‹ De quelques points des sciences dans l'antiquitéChapitre 12 sur 39 · DANS LES LANGUES ANCIENNES. S · texte numérisé non relu

DANS LES LANGUES ANCIENNES. S

une thésis»mple et d'une arsis simple*, le double se corn* ise de deux brèves pour la thésis et d'autant pour l'ars ', et il analyse ainsi successivement ^ dans le genre daclique, l'anapeste à majore, l'anapeste à minore^ le spondée mple, le sp(mdée double, l'ionique à majore^ l'ionique à iifèorei puis il passe au genre îambique et aux autres sures, et fût connaître ainsi une trentaine de pieds ivers dont il détermine successivement l'arsis et la théis y toujours et uniquement par la valeur relative des sylibes\

4^. Nous trouvons dans le vieux Bacchius la preuve posiive que le son fort ou faible n'entre pour rien dans la preoière définition de ces deux mots. U donne, à propos des dirers pieds, des exemples en grec', etconmie, dans les mots ;recs, le temps fort est toujours marqué par l'accent, il est acile de voir que ce temps entre tantôt dans l'arsis , et tantôt )ans la thésis. Voici ces exemples : hégémon (ou pyrrhi- ]ue uv), Xoyoçy le temps fort est à l'arsis*, ïambe (y -), hovy le temps fort est à la thésis-, chorée (ou trochée - u ), vcûXoç, le temps fort est, selon Bacchius, à la thésis*, anapeste (uu -), QaatkBvÇf le temps fort est à la thésis-, spondée (- -), (Jirivf(ûf l'accent est à l'arsis.

5®. On pourrait même déduire de ces exemples de Bacchius, et des préceptes d'Aristide Quintilien , que les différents pieds commençaient non pas arbitrairement, mais déterminément , ceux-ci par l'une , ceux-là par l'autre -, que le pyrrhyque, l'ïambe, le spondée commençaient par l'arsis; que c'était le contraire pour le chorée, etc. *, si les défini-

* Arbt. Quint., tbid., p. 36, ligne 43 etsnir.

* On peat Toir le tableau de tous ces pieds dans les notes de Meibom sur ce passage , p. 269 et 270.

« Pages 24 et 25.

^"lafiSoç,,.. âfx^rat àrà âfaeaq' xopetO'; ...Spxirai àx6 Béaea^^ Bacch., Introd. harm,, p. 2$, lignes 6 et 40.

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tioDs données par A. Quiniilien n'élaieni souvent conlndu foires à celles de Bacdiitis \

6^ Enfin un passage d'Aristide Quinliliea montre qa'd n'y avait rien de bien réglé à cet égard ; car il critique certains métriciens qui, pour établir une théorie dont loimême parait se moquer, divisaient capricieusenneDt les vm ou les liiythmes, en établissaient à leur fantaisie les dirers pieds, commençant, selon le besoin, tantôt par l'arsis , tantôt par la thésis, tantôt par les syllabes longues , tantôi ptr les brèves *.

Quoi que l'on pense de ces contradictions , il demeait toujours évident que l'idée de l'accent ou du temps fort n'entrait aucunement, pour les Grecs, dans le sens primitif des mots apaiç et ^aiç : c'est là seulement ce que j'ai voulu faire bien comprendre jusqu'ici.

Cette idée est-elle restée la même pour les Romainsn'ont-ils pas joint à l'un de ces deux mots l'idée de VépUam ou accentuation forte? à l'autre celle de roném ou biblesse du son? C'est un nouvel aspect de la question précédente, et qui ne manque pas non plus d'intérêt.

Je &is remarquer d'abord que la langue n'était plus b même, que l'accentuation surtout avait changé; qu'au lieu de dépendre, comme dans le grec , de la dernière syllabe, elle se rapportait à la pénultième, et que surtout die s'étail régularisa, portant toujours sur cette pénultième, quand celle-ci était longue, et quand, au contraire, elle était brève, recalant sur l'antépénultième.

* Aristide Qaintilien dit (p. 36, ligne 43| qae le pocéleusmatiqiie ( c^est rhégémon ou le p jrrhique ) se compose d'une thésis brèye et d'une

«rsis brève; et Bacchius dit qu'il commence par Tarsit. U en est de du spondée , qu'Aristide Quiatilien dit se composer d'une tkéâs longue et d'une arsis longue , tandis que , dans l'exemple précédemment cité , Bscchius a pris pour arsis la première syllabe.

* Kài Toùç fiÀv à^à èéaeù9ç , roùç ^è àwh âp^ta^, xal roùç fûv àx^

Eptfv, rot)ç ^è àifh Cpaxetuy auvrtéiofft, D$ mutica, I, p. 40.

es 2i et stti?. Voyes le passage entier, ci-dessus, p, 237 et 238.

DANS LBS LAKCOES ANCIENRBS. Mt

De là, malgré une opinion fort répandue, mais erronée, à mon aris, une grande supériorité d'harmonie pour le latin, et, dans les divers pieds qu'on avait à considérer, une séparation beaucoup plus nette de la partie accentuée et de celie qai ne l'était pas.

De là aussi une distinction qui, pour n'avoir pas été fonnu* lée cmnme je vais le fitire , ne me parait pas moins trèsarrêtée chez les métridens latins : celle de l'arsis et de la thésis considérées dans les mois, et des mêmes affections considérées dans les pieds.

Les pieds, pris dans leur abstraction, ne sont autre chose qu'une réunion de brèves et de longues dans un certain ordre, et présentant les deux parties désignées par les mots orsû et théêis, ilivaiiùn et poiilton^ etc. Voici, par exemple, le dactyle -w, voici le spondée--*, voici Tlambe u--, ^âci le trochée -V, etc.

% on décompose chacun de ces pieds en deux parties, %us les noms d'an» et de ihé$i$, on dira que l'arsis, dans le dactyle, le spondée, le trochée, est la première longue, <iue c'est la brève dans llambe, et que la tiiésis comprend dans le dactyle les deux brèves, dans le spondée la dernière l<>ûgae, dans le trochée la brève, dans l'iambe la longue-, et <^<»Dffle ces valeurs sont prises ici d'une manière abstraite, c'estrà-dire sans se rapporter à aucune syllabe , toute idée d'accentuation en est absente*, les mots ami et ihigit se prennent dans le sens primitif que nous avons expliqué précédemment, pour un simple mouvement de décomposition.

Quand on applique, au contraire, ces pieds à des mots latins, c'est tout autre chose. Grâce à la régularité de l'accentuation dans la langue latine , toutes les fois qu'on proïionce un dactyle, comme dîeëré^ un spondée, comme fim- ^^s un trochée, comme fdgûs, un ïambe, comme cânô, ^'«^t la première syllabe ou l'arsis qui est accentuée -, le reste ^« mot ou la thésis ne l'est pas. On voit donc que, chez les

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Romains , indépendamment de toute théorie préélablie , le terme dont on s'est servi le plus souvent pour désigner la première partie des mots a emporté ^ au bout de peu dt temps, l'idée d'accentuation ou de syllabe forte, et celui dont on s'est servi pour la dernière partie du mot a Eût entendre les syllabes glissantes ou non accentuées.

Or, si chez les Grecs il y avait quelque doute sur la pi>ûtion relative de l'arsis et de la tbéais , il n'y en avait pos chez les Romains; nous le verrons tout à l'heure sur des exemples particuliers. Citons d'abord , pour le principe général , ces mots de Diomède : « Le pied poétique est une mesure de deux syllabes ou plus ', avec une certaine observation des temps, recevant une arsis et une thésis , c'est-àdire commençant par l'élévation et finissant par la position ; Pes e$t poetieœ dieiUmii duamm amplhuvê syllabarum cum eerta temporum observatUme modus , recipiens ipniv et Béoivj id e$t, qtri tnctpil a iubkUiane, finitur posUùme* ; » ei ceux-ci de Sergius: « L'arsis est au commencement, la thésis à la fin. Ar$i$ in prima parle, thesU in seeunda patunda

La phrase suivante de Priscien est plus démonstrative encore : « La voix qui se forme dans les mots jusqu'à ce que l'accent (syllabe accentuée) soit achevé entre dans l'arsis, et celle qui vient après l'accent est attribuée à la thésis. Ip$a Vax qua per dieiianes formaiwr danec accenhu perfiàùr twr, tfi arnrn depuUUur^ quœ anOem poil aceentwn, tu tkesûn • »

n est donc bien évident que, chez les Romains, l'ordre des deux parties du pied n'était pas arbitraire comme il IV

* Le plus, ou VampUus da latin , s^appliqae aux pieds de trois syllabe» seulement ; les autres sont des pieds composés.

» Diomède, 111, D$pedibus, dans Putsch, p. 471,

* Sergius, dans Putsch, p. 1831.

* Priscien , De ciccentihus , dans Putsch , p. i 289.

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