PRÉFACE
Les pièces réunies dans ce volume, quoique diverses, ont une certaine unité. D'abord elles se rapportent toutes à l'antiquité plus ou moins directement; ensuite elles ont pour objet des questions de doctrine, c'est-à-dire des notions abstraites, où l'exacte détermination de l'idée examinée est souvent ce qu'il y a de plus difficile; enfin, et c'est là pour moi le principal mérite du livre, la méthode y est partout la même.
Au point de vue de Térudition pure, en effet, on pourrait affirmer que je ne cite rien, que je n'ai rien lu d'absolument nouveau on que d'autres n'eussent pu lire et citer comme moi : je le reconnais et le proclame. Mais les textes ont été entendus de manières très-diverses ; au jugement de plusieurs, ils n'ont pas été compris du tout, ou l'ont été en contre-sens.
J'ai désiré, quant à moi, ne rien dire qui ne fût parfaitement clair, qui ne présentât surtout une idée si nette qu'on pût immédiatement en reproduire Tobjet avec une rigoureuse exactitude.
Il fallait pour cela, loin de rien prêter aux Grecs ou aux Romains, me mettre à leur place, me pénétrer de leur esprit, lire leurs livres avec leurs idées, non avec les miennes, descendre par conséquent de l'état élevé ou avancé des modernes à la position relativement arriérée ou inférieure des anciens, afin d'être frappé comme eux des mêmes, choses, et de les apprécier à leur manière.
C'est là ce que je me suis proposé , et c'est ce que je nomme la méthode suivie dans ce livre. Je suis loin de la croire nouvelle en France, quoiqu'elle le soit peut-être pour les sujets dont je m'occupe. Elle a fait la gloire de notre Académie des inscriptions et belles-lettres et de notre pays à une époque où l'amour de l'antiquité^ aussi éclairé que sincère, ne cherchait pas chez elle autre chose que ce qu'il y avait réellement.
Aujourd'hui cette marche prudente et sage est un peu passée de mode. On aime à systématiser ses idées; on lit les auteurs moins pour les connaître, eux et leurs temps, que pour appuyer les théories qu'on leur prête, ou plutôt qu'on leur impose avec une passion plus que paternelle.
En cela consiste cette autre méthode que l'illustre et regrettable Letronne appelait fantastique, qu'il disait a caractérisée par le dédain des faits et le penchant aux hypothèses vagues et gratuites, merveilleuse pour embrouiller tous les sujets qu'elle touche, incapable d*en éclaircir ou d'en expliquer au-
Viij ' PRÉFACE.
can. > Il y opposait la méthode critique, qui y « dirigée par le sentiment et le besoin de la vérité, part de la connaissance des faits , enseigne à les étudier avec soin, pois à en tirer des déductions fondées sar le sens common, qui peut seule , enfin, enrichir la science de résultats positifs et certains, et ramener la lumière sur les sujets que la pronière méthode a le plus obscurcis. »
Ces excellentes paroles m'ont paru devoir être placées audevant de mon livre. Je n'en connais pas qui marquent mieux, ni plus ânergiquement, la différence des esprits l^ers et des esprits solides parmi ceux qui s'occupent des belles-lettres, ni qui fassent mieux voir quelle route doivent suivre dans le vaste champ des recherches nistoriques les hommes vraiment judicieux } je n*en connais pas surtout qui répondent mieux àce sentiment vif et instinctif qui, dès mon enbnce, me poussant vers la vérité, m'engageait à me bien comprendre moi-même, à ne jamais employer, mais à rejeter avec dégoût les phrases ambitieuses et les théories abstruses dont To^urité ou l'emphase faisaient tout le mérite.
Je dois à cette conformité de goûts entre M. Letronne et moi la bienveiUance qu'il me témoigna dès notre premier en- U'etien, et qu'il m'a continuée jusqu'à sa mort.
J'aurais été heureux de lui offrir ce volume dont il n'avait vu oue les deux premiers et le dernier morceaux, comme l'ouvrage aun homme qui s'étudiait à suivre de loin ses traces.
On sait avec quel succès il appliquait aux recherches les plus profondes dans les régions les plus inabordables de l'antiquité la sagacité merveilleuse d'un esprit orné de tant de connaissances, et les ressources d'une mémoire si richement meublée. J'ai tâché, selon mes moyens, et dans la sphère du peu que je sais, d'appliquer une méthode semblable à l'analyse des idées qui entrent àans quelques sciences et à la détermination de ce que les anciens en savaient. Quelque peu élevé que soit ce travail, j'aime à croire que M. Letronne eût applaudi i mes efforts, comme il avait approuvé ma thèse sur la Phyiique éTAriitote et la pièce qui la suit et la complète.
Je me félicite, dans tous les cas, d'avoir pu, à l'occasion de la méthode que j'ai tAché de suivre, m'appuyer de son autorité, et payer en même temps mon tribut d admiration à la mémoire d'un savant dont la perte , toujours vivement sentie, ne sera peut-être pas réparée de longtemps.
Paris, 20 décembre 1853.
THESIS
DE PHYSICA ARISTOTELIS'
Quum plurima sint argumenta quse speciatim ad literarum Facultatem pertineant, mirabuntur fortasse me hanc tractandam elegisse materiam, qua) potius ad scientiarum Facultatem spectare videtur.
Sed si hoc physkœ nomen quomodo illud intelligebat Aristoteles y et nos intelligere volumus , jam non scientiam proprie dictam aut qualem aetatis nostrse docti definiunt, in qusestione versari videbimus *, sed tantummodo hodie proponi veteres humani ingenii labores, quos nec ad physicos, nec bA mathematicos, sed ad homines erudita; antiquitatis studiosos, pertinere omnes facile concèdent.
* Cette thèse a été souteane, le samedi 31 juillet 1836, devant la Faculté des lettres de Paris. Les juges étaient MM. Le Clerc , doyen , Laro-* miguière, Villemain, Coasia, Guigniaut, Patin et Saint-Marc-Girardin. En Toici la dédicace : lUustrissimis utriusque PactUtatis (scieniiarum et literarum) in academia parisiensi professoribus y quorum ut attditor es^ sem amplissimo Dei opiimi maximi beneflcio mihi coniigit, gratissitni anirrU pignus. J'ai conservé le texte tel qn'il était , sauf une petite addition mie {^indiquerai en son lien. Quant aux notes, qui avaient été rejelces à la fin du volume, ie les ai mises, avec les renvois, au bas des pages. J^en ai ajouté, développé ou supprimé quelques-unes. Comme elles ont presque toutes pour objet d'expliquer la science antique par comparaison avec la science moderne , on ne s'étonnera pas qu'elles aient été rédigées «l'abord ei maiotenues en français, quoique se rapportant à un texte latin.
Ea enim est illarum quœ vulgo dicuntur exaclœ scientiarum nécessitas, ut quum physici recentioris opinio in veterum explicationis vicem se subdiderit, hsec statim ab omnibus contempta rejiciatur, et vix in historicis libris locum inveniat ubi se posterorum memorisB commendare possit.
Sic quum Aristoteles summus et unicus omnium scientiarum magister et doctor tôt secula dictus esset-, quum in scholis pantocrator, si hoc verbo uti possum, et exclusis omnibus aliis regnavisset, nec solum politica studia aut moralia, verum etiam physicos labores solus direxisset*, postquam docti quidam aut expérimenta agentes, aut experimentis solum physicam scientiam progressuram esseprofessi, Kepler in Germania, in Italia celeber ille Galilœus, Baconus in Anglia, et noster pnesertim Gartesius, veterem illius famam cl potentiam aperto marte aggressi, banc scholarum arcem et propugnaculum labefactare eœperunt -, magnus ille vir ab omnibus antea sui studiosis sensim et pedetentim derelictus» destitutus omni ope, nudus mansit et vulneribus patens; mox ludibrio et despectui cuiquam fuit-, et quem olim instar dei aut plus quam hominem venerabantur, nunc oblivione sepultum nemo, proh pudor! nisi ut absurditatis et ineptiarum reum nominavit *.
Gujus tantae ruinse causas si quis hodie perpendere volet, comperiet feicile errores longo œvo consecratos , tandem experimentorum et recentium scientiarum luce dissipatos evanuisse , nec uUam ex tôt libris et operibus extractam esse phœnomeni explanationem , quœ nuper inventis non funditus evertatur.
Quid ergo, dicet aliquis, nunc de opinionibus disseris quse
* Voy. Molière, passim; Boileau, dans V Arrêt burlesque contre la rai-son, cl presque tous les philosophes du xvin« siècle. Bacon lui-même, dans son Temporis partus masculus , et son Redargutio phUosophiarum , juge Arislote avec une rigueur inexplicable dans un homme qui n'avait pas besoin , pour s^élever lui-même , de rabaisser ses devanciers.
tA PHYSIQUE d'aRISTOTE. 5
jam dudum contemptœ , nullam afferre possunl doctis seu physicœ studiosis utilitatem? Quid tcmpus consumis in perlegendis operibus , unde quidquid erues , hoc antcquam leneas, faisum esse noris ' ?
Nihily fateor, scientiœ proprie dictœ prodesse possunt ho* die Âxistotelis opéra : toto cœlOj tota via aberrat qui fubuina, aut grandOy aut ros quomodo fiant a Stagirita quœrit: nec tamen hune philosophum propterea negligendum dicere velim. Non satis est enim artes istas coli quœ ad opulentiam, et si creditur, non dicam Epicuro , sed Epicuri de grege porcis^ ad vitam beatam plurimum conferunt-, non satis est opibus afiluere , aut divitias sibi comparare illa prœsertim ratione quam nunc industriam nuncupant , et quse ex physica chy* miaque maxime pendet.
Sed altéra est humani ingenii faciès ^ et animi nostri pars divinior. Opulentis enim domibus y viridibus hortis, splendidis vestibus^ lauta denique vitœ supellectile delectati, dili-^ gimus etiam homines et amamus : et illos grato animo pro* sequimur, qui ut hominum sortem legibus, aut scieniiis, aut institutis quibuslibet meliorem efficerent , toto animo , totis viribus in hoc unum incubuerunt.
Qui quidem utrum erraverint necne, post longum tempus, parvi refert : quales autem viri et quanti fuerint^ hoc nostra plurimum interest. « In re enim , ait M. TuUius * optimum
* Cette objection s'applique, non-seulement à la physique, mais à toutes les sciences. Comme les faits passés n'ont jamais pour nous la même granité que les faits présents , il s'est tronvé des gens qui ont révoqué en doiite l'utilité de toute histoire , et , à plus forte raison , de l'histoire des sciences : à ceux-ci, M. Cousin a répondu par ces belles et éloauentes paroles : a Celui qui néglige l'histoire d*une science se prive de rexpérience des siècles , se place dans la position du premier inventeur, et met gratuitement contre soi les mêmes chances d'erreur, avec cette différence que les premières erreurs avant été nécessaires, ont été utiles et, par conséquent, plus qu'excusables, tandis que la répétition des mêmes erreurs, n'ayant pas été nécessaire, est inutile et stérile pour les autres, et hon^ t«use pour soi-même, d {Cours d*histoire de la philosophie , onzième leçon.)
* Cicéron, De offlciiSj 1 , 44.
4 LA PHYSIQUE D'aRISTOTE.
quflsritur y in homine quod est dicitur. » Nec tune illud primum dîjudicandum est, utrum veritatem absolutam in mundum attuiérint : at illa omnibus aliis prior est qusestio et prie caeteris tractanda : Quis fuerit ante illos scientiœ status? An illis ducentibus, et usquequo progressa fuerit?
Nam etsi veritatis unius inventio meritam laudem et omnis levi benevolentiam inventori prœstare débet , gloria sine dubio major illi reservatur qui totam scientiam ex inferiori loco, ut ita dicam, in superiorem proferens , illam ad supremum veritatis fastigium, quantum in se est evehit.
Sic quum Gartesius mirabile istud turbinum systema invenit \ etsi falsum omnino erat, de scientia tamen et veritate optime meritus est, quando quidem omnia cœli phaenomena , sponte sua ante se producta, astraque sine ulla lege generall in peculiaribus sphteris volventia se, ex una mcchanica conditione pendere pronuntiavit: ita ut posterl omnes Gartesianœ methodo neoessario cedentes , dum Gartesii opinionibus infensissime adversantur, illius tamen discipuli sint qui neminis in hoc auditor esse potuerat.
Non secus de Aristotele : nemini dubium esse potest quin absolu te erraverit : quin discipulo cuilibet e nostris coilegiis egresso , facillimum sit innumeros illius coarguere errores ;
* M. Guillon, dans son Histoire de la philosophie ancimne et moderne^ t. 1, p. 257, rapportant, d'après Diogène Laërce, ropinion de Leucippe sur la formation du monde par les atomes qui s'accrochaient dans le TÎde * croit y voir le germe de ces fameux tourbillons dont on a fait , dit-îl , honneur au génie de Descartes. Il faut se tenir en garde contre ce désir de retrouver chex les anciens ce que les modernes ont découvert ; c^est ainsi Îu'on a voulu voir T Amérique dans un passage du Timée et du Critias de laton , et Pattraction newlonienne dans quelques vers obscurs d^Empédocle sur Pamour des éléments. Tout ce qu'on peut conclure de ces ressemblances, c'est que les idées extrêmement abstraites et générales^ comme celles d'amour et de haine , d'attraction et de répulsion , de mouvement et do repos, étant en très-petit nombre, les auteurs qui les ont employées ont dû nécessairement s'y rencontrer. Mais ensuite chacun y a joint les idées accessoires données , ou par l'état de la science à Pépoqne où il a vécu , ou par son propre génie : c'est là ce qni constitue véritable-nient l'invention dans les sciences naturelles.
LA PHYSLQUE D RftlSTOTE. S
imo, si hodie Aristoteles ex œterno sepulchri somno suscitatus, ad superiores oras rediret, et opéra relegens , opiniones suas toi et tantis experimentis infirmatas, aut plane destructas viderety ipse fateretur falsam ex omni parte doctrinam libris suis contineri , nec se duce quemquara nisi stultum et insanum physicsB operam esse daturum.
Sed quum primum prodierunt in lucem Aristotelis libri , ipsiusde physicis phœnomenis sententiam exponentes, num putatis de nova doctrina istam fuisse Atheniensium existimationem? Longe alia profecto fuit*, et quos hodie libros verae scientiœ inutiles judicamus, ne dubitetis quin tune maximum et perfectissimum opus habiti sint.
Multi enim a Thalete sapientise studiosi fuerant; et cum philosophia ethicam et physicam simul complecteretur , uniuscujusque philosophi scientia, si auctorum testimoniis fides adhibenda est, e sparsis moralibus prœeeptis tune constitisse videtur, et opinionibus maie junctis de phsenomenis quibusdam, aut de universi principio, quodalter ignem^ aller aquam, hic aerem, ille quatuor elementaesse contendebat.
Quum Socrates duas philosophiae partes separavit, hinc aspectabilis natura; et corporis, illinc animie humanœ studium ponens, hanc divisionem Aristoteles secutus, in utroque génère disjectas veterum opiniones coUigens, alias cum aliis comparans, rejectis illis bas admittens, suas prœcipue adjungens observationes et explicationes, omnia tandem a physicis nota in unum scientise corpus redigere conatus est-, et quum in tôt diversas aut contrarias sententias dividerentur scholœ philosophorum , in hujus dissidii locum, unum systema belle coagmentatum substituere tentavit , et sic magnum opus edidit in lucem , quod totius mundi tune cogniti explanationem amplectebaturV
* C'est là, si je ne me trompe, le mérite particulier et réternelle gloire d'Aristote , le grand classificateur et le grand analyste.
6 LA PHTSIOUE D*ÀRISTOTE.
Putavi aliquid operœ fùtunim esse pretium, si tôt post secula oslendere possem quodnam fiierit hoc systema*, si dicerem quid de mundi fabricain universum senserit Arl^toteles ; si demum brève ex physicis illius operibus compendium expedirem, quam apertissime philosophi doctrinam exhibiturum.
Quamobrem , non semel desideratis tractatibus qui jam non sunty superstites libros attente legi, saepe longiores, difficiles semper^ disputationibusque aut plane inutilibus, aut certe abstrusioribus , aut a re alienissimis redundantes*, e quibus quam plurima haurire pnecepta, quam paucissimas eruere paginas mihi in animo erat.
Ula sunt qu8B sœpe versavi opéra': 1** Mechanicœ ^jtœstiones; 2^ Naturalis auseuUationis ieu de principiis physicis Kbri octo^ Z"" De cœlo libri quatuor; 4* De genercuione et cor^ rupiione libri duo; 5» Meteorologicorum libri quatuor; 6* Problemalum sectiones oclo et triginta; T" Appendix de nominibus ventorum; S"" Liber de mundo, qucm ab Aristotele exaratum nemo sane credat, sed a quodam e suis discipulis compositum et magistri fere referentem ideas omnes facile concèdent*.
Omitto hic libros De sensu et sensili y De somnio et tngtlia , Deanimalium motùme, respiraJUone, ineesm. De historia, par-tibus aut generatione onîmaltum ; Hbrum De mirabilibus aus-
* Dans l'édition de Duyal, en deux Yolume» in-folio , Paris, 1620. G^est à cette édition que se rapportent tous les ren?ois.
* On trouvera dans la BihUothèquê grecque de Fabricius (édition de Harlès) une longue dissertation sur le véritable auteur du De mundo. Lies uns , comme Stobée , Démétrius , Apulée , Justin le martyr, Philoponus , tes anciens manuscrits grecs, etc., i^attribuent à Âristote; quelques-uns
Çaraissent douter, ou ne se prononcent pas : tels sont Cicéron, Origène, 'héodoret, Théroistius, Proclus, etc.; d'autres nient absolument qu'il soit d'Âristote : Muret, les deux Scaliger, Casaubon, Saumaise, Heinsius, Ménage, Vossius, Huct, Vives, Naudet, etc., qui Tattribuent à Théophraste , à Anaximène de Lampsaque , à Posidonius ou à d'autres ; enfin Heumann croit que le De mundo original est celui d'Apulée , et que le grée n'en esl q^ue la traduction.
LA PHYSIQUE DARISTOTE. 7
cuUaiionibui, de atêditrilibuê et de eolaribus, qui etsi ad physi* cam generalem pertinent, propius ad medicinam, aut, ut aiunt bodie, ad physiologiam et historiam naturalem accedunt.
Sed antequam restituendo Aristotelicœ scienUsB œdifido vacem cujus in supra dictis operibus sparsa saepius jacent fragmenta, non inutile prorsus videbitur honim librorum brevem cognitionem dare, et veteris philosopbiœ studiosos paucis verbis admonere quid de istis generatim judicandum sit, facta prseserUm comparatione cum hodiernœ physicœ partibus quibus magis congniere videntur.
1"*. Meehanicœ qucBSliones. Brève opus, sex et triginta quaestiones complectens , hoc uno pretiosum quod nobis indicat quœ fuerint machinée simplices tune usitatœ : vectis ad quem alias omnes machinas referre tentât^ libra, cuneus\ $ecuri$\ gubemaculum\ scylalœ\ trochkœy et rechami'', ergatœ *, capreoli seu grue$\ quibus in re œdificatoria Grœ-
* Meehanicœ quœstiones, 18 , p. 1192 , B. — Aristote attribue la force du coin pour fendre le bois , à ce que c'est un double levier : il se trompe , c'est un plan incliné.
* rbid., 20, p. 1192, E; et 1193, A. — Aristote dit avec raison que la hache est un coin.
* Ibid., 6, p. 1188, B. — Aristote croit que TefTort de la mer sur le gouvernail peut être assimilé à Taction d'un poids sur un levier : c'est une erreur, la mer agit sur le gouvernail comme sur un plan incliné ; mais , à part cette faute , Fauteur reconnaît avec beaucoup de sagacité l'action de rbomme qui tient la barre, le mouvement de Teau qui frappe obliquement le gouvernail , et la puissance de celui-ci pour faire tourner le vaisseau autour de son centre de gravité.
* Ihid., 12, p. 1190, D, E. — Les scytales dont parle Aristote sont des rouleaux comme ceux qu'on met sous les pierres « pour les faire avancer, plutôt que des chariots à petites roues comme ceux dont se servent souvent les rouliers.
" /Md., 19, p. 1192, G, D. — Trochlem, ce sont des poulies dont on attribue l'invention à Archytas de Tarente. Aristote parle là d'une poulie mobile , et la rapporte avec raison au levier. RBchami , ce sont les m<m- /Im , on poulies combinées , qu'il indique sans les nommer.
* /6td., 14, p. 1191, B. — Ergatœ t ce sont les cabestans, ou treuils, que les Grecs nommaient 6voç.
' Ibid., 19, p. 1192, D, E. — Ce sont les chèvres et les grues.
8 LA PHYSIQUE D'aRISTOTE.
cos uti dicH, ceUmia\ sive îollmonei quibus hodie etiam utuntur olitores ad hauriendam e puteis aquam.
In his omnibus notatœ fiierunt egregie unîuscujusque instrumenti natura et proprietas-, sed islam partem quam iheoriam dicimus, sœpissime fialsam invenies, et ridicula plane tibi videbitur proprietatum vectis explicatio, quas e circuli natura pendere crédit, quia circulus mira est linea quœ radio semper progrediente descripta , hue tandem redit unde profecta est*.
2*. N(Uurali$ auseuUationU , seu de principii$ physieis libri oeto. Longum opus et ingratum, et difficile, et unde, quamvis titulus physicœ convenire videatur, unam vix aul alteram notionem*, extrahere poterisad physicam vere pertinentem. Constat enim illud opus c disputationibus , objectionibus, responsis , redargutionibus de sensu verborum , de moîu generatim êumpîo et quiète , de movente et moto, de tnant, de loco, de tempore, de infinito, de necfssitate, casu^ fortvna, etc., quro omnia indubitanter scienliœ hujus partes sunt quam metopAystcam vocamus \
Aristof e les désigne , non par leur nom , mais par leur composition : ce sont, dit- il, des machines composées de poulies, de moufles, de cabestans et de leviers ; il parle aussi , dans son premier chapitre , d*une machine composée de plusieurs leviers ou de cercles (c^est-i-dire, . sans doute, de roues dentées] contigus les uns aux autres, et disposés sous une enveloppe qui les dissimule, de manière à produire un effet d'autant plus merveilleux qu'on en ignore la cause (ch. i, à la fm). Je crois qu'il est ici question du cric.
' Ibid.j 29, p. 1198, F). — iCelonia^ ce sont des cigognes, ou grandes bascules pour élever Teau des puits.
• /6id., l,p. H83,C, D;et li84,A, B, C.
' On trouve, par exemple, une expérience intéressante destinée à prouver que le viae existe (IV, 2, p. 359, B) ; cette expérience est indiquée avec plus de détails dans les problèmes (XXV, 8). Voyei aussi 11, 6. p. 406 , une suite de propositions d'où Ton peut conclure assex facilement ce grand principe de mécanique , que la force est égale au poids multiplié par la vitesse.
* La Physique d'Aristote estftrès-réellement un ouvrage de métaphysique. Bayle , qui n'était ni physicien ni mathématicien , en a tiré de nom-
S**. De cœlo libri qiujUttor.
4*. De genercUione et corruptione libri duo.
S"". Melearologicorum libri quatuor. Longa quidem magnique momenti et ponderis opéra hsec totam fere Aristotelis doctrinam de naturalibus phœnomenis continent. Displicet autem quod philosophus cogitationes suas in ordinem scientiœ edocendœ minime aptum redegerit : sparsse hic , illic jacent, et undique colligendœ sunt illius opiniones. Non enim hoc primum sibi proposuisse videtur ut legentes doceret, sed ut alionun philosophorum placita redargueret^ et sic opus suum longis et supervacaneis ratiocinationibus impedivit, nedum illud clara distributione simplicibusque argumentis illustraret.
Si tamen hoc vitium prœtermittere velis , quod opus aliud alius partes et quasi jura interdum sibi arrogat \ tria haec opéra summatim définies^ dicens primum de cœlestibus phœnomenis et sphœra terrestri , scilicet de quatuor inferio-
breux sujets de discussion , que Ton peut revoir dans les notes de son Dictionnaire, surtout à l'article Zenon.
' Ce défaut est étident dans quelques endroits , mais surtout pour le quatrième livre des Météorologiques, qu'Ammonius, dont les ouvrages sont perdus, et Alexandre d'Aphrodisie voulaient retrancher de cet ouvrage, pour en faire le troisième livre du De generatione (Voy. la Bibliothèque grecque de Fabricius, art. Aristote; voyez surtout dans l'édition dldeler, t. 11, p. 347 à 389, une longue dissertation sur ce point). La transposition que voulaient ces deux auteurs est très-bien fondée : non-seulement le quatrième livre des Météorologiques n'est pas en rapport avec ce qui le précède , mais il contient des idées qui sont la suite nécessaire du De generatione^ et qui, d'ailleurs, doivent être connues avant qu'on n'étudie les météores.
U y aurait encore une antre transposition à faire, mais qui serait moins grave. Le premier chapitre du livre 111 devrait être le dernier du livre 11; car non-seulement il traite de sujets analogues, mais encore il résume à la fin tout ce oui a été traité dans les chapitres précédents. « Nous avons parlé, dit-il, aes foudres, tonnerres, éclairs, trombes, etc.; » et tout cela est dans le livre précédent, qui se termine presque par les mêmes mots. Qui croira qu'un esprit méthodique ait fait cette division extraordinaire? Aussi , M. Ideler dit-il qu'il n'aurait pas hésité à changer cet ordre , s'il n'eût été retenu par le respect pour Tantiquité et la crainte de la confusion (t. II, p. 239 de son édition).
10 LA IMIYSIOUE DARISTOTK.
ribus elemcntis generatim tractare-, secundum de elementorum inter se mutationibus ; tertium autem de actione sphœrarum et elementorum in producendis phœnomenis quœ meteora dicimus *.
ii\ Problemalum liber, Octo et tnginta sectiones seu qusestionum fasciculos continens , e quibus tamen y vix octo ad physicam spectant. In his autem paucœ quaestiones vere utiles exlstimandœ sunt : et liber totus , nisi fallor, videri potest silva quœdam rerum et sententiarum y unde quie hue olim contulerat , oceasione data depromebat auctor, piout componendis operibus utilia videbantur *.
* Ces sujets se trouYent surtout bien résumés et bien indiqués dans le premier chapitre des Mitéorologiqws ^ p. 528 , A.
* Le recueil des problèmes d'Aristote ne doit être consulté qu'avec
5 récaution. Je dis qu on peut le regarder comme une sorte de magasin ou e répertoire où Touteur mettait , pour s^en servir au besoin , tout ce qu^il recuedlait de côté ou d*autre. On conçoit qu'à une époque où les livres étaient rares , les auteurs habitués à s'appuyer sur les faits , conservassent ainsi ce qu'ils entendaient dire ou ce qu'ils lisaient d'intéressant. Telle est peut-être l'origine de ces recueils qu'on trouve dans Plularque , dans quelques-uns desquels se sont même glissées des opinions contraires aux siennes. Ces ouvrages ne doivent donc obtenir la confiance du lecteur que lorsqu'ils sont en tout point conformes à la doctrine ou au style de l'auteur. Or, telle n^est pas la qualité du Livre des problèmes. Pour ne parler ici que des sept ou huit sections relatives à la physique , on y remarque : i^ l'absence complète d'ordre et de plan , ce qui ne doit pas étonner, du reste , dans un livre du genre de celui-ci ; 2<» des répétitions fréquentes et si grossières que , si elles ne sont pas dues à la négligence des copistes , elles ne peuvent Tenir que d'une rédaction très-précipitée ; 3» des questions d'une fausseté palpable. Exemples : Pourquoi l'eau, qui devient quelquefois plus chaude que la flamme, ne peut-elle pas brûler le bois, lorsque la flamme le brûle (XXI Y, 3)? Pourquoi les choses chaudes se r^ froidissent-elles plus vite au soleil qu'à l'ombre (i&td., 13]? 4* d'autres oui sont d'une puérilité inexcusable. Exemples : Pourouoi l'eau chaude rait^Ue rider la peau, tandis que le feu ne la ride pas (aXIY, 7)? Pour-
2uoi l'eau bouillante ne pent-eUe pas liquéfier, tandis que le ventre liqaé- 6 {ibid*, 4) ? 5* d'autres, enfin, qui contredisent ce qu'Aristote a dit ailleurs. Exemple : Il suppose (XI, 33) que l'air est plus plein pendant le jour que pendant la nuit , a cause de la lumière qui s'y trouve , et il a dit (De anima , 11» 7) que la lumière n*est pas un corps , que ce n'est qu'un mouvement du transparent.
Malgré ces défauts , le Lhre des problèmes n'est pas à dédaigner, et j'y renvoie en plusieurs endroits de mes notes.
LA PHYSIQUE D'aRISTOTE. 1 t
T'. Liber de mundo. Brevissimum et eximium opus ornata oratione seriptum, sub septem capitibus compléctens omnem^ qualis erat apud 'Grœcos, scicDtiam naturalem \
S"". Liber de nominibus veniorum. Liber unius paginas, quem credas e sexto capitulo libri secundi Meleorologicorum extractum.
Ex bis operibus constat Aristotelem de universo et de natura sensisse quœ sequuntur.
I. De mundo. — Mundus est compages e cœlo terraque constituta et omnibus naturis quœ inter ea continentur V
Mundus globosus est seu sphœroides^
Fieri non potest ut quod globosum et rotundum est, idem sit infinitum\ Ergo nec mundum infinitum esse rationi consentaneum est \
Mundus ex duabus partibus sive naturis constat, quarum prier œther* a Grsecis nominata, divina est, in œternum immutabilis, nec ullo modo ortui aut corruptioni aut
* Cette science , chei les Grecs , était regardée comme dÎTine ; Tauteor du De mundo , dans son premier chapitre , emploie Texpression &eo- Xùyofuvj, faisons divinement connaître les diverses parties de TuniTers » p. 601, G.
* D$ mundo , 2.
■ Ibid., p. 601, E; De cobIo, 11, 4, p. 45.
* De eœlo, II , 4. — La majeure de ce syllosisme est parfaitement juste ; car nommer une forme, et en particulier la forme sphérique, c'est supposer les limites qui la constituent. La fameuse pensée de Pascal que le monde est une sphère infink dont le centre est partout, la circonférence nuJIs part (Voy. ses Pensées, Connaissance générale de Vhomme), n'est donc belle que parce que cette contradiction évidente entre Tidée de sphère et les deux idées suivantes , jette Tesprit dans le va^e et robscurité où le
£ioe toujours Finfini. Mais Aristote dit au contrave , et avec beaucoup raison, que Tifi/lm n'a pa< de milieu: JAécrov yàp roù àfrelpov oùk i^ri. {De cœlo, 1,7, p. 441, D.)
* De mundo, 2, p. 602, D; De ccelo, I, 3, p. 434. — Le monde était un corps pour Aristote, et même le premier corps. Or un corps étant ce qui est terminé par des surfaces , Tidée de corps est contradictoire avec ôdle d'infini.
* Du grec àel Mv (semper currere) dit Aristote, et non pas de aXêstfêai [infiummari) De mundo, 2, p. 602, A, B; De cceh, 1, 3, p. 436, A; Meteor., \, 3, p. 630, A.
13 LA PHYSIQUE DARISTOTE.
morti subjecia**, in hac astra volvuntur*. Posterior autem patibilis plane et mutabilis materia, miscerique ac turbari nata*-, inferiores mundi sedestenet, sive, ut aiunt, mundum inferiorem efficit \
Duœ istoî partes et eorpora omnia motu proprio et vi ipsis insita agitantur^
Duo sunt motus simplices , quandoquidem eorpora in orbem seu recta linea moveri possunt*.
Motus in orbem altero prier est, quod circulus e planis prœstantissima figura est^, et perfeetum imperfecto natura semper anteit*.
' De mundo, 2; De cœlo, 1,3. — CeUe idée de réternîté et de Tincorruptibilité des astres aujourd'hui peu probable, était alors bien plus raisonnable que celle des philosophes qui croyaient que le soleil , ajant besoin de nourriture, avalait les vapeurs qu'il tirait de la terre, et que c*était pour cela qu'il se roulait tout autour de notre globe , abandonnant un lieu aussitôt qu'il l'avait épuisé. Aristote qui rapporte cette opinion (Meteor., 1, 2, p. 551, E), la traite avec raison de ridicule.
* De mundo , 'i ; De cœU) ,1,3.
' De mundo , 2.
♦/Wd.
'^Decœlo, 1, 2, p. 432, C.
* De cœlo, 1,2, p. 432. — Uàffa xiytffrtq.,,. $ eùùeÎAy 9 JwxÀtjj, 9 ^'^ rovrav fAixnlj' àrXàïyàp avrai i'va fjLévat. Aristote fait dépendre ici les mouvements des lignes que décrivent les corps. 11 suppose que les lignes droite et circulaire sont plus simples que les autres. Qu'entend-il donc par lignes simples? Ce sont celles qui peuvent, dans toute leur étendue, se superposer exactement (Voy. plus lom le Curé de VarengeviUe).
' Comment le cercle est-il plus parfait que la ligne droite ou que toute antre courbe bien faite (Voy. le Curé de VarengeviUe)!
* De ccbIOj 1,2, p. 433 , A ; 11, 4, p. 456 , D. — Aristote donne ici le mouvement circulaire comme le premier mouvement naturel. Descartes , au contraire ,' et tous ceux qui sont venus après lui , ont proclamé que le seul mouvement simple était le mouvement en ligne droite , puisque c'est celui d'un corps qui obéit à une force unique. On voit dans ce raisonnement d' Aristote un exemple frappant des erreurs oii l'entraîne toujours cette habitude de déduire les lois de la nature d'idées qu'il s'est faites à priorij ou de relations purement métaphysiques. Du reste le mathématicien Xénarque faisait à cette assertion l'objection suivante : a Le mouvemeut en cercle ne peut être un mouvement naturel ; car les points inégalement éloisnés de l'axe se mouvant inégalement vite , le mouvement naturel serait infinimeni varié et différent de lui-même , ce qui est absurde. » On peut voir dans Siiu-
LK IMlYSIQrE UAIUSTOTE. 15
Eorum quac recte moventur corporum motus bipariito dividitur, ideo quod dupliciter^ sursum scilicct cl dcorsum fcrri Data sunt*.
Omnis alius motus utroque motu simplici, orbiculato nempe et recto mixtus est*.
II. De firmamento. — Gœlmn seu sphsera cœlestis quum primum corpus ' et primmn mobile sit *, incredibili celcritatc circa nos intra viginti et quatuor horas ^ in orbem agitur, suapte natura et propria vi sese movens *, nec quidquam habet levitatis aut gravitatis \
Errant igitur et insaniunt qui putant cœlumautquietis aut somni, ut propiora terrœ corpora, aut Atlantis cujusdam, qui sesustineat, indigcrcj quum vim aetemam sortitum, sine labore, sine lassitudine, in omnc aevum, instar Ixionis œterna rapti rota ", eademque semper celeritate versatur *.
Mundus quum instar globi in torno circumacti roletur circa lineam quam vocant axem*\ necesse esthujus axis extrema puncta fixa stare et immota; ha)c mundi polos nominamus.
plicius Tobjection , et la réponse qu'il y fait , qui consiste particulièrement en ceci, que Xénarque est un corbeau qui insulte Taigle de Jupiter, et qui vient faire ses ordures sur les beaux ouvrages des grands hommes.
* De cœlo, I, 2, p. 432, C; Meteor., l, 2, p. 529. A.
* De cœlo, 1, 2, p. 432, C.
* De cœlo, I, 2, p. 433, B; IV, 1, p. 485, I). — Tous les philosophes ne croyaient pas que le ciel fût le premier corps et la cause de tout mouTement : quelques-uns pensaient que la terre , humide à Torigine , avait, par la cnaleur du soleil, produit beaucoup de vapeur, et, par suite, de Tair; et que c^était celui-ci qui, en soufQant, occasionnait le mouvement du monde (Afeteor., 11, 2, p. 552 , B).
* De cœlo, 1,2, p. 433, B; IV, l,p. 485,D.
* Je détermine ici, selon nos idées, la longueur du joor sidéral que les anciens ont quelquefois nommé Nyclhémère.
* D»c(rfo. 1,2, p. 433, C; II, 1, p. 453, B.
' De ccbIOj I, 3 , p. 434, A. — Ovide, qui suit régulièrement la Physique d'Aristote, dit aussi : et sine pondère cœli (Metam,^ J^ 26).
' Cette comparaison est d^Aristote.
* DecoBio, 11,6, p. 459, E.
*® De mundOj 2, p. 602, A.
14 LA PHYSIOUK DARISTOTE.
Quorum aller subliniis scmper apparel , et arclieus ab ursa dicitur*, aller autem nobis nunquam videndus, sub lerra semper latel et dicitur antarcHctts \
Unus est mundus, nec aller esse potest*.
Nihil est extra cœlum^ aut mente concipi potest , nec corpus, nec locus, nec tempus aut vacuum *.
Gœli et mundi totius partes ut in homine distinguuntur : quippe dicimus et ante et pone, et ad lœvam et ad dextram et sursum et deorsum fieri phaenomena : erraverunt autem Py thagorei qui primum hisce vocabulis usi , nescierunt australem polum capitis, borealem vero pedum vicem gerere, et sic orientem dextram, occidentemque lœvam esse mundi \
Goelum'ipsum quod extremum atque ultimum mundi est*,
* De mundo, 2, p. 602, A.
« De cœlo,l, 8 et 9, p. 442 à 446.
» /Wd., ellV, J,p. 485, E.
* La démonstration qu'il n'y a pas de vide an delà du ciel , quoiqu'on même temps il n'y ait rien , est asseï curiense ; c'est , du reste , une pure question de mots. Cléomède , astronome recommandable , l'a réduite à sa juste valeur, et s'est prononcé comme la logique l'exigeait , pour le vide mfini au delà du monde (Voy. son Inspection circulaire dês me'téores, \^i).
^ De cœlo, 11, 2, p. 453 et 454. — Les Pythagoriciens mettaient le u^e boréal en haut , et te pôle austral en bas. On voit qu'un homme qui se placerait dans cette position , et qui regarderait son méridien céleste , aurait en eiïet l'orient à gauche et l'occident à droite. Au reste, Empédocle avait dit tout ce qu'on pouvait dire de vraisemblable dans cette hypothèse d'un devant et d'un derrière , d'une droite et d'une gauche du monde. 11 supposait les pieds sur la terre et la face toujours tournée dans le sens dn mouvement du monde, c*est-à-dire vers le couchant; de cette manière la droite était pour lui le tropique du Cancer, et la gauche celui du Capricorne (Plutaraue, De placitis pkUosophorum , II, 10). Cléomède avait adopté cette idée.
* Ces expressions sont de Cicéron. Aristote n'admettait rien au delà dn ciel des fixes, que la substance divine, éternelle, immense, impassible (De cœto, 1, 9, p. 446, B), incorporelle et mouvant tout le monde (ibid.^ Il, 6, p. 459, A). On fut, plus tard, obligé de reculer le premier mobile au delà du ciel des fixes, lorsque Hipparque, ayant reconnu que les étoiles avaient un mouvement très -lent d'occident en orient (la précession des éqninoxes) , Ptolémée appela firmament le ciel des fixes , et premier mobUe la sphère qu'il supposait lui communiquer son mouvement. Il fallut encore , quelque temps après , intercaler dos cristallins entre le pre-
l\ PHYSIÛl-R OARISTOTE. 15
in se contiiiet immutabiiibus spatiis afiixas, clavorum instar, siellas quas dicimus inerrantes * ^ et infira se orbes quosdam qui idem habentes centrum *, sese alii alios involvunt j omnes tamen cœlo involvuntur *.
Quorum unusquisque unicum habet sihique inhaerens sidus * a quo nomen accipit.
m. De planelis et zodiaco. — Hsbc sunt progredlentium a stelligero cœlo sphseranim et siderum nomina : Pheman sive Saiumus ; Phaëthon seu Jupiter^ Pyrdis, quem vocant alii Martem , alii Heradem^ Stilbo quem Mercurium plerique, quidam vero ÀpoUinem dicunt-, Lucifer seu Venus ^ aut aliquando Juno; Sol et Luna *.
Astra in sphœris suis locum non mutant * -, sed globosa et
mier mobile et 1c firmament, pour expliquer d'autres mouvements que le temps et la patience avaient fait reconnaître ; et cela dura jusqu'à ce que Copernic, reprenant et fécondant les anciennes idées de Técole italique, vint briser tous ces cieux de cristal , dissiper toutes ces sphères , et nous montrer un monde a la fois plus simple , plus beau et bien autrement étendu que celui des anciens.
• De cœlo, 11, 6, p. 459, B; 8, p. 463, B; De mundo, 2, p. 602, B.
' Il fallut renoncer aussi à la concentricité des sphères , lorsque l'on reconnut que les mois d'été étaient sensiblement plus longs que les mois d'hiver. Les anciens ont donné de ce phénomène une explication très-ingénieuse.
» Decœto,ll,4, p. 456, E.
« De cœlo. H, 8, p. 460, E; 12, p. 464, C. — Aristote cherche dans ce chapitre pourquoi il v a beaucoup d*astres dans le premier mobile , tandis qu^il n*y en a qu'un dans chacune des sphères inférieures. Il croit en trouver la raison dans ce que la première est nniaue , tandis que les autres sont plusieurs : celles-ci i^'ont donc chacune qu une étoile , tandis que la première en a plusieurs , ce qui établit une sorte de compensation.
* De mundo, 2, p. 602, C, D.
' De cœlo, 11 , 8 , p. 460 , E. — Voilà Tun des points sur lesquels Aristote est le plus éloigné des idées modernes. Laissons les raisonnements métaphysiques sur lesquels il s'appuie pour prouver que les astres ne tournent pas sur eux-mêmes ni dans leurs sphères. Voici ses conclusions : i^ les astres ne paraissent pas se mouvoir sur eux-mêmes ; le soleil semble tourner à son lever et à son coucher (p. 463 , G) , mais c'est une illusion d'optique, un effet de la faiblesse de notre vue; 2^ les étoiles fixes paraissent scintiller, tandis que les planètes ont une lumière tranquille ; et cela vient de leur grande aistance , parce que notre vue est trop faible pour
Itt LA PHYSlQri-: D AHISTOTE.
rotiinda, el sphapnr suor adhïrrentia ciini ipsa el por ipr^im versanlur '.
Sphœraî autem a primo cœlo sivc primo mobili moventur, quod quidem motionem ex alia in aliam transfundit, ea tamen lege ut quo sibi propior est sphicra, eo majorem, et quo remotior, eo minorem accipiat motum *.
Inde definiuntur varii planetarum anni-, Luna quidem mense uno suum peragit orbem; Sol, Lucifer et Mercurius, anno uno; Pyroïsduobus annis-, Phaëthon duodccim, Phaenon autem triginta annis \
Omnes hx stellœ quum ientius orbe stellifero provehantur*, videntur luctari mundo* in adversum niti et variis
aller jusqu'à elles , et le tremblement qui s'y opère nous fait croire que c'est rastre qui tremble en réalité (De cœlo , Il , 8 , p. 463 , D) ; 3<» il est visible que les étoiles ne se roulent pas dans leurs sphères , d'abord parce qu'elles ne paraissent pas le faire, ensuite parce que la lune présente Assurément toujours la même face [ibid.) ; 4<* enfin, la nature n'a donné aux planètes aucun organe pour se mouvoir, et , comme elle ne fait rien au iiasard , qu'au contraire elle fait tout pour un but déterminé , il est absurde de supposer un mouvement propre aux planètes (Abtd , E) ; 5« la conclusion générale est que la rondeur du ciel est parfaitement adaptée à son mouvement éternel, parce qu'il doit tourner clans le même lieu, tandis que la rondeur des planètes est ce qu'il y a de mieux pour qu'elles ne tournent pas dans les sphères qui les emportent (Ibid., à la fin du chap.). Tous ces raisonnements nous siemblent bien singuliers.
• De cœlo, 11, 8, p. 460, C; p. 461, B.
* De cœto, 11, 10, p. 463, B, G. — On voit par là comment les anciens avaient conclu, avec assez de justesse, les distances relatives des planètes. Cependant Vénus et Mercure , qui semblaient osciller autour du soleil, paraissant tantôt à l'orient, tantôt à Toccident de cet astre, ont dû leur laisser moins de certitude; aussi trouve-t-on que quelques-uns changeaient leur ordre, ou plaçaient le soleil au-dessus d'elles (Voy. Plutarque. De placitis philosophorum , 11, 15). Manilius, Astronomica , I, 803:
SuDt alia adverso luctantia sidéra mundo , Qus cœlum terramque inter volitantia pendent ; Satttmi, Jovis et Martis Solisqoe; sah illis Mercurius Venerem inter agit Lunaroque locatus.
' De mundo , 6 , p. 612,C.
« De cœlo, W, 10, p. 463, C.
' ^'Exaffrov yâp àvTi0éperat rô oùpavé xarà rtv aùroù xù»?\,oy (ibid.). De là cette belle expression : luctantia sidéra mundo ^ employée par Manilius (ci-dessus, et 1 , 259) pour désigner les planètes.
LA PHYSIQUE D ARISTOTE. t7
cœli locis in dies adhœrere ; unde pUmetarunij quasi vagorum aut errarUhm tiderum nomen iUis impositum est ' .
Qui quidem planetœ binis viribus obedientes * ( univcrsa enim naturœ mundique conversione rapti , peculiari sphœrœ suœ motioni nihilominus cedunt) , ad dextram aut ad sinistram plus minusve déclinant '.
Has omnes declinationes amplectltur zona quœdam * in obliquum secta, quam zodiacum vocant seu signiferum, propterea quod stellata animalia seu signa continet-, quibus varia anni tempora notari possunt '.
IV. De molu iolis ac lunœ. — Sol per médium zodiacum magna celeritate latus solstitiali orbe itemque brumali non longius progreditur ; quos ut attigit circules fit hinc solstitium, illinc bruma : scilicet hic incipit œstas, illic hiems *.
* De ccBlo, 11, 8 , p. 46i ; D9 mundo, 2, p. 602.
* De cœlo, \\, 12, p. 463 , 465. — Aristote expose ici avec une grande clarté , sous le titre dAporia , et en s'appu jant sur des obserrations trèsexactes. Tune des grandes difficultés de 1 astronomie ancienne , l'irrégularité du monvcmenl des planètes. Malheureusement, il veut Texpliquer, et ne le peut qu'en supposant les planètes animées , ainsi que leurs sphères.
* DeccOo,}], 10, p. 463, B,G; 12, p. 464.
* De mundo, 2, p. 602, B. — Je fais du zodiaque une bande, quoique le De mundo n y voie qu'une ligne qui touche les deux tropiques : c'est qu'alors cet ouvrage parle de ïécliptique ; c'est la ligne tracée au milieu du lodiaque , et la route annuelle du soleil autour de laquelle oscillent les planètes : c'est donc la partie pour le tout.
* De mundo, 2, p. 602. — Les anciens nous ont laissé beaucoup de descriptions du zodiaque; l'une des plus belles est celle que Manilius a placée dans son poème sur l'astronomie (1, v. 255).
* J'ajoute ici quelques notions cpie je ne trouve pas exposées systématiquement dans Aristote , mais qui , faisant partie du système astronomique dû à la simple observation des phénomènes, étaient connues longtemps avant lui, et ne pouvaient lui avoir échappé. Ces idées sont, d'ailleurs, ne-
tant de s'égarer dans le champ des conjectures , on pourrait supposer que , donnant ses explications dans ses leçons orales , ou acromati^ies , le philosophe n'avait pas voulu reporter dans des livres où il prétendait fonder ou confirmer des doctrines nouvelles , les opinions communes qu'il ne combattait pas ; il fallait , toutefois , avoir ces connaissances |)our comprendre
Quum vero e brumali ad solstitialem circulum aut ex hoc ad istum progreditur, lequatorein (Grœcis i$emerinan) bis secat, hic vernum, illic autumnale definiens aequinoctium.
Luna, octo et viginti prope diebus totius zodiaci ambitum conficiensy per triginta dies ad solem a qno erat profecta reméat*.
Quum autem luce propria careat, lumen a sole mutuatur, et hujus astri radiis accensa clarescit.
Inde fit ut diversis locis, varia nobis appareat; has species aut permutationes, post Gr^ecos, phases hodierni vocant astrologi.
Istœ species in dies mutantur crescente luna aut senescente -, septem vero permutationibus luna toto mense distinguitur^ quum nascitur, quum fit dichotomos , etamphicyrtos, quum plena, et rursus amphicyrtos, ac denuo dichotomos, et quum ad nos luminis universitate privatur *.
Luna globosa est quod perspicere licet ex ipsius incrément aut deminutione; et quia in eclipsibus, sol ex ea parte qua déficit m^noûfe^^ id est concavus, semper videtur '.
Solis enim fit eclipsis seu, latina lingua, defectus^ si luna ei succedens objectu suo ab humano aspectu lumen ejus repellit *.
Luna autem laborat, quum ipsi contra solem positœ» sub
ses livres , et c'est peut^tre à cela que fait allusion la fameuse lettre à Alexandre, rapportée par Aulu-Gelle {Noctes attkœ^ XX, 5), où il dit que ses livres ne sont intelligibles que pour ceux qui Font entendu luimême : car un professeur, auteur en même temps d un ouvrage non élémentaire , donne toujours dans ses leçons des aétails qu^il dédaigne dans ses livres.
' Cet alinéa et les sept suivants n'étaient pas dans la première édition.
* Decœlo.W, H, p. 463, D, E.
* Analytica posterioray 1, 13, n»' 4 et 5, p. 135, C; De cœlOf lieu cité.
* Z)ecœto,ll,li,p. 463, D, E.
LA PHYSIQUE d'aRISTOTE. 19
eadem stantis linea, terrœ umbra obsistit, ne sôlitum lumen accipiat \
Ideo nec sol unquam déficit nisi quum luna nova est, nec luna, nisi quum est soli adversa, id est, in pienilunio.
y. De mundo infmori. — Infra istam quam divinam et immutabilem diximus mundi partem*, mundus inferior situs est 9 qui patibilis et mutabilis, ut antea dictum, e quatuor corporibus * in tôt orbes distribuas constat.
Quum cœlum in orbem actum omnino sit levitatis et gravitatis expers , in mundo inferiori solum levitatem aut gravitatem reperies \
Grave et levé ^ quum in se quasi incitamenta mo-
^ Analytica posteriora, 1, 3i , n«* 4 et 5, p. 159, G; II, 2, n«* 3 et 4, p. 163; 8, n** 8 à 11, p. 169.
* De là ^ient cette expression si connue , le monde sublunaire , pour indiquer la terre, son atmosphère, et ce qu'on supposait Tentourer jusqu'à la lune.
* Voici ces quatre éléments d'Aristote si célèbres dans les écoles , et que Ton rappelle quelquefois dans les cours de chimie , pour montrer combien les idées différent aujourd'hui de ce qu'elles furent autrefois. Cette conclusion est très-Traie : mais on la déduit de prémisses qui ne le sont pas , en supposant qu' Aristote entendait par éléments , ou corps simples , ce qu'entena la chimie moderne ; loin de là , il repousse tout à lait, conune nous le Terrons, la définition que Ton donne aujourd'hui, et jprononce que les éléments se changent les uns en les autres. M. Biot, en uûsant obser» ver, dans une note oe la Physique méciuUque de Fischer, quMl se troute un rapport fautif, mais assez marqué, entre les quatre éléments d'Aristote et les quatre états de corpe que nous concevons sajourd'hui , savoir : les solides, les liquides^ les gaz, les fluides incoercibles, nous montre exactement ce qu'Aristote entendait. Ses quatre éléments n'étaient pour lui que des modes de la substance, des abstractions de son esprit , et non des substances diverses.
* Dse(Bto,m,2,p. 476, G; 3.
" Aristote remarque que les mots lourd et léger s'emploient presque toujours par comparaison : ainsi on dit que le bois est plus léger que l'airain ; mais y a-t-il un lourd absolu? un léger absolu? Oui, répond-il , et il a bien soin d'ajouter qu'il est le premier qui les ait ainsi considérés {De coelOj III, 1, p. 485, G ; Gf. lY, 4, p. 490, C). G'est, en effet, l'un des points fondamentaux de sa doctrine , mais aussi l'une de ses plus graves erreurs , puisqu'il va bâtir tout un système sur ces abstractions , comme si elles avaient une action , et par conséquent une existence hors de son esprit.
SO LA PHYSIQUE D'aRISTOTE.
tus \ habcant y grav^ est quod ad centrumaut deorsum, levé autem quod a medio sive sursum fertur '.
Gorpora simplieia, elementa quoque dicta % ea sunt quœ simplici motu feruntur ad médium aut a medio : mixta autem seu eomposUa quorum mixtus est motus *.
VI. De elemefUi$. — Quatuor ergo sunt elementa * : tgnis qui semper est levis sursumque tendit ' ; aer gravior igné, levior aqua; aqua gravior aère, terra levior*, terra tandem cœteris gravior, quœ semper tendit ad médium \
Mixtorum levitatem aut gravitatem ex elementorum levitate vel gravitate pondère manifestum est *, ita ut quo plus minusve cujusvis elementi continebit, eo levius aut gravius sit, si levé est elementum *, si contra grave , eo gravius aut levius *.
* Aristote emploie le mot énergique et pittoresque Çi^upa Ktv^a^aç des causes actives de mouvement (De cœU), iV, 1, p. 485, C).
* De cœlo, 111, 2, p. 476, C; IV. 1, p. 486 , D, E. » Z>ecœto,lll,3,p. 477.
* DeiXBlo,\[\, 3, p. 478, A.
* De costo, IV, 5, p. 491, G; De générât., W, 2, p. 516, B,C; ifeteor.t 1 , 2, p. 529, A. — Aristote distingue, et il faut distinguer avec lui , les éléments, ou corps simples, o-ro/%fi;x, des principes ou causes , ip<)çA/. Ceux-ci sont au nombre de trois , savoir la matière , la forme et la privation , sur lesquelles voyei le Curé de Varengemlle. Les éléments sont : le feu , Tair, Teau et la terre ; c'est là le sens le plus général de ce mot. Toutefois, ce sens est quelquefois détourné, soit par la nécessité du discours , soit par une épithète. Ainsi le xpîùxov trTOixetov tôv <ro/iâTav
SMêteor,^ li ^ 9 P/ ^^^ > B) désigne la matière, et le rérrapE^ àp%a/ («5td., \ , p. 529 , A) signifie les qualités primordiales auxquelles Aristote attribuait la détermination des éléments, comme on le verra tout à l'heure.
* Il faut bien remarquer, et j*aurai l'occasion de revenir là-dessus, qu' Aristote entend ici par feu une matière qui, sans être essentiellement chaude et brûlante , Test en puissance , c'est-à-dire peut le devenir à tout instant.
' De coBlo, IV, 2, p. 486, B; IV, 4, p. 489, E. — Ovide (Afetam., 1, V. 25) expose en beaux vers toute cette théorie Voy. aussi Mauilius, (Astron,, 1, v. 149).
■ De cœlo, IV, 4, p. 490, B, C.
* Aristote reproche aux physiciens qui l'ont précédé de n'avoir jamais expliqué pourquoi les corps tombent ou s'élèvent ; il l'explique , comme on
LA PHYSIQUE D ARISTOTB. ïl
Fiuni elementa et pereunt * ; nec tamen in nihilum aut aliud corpus dissolvuntur, nec formantur e nihilo aut ex alio corpore simplici ', quandoquidem nuUum existit corpus simplex prœter quatuor elementa : sed ex sese mutuo generantur et in sese dissolvuntur '.
Ignis, aer, aqua, terra nec ex eisdem similibusque partibus constant, quœ plures in bis, pauciores in illis , elementa graviora reddant aut leviora, ut aiunt qui unam dari in rerum natura materiam contendunt * -, nec raritate aut densi-
le Yoit , par la supposition d'une force propre aux éléments ; et encore cette force est-elle double , puisqu'il j a des corps légers et d'autres grayes. Newton, en combinant les propriétés des fludes arec une seule force occulte , qu'il a nommée l'attraction , a réduit à cette seule force Texplication de la cbute des corps, et l'élévation des fluides légers. Avant lui , Descartes avait donné de ces phénomènes une explication ingénieuse et indépendante de toute cause occulte , mais que les progrès des sciences physiques ont renversée de fond en comble (Voy. le Cours de physique de Rohaut^ il, 28, édit. de 1671). En 1720, l'académie . de Bordeaux ayant donné pour sujet de prix à chercher la cause de la pesanteur, plusieurs mémoires furent envoyés à ce sujet. On peut voir dans Montesquieu (Œuv. posth.f 11, p. 28, édit. stéréot.) l'analyse des uns et des autres. L'un de ces mémoires donnait pour cause de la pesanteur celle que M. Asaîs a depuis développée dans son Explication universelle ^ la transpiration stellaire et la pression de la matière éthérée.
' i>0cœto,Ill,6,p. 481, G.
* C'est là que Ton trouve exprimée d'une manière tout À fait affirmative cette pensée que Lucrèce a placée dans le premier chant de son poème (v. 206 et 249) :
Nil igitur fieri de nilo posse fatendum est, Haud igitur' redit ad nilum res ulla....
Notre auteur dit : Oure xâvrav ètrrî yiveffiç oùr àrXvç où^eyàç, {De cûBto,llI,2,p. 477, B.)
* De cceto, 111, 6, p. 481, E; De gênerai.,, Il, 4; Meteor.^ 1, 3, p. 529, D.
* Aristote disente ici en détail les opinions des physiciens qui l'ont précédé (De.coBlOy IV, 2, p. 486, G|. Il condamne toutes leurs opinions , et en particulier celle-ci que le poias pins ou moins grand des corps sous le même volume venait de la quantité de vide qui se trouvait entre les parlies. Cette doctrine, aujourd'hui admise partout, aurait pu le conduire à Vexplication de difficultés insolubles dans sa théorie. Je dois, à ce sujet, relever une erreur que j'ai trouvée dans plusieurs ouvrages de physique. On croit communément qu'Aristote avait déterminé d'une manière fautive, ou au moins supposé le rapport de la pesanteur de l'air à celle de Teau.
32 LA PHYSIQUE o'ARISTOTE.
late inter se differunt*, nec majus aut minus vacuum levitalis aut gravitaUs* causa est, ut veteres Quidam autumant philosophi.
Differunt igitur elementa qualitattbus contrariis ' quarum hœ sunt actitmj illœ autem poisivœ.