‹ De quelques points des sciences dans l'antiquitéChapitre 13 sur 39 · DANS LBS LANGUES ANCIENNES · texte numérisé non relu

DANS LBS LANGUES ANCIENNES

Ut été chez les Grecs. L'arsis marchait toujours la pre* lière, et la thésis venait ensuite. On pourrait déjà conclure ! cette citation que Tarsis contenait l'accent y c'est-à-dire \ syllabe forte du mot*, mais nous le verrons mieux sur des icmples positifs.

Priscien, avant les mots que nous venons de citer de lui, Mysc ainsi le son du mot naiura : « Quand je prononce latUj la voix s'élève, et l'arsis est sur tu^ et quand je prononce ra^ la voix s'abaisse, et c'est la thésis*, et autant la voix s'élève sur tu, autant elle s'abaisse sur ra. Quando dieo natu, ekvatur vox et est anis in tu ; quando vero ra, deprimitwr vox, et e$t thesis^ et tu quantum iugpenditur per orm, toiKum deprimiiur (ra) per thesim \ »

Térentien entre dans d'autres détails. Il parle de l'arsis et de la thésis , et applique ce qu'il en dit à plusieurs pieds , entre autres à l'amphibraque {m-m ). Voici ce qu'il en dit :

Qoale si Telis àmoèHûs Tel àmUûs dicere, Arsis hÎDc sumat tria prima tempera Etthesei reilnquat anum. Yel licet Tertas rétro, Arsis ano sublevetur, déprimant tbesia tria*.

« Si vous voulez prononcer amasnas ou amicm (prononcez à la façon des Romains, aménm, atnicus), l'arsis prend es trois premiers temps (c'estrà-dire la brève et la longue, >«r laquelle porte l'accent, c'est-à-dire, par conséquent, le emps fort), et elle n'en laisse qu'un à la thésis (c'est la sylabe glissante ou non accentuée de la fin du mot, c' est-àlire le temps faible). On peut aussi renverser ce rapport : arsis s'élèvera sur un seul temps -, il y en aura trois qui ibaisseront leur thésis. ^

Ces derniers mots, pour lesquels Térentien ne cite pas l'exemple particulier, peuvent s'entendre de deux manié-

' DeaccmUibus, dans Putsch, p. 1289.

* De fêdilms trisyUabis , dans Putsch , p.

tôt L*AB81S ET LA THftSIS

res , soit parce qu'en eflErt on pourrait pr^idre indilRremment pour arsis eu pour tbésis le commencraient ou h fin des mots donnés : alors, ce serait le sens primitif v lotàs les mots iMeteiur et depriimcmê paraitraioat appfiquésà contresens ; soit parce que dans la langue latine la syllabe longue pénultième étant toujours acc^ituée, il n'était pas posâUe de dler un amphibraque latin où Tarsis ne comprit pas les trois premiers temps. Dans ce sens , le r«civersement dont il parie ne s'appliqueraitqu'au grec, où un mot, comme jgsvoimj ayant sa première syllabe accentuée, aurait un seul tunps peur son arsis, et trois temps pour sa thésis.

Quelque sens que Ton adopte, on ne peut douter que Térentien ne prenne plutôt, ou par nécessité , ou par prédilection, l'arsis pour la partie du mot qui comprend le temps fort, ei]& tbésis pour le temps faible. Ce qu'il dit un peu plus loin le fait voir aussi-, il parle de l'ampbimacre (- v-) :

Bômûlôs si Dominemus, aot âppûHUj aut Dôrieos Sesquiplo metimur istum : qainque nam sont tempon* Nanc duo anle, tria seqaantur; nnnc tribus reddes duo, Italam si qaaodo mutât graios aeoeutns tonam : Appûlôs nam quando £co, tum in arsei sont dao; Sôcràtên Graius loqaendo reddet in thesd duo *.

<K Si nous disons rômûlôs, âpptUôi, dôrîcôs (prononcez comme les RcHnains, rômuloê, àppulos, dôrieai)^ nous mesurons ces mots par le rapport sescuple (de 3 à S, ou de 2 à 3)*, car il y a cinq temps : deux d'abord, et trois eosm^e (savoir les longues rô, dp, dô^ qui sont accentuées, et sont, par conséquent, les syllabes f<»rtes de ces mots. Les trois qui viennent après sont les terminaisons mulô$, piUô$, neôi, qui valent en effet trois brèves, et ne portent aucun accent). Au contraire, deux temps (pour la tbésis) répondront à trois pour l'arsis, si l'accentuation grecque vient à changer

* Depedilms trùyUabis, dans Putsch, p. 2414.

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e son du latin*, car quand je dis dppulô$ (prononcez âppu- €m), il n'y a que deux temps dans l'arsis. Un Grec, en pnn :ionçant iôerdtên {iocréUmf que les Latins prononçaient, au i^ontraire, iôeraien), ne laissera que deux temps dans la Lhésis. »

On peut, à toute force, penser et soutenir après ce passage si net, si détaillé, si péremptoire, que Térentien aurait pu intervertir les deux termes dont il s'agit^ on ne peut douter qu'il n'employât plus volontiers l'arsis pour désigner la parlie accentuée du mot, puisque c'est toujours le terme qu'il prend, et qu'il n'admet jamais l'autre.

Du reste, la règle ne tarda pas à devenir si générale qu'on en put faire une définition. Marins Yictorinus dit positivement que l'arsis est à la fois une augmentation du temps, du son, de la voix; que la thésis est l'abaissement, et, en quelque fiiçon, le resserrement des syllabes. Ar$i$ eH elatio temr parûj sont, vods; iherii depoUio et quœdam cantraelio syllabarum *. Et après cela vient l'application de ces mots à tous les pieds de deux ou trois syllabes , où il est facile de voir que l'arsis est toujours accentuée, c'est-à-dire correspond au t^nps fort.

Tous les grammairiens latins que j'ai consultés m'ont paru d'accord sur le sens de ces mots-, je n'ai trouvé d'indécision formelle à cet égard que chez les Grecs. Il semble donc qu'on peut et qu'on doit noter cette différence de signification chez les deux peuples. Quant à la cause de ce changement, iln'y en apascertainementde plusnaturellenide moins contestable que les systèmes d'accentuation qui différaient dans les deux langues. C'est un point qu'on a beaucoup trop négligé, jusqu'ici, dans l'étude de l'harmonie du langage chez les anciens. Il est temps de lui rendre l'importance qu'il y a toujours eue, et dont nous trouverons encore d'autres preuves.

' Marias Yictorinus, dans Putsch, p. 2482.

DE

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