‹ De quelques points des sciences dans l'antiquité physique, métrique, musiqueChapitre 3 sur 22 · VII. De qualUatibui $ive caims elementorum. — Primœ · texte numérisé non relu

VII. De qualUatibui $ive caims elementorum. — Primœ

Il n'en est rien : il établit, au contraire {De ccàlOt IV, 2, p. 486, D, et 488, B), qne tant d*ûr qu'on voudra s'élèrera toujours de Teau, et par coiuéquent, selon ta théorie , pèsera toujours moins qu'elle. Il est bien vrai qu'il dit (tMd., p. 490, Cf) que Tair pèse; au'une outre pleine d'air

isans doute comprimé) pèse plus qu'une outre TÎae ; dans ses Problèmes XXY, 13) et dans le De coslo, il remarque que les outres YÎdes , quoique 5 lus légères que les outres enflées, yont cependant au fond de l'eau, tanis que celles-ci surnagent ; et cette contradiction pour lui s'explique, oarce que ce qui a plus d'air que de terre ou d'eau est nécessairement plus léger que l'eau {De caio, ibid.). Mais dans tout cela il n'est question que du poids absolu de l'air. On trouTe encore {De cœlo , IV, 6 , p. 492 , 493) une difficulté du même genre. Pourquoi, dit Aristote, le Ter et le plomb, étendus (et probablement creux) , vont-ils sur l'eau? Pourouoi les mêmes substances aisposées en boule ou en broche Yontrolles au rond? Pourquoi aussi les paillettes de métal , ou la poussière , bien qu'elles soient de nature terreuse , sont-elles emportées dans l'air? Il est clair que celui qui écrit cela n'a aucune idée de ce que nous nommerions la densité de ses quatre éléments. Dans le De generatUme (II, 6, p. 520, B], il suppose que l'eau pèse dix fois autant que l'air : mais c'est une supposition qu'il prête à ses adversaires pour les combattre. C'est réellement à Galilée qu'appartient le premier essai raisonnable pour déterminer la pesanteur spécifique de l'air.

^ D$ cœlo^ IV, 2, p. 486 et 487, A. — Vojes, lieu cité, le raisonner ment curieux sur lequel s'appuie l'auteur. Je n ai pas besoin de dire qu'il n'^ a pas un écolier oui n'en comprit aujourd'hui ta fausseté ; mais il devait paraître très-*soliae aune époque oui on n'avait, pour ainsi dire, aucune notion d'hydrostatique , puisque c est Arcfaimède qui , venu près d'un siècle et demi après Aristote, créa cette science par la belle découverte à laquelle donna lieu la couronne d'or du roi Hiéron , savoir, « qu'un corps plongé dans un liquide y perd une partie de son poids égale au poids au volume de liquide qu'il déplace. 9 (Vitruve , De architect., IX , 3 ; Cf. Priscien. De ponderUfUS et mensuris, v. 92 et suiv.). Sénèque {Q%uest. nat,^ m , 25) a profilé de cette découverte pour expliquer comment des briques peuvent ne pas enfoncer dans l'eau.

* De générât.^ II , 2 , p. 5lS , B. — Voilà , comme je l'ai dit , le point capital de la doctrine d'Anstote et la source de presque tontes ses erreurs ; il s'est imaginé que des oualités qui ne sont que l'expression de la manière dont nous sommes affectés, pouvaient par elles-mêmes modifier les corps auxquels elles appartiennent. « Grande découverte , s'écrie à ce sujet Montesquieu {(Euvr. posth.. Il, p. 126), qu'il n'y avait pas de qualités positives ! »

corporum qualitates istœ sunt : grave et levé, quœ quia nec activa, nec passiva sunt e causarum tramero rejie^re y et ef* fectibus annumerare debemus'-, eaiidum et frigidum quœ activa, humidum et siceum cpm passiva esse nemo inficiabitur *.

CaUdum id est quod naturas diversas separans , easdem congregat '; frtgidum autem quod omnia cujuscumque generis sint, in unum cogit \

Humidum id est quod , quum vasis cujuslibet parietibus se faciliime accommodet, nuilam sibi propriam affectât figuram; riecum, e contrario, quod, quum proprio tennino belle definiatur, alieno definiri vix potest \

Faciliime nunc proprietatibus suis notantur elementa: ignis enim calidus est et siccus-, aer calidus et humidus; aqua autem humida et frigida; terra demum frigida et sicca*.

Item alia ex aliis elementa fiunt aut in alia convertuntur unius aut duarum qualitatum mutatione ' : sic quum ignis

* i)e(/0fiera(.,ll,2, p. 515,B.

* /Wd., C.

* On & remarqué depuis longtemps (Voy. Rohaut, Physique^ 1* 23), que cette déûnition de la chalear n^est pas exacte: une ^ande chaleur sépare toujours les molécules, puisqu'elle liquéfie les sobdes et gazéifie les liquides. Mais Aristote, frappé sans doute de ^elque propriété particulière du feu, en atait fait sa propriété essentielle; ainsi, faites chauffer de Teau salée , Teau s'érapore ou se distille , et le sel reste ; les parties dissemblables sont donc séparées, parce que, dit Aristote, les semblables sont unis : car séparer, c'est réunir les semblables (De générât.^ U, 2, p. 515, C).

* De generaU, U, 2, p. 515, D.

' Ibid. — On Toit ici, pour le sec et Vhumide, deux définitions qui ne peuvent convenir qu*au solide et au liquide : ainsi la première convient au mercure, aux métaux fondus, à quelques produits chimiques qui ne contiennent pas un atome d'eau; et la seconde s'applique parfaitement aux substances solides où la présence de l'eau est dissimulée : nouvelle preuve que , sous le nom des quatre éléments , Aristote n'entendait pas du tout quatre substances analogues aux éléments de nos cbiniistes, mais bien quatre formes ou manières d'être.

* De générât, t U, 3, p. 516, C.

' La doctrine de la permutation des éléments était reçue avant Aris-

S4 LA PHYSIQUE d'aRISTOTE.

calidus sii et siccus y aer vero calidus et humidus \ si vincetur ab humiditate siccitas, ex igné fiet aer; aqua rursus ex aère, si calori deficienti frigus successerit-, terra tandem ex aqua» si y oianente frigore, siccum in humidi locum se sobmiserit *.

Inde coili^ potest elementa materiam non esse ; sed pr8&ter ea esse quamdam materiam communem*, cujus pro-

tote ; on la trouve dans le Timé» de Platon , et en termes si précis , qu'il sera utile de les rapporter ici : npôroy fièvd^ii vvv Oiop âvofiâxafjLey^ miyvùiASvoy j 6ç ^oxovfAeVy Xlùovç jmï y^y yiyvéïuvov opQfiey' rt/KifjLtvov faL KXÎ iioxpivifjuEvoy rauràv rovro^ TvevfjLaxaî àéçcL' auyxauéévra ik ràv àépct xai rup. {Timée, p. 1059, G, édit. in-folio de Francfort, 4602.) a Ainsi cet élément qae nous avons appelé Peau , quand il se resserre et se contracte , nous le voyons devenir pierre et terre ; au contraire, s'il se fond et se dissout , il se change en souffle et en air ; et Tair, brûlé à son tour, devient feu. » Platon continue : « Il représente le changement successif du feu en air, en eau et en terre. » De là, même , il tire cette conséquence , qu'il n'y a ni terre , ni eau , ni air, ni feu à proprement parler, mais seulement du terrestre ^ de V aqueux, de V aérien, de Vigne f c'est-à-dire quelque chose qui peut être et devenir accidentellement chacun de ces éléments (tMd., D, E). La seule différence entre Platon et son disciple , c^est donc que celui-ci croit expliquer le changement dont il s*agit par le jeu de ces abstractions , le chaud et le froid , le sec et l'humide. Au reste , ce qui peut et paraît avoir donné lieu à cette erreur, c'est le passage d'une même substance , de Teau par exemple , à Tétat solide ou à Tétat gazeux : mais change-t-elle par là de nature ou de forme seulement? Les cartésiens ont répondu à cette question par Texpérience (Rohaut. Physique, 1, 21), et surtout par leur théorie, qui supposait trois corps simples , ou matières primitives essentiellement différentes. Tout le monde admet aujourd'hui 1 opinion de Leucippe , Démocrite , Epicure , Lucrèce, Gassendi, et des atomistes sur la permanence des molécules élémentaires. Toutefois , cette opinion paraîtra moins contradictoire à celle d'Aristote , si Ton conçoit bien que ce dernier parlait de Tétat des corps plutôt que leur substance.

' Gette mauvaise physique et , ce qui est pire , cette mauvaise philosophie ont dominé dans les écoles et dans le monde jusqu'à la fin du XYii* siècle. Descartes et ses disciples contribuèrent puissamment à chasser de renseignement cet inintelligible fatras de qualités abstraites agissant sur les corps , et se succédant sans qu'aucune substance connue ou supposée vînt causer ces différences. On a peine à concevoir maintenant l'engouement dont les savants se prirent tout à coup pour les tourbillons , la matière subtile et les deux éléments plus grossiers qu'avait imaginés notre Descartes : c'est qu'on ne sait pas asses à quelle doctrine succédait la sienne , et de quelles clartés il éclairait tout à coup l'obscur dédale des abstractions aristotéliques.

' De générât. y 11, 5, p. 518, E. — Voilà enfin la déclaration formelle

priiim est moveri et pati , dum alterius est potentiœ movere et agere \

Vin. De terra. — Terra quam incolimus locata in média mimdi sede immobilis inanet\ nec in axe suo volvitur, dles noctesque per vices referens , nec versatur circa solem quem Pythagorei in medio mundo constituant '.

Non altéra est terra isti quam incolimus opposita, quam antiduhona vocemus, quœ circa solem ut nostra terra versetur^ nec a nobis unquam videatur \

Quum in corporibus duplex tantummodo concipi possit motus, motus scilicet naturalis aut secundum naturam, et motus violentus seu contra naturam^ inde coUigi potest

que les éléments ne sont pas matière , qu'ils ne sont que des modes d'une substance commune différente d'eux-mêmes : âxXif ti<; uXti ^'^ (^ 9^' nerat,t II, 5, p. 518, E). Quelle est donc cete matière commune, qui, comme il est dit dans les Météorologiques (I, 3, p. 531, B), est en puissance, c'est-à-dire yirtuellement chaude ^ froide, sèche et humide? f?^ riç oûca xaî ^uvà/Jtei Bepfi^^ xaî 4/vxpày xaî Çffpà^ kai ù<ypà*t

N'est-ce pas , autant qu'on en peut juger à travers l'obscurité du langage et la distance des siècles, le unum ens de Parménide et de Mélissus? N'est-ce pas le principe de Thaïes? ou celui d'Anaximandre? on celui d'Anaximene? ou celui de Leucippe? ou la substance unique de Spinosa?

* De générât,^ II, 9, p. 524, A.

* Dsc(8to,ll,i4, p. 470,C.

' Ibid, — Selon Plutarque (De pktcitis phUosoph.^ III, 41], c'est le pythagoricien Philolaûs qui plaçait le soleil au centre de l'univers : autour de lui circulait Vantichthone, et autour de ccUe-ci notre terre, de telle sorte que les deux terres ne pouyaicnt jamais se voir. Cette idée biiarre doit déjà nous prémunir contre l'admiration qu'on accorde trop facilement à Técole de Pythagore, quand on lui attribue la découverte du vrai système du monde. Ce qu'il y a de vrai , c'est qu'il ne lui appartient pas du tout, et que ceux qui lui en font honneur sont dupes de mots mal entendus. La découverte de Copernic , en effet , n'a pas consisté à dire vaguement que les planètes tournaient autour du soleil , mais à montrer par des raisons certaines que c'était la seule hypothèse admissible. Rien de semblable chez les pythagoriciens : ils ont imaginé que le milieu était la place la plus honorable; et d'un autre côté, que le feu est le plus noble des éléments ; qu'ainsi, le soleil étant de feu , devait être au centre du monde. Aristote , qui expose ces raisons , les juge très-sainement quand il les traite de pures fantaisies, et déclare qu'elles ne peuvent entraîner l'assentiment des philosophes [De coelo. II, 13, p. 465, E; 466, A, B, D).

* De cœU), II, 13, p. 465, E ; 466.

* De c€^f II, 13, p. 468, A, B.-~ Cette idée d'un mouvement propre

utrum terra moveatur necne : nihil enim conira naturam seternum esse potest; et quod œternum esse videmus ut adnûrabilem hune mundi ordinem, naturale esse necessario asserimus '.

Omnes autem terrœ partes deorsum ferri aut ad centram nemo non fatebitur : hic est ergo omnium terr» partium , et postea iotius teirœ motus naturalis *.

Si terra nunc naturaliter volveretur, duos haberet motus, alterum conversionis , alterum lapsionis, quod plane non convenit corpori simplici , quum simplex sit simplicis motus*.

Item si terra moveretur et versaretur circa solem, stellarum species et distantiœ hoc motu mutarentur*; scilicet

à chacpie élén^nt , qu'Aristote re^^ardait comme essentiellement Traie , est diamétralement opposée à celle qui est reçue aujourd'hui par tous les physiciens, savoir, que les corps sont indifférents au repos et au mouvement. Au reste, le raisonnement a Aristote suppose bien connu le sens du mot nature; et, comme Ta très-justement remarqué Condorcet dans son j^to^e de Tronchin (t. II, n. 410, de Tédit. in-12, 1799), ce mot est un de ceux dont on se sert aautant plus souvent que ceux qui les entendent , ou qui les prononcent, y attachent plus rarement une idée précise. Condorcet, appliquant cette observation à ceux qui parlent de médecine, ajoute qu^iis font souvent de la nature une espèce d être moral qui a des volontés, qui supporte impatiemment la contradiction , qui a quelquefois asseï de sagacité pour sauver le malade, mais qui, malgré les bonnes intentions qu'on lui suppose , est sujette à se tromper presque aussi souvent que les médecins, sans doute Aristote ne se faisait pas des idées aussi ridicules , mais son argumentation ne vaut pas mieux. Cfu*est-ce, en effet, pour loi, que' la nature? C'est ce qui se fait ordinairement, et presque sans exception; et ce qui est contre nature, c^est ce qui n'arrive qu'accidentellement et d'une façon passagère. De sorte que son raisonnement se réduit à ces propositions identiques : rien de ce qui n*a lieu que par exception n'est constant ni éter^ nel , et tout ce qui est étemel et régulier, conmie l'ordre de ce monde , est étemel et régulier.

* De cœlo^ II, 4, p. 470, A.

* De cœlo, II, 13, p. 468, G, D; 470, B, D«

* De coOo, 11, 43, p. 488, A et D.

* De cœiOj II, 14, p. 470, A. — La raison que donne ici Aristote de l'immobilité de la terre est parfaitement juste, dans Topinion reçue de son temps, que les étoiles , bien que très-élotgnées de nous , n'étaient cepen dant pas à une distance immense. S'il avait su ce que l'on sait aujoard hui, que, vu de l'étoile de Sinus , le système solaire tout entier, avec un rayon

LA PHYSIQUE D ARISTOTC. 27

eas eo minores et pallidiores videremus, quo magis terra ab illis distaret; et quum conversionem perfieiens, eo unde profecta est rediret, stellœ quoque primo stare, deinderetroferri viderentur, quod nunquam apparet.

Terra ergo immobilis manet , et mediam occupât mundi sedem, ita ut, qaum corpora ad mediam terram ferri videmus y reipsa ad médium mundum deferantur , quandoquidem ea est gravium corporum propria latio * \ terraque ipsa dum hue pondère suo trahitur^ generali legi cedit et mole sua stat \

Terram vero globosam esse et rotundam multa probant : tendunt enim ad centrum omnes materiœ partes, quœ nisi in giobum dispositsB essent, dum altior magis premeret congeries, minor sane cederet, donec ad œquilibritatem reductœ essent ; et sic sensim fieret sequor '.

de 800 miliioiM de lieues, serait caché par Tépaisseor d'une soie , il aurait compris que le mouTement de la terre ne pouvait produire sur les fixes aucun effet sensible, quoique cet effet soit mathématiquement vrai.

> l)»oœto, II, 14, p. 471, A.

* Voilà donc une démonstration à priori que la terre est suspendue dans Tunivers par son propre poids :

Circumfhso pendet in aère tellus Ponderibos librata suis.

(Otidius, Mêtam., I, it.)

G^est sans doute une erreur ; mais combien il y a loin de cette erreur aux hypothèses ridicules, on peut le dire, des prédécesseurs d'Aristote! Xénophane faisait de la terre une montagne infinie dans sa base , tant il

g' ;norait sur quoi la faire porter (Plutarch., De placitii phUosoph,, 111 , i 1). émocrite, Anaximène, Anaxagore croyaient la terre soutenue par Tair qui est au-dessous d^elle, et qui ne pouYait s'échapper à cause de sa grande largeur (De cœlo, il. 13, p. 467, D). Au milieu de ces explications bicarrés , il faut cependant distinguer celle que donnait Empédocle : selon lui, la terre était maintenue au centre du monde contre sa nature par la révolution du ciel , comme la poussière et les corps plus lourds que Tair sont généralement maintenus au centre d*un tourbillon de vent.

' De cœto, II, 1 4, p. 470, E et 471 . — On remarquera la singulière analogie de ce raisonnement avec celui de Newton et des mathématiciens pour prouver la rondeur de la terre. Au reste , il n'y avait pas moins de divergence , entre les philosophes, sur la figure de la terre que sur la manière dont elle se soutient. Anaximène la comparait à une table, Leucippe à un

i8 LA l»UYSIttUE O'aRISTOTË.

Secuiido hœc opinio maxime cum phaenomenis congniit : nam quum sem])er in lunœ defectibus umbra terrœ projiciatur in hune planetam, linea orbiculata semper terminaiur *.

Pneterea quum e septentrione ad meridicm progrederis, nova continuo ad Àustrum tibi surent sidéra quœ nondum videras : qucedam autem Boream versus occidunt y qum se tibi aniea semper in conspectu dabant : quod quidem nuUo modo fieri potest nisi rotunda sit terra \

Ergo ubicumque terrarum steterit spectator, du» sunt polorum tenus cœU partes, quarum altéra semper, altéra nunquam , ab illo cemitur ' -, hi sunt circuli quos polis proximos^ aut arclicum et antareticum nominant \

IX. De terrœ divisione. — Terra , instar cœli y in quinque partes seu zonas dividitur * : média inter tropicos locata

iamboar, Démocrite à un disque creux dans le milieu » Heraclite à uoe nacelle.

* Decœlo, II, i4, p. 470, E.

* Decœlo, 11, 14, p. 471, A.

* De cœk), II, 14, p. 471, E; 472, A; Demundo, 2, p. 602, A.

* Nous les nommons cercUs polaires ; mais les Grecs les nommaient le cercle arctique et le cercle antarctique. Au reste , il faut bien remarquer que nos cercles polaires ne sont pas ceux des Grecs. Les nôtres sont fixes et invariables , parce qu'ils sont déterminés par les horizons des hommes placés sur les tropiques ; mais ceux des Grecs, étant déterminés par des horisons particuliers aux points de chaque parallèle, variaient avec la position de Tobservateur sur le méridien. Voy. la Sphère de Proclus, ch. 2, et Vinspection circulaire des météores de' Cléomède, ch. 2.

* Méteor., II, 5, p. 562. — C'est à Thaïes et à Pythagore qu'est dû, au rapport de Plutarque (De pladtis philosoph.j II, 12, et lll, 14), la division ciel et de la terre en cinq zones. Aristote n'en parle pas d'une manière bien précise ; c'est dans ses Météorologiques (II, d, p. 562, A, B, C) qu'il entre dans les plus grands détails à ce sujet. 11 appelle les zones segments de sphère f Tfaifiaral la terre habitable, ^ ^warij oîksMoli xùpa,, n*occttpe que deux de ces segments. L'espace entre les tropiques (la zone torride) est inhabitable (ibid. B, D), et, d'un autre côté, le froid ne permet pas de vivre dans les zones glaciales. La terre habitable a donc, de chaque côté du plan de l'équateur, la forme d'un tambour (t6td. B, E), bien loin d'être sphérique ou circulaire comme le prétendent quelques auteurs (tôîd. G). Il fait sans doute allusion à ceux qui , suivant la géographie homérique , faisaient de la terre habitable un disque entouré par le fleuve Océan , et dont la Grèce occupait le centre. Le raisonnement et l'expérience prouvent

LA PHYSIQUE d'aRISTOTE. 29

torrida vocatur propter nimium solis œstum^ exlremas duœ arctico et antarctico*circulo âefinitœ glaciales nominantur^ zoDaD tempercUœ torridam inter et glaciales zonas utrinque extenduntur, et omnem banc terrse partem comprehcndunt quam habitabilem * dicere consuevimus.

Terra tota parva est, nec soli aut stellis pro magnitudine aequari potest *-, hujus axis centum vigiati et septem miiiia stadiorum vix habet longitudinis *.

que sa largeur est très-limitée (ihid. C). Elle est à peine les 3/5 de sa longueur. II n'y a pas de communication possible entre les deux zones tempérées, puisqu'elles sont séparées par Finhabitable torride; mais les phénomènes dus à Faction du soleil se reproduisent dans ces deux zones en ordre inverse (ibid. p. 562, E, et 563, A). On sait que toutes ces idées ont été adoptées depuis par les poètes. Yoy. Virgile, Géorg., I, v. 231, et Ovide, Méiam,y 1, 45.

* En grec oîxoufj^wj '• les anciens croyaient que les hommes ne pouvaient vivre ni dans la zone torride , à cause de la grande chaleur, ni dans les zones glaciales, à cause du froid. Posidonius, qui vivait dans le siècle qui précéda l'ère chrétienne, démontra le premier, par de bonnes et solides raisons que Cléomède nous a conservées, que la zone torride était habitable. Mais cette opinion ne réussit pas et ne put s'établir : aussi voyonsnous aue Ton a gardé l'expression de terre habitable, et les poètes ont continué de dire avec Ovide (Metam., 1, 45) :

Quaram quœ média est , non est habitabilis sestu : Nix tegit alta duas , toiidem inter utramque locavit , Temperiemque dedit mixta cum frigore tlamma.

* De cœto, 11, 14, p. 471, E ; 472, k;Meteor,, I, 3, p. 529, D. — Aristote remarque, avec beaucoup de justesse, que la succession rapide des astres les uns aux autres , lorsqu'on marche du nord au midi , prouve que la terre a une grande courbure , et par conséquent une t)etite circonférence. Il revient sur ce point à la fin du chapitre, et dit (p. 472) que la terre paraît n'être pas grande, relativement aux autres astres. Il s'exprime plus nettement encore dans ses Météorologiques, et déclare qu'on démontre , en astronomie, qu'elle est plus petite que certains astres {Meteor,, I, 3, p. 529, D, E). Le soleil était sans doute un de ces astres plus grands que la terre. Ainsi, quoique la preuve directe n'en soit pas donnée, cette connaissance importante existait chez les Grec? dès le temps d'Anstote : c'est on point qu'il est bon de ne pas perdre de vue.

* De ccelo, 11, 14, p. 472. — Ce passade est obscur; Aristote dit (De ccBlOt 11, 14, p. 472, B) que les mathématiciens estiment à quarante myriades de stades V400 000) la circonférence de la terre. Le De mundo (ch. 2, p. 604, G et D) dit que les géographes portent à 70000 stades la plus grande longueur de la terre. Au premier coup d'œil , il semble qu'il n'y ait pas contradiction , parce qu'Aristote parle de la terre entière

30 LA PHYSIQUE d'aRISTOTE.

Terra habitabilis e pluribus contincnlibus sive magnis insulis constat, invio et innavigabili Oceano separatis, et sub u traque temperata zona locatis \

Continens nostra quam solam nobis videre a Diis concessum est septuaginta stadiorum millia in longitudinem patet , sive ab oriente in occasum *, quadraginta autem in laUtudinem, seu a meridie in septentrionem *.

Terra habitabilis très habet partes : Europam, Asiam et Libyam. Qui sint partis uniuscujusque fines inter geographos parum constat'. Europa tamen videtur cippis Herculis, Ponto etHyrcano mari circumscribi -, Asia autem ab Europœ finibus ad Arabicum isthmum patet, et Africa seu Libya ab hoc isthmo ad fretum et columnas Herculis \

X. De meteoris. — Omnia quœ circa terram et infra lunse circulum eveniunt, haBC quia supra nos plerumque videntur, meteora nominare consuevimus ^; quorum ut natura facile intelligatur cognoscanturque causœ, hœcprœcipue notanda sunt

et le De mundo de la terre habitable. Mais le même , quelques lignes auparavant (p. 472, A), dit qu'il n'est pas inTraisemblable que les colonnes d*Hercule soient voisines de Tlnde, que plusieurs choses le prouyent, et en

Particulier les éléphants , qui se trouvent dans Puii et l'autre pays. Ainsi , *aprë8 lui, la distance du détroit de Gadès, à Textrémité de llnde, c^està-dtre la longueur de la terre habitable, c'est-à-dire, enfin, les 70 000 stades du De mundo t fait à peu près le tour de la terre. Or, 400000 stades, pour un grand cercle, donnent pour la latitude du détroit de Gadès une circonférence de 324 000 stades , c'est-à-dire quatre fois et demie la longueur indiquée dans le De mundo : nouvelle preuve que ce dernier ouvrage nVst pas d'Aristote. U est de quelque philosophe de son époque qui aura pris le nom du maître pour assurer le succès de son livre, et d'un temps où Ton avait déjà adopté Vidée de plusieurs continents sons notre lone tempérée.

' De mundOj 3, p. 603, B. — Cette idée, présentée légèrement dans le De mundo, est exposée avec détails par Gléomède.

* De mundo^ 3, p. 604, G. D. — On voit ici d'où viennent les mots de k>ngit%tde et de latitude employés en géographie.

* De mundo, 3, p. 604, D, E ; Jlstoor., U, 5, p. 562, G, D. -^ Quelques auteurs terminaient l'Europe au Tanaïs ; d'autres regardaient comme faisant partie de l'Asie toute l'Egypte, jusqu'au Nil.

* De mundo, lieu cité.

* Meteor.,X *•

LA PHTSIOUË DARISTOTE. 31

Ignem vocavimus corpus iUud quod siccum et e^ilidum et cœtcris levius sursum semper fertur : hic tamen animadvertendum est corpus illud ignem non esse proprie dictum, siquidem ignis caloris exsuperantia est ac veluti fervor * *, sed quia tenuissimsB sunt et mobilissimaB corporis hujus partes, qui facillime et motu vel minimo ignescit et inflammatur, illud, alio déficiente vocabulo, non actu, sed potentia ignem

nominavimus *.

Motus ergo caloris causa est, et quo velocior, aut quo propior est motus, eo major calor evadit '.

Inde sequitur solem maximum calorem necessario nobis alTerre, quum solus motu satis rapido feratur, nec nimium a nobis distet : stellse enim, siderum velocissima , remotiores sunt quam ut calor ad nos perveniat^ et luna, terrœ proxima, tardior est quam ut calorem excitet ^

Quum vero terra sole incalescit, ex ipsa se tollit in aerem duplex halitus : alter scilicet siccus , et aeri«B nature quo-

• Meteor.f 1, 3, p. 534, C. — IrepCoXii yàp &spfAùv xaî olovXéiri^èa'Tî

* Melior.^ 1, 3, p. 534, A, B, D^ — Cette observation d^Aristote est eitrêmement précieuse ; elle fait remonter à plus de deux mille ans Thypothèse admise aujourd'hui par prescpie tous les physiciens sur la substance éthérée. Newton avait attribué les phénomènes de lumière et de chaleur à rémission d'un on de deux fluides particuliers , absolument chauds ou lumineux : l'absence de ce fluide produisait le froid ou les ténèbres. Or, selon Descartes, suivi aujourd'hui en cela par tous les physiciens, ce floide existe toujours et partout ; mais sa présence ne sufGt pas pour produire la lumière et la chaleur. Il n'est chaud et lumineux qu'en puissance ; pour qu'il le devienne en acte, il faut qu^un certain mouvement lui soit donné , et se communique & la ronde par des ondulations extrêmement rapides. Cette théorie n*a-t-eUe pas avec celle d'Aristote une parfaite analogie?

» Meteor,, 1, 3, p. 531, B ; 532, A, B.

^ Meteor.y I, 3, p. 532, A.

** MeUor,^ lieu cité. — Cette explication de la plus grande chalenr du soleil, par son mouvement et sa distance, est sans doute ingénieuse ; mais elle ne soutient pas Texamen. 11 n'y avait entre sa vitesse angulaire et celle de la lune, la seule dont les yeux pussent jn^er, qu'une difl^érence de i/30; entre celle du soleil et celle des fixes, la différence n'était que de 1/365. Est-ce là ce qui pouvait expliquer une si grande différence entre les chaleurs produites?

31 LA PHYSIQUE O^AKISTOTE.

dammodo particeps, qucm fumidum dicas-, alter autem humidus et aquosus quem vaporefn nommant*.

Motus in orbem primi corporis*, et duplex hic halitus satis sunt ut omnia meteora explicemus^ quœ quidem tune tripartito dividere solemus , prout e\ igné y aut ex acre, aut ex aqua illa magis pendere putamus \

XI. De meteoris igneis. — Meteora ad ignem referenda sunt flammœj stellœ volantes, faces, eaprœ, cametœj ûrbU laeUue \

Flamtnœ ardentes, et discurrentes stellœ, et faces ^eiqu^ vocant clypeos, dolia, eapras, ardores, etc., unius et ejusdem generis sunt*; specie solum inter se différant; sed una et eadem omnium causa est, si quem siccum diximus et fumidum, halitus se ex humo sustulerit in istam ignitœ sphœrœ regionem quœ cœlo in orbem acto proxima est; quum illum per noctem inflammaverit rapidus cœli motus > variœ fient istœ visiones , quibus varia nomina Grœci dederunt \

Stellœ volantes aliquando in obliquum ferri aut in tcrram delabi magna celeritate videntur : motus iste violentus est, non naturalis, quum ignis natura sursum feratur \

* Afetoor., l 4, p. 532, D ; II, 4, p. 558, D.

* Par primum corpus ou primum mobile , Arislote entend spécialement le ciel des fixes, et par extension, comme ici, le ciel tout entier.

' G^est ]à l'objet de la météorologie.

* Cette division n'est pas absolument énoncée dans Aristote ; il s" j conforme cependant en général, et le De mundo plus exactement encore. De plus, dans les résumés qu'il donne à la fin des chapitres 8 du livre IV (p. 540, A), 3 du livre II (p. 558, G), et 1 du livre III (p. 574, D), il déclare expressément avoir parlé de tous les météores qui tiennent à l'inflammation de l'exhalaison sèche, puis des eaux, puis des météores qui consistent dans le mouvement de Tair. Je n'ai donc fait que suivre sa pensée.

* Meteor,, I, 4 à 9.

* Meteor., I, 4, p. 532, D; 5, p. 534, A.

' Meteor., 1, 4, p. 532, G, D.

' Meteor.f 1, 4, p. 533. — Aristote fait remarquer (p. 533, G) que les flammes se dardent quelquefois comme des noyaux que l'on presse entre

LA PHYSIQUE D*ARISTOTB. 53

Eiaituij fottiBj uinguinei colores et quotquot ejus modi sunt phœnomena, ad eamdem causam referenda sunt^

Cometœ quoque , qualescunque antiqui de istis epiniones emiserint^ ab halitu sicco et fumido originem ducunt ' 9 très tantummodo prœscribuntur conditiones, ut comètes ex halitu fiât : 1*" ea esse débet inflammatio quœ non subito extingui possit; S*" ne tamen adeo vasta sit, ut omnia incendio consumât-, 3' tandem indesinenter sibi succédant exhalationes, et igni semel accenso materiem novam assidue prsebeant \

Nec secus de lacteo orbe judicandum est *, etsi veteres philosophi multa de hoc circulo varie opinati sunt % mani*

les doigts , et quelquefois aussi coin me la flamme qui se précipite d'uue^ lampe allumée sur une mèche qui fume encore.

* MeUor., 1, 5, p. 534, A, B.

* Meteor., 1*6; Plutarch., De placitis phUosoph.t III, 2. — Aristote consacre ce chapitre à discuter les opinions des anciens philosophes sur la nature des comètes. Selon Anaxarque et Démocrite , les comètes proTenaient du choc ou du concours des planètes (Meteor., 1, 6, p. 534, D). Pythagare et Técole italique y voyaient une planète se mouvant très-près du soleil , et disparaissant , comme Mercure , dans les rayons de cet astre {ibid.). Hippocrate et Eschyle, son disciple, sont d'avis que ce sont des

Slanètes am prennent leur chevelure dans la réfraction causée par rhumiité qu'elle entraine vers le soleil (tbtd., E). On peut trouver quelques autres opinions dans le De placitis phUosophorum (ill , 2). Sénèque , plus tard (QucMt. nat,, VII, 11, 22, 23] adopta, contre Tavis des Romams, qui partageaient en général Topimon d' Aristote, l'ancienne opinion des Chaldéens , qne les comètes étaient des planètes d'un ordre particulier. Descaries crut à son tour les expli(|uer en disant que les étoiles fixes qui versaient toujours leur matière subtde sans en recevoir d'autre , finissaient par s'épuiser ; qu'alors elles pouvaient être rejetées de leur tourbillon et ' devenir errantes de système en système.

' MeUor.y \, 7.

* Mèteor,, 1 , 7, p. 536, D.

* Meteor.^ 1, 8, p. 538, A, B, G. Plutarch., De placitis philosoph,^ m, 1. — Pythagore et les Italiques pensent que c'est le passage de quelque astre déchu; peut-être une trace de l'embrasement du monde du temps de Phaéthon ; d'autres croient qne c'est l'ancienne route du soleil ; Anaiaffore et Démocrite opinent qne la voie lactée n'est que la lumière de quelques astres qui sont en vue du soleil lorsqu'il passe sous la terre ; d'autres, enfin, supposent qu'elle n'est, comme les comètes ,. qu'une réflection de la lumière du soleil. Aristote oppose à cette opinion un raison»

34 LA PHYSIQUE D'aRISTOTE.

fesluin est orbem lacteum ejusdem generis esse ac cornetas : quemadmodum enim fit oometes quum exhalaiio âcca motu sideris unius inflammatur, ita nascitur orbis lacteus ex s^npiierno spbiere ignée oœlique afifricUi *.

Xn. De melearii aeriU. — Bf eteora qu» ab aère {Hneser- Um orta credere debemus, venii sunt omnis generis , typhonê$ seu vartieeê, turbmeê aeeemi^ fiUmma, tanUrua, ienrm motu$\

Veniiu nihil aliud est quam motus aer *.

Quum terra, tum suo, tum supemo calore exsiccatur, siccum halitum eSundit-, hœc est materia venti'; ventus ergo spirat, quum fit ejusmodi secretio ^

Hinc causam cognoscere possumus cur solito, ventis cessanUbuSy effundaturimber-, item, cur plerique venti abaquîlone aut austro spirent *.

Ut fluvii, quum e fonte scaturiunt, minimi sunt; sic venti, ubi nascuntur, imbecilli ; exhalationem autem sioca undique conveniente, increbrescunt et bacchantur \

Sol igitur excitât et comprimit flatus *.

nement qui n'a de valenr aue dans les idées qu'A se faisait , atec tous les anciens, da phénomène de la rision. Nous anrons Toccasion d'y reTenir.

* Afetoor., 1,8, p. 539, E; 540, A.

* Jfetoor., Il,4à9;lll,l.

* i)sm«iiuro,4,p. 605,E.

* Meteor.^U, 4, p. 560, A.

* /Md.

* Jfetoor., ll,4,p. 560,A,B,G.

' MbUot,, n, 4, p. 560, D, E. — Cette analogie des vents arec les fleuves qui sont faibles à leur origine n*est pas aussi claire qu*oo le désirerait. Aristote dit positÎTement le contraire dans un chapitre suivant ( II , 6 , p. 565 , A). Tel est rinconvénient des similitudes et des principes métaphysiques ou à priori; ils se prêtent à tout, et prouvent le faux aussi facilement que le vrai.

* Meteor., II, 4, p. 561, A; Probkm., XXVI, 35. — Aristote a fort bien rencontré en attribuant an soleil Torif^ine des vents; ce qu'il y a même de bisarre , c'est oue cette eipUcation tirée de son exhalaison chaude et sèche pourrait, jusqu à un certain point, se prêter à la véritable théorie de ce météiMre.

LA PHYSIQUE d'ARISTOTE. 38

Distioguuntur venti situ et qualitatibus \

Pro ratione situs , si temet habueris centrum versus quod fiant venUy si postea horizontem circulum in duodecim partes sequales diviseris % ab ortu aequinoctiali per septentrionem iter faciens; hœc ventis duodecim sic definitis nomina tribuere debebis : l"" Apeliotesf ^ Cœcias; Z"* Boreoij Meseê^ Coufiios; 4'' Aparetias aut Bareas^ 5^ Thraseia$ seu CiBcioê ; 6"* Arge$te$, Olympias^ Scynm aut lapix^ V Zephyru$$ S^ Lib$; 9^ LOnmotus seu Libaphomixi iO** Notus^ il**£uranoius^ 13* Eurw \

Inter ventes , contrarii sunt qur in boc circule maxime distant^ aut qui ex diamètre sunt oppositi \

Yenti contrarii contranis temporibus maxime spirant \

Impossibile est ventes contraries simul flare : majore enim miner compescitur *.

Quum e variis locis spirant venti , Aparetias , Tbrascias et Argestes maxime in cseteros incidunt eosque compescunt \

* Meteor.,\\, 6, p. 563.

* Meteor., H, 6, p. 563; De mundo, 4, p. 606; De situ ventorwn^ p. 1254. — Je suppose ici le cercle divisé en douie parties égales, et c'est en effet de cette manière qa>n trace le plus souvent les roses des vents des Grecs (Yoy. la Géographie de Malte-Brun, CarU du mond» connu des anciens). Mais Aristote n'indique pas précisément cette division; selon lui , Cœcias et Argestes sont au levant et au couchant d^été ; Eurus et Libs au levant et au couchant d'hiver, c*est^-dire que chacun d'eux s'éloigne de l'équateur de 23 degrés et demi au lieu de 30; ensuite Méaèi et Thrascias sont à égale distance , le premier de Ciecias et du p61e nrad» le second du pôle nord et d' Argestes ; ds sont donc à 57 degrés de Féqua* leur au lieu de 60.

' Le Lihonotus et VEuronotus sont ajoutés par le De fmmdo. Cet ouvrage distingue les vents en quatre classes : les Eurus, on vents d'orient; les Zéphyrs f ou vents d'occident; les Borées^ on vents du nord; les NotuSf ou vents du midi. U divise ensuite chaque classe en trois vents, comme cî-dessus.

* ifetoor., U,6,p. 563,G,D.

* Jir0toor.,ll,6,p. 564,D.

* /Wd.

' Jfetoor.,ll,6,p. 564, E.

36 LA PHYSIQUE d'aRISTOTE.

Tum procell» maxime fiunt, quas Gneci vocant ecnepkûu, significantes ventos qui ruptîs nubibus saBviunt '.

Ventonim alii firigidi sunt aut sicci y alii autem humidi aut calidi ; alii oœlmn serenum efficiunt , alii pluvias aut nivem important Meies fulgura prsesertim invehit \

Venti eteiUB seu anniversarii sunt qui certis et definitis anni momentis, eodem modo et ab eodem loco spirare incipiunt '.

Spiritus autem in terrae sinu inclusus, causa est cur terra quatiatur^', scilicet terra quum multam intus habeat aut emittat exhalationem tum suo^ tum solis calore; hsec, si ignis admixtus est , celeriter fertur S et quum omnium corporum maxime facultatem habeat movendi, terram movet et quatit *.

Fit inundatio simul cum terrœ motu , quum flantibus ex adverse ventis, alter terram quatit nec tamen adeo valens est ut repellere possit mare ab altero pulsum \

' MBtêor., Il, 6, p. 565, C.

* JfelMT., I!,6,p.565, AàD.

* Jfefoor., Il,6,p. 565, D.

« Meteor.,ll, 8, p. 566, D, E; 567, A.

* MeUor.y II, 8, p. 567, A. — Aristote ajouta, dans ce chapitre très* long , beaucoup de deTeloppements ; il cite plusieurs faits qu'il croit Tenir à Tappui de sa théorie.

* Notre auteur a, dans le chapitre précédent, examiné les opinions des philosophes sur les tremblements de terre : Anaiimène pensait que la terre humide se fendait on se desséchait, et que ces frafpatients énormes retombant sur elle la faisaient trembler; Anaxagore croyait que la terre, étant d'une nature spongieuse (p. 566 , A) , se remplissait aair, et que celui-ci tendant toujours à s'éloYer, brisait la terre et occasionnait ses tremblements (p. 565, E ; Plutarch., DeplacitUphUosoph.y 111, 15). Démocrite disait que l'eau, entrant dans les cavernes ou les gouflres de la terre , finissait par briser son enveloppe {Meteor., II, 9, p. 566, lieu cité).

' MéUor.y II, 8, p. 570, A. — Aristote rattache aux tremblements de terre plusieurs phénomènes qui paraissent en effet avoir beaucoup d'à* nalogie avec eux , comme les bruits que l'on entend quelquefois retentir dans le sein de la terre, les flammes oui s'élèvent subitement à sa surface. Voy. d'ailleurs , pour les noms que les Grecs avaient donnés aux divers tremblements de terre, le De mmëOf ch. 4, à la fin.

LA PHYSIQUE d'aRISTOTB. Z1

TùnUru^ ftUgur, turbinem\ turbmem aecentum quem Grieci prestera vocant ', et fulmina eisdem de causis peudere manifestum est *.

Sic spiritus secretio qu» in ipsis nubibus fit, quum nubium densitati ingruit, tonUru excitât * : spiritus autem violento hoc aflfrictu saepissime conflagrat et sic nascitur flamma quam fulgetrum* dicunt; quœ quidem, etsi post tonitni orta est y lucet antequam sonus ad aures perveniat, quoniam aspectus auditum semper antecedit *.

Fulmen est, si ad terram usque aer ilUsus sit *) prtiter

* Turbo, une trombe d'air. Sénèque : a Aer npios in se Tohitatnr, similemque illis qnas diiimus converti aquis facit vorticem; hic Tentas circumactns , et enmdem ambiens locum , ac se ipsa Tertigine concitans , turbo est. » (QucmL nai., V, 13.)

* Turbo acoensui, nne trombe de fen. Sénèque : «Qui pngnacior si est et diutius Tolutatus» inflammatnr et elficit qnem f>rMtora Greei Tocant» hic est igneus tnrbo. » (QucBSt, nat,, Y, 13.)

» Meteor., H, 9, p. 571, A; 111, 1, p. 574, A.

* Meteor., 11, 9, p. 571, G. — Le tonnerre était proprement pour les Grecs , comme il est pour nous , le bruit produit par la foudre ; seulement , comme ils croyaient que le tonnerre n'était qu'un air violemment agité , le bruit était pour eux le phénomène principal , tandis qu'il n'est pour nous que l'accessoire, la matière qui forme la foudre étant Téritablement le point le plus important. Yoy. sur les explications que les anciens donnaient du tonnerre , Plutarque , De plaeitis phUosoph,, 111 , 3.

* Mêtêor,, II, 9, p. 571, D. — Aristote rapporte à ce sujet l'explica* tion donnée de l'éclair par Anaxagore et Empédocle. Celui-ci disait que les rayons du soleil, eufeloppant le tonnerre, produisaient la clarté qui raccompagne. Anaxagore soutenait qu'une portion de la sphère du feu se détachait et tombait à travers la sphère de l'air ; one l'éclair et le tonnerre n'étaient que la lumière et le bruit qu'elle produit en tombant. Cette explication est assurément celle qui a le plus d'analogie avec la théorie aujourd'hui reçue par les physiciens (Meteor,, U, 9 , p. 571, E). Enfin , Clidémus croyait que l'éclair n'était qu'une apparence, et n avait aucune réaUté(p. 572, B).

* Meteor,, II, 9, p. 571, D; Ds mtmdo, 4, p. 606, D.

' Meteor., 111, ifJSHA, A; De muHdo, 4, p. 606, E. — Voyez aux chapitres cités la distinction des foudres selpn leurs apparences. Au reste , on comprend qu'il est impossible de trouver ches les anciens , qui n'avaient pas la moindre idée de l'électricité , aucune explication , même indirecte , d'un météore entièrement électrique. Ce n'est que d'hier que l'on connaît la foudre ; non que les systèmes aient jamais manqué , mais pouvait-on soupçonner à priori les propriétés étonnantes da fluide électrique?

seu iurbo aeeemuê, si semiustum, scilicet cuin vento Diixlum fiilmen ceciderit^; varUx tandem seu turbOj seu typhon*, si nihil ignis conceperit '.

Xni. De meteorii aquoiis. — Veniamus tandem ad meleora quœ ab aqua potissimum originem ducunt, nebulam seu caliginem, nubeSj rarem, imUntm sive pluvianij pruinam^ nicem^ grandiMm, fontes^ omnei et tnare.

Quum y defidente calore, aer in aquam conyertitur^ fit vapor; qui si sursum tollitur, finies, si autem inferne et prope lerram manet^ nebula dicitur \

Jasqa'à Nollet, ee météore fut un mystère impénétrable; ce fnt lut qui, en 1745, annonça le premier que le tonnerre s'expliquerait très-facilement

par la belle ezjpérience du cerf-Tolant électrique. Ainsi se dissipa la théorie ancienne , qm attribuait à la Tapeur ou à l'air une puissance si singulière , et la théorie plus moderne, que la foudre exerçait ses ravages à Faide d^une substance solide, mais invisible et introuvable, qii*on appelait camau. Cette dernière opinion avait cours du temps de Louis XlV; La Fontaine Ta consignée dans une de ses fables (Jupiter et les Tonnerres) , et Rohaut la combat de toutes ses forces dans son TrcUté de physique,

' De mundo, 4, p. 606, E. — La trombe de feu , encore peu connue de nos iours , n'était regardée par les anciens que comme un foudre plus faible (Plutarch., De placitis phUosaph., III, 3).

' Typhon est le nom grec des trombes.

* Meteor.y III, 1, p. 573 et 574; De mundo, 4, p. 606, £. — Au nombre des météores électriques que les anciens ne paraissent pas avoir distingués des autres météores ignés , se trouvent les aurores noréales. Aristote les décrit asseï bien (Jtfetoor., I » 4, p. 533, A), mais il les met au nombre des flammes , des étoiles filantes , etc., etc. Sénèque en dit à peu près la même chose ; on sait aujourd'hui que ces phénomènes confondus par les anciens sont matériellement très-différents , et n^ont souvent aucnne analogie les uns avec les autres. Les étoiles filantes et les aérolithes sont peut-être des corps cosmiques qui , après avoir circulé pendant longtemps autour de la terre , entrent dans son atmosphère et s v enflamment parla rapidité de leur mouvement. Toutefois, les recherches de MM. Goulvier-Gravier et Saigej ne semblent pas confirmer cette opinion. Les aurores boréales sont probablement des jets de fluide électrique bien au delà de notre atmosphère , et par conséquent dans le vide des régions célestes. La fondre est une décharge électrique & peu de distance de la terre ; les feux follets et d'autres météores ou même genre sont sans doute dus à rinflammation de quelque gai formé par la décomposition de substances végétales ou animales , et assez analogue à l'exhalaison sèche d' Aristote.

* Jfoteor., 1,9, p. 540, C.

LA PBY81Q0B o'ARISTOTE. 59

Si frigus augescit, jam densanUir vapores, fit ra$ aut pluvia^ pluvia autem postquam genita est, statim in bumum defertur '.

Magni tandem et densissimi imbres quum assidue per multum tempos eSunduntur in terram, eaiadymii seu dîhmi nomen obtinent'; bu jus generis fuit quod dicimus Deueatianiê dilwmun.

Ra$ autem fit quum frigus per noctan ingravescens vaporem e terra diumo calore sursum latum , rursus in aqu» guttulas convertit \

Pruina est quum tantum est frigus et sic repentinum ut conglacietur vapor, priusquam in aquam conversus fuerit\

Quemadmodum nebula in rorem aut in pruinam converti* tur, sic nubes in pluviam aut majon frigore in nivem concrescere solet *.

* Jlfe(dor.,I, 9,p. 540, G.

* Jfetaor., 1,14, p. 548, B.

* ifofoor.,1, 10, p. 540, E; 54i, A. — U nefàutpasdemanderàAriitoie une explication Bien complète de la rosée ; la théorie de ce météore dépend entièrement de celle du calorique rayonnant , que les anciens ne connaissaient pas. La rosée n'a été complètement expliquée que dans ces derniers temps , par M. Wells ; mais les obseryations d'Aristote , sur la manière dont eue se forme , sur les circonstances atmosphéri^es qui l'accompagnent, ne sont pas moins pleines de finesse et de sagacité ; ce philosophe avait reconnu la principale circonstance du phénomène , savoir que les nuits sont plus froides par un temps serein que jpar un ciel couvert ; il avait trouvé la véritable cause de cette différence, je veux dire la dissipation de la chaleur quand le ciel est pur, et sa conservation quand il y a des nuages; de plus, il avait appliqué cette observation à Texplication de la rosée, et enfin il avait remarquéque le calme de l'air était encore une condition nécessaire [Problem.f XXV, 18 et 21). Cette exactitude d'Aristote dans Texamen des phénomènes n*a pas été assez remarquée par Libes , dans l'Histoire de la physique.

« Jfsteor.,1, 10, p. 540, E; 541, A.

* Jfoteor., 1 , 11, p. 541, E. •— La formation de la pluie et de la neige ii*est pas trop mal iniuquée par Aristote. Le De nmndo ajoute pour la for^ mation de la neige une circonstance absolument bosse : comme la neige est blanche, ee livre sappose que c'est une mousse ou une écorne, et

3oe , par conséquent, die a été longtemps ballottée et battue dans le sein u nuage (4, p. 605, D). Nous savons qu'au contraire, et le cafntaine Sooresby ea a donné des preuves multipliées, la neige est une véritable cris-

4e LA FHTSiaUE D ARISTOTB.

Grafido tandem fit quum multus vapor in allum magno calore âolis latus , tandem in firigidiorem aeris partem perve«nity et prius in aquœ guttas conversa, postea congelatur V

Aquœ ut supra terram y sic et sub terra formantur aère in humorem converse* : non solum enim sunt, ut quidam autur mani philosophi, sub terreno cortice lacus et stagna immensa , quibus sicut naturalibus receptaculis congregeniur aquœ pluvisies, inde quum emicabunt, fontes postea formaturœ'^ verum etiam montes existant, qui quum spongiosœ

talUsation , dont la blancheur n'a rien de commun avec celle de Teau l>a(tue et réduite en mousse.

' Meteor,, I, 12, p. 542, 543. — La grêle est un météore dans la formation duquel Télectricité parait jouer un rôle important, et mie les anciens ne pouvaient par conséquent pas connaître ; mais les observations d^Aristote sont encore très-exactes, il montre d'abord tout ce qu'il j a d'extraordinaire à ce que la grêle se forme en été plutêt qu'en hiver ; à ce qu'eUe reste surtout suspendue dans Tair, au moins le temps de s> congeler; il remarque à ce propos : l^que les hautes régions ae l'air doivent être froides ; 2<> que la formation de la neige et de la èrèle dans ces régions le prouve ; 3* qu une des causes de ce froid , c'est l'a£sence des rayons réfléchis par la surface de la terre ; 4^ que dons Tété les nuages doivent s'élever plus haut que dans l'hiver.

* Ifetoor., 1,13, p. 544, D.

^ MeUor», ibid. — Aristote oppose à cette opinion un raisonnement singulier. «11 est absurde, dit-il, de vouloir faire contenir dans des cavernes des fleuves dont chacun roule annuellement une quantité d'eau qui y si on la recueillait exactement, formerait un volume au moins égal à celui de la terre. » (Ibid., et p. 546 , A.) Aristote ne dit pas en termes précis qu'il ne s'agit ici que d un fleuve , mais il le fait bien entendre , car d ajoute après le raisonnement précédent : « 11 est clair que la même chose arrive en beaucoup de lieux de la terre, i»

Quoi qu'il en soit , si ce conséquent , comme disent les logiciens , est absurde, la conséquence est juste, car le contenu doit être plus petit que le contenant. Mais comment concevoir qu' Aristote ait pu émettiè comme prémisse une telle opinion sur la quantité d'eau versée par un fleuve? Remarquons d'abord que ce n'est pas, comme on pourrait le penser, sur la grandeur absolue de la terre que le philosophe est en erreur. U en évalue lui-même , d'après le témoignage des géomètres de son temps , la circonférence à 400000 stades (ci-dessus, p. 29). Il est vrai qufl reste quelque doute sur la valeur du stade , que l'on compte ordinairement pour 600 pieds cnrecs, ou 485 mètres. Mais en l'abaissant jusqu'à iOO mètres, les 400000 stades feraient 40 millions de mètres, juste la grandeur que nous reconnaissons à la terre.

Gomme il n'y avait pas alors plus qu'aujourd'hui de doute sur la valeur

naiur» sint, aquas omnes, cum quœ dccidunl a cœlo, tum qusB fiunt in sinu terrœ hauriunt, posteaque cmittunt*.

Et quum multonim rivorum aquœ in unum alveum coactœ fluunt, fiunt amnes seu fluvii, quorum alii sunt peren-^ nés, alii vero, iarrmtes vulgo dicti, cito inarescunt '.

d'une sphère dont on connaissait un grand cercle, Aristofe faisait certai* nement la terre égale aux i 1/21 du cube de son diamètre, c'estrè-dire , en employant nos mesures, à un peu plus d*un billion de mniamètres cubes. L'erreur porte donc tout entière sur Tidée que le pbilosopbe se faisait de la masse d*eau d'un fleufe ; et cette erreur est si prodigieuse , qu'elle serait en effet fort étonnante , si nous ne savions que , oans 1 ignorance absolue où étaient les anciens des moyens à employer pour mesurer Feau des fleuTes , rien ne doit nous surprendre de leur part. Car où il n'y a aucune mesure possible, notre imagination se perd dans des exagérations sans bornes. Aristote aurait tout aussi bien pu supposer un volume d*eau dix fois , cent fois égal à celui de la terre ; au point où il était , il n'y avait pas de raison pour s'arrêter. Nous pouvons aujourd'hui mesurer son erreur : les fleuvea d'Europe portent seulement aux mers environnantes i 117 billions de mètres cubes d'eau par année ; l'Europe ayant plus de 2000 billions de mètres carrés de surface, on voit que si toutes les eaux que roulent annuellement ses fleuves s'y amoncelaient sans s'évaporer, de manière à conserver partout une hauteur égale au-dessus du sol, on ne trouverait guère qu'un demi-mètre pour l'épaisseur moyenne de cette couche d'eau ; ainsi , en supposant les continents et les îles arrosés proportionnellement comme l'Europe , et remarquant , d'ailleurs , que les terres forment à peine le tiers de la surface du fflobe, tous les fleuves du monde ensemble ne donneraient pas la huit- millionième partie de l'eau qu' Aristote supposait fournie par un seul.

* La formation des fleuves a pendant longtemps embarrassé les phvsyciens , autant ceux qui suivaient la doctrine d' Aristote que ceux qui la combattaient. 11 n'y a , en effet , que les théories toutes modernes de la chaleur, de l'évaporation et de la condensation de l'eau , et surtout l'étude constante des terrains, qui aient pu jeter quelque jour sur ce grand et beau phénomène.

* JMffteor., 1, 13, p. 544, E; 545, A. — La dernière partie de ce chapitre est un morceau très-intéressant de géographie ancienue ; on y trouve quelques erreurs de fait que ne doit pas négliffer l'histoire de la science. Le Tanais y est donné comme une branche de 1 Araxe. Malte-Brun conjectmre avec vraisemblance que l'Araxe était pour Aristote , non le torrent de ce nom , mais un composé imaginaire de jplusieurs grands fleuves septentrionaux, tels que le Volga, le Tanais, l'Oural, peut-être même l'ancien Jaxarte (Géogr,^ 1. 1 , liv. iV]. Les Alpes apparaissent dans ce chapitre sous le nom de Pyrétiês, Deyx fleuves y ont leur source , savoir, le Danube , qui traverse toute l'Europe et se jette dans la mer Noire ; et le Tartessus , qui ce jette hors des colonnes d'Hercule. Qu'est-ce donc que ce Tartessus. dans l'opinion d' Aristote? Presque tous les géographes y voivut un fleuve

42 LA PHYSIQUE D ARISTOTR.

Pleriquc fluvii ex boreali parie defluentes probant editiora terrœ loca ad septentrioDem sita esse *.

Omnes fluvii et quidquid gtgnitur aquœ, in mare influunt '.

Non sunt igitur maris fontes S ut antiqui philosophi opi-

d^Etpaffne, particulièrement le Guadal<piivir; mais si c'est là le Tarteisas d*Uéroaote , ce ne peut être celui d'Arutote ; la définition qu'il en donne ne pardt pouTotr conYenir qu*au Rhin , qui se jette en effet hors des colonnes d*nercule, et, comme le Danube, prend sa source dans des montagnes , qui , se rattachant à la ^nde chaîne des Alpes , paraissaient aui Grecs de cette époque faire partie de leurs Pjrènes.

* Meteor., II, i, p. 550, E; 551, A; ProM., XXVI, 46. — C'était une ancienne opinion, que la partie boréale de la terre était plus élevée que les autres. Ce ne fut que plus tard ç(u*on reconnut et qu'on démontra que les plus hautes montagnes sont moms sensibles , relativement à la masse du globe , que les grains de poussière qui peuvent s'attacher sur une balle , on que les inégalités de la peau d'une orange. Yoy. le chapitre Sur la gram^ dmtr de la terre , dans le livre de Cléomède.

« MeUor., Il, i, p. 550, E; 551, A.

* Metear., II, i, p. 550, A, B. — L'opinion que la mer avait des sources, répandue, comme le dit Aristote (Meteor., il, 1, p. 549, D, E), et adoptée par les anciens , et ceux qui faisaient de la philosophie théologique

ioî àp^cuoi itaî ^lArpiQovrfç ireçî r$< BeoXo*ylAç)f était celle d'Homère , ['Hésiode et de leurs contemporains , qui se représentaient l'Océan comme un grand fleuve coulant autour du rond de la terre (Homère, Iliade j VI, 606 ; XX, 7 ; XXI, i 95 ; Odyss., XI, 1 57 ; XII, 1 . Hésiode, Scutum Berc., 314; Theog., 242, 695). Cette opinion était suivie par les poètes épiques ou tragiques , parce qu'elle flattait plus leur imagination , ou , comme le dit notre philosophe (lieu cit/j , parce qu'elle leur paraissait plus couve— nable à la yénération et à la sainteté. Le commentaire d'Olpnpiodore et celui de M. Ideler (I, p. 274 et 396), nous apprennent que c'est surtout Hésiode et Euripide qu il avait en vue en cet endroit. Il rcTient , d'ailleurs , sur ce sujet dans sa Métaphysique (H , 4j ; il y nomme précisément Hésiode , et emploie pour désigner ceux qui suivent son autorité ou ses explications l'épithète remarquable de deoXétyot.

Aristote oppose à ces hommes d'imagination , à ces inspirés , ceux qui , étudiant la nature selon l'expérience et la raison , étaient savants d'une science humaine : oî aoCpùrepoi ri^v àvêpariniv (ToCpiav (Èteteor,, H, i); il les appelle (pv^ioXéyot y (buffioXo«yovvTeç, (puaioXofyiljffayTeçy (PtXover- Ma-avr^ç irepî (pùnaç (idder, I, p. 660), et rapporte leurs opinkins. Les uns disaient que la sphère d'eau qui primitivement enveloppait la terre avait été évaporée en grande partie par le soleil, que la mer était tout ce qui en restait , et Qn'vm jour elle serait à sec. Les autres soutenaient que la terre , échauffée par le soleil, avait sué, et que la mer était cette sueur ; que c'était même pour cela qu'elle était salée. Quelques-uns croyaient que la salure venait de la dissolution de la terre , comme quand

Dati erant ; sed fluvii omnes suppeditant aquas e quibus mare constat, et sic mare aquœ finis est, non principium \

Nec difficile est intelligere cur, quum tôt et tantas mare recipiat aquas, nihii tamen accrescat, quum immensam in latitudinem extensum, immensam assidue perdit aquœ quantitatem in vaporem conversœ *.

Moveri autem mare videtur non modo ventis qui fluctus concitant, verum etiam motu proprio : scilicet quse maria in superioribus locis sita sunt, ininferiora, fluminum more, influunt, et hic motus praosertim in fretis et in bosporis deprehendi potest Sic Mseotis in Euxinum , Euxinus in iEgsQum, iEgœum in Internum , Internum tandem mare in Oceanum defluit '.

Prseterea mare totum a loco in locum progredi aut recedere elapsis certis temporum spatiis videtur * -, et sic antiquas operit regiones , aut novas informat, seu quia littoribus decessit, seu quod limum deposuit * post multos annos siccandum*.

on coule de Teau sur des cendres. Les idées d'Âristote sont fausses sans doute , mais elles sont bien plus que toutes celles-ci dans le chemin de la vérité.

* MêUor,, 11 , 2, p. 553, E ; 3, p. 555, A.

* Meteor., U, 2 , p. 552, E ; 553, A*

* Metêor., II, 1, p. 550, D, E. — Toute la fin de ce chapitre est une page très-intéressante de la géographie physique de ce temps.

* Metêor.f 11, 1, p. 550, 551. — Cette observation des mouvements de la mer, qui paraît s*avancer sur certaines côtes en même temps qu'elle en abandonne aautres , a fourni à Voltaire le premier chapitre ae son introduction à V Essai sur les mœurs et Vesprit des nations. ^i\ avait lu ce chapitre d*Aristote , il y aurait trouvé des citations qui n'eussent pas déparé son livre.

* Meteor., 1, i4, p. 548, A, E; 549, A, B. — Toute TEgypte, dit Aristote, est l'ouvrage de son fleuve ; il fait pourtant entendre une la mer Rouffe a, du côté de TArabie , contribué à former le terrain qui la sépare du Nil.

* Je ne parle pas des marées , il n^en est pas question dans les Météores ; je suis même porté à croire qu'Aristote ne les connaissait pas ; elles sont pourtant indiquées dans le De mundo* Mais ce dernier ouvraffe est évidemment postérieur à Aristote ; et malgré cela , Fauteur n'en parle que

44 LA PHYSIQUE u'aRISTOTE.

Mare denique cur salsum sit et amaruin * reddi ratio potest, si consideraris omne quod minime concoetum est *, id saisum et amarum esse ' : atqui quum sicca exhalatio humidœ permixta in nubem et aquam cogitur, necessario pars non parva intercipitur, et deorsum fertur cum pluvia * ; haec est marina) amaritudinis et salsitudinis causa \

comme d'ane chose qu^il a apprise par ouï dire (4, p. 608, B et G). 11 y ajoute cette circonstauce , aue les marées semblaDles concourent toujours aYec les mêmes phases de la lune. 11 n*y a plus rien là d'étonnant pour nous; mais alors ce devait paraître une grande merveille. On sait que Descartes expliquait les marées par la pression du soleil et de la lune sur la matière étnérée , puis sur Tair, puis sur la terre ; mais cette bpnion est depuis longtemps abandonnée.

* Nous venons de voir que les philosophes différaient d'opinion sur l'origine de la mer ; ils ne différaient pas moins sur les causes de sa salure. Les uns voulaient que la sphère de Teau ayant été réduite en vapeurs par le soleil , la terre eût salé tout ce qui en était resté (II , 3, p. 554, E); les autres disaient que les fleuves, charriant leurs eaux à travers les terres , s'y imprégnaient de sels , comme les eaui qui passent dans les cendres , et les portaient à la mer (p. 555, A) ; ceux-ci croyaient que la mer s'était formée , parce que la terre avait été brûlée (p. 556 , B] ; ceux-là soutenaient que la mer est la sueur de la terre , et que c'est pour cela qu'elle est salée (i5«d., p. 555, A). Empédocle était de ces derniers.

' La cuisson dont Aristote parle aux chap. 2 et 3 du liv. IV des Mé-^ téoreSf ne peut, dans l'état actuel des sciences, nous présenter aucune idée raisonnable. Ce mot , comme ceux de digestion, de maturité et d'autres qu'il transporte des substances auxquels l'usage commun les applique , à d'autres qui ne peuvent les recevoir que dans un sens fiffuré , signifiait pour lui certaines qualités absolues , ayant le pouvoir de se faire accompagner partout et toujours de leurs circonstances les plus ordinaires. Ainsi , parce que la cuisson et la maturité détruisent dans certains fruits Taigreur ou l'amertume , Aristote conclut qu'elle en ferait autant sur l'eau amère; attendu que c'est là l'essence de la cuisson, que, par conséquent, elle manque à l'eau qui reste amère , ou enfin que cette eau n'est pas parfaitement cuite. 11 est d'autant plus singulier de voir un esprit de cette trempe recourir au style figuré pour ses explications, que lui-même, au même endroit , reprend très^vivement Empédocle de ce défaut : a 11 s'exprime ainsi par métaphore, dit-il; la métaphore convient en effet à la poésie, mais elle ne suffit pas pour qui veut connaître la nature : xpo^ rà tyv&vai rijv (pùa^iv^oùx IkavQç. t» (Meteor., II, 3, p. 555, A, B.)

* Meteor.f IV, 3, p. 586, A. — U cite pour exemples les cendres et l'urine.

* Aristote ajoute que c'est pour cela que les pluies qui viennent du sud et celles qui tombent au commencement de l'automne sont ordinairement salées (Meteor.f U, 3, p. 556, G). L'exemple est aussi pitoyable que les causes qu'il assigne à ce phénomène imaginave.

* Mtfteor., lI,3,p.556,G.

LA PHYSIOUE D ARISTOTE. 45

XIV. De meleoris ràiM(t6iK.— Prœterista quœ hucusque examinavimus meteora, alia sunt tria vel quatuor, arew, scilieet, irides, virgœ, parhelia \ quœ reipsa non existunt, sed visus nostri tantummodo sunt aifectus seu phanta$ia *.

Area fulgor est, totius circuli plerumque formam implens, et circa solem lunamque et splendidiores stellas factus '.

Efficitur area quum visus refrangitur aère qui in vaporem aut nubem tenuissimam convertitur circa solem *.

Area naturaliter orbiculata est \

Nubecula qua refrangitur visus ad solem pro innumeris speculis haberi débet adeo parvis ut colorem tantum non formam objecti référant *.

Fit area circa lunam et circa stellas '-, sed raro circa so-

> Afetoor., 1,2 et 3.

* Cette distinction, qu'Aristote n*a indiquée que par la place qa*il donne aui quatre météores ci-dessus , est positivement exprimée dans le De mundo (4, p. 607, A). « Des météores qui brillent dans Tatmospière, dit cet ouvrage, les uns n'existent qu'en apparence , xat iu0afftVf les autres existent en substance, xaô' inrécraciv, » Plutarque (ps plcuHtis phi' kosoph,, 111, 5.) répète la même chose d'une manière plus aflirmative encore. Nous ne concevons pas aujourd'hui qu'un météore n'existe pas en substance : car, ne fût^il qu'un jeu de lumière , au moins cette lumière existe, et c'est elle qui, mue d'une certaine manière, vient, conune substance, modifier notre œil et nous apporter une sensation. Mais, d'après l'idée que les anciens et Ai'istote se faisaient de la vision , celle-ci était nne puissance qui sortait de l'œil et allait toucher son objet. 11 suffisait donc que cette |>uîssance fût elle-même ou insuffisante, ou affaiblie, pour que la sensation fût perçue sans aucune cause externe. C'était alors , dans tonte la rigueur dfu terme ^ une simple apparence.

* Metêor., Ul, 2, p. 574, E. — Les anciens étaient tout à fait hors d'état d'expliquer ce météore. Voy., au reste, Plutarque, Deplacitis philosaph.y lit, D.)

* Jftteor., 111,3, p. 576, A, C.

* Mêtêor,, 111, 3, p. 576. — 11 y a ici un raisonnement géométrique pour prouver la rondeur du halo. C'est un théorème analogne à celui par lequel on démontre que les obliques égales partant d'un même point et s'arrêtant sur un même plan , y déterminent un cercle.

* HÊeieor,, 111 , 3, p. 576, C, E.

' MeUor.j lU, 3, p. 576, E; 577, A.

lem quumad cœli fastigium pervenit-, nimius enim calor vaporem dissipai siatim \

Arcus cakstiê sive irii refractio est visas nostri versus solem*; nam aspectus ab omnibus levibus refrangi videtur ' ', quando igitur pluere cœperit et nubium aer in guttulas concreverit ^ si sol fuerit oppositus, tum fiet coloris apparentia, non astri -, quia unumquodque spéculum minimum est et indivisibile \

Arcus solaris dimidiato circule nunquam major est *.

Ârcus cœlestis duplex est , scilicet e duobus arcubus constat idem centrum «habentibus , quorum alter inferior, alter vero superior est \

Iris tricolor est^ punicea, viridis et violacea , et hi colores in duobus arcubus inversos sese exhibent *.

* Jfotoor., m, 3, p. 577, A; 6, p. 582, E. « Af«toor., 111, 3, p. 577, E.

» Ar#t«)r.,m,3,p. 577, A.

* Afoteor., 111,3, p. 677, C.

» Jfeteor.,m,2,p.575,D.

* MeUor.y III, 2, p. 575, A. — Cette proposition d'Aristote est tout à fait fausse. 11 suffit de considérer rarc-en-ciel d'un lieu très-^levé pour voir qu'il dépasse le demi-cercle.

' Meteor., \\\ , 2, p. 575, A, B ; 3, p. 579, A, B, D.

* MBteor.y III, 2, p. 575, B. ^ Aristote emploie ici les trois mots 00 1yiKoùvj xpâcivov et àXovpyéVy le ponceau , le vert et le pourpre. Or, il y a cet inconvénient, que les dictionnaires traduisent également par pourpre les mots (poivtxovç et àXaup^/dç. Ici , heureusement, il ne peut y avoir de doute : àXoupfyév est évidemment le violet, car Aristote applique Tépithète (potvtxia^ quand il y a deux arcs-en-ciel , à la plus grande circonférence de Tare intérieur, et à la plus petite de Tare extérieur (ibid.) ; et il ajoute que la partie entre' le vert et le ponceau parait souvent jaune : rà fiercc^ù rotf <J>oivtxov Kaî irpeurlvov^ <paiverat ToX)Juctç ^avOâv, Plutarque (De placitis pMlosoph.j III, 5) rapporte Topinion d' Aristote, et donne aux couleurs des noms un peu différents et un autre ordre. Quant aux explications ajoutées , elles sont telles qu'on devait les attendre d'un homme

3 ni n'avait aucune idée de la décomposition de la lumière , et qui ne voyait ans la réflexion et la réfraction qu'une seule et même chose. Il était réservé à Descartes de donner la première explication de l'arc-cn-ciel (Lihes, Histoire de la physique^ II, 1), et à Neitvton de la compléter par sa théorie des couleurs (ibid.f III, 1).

LA PHYSIOUB DARISTOTE. 47

A superiori iride refractio imbecillior exultai , quia fit in loco remotiore *.

Très aut plures arcus nunquam hucusque simul in cœlo visi sunt, quia, quum secundus sit adeo iiiû>eciUis9 infirmier csset tertius quam ut refractio visus ad solem pervenire posset '.

Fit aliquando iris ex opposite sole, quum aqua in minutissimas particulas fracta, undique, roris instar, projicitur-, quum rémiges, exempli gratia, aquam remo verberant, aut quum fiunt ex aqua cadente aspergines '.

Arcus cœlestis etiam a luna oritur : sed adeo rarus evenit, ut quinquaginta annis ante Aristotelem, bis tantum notatus fùerit*, et ea sane causa est cur vetcres illum nunquam existere opinati sint ^

Arcus lunaris albus videtur quia in nube atra et noctu lucet •.

* Met$or., m, 2, p. 575, A, B; 4, p. 579, D, E. > Jlfatoor., UI,4,p. 580, A.

» Jhfef«)r.,III,4, p. 578, C.

* Meteor.f \\\, 2, p. 575, G. — L^auteur détermine avec beaucoup de instesse les causes qui rendent l'arc-en-ciel lunaire beaucoup plus rare que Varc-en-ciel solaire ; c'est d*abord que les couleurs échappent plus facilement pendant la nuit (il veut dire , sans doute , que rarc-en-ciél est plus faible) , et qu'ensuite , ne pouvant guère devenir apparent qu'à la pleine lune, il faut, pour qu'il se forme, un concours fort rare de circonstances favorables.

" ^«teor., m , 2, p. 575, C.

* Mêteor.y III, 4, p. 579, G. — La dernière raison donnée par Aristote est tout à fait incompréhensible pour nous ; elle tient à la fausse idée qu'il se faisait des couleurs ; il croyait que les couleurs n'avaient point une nature propre; qu'on ne les jugeait que par comparaison, de telle sorte que le rouge , au lieu d'être essentiellement rouge , comme nous le pensons aujourd'hui , était blanc, par exemple, relativement au noir. Alors on conçoit que, selon sa théorie, l'arc-en-ciel lunaire devait être blanc par comparaison avec les ténèbres de la nuit. Mais ceux qui ont vu et attentivement examiné l'arc^n-ciel lunaire savent qu'il n'est pas blanc , et que si M teinte blafarde présente en gros l'apparence du blanc , on y dislmgue avec un peu d'attention les couleurs du spectre solaire , mais à un degré de p&lenr et de faiblesse que ne peuvent saisir les vues peu aiguës.

i8 LA PHYSIQUE D ARISTOTE.

Fit aliquando iris circa lucernas accensas quum per hiemen flat ventus humidus * .

Arcus et area sunt ergo refractiones , prior ex opposito sole^ posterior circa solem accidens ; diSerunt autem varietate colonim, et quia alter ab aqua fit , et ab atro et c Ionginquo *, alter ab aère y et a candido , quum aer aqua candidior sit, et cominus, quum sit ad solem propior V

Virga tandem et parhelium e\ oblique fiunt , circa solem ascendcntem vel descendentem \ raro quum in médium c(Blum pervenit '.

Virga est quum\ consistentibus prope solem nubibus, aspectus ab aliquo humido refractus sese ad nubem applicat *.

Yirgœ etiam propter speculi inaequabilitatem solis colorem non formam referunt-, sed si aer maxime œquabilis est et ex tequo densus , tum solis imago geminatur et parhelium habe-

mus \

Nunc igitur, Judices, Aristotelis de rerum natura sententias tenetis, ex ipsius operibus^ quantum potui, depromptas : quas dum colligebam, ut justum de auctore judicium ferrem, omnium ex industria oblitus quœ ab erudiUssimis professoribus edoctus eram, attente consideravi quidnam de eisdem phœnomenis fuissem ipse sensurus, si viginti ante secula natus, cum Aristotelis, tum cœterorum illius œtatis philosophorum auditor esse potuissem. Plane et aperte profiteor, nisi me meus fallat animus, me tune Aristotelis partes

* Meteor,^ 111, 4, p. 578, B. — Sénèaue observe (Quœst. nat.y 1) qu^l se forme de pareils halos dvM les salles ae bains.

« JHeteor., 111,4, p. 577, E.

» Meteor., 111, 2, p. 575, B, C; Probtem., XV, il.

* ^«(0or., 111, 6, p. 582, B.

* Ibid. — Toutes ces explications sont également fausses; plusieurs de ces phénomènes, au reste, et les parhélies en particulier, sont jusqu'à ce jour fort peu connus ; à plus forte raison devaient-ils échapper aux explications , sinon aux hypotncses des anciens.

LA PHYSIQUE D ARISTOTB. 49

amplexurum fuisse. Nonne salis hoc erat ut, etsi seculo nostro damnatur, eum absolverem?

Nolite tamen putare me cœeo in Ârislotelem amore captum y ad ejus errores plerorumque interpretum instar, ultro ealigare : adeo non me fugiunt iUius vitia , ui isia libenter hic recensere paratus sim, duobus modo his exceptîs , quœ quia semper et ubique dominantur) unaquaque fere pagina carpere facile est, falsas dico explicationes et singularem is* tam solique geometrise accommodatam elocutionis fonnam , quœ specie tantummodo clarior, reipsa obscurat et intellectu difficiliorareddit auctoris cogitata.

His omissis , non desunt alia quie philosopho nostro yitio vertere possimus.

V. Difficultatis aut, ut loquitur, aportœ nexus in verbo quum situs est, etsi faciilimum erat una definitîone data ^ omnes extemplo convenire, Aristoteles longius dissent ac si de re ageretur * et in memoriam nobis revocat pras* clarum istud Molerii drama, quo Âristotelicus doctor, nescio quis, contendit petasi Hguram, non formam dicendam

esse*.

S*. Sœpe insdenter aut cogitato , a vocabulo ad rem ooncludens , seu ex aitero in alterum sensum transiens ' in istud sophismatis genus incurrit quod olim scholœ faUaciam

* C'est ainsi qu*U yeni (M»têor,<, l, 3, p. .590, A) que le mot atlur ▼ienoe de àeî ûih^ el non de oiBeaûûui cpi'il toatient (De c<b(o, IV, 1,

Îi, 485, E) aa'il n'y a hors du monde ni plem ni Tide ; et encore (De cdlo , 1 , 2 , i la nn), que les Pythagoriciens se sont trompés en mettant le haut da monde au pôle arctique, parce ^ue cela ferait regarder la gauche cemme Torigine du mouTement, ce qui ne doit pas être. Ae^lov yàp kxàtr^ rou XéfyofjLiv oôev tj àpxi "nf^ ttaràréxov Kiinjaetiç, (De calo^ 11| 2, p. 455, A.)

* Le docteur Pancrace , dans le Mariage forcé , se. 6.

* Quand il parle de Taclion du chaud ou du frùid , du mc ou de Vhmmide (De générât., 11 , 2) , des qualités aeUvei et des qualités pouivee (îM.), ee sont des mots représentant ses propres perceptions qu'il transforme en êtres, on substances capables d'agir sur les corps extérieurs.

50 LA PHYSIQUE D ARISTOTB.

grammaiicam auncupaverant* et quod ipse in Logica sedulo vitandum esse dicit *.

3*. Omnium fere argumentorum fundamenium et originem ponit principia quedam speculativa % seu ideas générales et msJe definitas*, quas ipse ratione quadam sibi propria circumcidenSy aut ad simihtudinem nescio quam fingensy in inteliectu suo formavit : et ex illis ideis concludit tanquam illis esse posset extra mentem aut actus, aut potentia, aut existentia quœlibet.

4**. Imo ista, quibus nititur, opiniosa principia, non modo inania sunt et falsa, sed etiam aliquando ridicula aut absurda * et quas^ nisi diu qusesieris quid significet auctor, ab humana mente plane disjuncta credas.

5®. Quia iUi fixum et statutum fuit omnium rerum causas invenire et explicare, imprudens in illud sophisma quod de faUo gupponerUe* olim vocitabant, utrobique incidit, sive res omnino falsas imaginatus * ut rationem reddat cur sint

* Damartais, Logique, art. 15.

* De sophitt. elench., Ul, 4, n«* 3, 4, 5, p. 283, 284.

* Tels sont les raisonnements suitants : <k Le cercle est la première des fignres , parce quHl est formé par une seule ligne , tandis qne les po-

Ïgones sont formés par phuieurs (De ccalo, 11, 4, p. 458, C); on doit me attribuer Vunité au cercle et la dualité au triangle , parce qne les trois angles de celui-ci valent deux droits (iMd., E); le cercle étant la

Sremière des figures , la sphère sera le premier des corps , et le ciel étant i premier corps, sera spkérique (ibid,, D, E). » Voyet aussi (ch. 6, p. 459, A) un raisonnement analogue sur le roouTant et le mù.

* En voici des exemples : « Le moindre mouvement est celui qui est le plus rapide : iAa%/o-T>f J'è jcivifaiç if raxhr^ (De cosio , H , 4, p. 457, B). v Et ailleun : a La forme spnérique est la moins propre au mouvement : HKivra ià KtyifTiKéy If ^aipa (De cosk), II, 11, p. 463, D). « Ne seraitron pas porté à prendre pour principes précisément les contraires de ces deux propositions?

* Dumarsais, Logique, eri. 15.

* Pour montrer que la salure et Tamertume de Têau ne consistent que dans son mélange avec une substance salée ou amère , Aristote dit (Bteteor,, II, 3, p. 557, B, C) que si Ton plonge dans la mer une bouteille de cire hermétiquement fermée, Teau s^y introduira par les pores de la cire, mais elle y passera douce , le sel étant trop grossier pour y pénétrer avec

LA PHYSIQUE d'aRISTOTE. 5t

pbœnomena \ sive , quod adhuc ridiculius est, phœnomena neutiquam existentia animo effingens et explicare tentans '.

6*. Denique hoc illi praecipue crimini dandum est, quod totum dum se tradit rationibus quas logicas vocat* obliviscîtur physicam non e syllogismis , sed ex observatione et experimentis maximas recipere vires; et sic pro veris naturœ legibus Aristotelicas tantummodo cogitationes, ne dicam pAanta$ia$, exponit , quas mox severius examinabunt et funditus evertent Gallicœ seu CartesiansB philosophiœ studiosi '.

HsBC sunt Âristotelis vitia*, qute, quamvis auctore Horatio, attenuare fas esset, hoc faoere minime conatus sum : ait enim poeta :

Ât pater ut gnati , sic nos deberous , amici , Si quod sit vitium, non fastidire*.

Ego vero omnia ingénue et aperte fassus sum; sed inju-

elle. 11 est fSkcheax que ce moyen si simple soit une pure invention ; il eût été d'une utilité infinie dans les voyages de long cours.

' Aristote cherche (De ccbIo, U, 12, p. 463 et suiv.) pourquoi il n*y a qu^uoe planète dans chacune des sphères inférieures , et pourquoi il y a tant d*étoues dans la sphère des fixes ; et ce quSl y a de pis , c*est qu'il trouve une raison pour cette différence qui n'existe que dans son imagin»tion; il dit aussi (Meteor,, 1 , 3, p. 530, C, et 531, A] pourquoi les sphères des quatre éléments , qui n'existent pas , et qui ne peuvent avoir aucune proportion d'aucune sorte , en ont cependant nécessairement une ; et encore (MeUor., II, 3, p. 556, A) , d'où vient la salure des pluies d'automne, qui ne sont pas plus salées que les autres. C'est toujours l'histoire de la oent d'or. Voyez là-dessus la Logique de Port-BoyeU.

* Dans le De generatUme (1, 2, p. 496, B), discutant contre Démocrite , il dit qne ceux qui se livrent à l'étude de la nature peuvent être convaincus par telle preuve qui sera facilement renversée par ceux qui sont habitués à la discussion. Mais il entend ici une discussion s'appuyant sur des principes métaphysiaues; et, en effet, il part de la pour chercher si les corps sont composés ne surfaces, ou de points, etc.

* J'ai déjà dit que je regardais Descartes et sa philosophie comme la première orinne des progrès qui ont été faits depuis ce temps dans toutes les sciences, voilà pourquoi j'attribue spécialement à la philosophie française, on cartésienne, le renversement ne la j^hilosophie d' Aristote, quoique de puissants efforts venus de l'étranger aient aussi puissamment concouru à l'accomplissement de cette œuvre.

* Horat.,8ate'r., 1,3, v. 43.

s 2 LA PHYSIQUE D*ARISTOTE.

riosus merito dicerer» nisi quemadmodum illius culpas carpère volui, «c méritas iUi laudes tribuerem-, bœ vero magnse et multas sunt.

Jam enuntiayi quid de Aristotele sentiendum esset, prout scientiam physicus exposuerit, et in unum redegeril corpus'. Ne tamen credaiis ipsius labores, si scientiam proprie dictam et veritatem absolutam consideraveritis , omnino inutiles e( infecundos fuisse. Tantum abest ut e contrario multa apud illum reperiantur singularem perspicadam et quasi divinam inspirationem aliquando probantia.

Que ut quanti flequum est lestimetis, flngite cogitatione physicam scientiam nullas adhuc certas excogitasse aut ordinato disposuisse régulas. Quid ergo , quœso, de viro censetis judicandum qui omnes in unaquaque scientisB parte graves et prsBcipuas quaestiones aut tractaverit, aut proposuerit , aut saltem indicaverit? Ea autem Aristotelis virtus est, nostra œtate non satis nota.

Hanc ailatis exemplis et auctoris nostri propriis verbis probare longius esset ; sed nulla venia me dignum arbitrarer nisi summatim asseruissem illum aut notasse aut observasse aut quodammodo prffisensisse : i* in êtaiiea motus universe sumpti legem generalem % veram vectis rationem ' ; 2" in df/namiea variam vim lignorum magis minusve longorum^ vim quam hodie dicimus inertiœ*'^ vim centrifu-

* Ci-dessus , p. 5.

* Natwr. ause,, 11, 6, p. 406; ProbUm., XVI, 3. Voyei ci-dessus la note 3, p. 8.

* Mtchan. quœst.y 4, p. 1187, D. •» Aristote établît (ch. 4) qu'un levier soulève un poids d'autant plus grand que la puissance y. est plus éloignée du point aappui.

* Mechan, qwBst,^ 47. — ^ Il traita la question pourquoi les bois deviennent plus iaibles et ploient plus facilement à mesure qu'ils deviennent pins longs. C'est une des questions de la physique usuelle.

- ' MBCkan. quœst.f 32 et 35. — 11 cherche pourquoi ce qui est déji en mouvement est mù plus facilement que ce qui est en repos : il cite pour exemple les chars , qui ont une plus grande vitesse quand ils sont déjà

LA PHYSIQUE d'aRISTOTE. JfS

gam ', cujus apud nos régulas Gartesius suspicatus est» cui felicius studuit Huyghens^ delabentium lapidum celeritatem in momenta crescentem'; angulorum œquaUtatem quos reflexionU et incidentiœ nominamu8% 3* in hydrosUUiea^ densitatem seu pondus istud quod vocamus $pecificum\ liquoris nisum e profundo in sublime*-, ponderis partem perditam quum grave quoddam in aquam inunergitur * ; 4» in Aydrodifnamica aeris aut aquœ aut fluidi cujuslibet renisum'^ S"" aquœ et vini vapores, in liquorem iterum densatos' ; 6** hoc

lancés que ^nand Us commencent à rouler ; il demande si tout ce qui est poussé ne fait pas résistance à ce qui le pousse : c'est le principe fameui que la réaction est égale à Faction.

' D0 ccBiOf H, 13, p. 468 , G. — Aristote dit qu*un vase plein d^eau étant tourné rapidement, ne laisse pas échapper Teau qu^il contient, même quand son ouverture se trouve en bas.

* Natur, atuc», Ylll, 14, p. 427, E. — Aristote avait remarqué Taccélération des corps tombants ; il avait même cherché à Texpliquer. Selon lui , les corps qui se meuvent en ligne droito vont d'autant plus vite qu'ils approchent plus du but où ils tendent ; Texplication sans doute est fausse , mais elle est ingénieuse, et prouve Tobservation du fait.

» Probkm., XVI, 4.

* De cceU) , IV, 4, p. 490, B. — Un morceau de bois de cent livres , dit-il , pèse plus dans Pair qu'un morceau de plomb d'une livre ; mais dans l'eau il pèse moins.

* l>ro6l.,XXlIl,3.

* Os cœlo, IV, 4, p. 490; Metear., 11, 5, p. 557, G, D. —Aristote remarque que Teau salée est plus lourde que Teau douce ; que les navires qui paraissaient sur le point de s'immerger entièrement dans les fleuves, sont au point convenable en mer; que souvent les vaisseaux auxquels on a donné une charge convenable pour les eaux des fleuves, ont été renversés ou ont péri dans la mer ; il cite à ce sujet Teau de ht mer Morte , qui est encore aujourd'hui la plus lourde des eaux naturelles (elle pèse un quart de plus que Teau distillée] , et en rapporte des merveilles.

' MtclMn. quœst», 55. — D'où vient, dit-il, qu'un corps très-peu pesant ne peut être lancé très-loin? ne serait-ce pas qu'il ne peut avanoer qu'autant qu'il peut vaincre Vair en profondeur? L'expression est un peu obscure , mais le sens me parait clair : un corps ne peut avancer qu'autant que la résistance du milieu dans lequel il se meut n'a pas détruit tout son mouvement.

' Meteor.^ Il, 3, p. 556, E ; 557, A. — Aristote dit que l'expérience prouve que l'eau de la mer, réduite en vapeur et condensée de nouveau , est potable, et ne retient plus d'amertume ; il ajoute que le vin et tous les sucs, quels qu'ils soient, lorsqu'on les met en vapeur, deviennent de

54 LA PHYSIQUE d'ARISTOTE.

Gartesiî et Frenelli placitum quo lux et calor corpora non suni a centro in nos projecta, sed motus quidam in aère, aul aqua, aut similibus, rotundato puisu et spississimis undulis, iisdemque velocissimis sensum nostnim feriens'; tandem phienomenon istud quod nostri miragium appellant *.

Sed alia etiam causa est cur diligamus Aristotelem» illiusque studeamus libris : solus enim ex ista SBtate , veterum philosophorum opiniones de rerum natura nobis servavit : vix polygraphi quidam aut grammatici, ut Plutarchus in PlaeUi$ phUoêophorum^ Diogenes LaerUus in VUis, Joannes Stobœus y in Pftysicis eclogis exponunt simpliciter et nulla adjuncta explicatione quœ fuerint physicorum sententiœ. Piato ipse quum de universo loquitur in TimœOj suas» aut Pythagoreorum» sub Timœi nomine metaphorice exponit ideas*, sed rare veteres examinât» aut quid senserint exacte refert. Contra» Aristoteles semper opiniones aliarum scholarum exponit, dilucide explieat» et contra eas optima fide pugnat'-, et sic»

Teau : c>st une erreur qui prouve qu'a cette époque on oe conoai&sait aucunement les esprits ni les eaux-de-vie.

* Mêtêor,, 1, 3, p. 531, G; 532, B; De anima, II, 7, p. 639, G. ^ Yoyei les endroits cités. J'ai déjà parlé , dans les notes précédentes, de la singulière analogie qui se trouve entre le système d'Anstote et le système des ondulations aujourd'hui adopté partout.

* MêUor,, 111 , 4, p. 577, B, G. — L*un des phénomènes que notre auteur cite ici , et <|u*il attribue , comme les iris , les halos , les parhélies, à la réfraction ou à la faiblesse de la vue, est très-probablement le mirage. « On voit très-souvent, dit-il, les promontoires être arrachés de leur place : AT r ÔJtpou àvscreurfiévcu (pcdyovrat èv ij da- AirT) [ibid.^ n*^ 4). — Les objets paraissent plus grands quand TÉurus vient à souffler : xal ful^Q rà iityé^ xâvray^ Brav eôooi Kvé&ffi {ihi^. v Gf. Âlsx. Aphr. Comment., et Ideler, t. Il, p. 127 et 2B8 de ses MéUoro^ logiques,

* Voyez les notes précédentes et toutes les discussions d*Aristote; elles sont toujours parfaitement loyales , c'est ce qui n*a pas été asses remarqué par ses critiques. Bacon (RBdargut. philos., $ 27) paraît vouloir lui refuser cette <jualité, en désignant sous le nom de intemuncios minime fldos ceux par qui nous sont parvenues les opinions des Pythagore , des Lendppe, des Démocrite, etc.; je n^ai rien vu dans Âristote qui m*ait semblé pouvoir justifier cette accusation. Au contraire , il m^a 'taiyours paru que ce philosophe traitait avec une parfaite équité ceux qu'il combat-

LA PHYSIQUE D AKISTOTB. 55

quum injuste illum quidam accusaverint tanquam voluisset omnium physicorum nomen et memoriam deiere ' , illos e contrario servavit et explicavit, qui, nisi scripsiaset, omnino periissent '.

Denique quam in memorandis veterum opinionibus adhibet diligentiam, eam iterum ostendit in describendis magnis natursB phœnomenis : notât seduio omnes observationes astronomicas aut geographicas , physicas aut meteoroIogicas% ita ut ab illius libris necessario incipiendum sit, si quis his^ tonam scientiarum naturalium aut scribere aut solummodo novisse voluerit.

Quemadmodum enim ante Herodotum nuUum est Gnecorum facinus quod a nemine vocetur in controversiam , aut cujus tempus certum fixumque teneatur et libris et hominum memoria, isque propterea historiœ pater merito nuncupatur-, sic in pbysica, ante Aristotelem, nibil nisi sparsas et incertas phienomenorum descriptiones invenire est ^ -, non magis deerant Homerico orbi prodigia et fabulosœ narrationes * quam heroes et dii poematibus.

Aristoteles a physica sicut et a cœteris scientiis , imaginationem amovens, experimentaque et observationem, simulque meditationem commendans et adhibens% omnia

dans dont ittaque les deux j^rinces de U philosopliie, je Tondrais que cela se (it avec tonte U modération qu'Aristote a gardée lorsqn^il a r^ntredit ceux qni Taraient précédé. »

■ Bacon, Heu cité.

< Dêcalo, 11, 12, p. 464, B; 13, p. 466, 467; 14, p. 471, D.E; 472, A ; Metear. . U 6, p. 53S, D, E ; 536, A ; 8, p, 537, D ; Frohlem., XXlll, 5, 6, 11, 17; XXVI, 59.

* Jfefior., 1, 9, 10, il, 12, et surtout 13 et 14; 11, 1, 6, 8; 111 , 2.

* J'excepte naturellement les historiens, et Hérodote en particulier.

* Voyei Malte-Brun {Précis de la géographk wUvertette, 1. 1).

* On croît communément que les expériences ont manqué à Aristote ; je crois plutôt que c'est Tart de les faire, de les discuter, de les enchaîner entre elles et d'en déduire les conséquences.

5«« LA PHYSIQUE d'aRISTOTE.

hsc, quantum potuit, mendacia dissipavii, et sua vice diguus fuit, qui doctrinarum onmium paler nominaretur.

HiBC sunt) Judices, Aristotelia mérita; hm sunt virtutes quœ a doctissimo quoque notœ et lestimatœ, in médium ponunt quare tamdiu absolute et antonomasia quadam phUo^ êùphm dictus fiierity et nunc eliam iUum studio nosiro dignum eise déclarant.

Ego veroy dum mecum repulo virum non modo bas quas dixi in physica meruissc laudes; sed quum eamd^n omnibus scientiis operamdederity iUas aut créasse, aut in melius certe mutavisse; imo omnes ordinate disposuisse, ita ut unius arboris rami viderentur, et sic eneydapmdim primum auctorem fuisse; eum tandem, pro tôt et tantis in scientias merilis , a politicis et moralibus vins, a pbysids et mathematicis, a theologis et phiiosophis, a poetis et oratoribus pro duce et magistro, communi oonsensu babitum esse : nescio an nimia mea in illum admiratio, mentis quasi luminibus officiât; sed maximum qui unquamexstiteritphilosophum, illum fuisse persuasum habeo; et quasrens apud veteres epigramma quod Uli, me judice probe convenire posait, nihil reperio melius bis versibus quos olim Ennius Scipioni Àfiricano ludens adscribebat, at ego Aristotelem multo verius decere existimo.

A sole exoriente supra Meoti' palades «

Nemo est qui factis me aBqaiparare queat :

Si fas eodo plagas cœlestum scandere cuiquam Mi solei calei maxama porta patet*.

* La première édition de cette thèie portait les aatoriiations suivantes : «Vidi ac perlai, Lntetie Parisiomm, in Sorbona, a. d. lY kal. jun., ann. MDCGCXXXVI, FacuUatii liUrarum in Acadêmia Parinemsi dêcamu J. V. L« CLsac. — Tffpii mandetur, Rov88bllb, studUorum inspêctor, procwrandU AcQéênUœ Parfitanait rebui ^^rmpotitm, »

Page 1