‹ De quelques ouvriers-poètesChapitre 20 sur 28 · LE FORGERON · texte numérisé non relu

LE FORGERON

Debout devant mon enclume,

Prêt au travail me voici.

Dès que raul:>e au ciel s'allume

Ma forge s'allume aussi.

Frappe, marteau, tors et façonne Le métal qu'amollit le feu ;

Que ta voix de fer, mon marteau, résonne, Pour glorifier le travail et Dieu.

En vain la sueur m'inonde, Mes bras n'en sont que plus forts, C'est la sueur qui féconde Mon courage et mes efforts, On m'en voit comme une couronne Une perle à chaque cheveu.

Que ta voix de fer, mon marteau, résonne, Pour glorifier le travail et Dieu.

Le riche qui de ma blouse Détourne son œil railleur, PUis d'une fois me jalouse Ma gaîté de travailleur.

La gaîté ! . . . Dieu toujours la donne A qui sait vivre heureux de peu, Que ta voix de fer, mon marteau, résonne. Pour glorifier le travail et Dieu.

J'aime à forger la charrue Qui nourrit le genre humain, Mais jamais le fer qui tue Ne fut battu par ma main.

A la vie il faut que personne Avant son jour ne dise adieu.

Que ta voix de fer, mon marteau, résonne, Pour glorifier le travail et Dieu.

Dans mon ténébreux asile .le vis plus heureux qu'un roi.

Lorsqu'à tous on est utile On peut être fier de soi.

Cette forge que je tisonne.

Du char du travail est l'essieu.

Que tu voix de fer, mon marteau, résonne. Pour glorifier le travail et Dieu.

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