les antiphlogistiques employés dès les premiers instants restèrent sans effet; je dus me hâter de pratiquer la section de la cornée; cette kératite ressemblait, par sa marche et sa gravité, à la kératite des moissonneurs.

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