IL. — OPÉRATIONS QUI PORTENT SUR LE SYMPATHIQUE
Nous adopterons ici la classification très claire utilisée dans un article d'HENRI VADoN, le regretté interne de notre maître, le Docteur LAUBRY.
a) Interventions qui enlèvent le ganglion étoilé.
Le type en est donné par l'opération de Jonxesco,
qui est une sympathicectomie cervico-thoracique unie ou bilatérale.
Après une anesthésie par rachi-strychno-stovaïnisation cervico-dorsale, l'opérateur fait une résection du grand sympathique depuis la base du cou jusque dans le thorax, comprenant les deux derniers ganglions cervicaux et le premier ganglion thoracique.
Pour expliquer cette résection, Jonnesco rappelle que pour lui et de nombreux auteurs, tels que le Professeur GILBERT, le Professeur VAqQuEz et le Docteur GARNIER, l’angine de poitrine est une manifestation de l'irritation du plexus cardio-aortique à point de départ aortique. Or, François FRANCK, dans sa communication du 23 mai 1899 à l’Académie de Médecine, a montré le rôle important dans la production de ces phénomènes douloureux, de filets ascendants qui partent du plexus cardio-aortique, passent dans le sympathique cervico-thoracique et aboutissent aux centres nerveux médullaires et encéphaliques par trois voies : par la chaîne prévertébrale, par le nerf vertébral et par les rameaux communiquants dorsaux du premier ganglion thoracique.
Dans le sympathique cervico-thoracique existent donc des filets centrifuges et des filets centripèdes qui transmettent aux centres nerveux les irritations venues des viscères thoraciques ou abdominaux. Pour empêcher les phénomènes circulatoires douloureux qui en résultent par voie réflexe, il faut interrompre toute communication entre le point de départ de l’irritation et les centres nerveux. L'opération idéale serait de sectionner uniquement les filets centripètes qui portent les impressions du plexus cardio-aortique aux centres encéphalo-médullaires. JoNNEsco reconnaît cette individualisation des filets centripètes comme impossible tant leur fusion avec les filets centrifuges est
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intime. Pour lui, le rivyen ie plus sûr est « d'isoler les viscères thoraciques en ce qui concerne les relations par la voie du sympathique d'avec les centres nerveux, en reséquant en totalité les cordons et les ganglions qui englobent en même temps les filets centripètes et centrifuges ».
Pour obtenir la suppression totale de toute communication sympathique entre l'appareil cardio-aortique et les centres nerveux, Jonnesco pense qu'il est indispensable d'enlever la masse ganglionnaire cervicethoracique, point de passage des trois voies — chaîne prévertébrale, nerf vertébral et rameaux communiquants dorsaux supérieurs. Dans ce but, il pratique la résection des deux derniers ganglions cervicaux et du premier thoracique; celle du ganglion cervical supérieur lui paraissant mutile.
Si cette opération compte de nombreux cas de succès, elle a été suivie de si fréquents échecs et de telles complications provoquant une mort rapide, qu'elle a été vivement combattue et abandonnée par bien des chirurgiens.
C'est qu'en effet l’extirpation du ganglion étoilé s’est révélée difficile et dangereuse. L'intervention porte sur un carrefour ganglionnaire important où passent non seulement des fibres centripètes portant la sensibilité des organes thoraciques, mais aussi des fibres centrifuges comprenant les filets accélérateurs du cœur, les filets vaso-constricteurs pulmonaires et les filets vaso-moteurs coronariens.
ROTHBERGER et WIiNTERBERG ont montré qu'après l’extirpation totale du sympathique, un cœur normal se contracte superficiellement et sans force. Comment ne pas penser que sur un myocarde souvent affaibli ou dégénéré, d’un cœur d’angineux, une intervention semblable ne va pas être suivie d'accidents grases d'in