XVI. — OBSERVATION (1) de Mlle Marthe D... (20 ans
Dans le courant du mois de mai 1909, Mile D... vint {rouver M. Marion dans son service de Lariboisière, parce qu’elle avait des urines troubles et des phénomènes de cystile très intenses (fréquenceextrème des mictions qui étaient atrocement douloureuses). Au niveau de la région lombaire, elle ne souffrait ni d’un côté ni de l’autre. La-capacité vési-
cale était minime et une première cystoscopie fut infruc-
tueuse.
La présence des bacilles de Koch indiquait bien l’existence d’une tuberculose rénaie, cause première des trou-
bles vésicaux, mais il était impossible de préciser le côté.
Elle passa ses vacances à la campagne; or, loin de s’y:
améliorer, son état général empira dans des proportions
extrêmes, et, au retour de M. Marion, celui-ci, devant cet
amaigrissement si rapide, décida d’intervenir. Vingt fois, nous a-t-il raconté, il avait interrogé par la palpation le rein et l’uretère de chaque côté : nulle part la plus petite trace de douleur, la moindre résistance. Résolu à opérer, il endort la malade et essaie inutilement une cystoscopie à vision directe.
Comme dernière ressource, il tente une division des urines. L'appareil est assez bien supporté et donne des résultats très nets : 14 cmc d'urine franhement sanglante à
(1) Presse Médicale du 25 juin 1910 : cathétérisme urétéral et division intra-vésicale des urines par le Dr Heitz-Boyer.
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droite, avec une concentration d'urée de 12 gr. au litre, et à gauche une urine absolument dépourvue de sang, avec une concentration de 8 gr. d’urée et une quantité de 9 eme, :
Au point de vue histo-bactériologique, il y a des leucoeyes et des microbes banaux de ch naque côté ; comme il y a de la cystite, cette partie de lPexamen est sans valeur. En revanche, tout le reste de l’ exploration concorde pour affir-
mer que le rein malade est le rein gauche : élimination moins abondante, concentration d’urée moins grande ; tous ces éléments réunis conväinquent- M. Marion qui décide l’ablation de ce rein gauche. Avant pris à cette date le service de clinique de Necker en remplacement de M. Albarran, il ainène celte malade avec lui, et, le vendredi 12 novembre, il pratique l'ablation de ce rein gauche.
Le rein est rapidement extirpé. Ses lésions sont peu avancées, 1l y a uné seule caverne au niveau du pôle supérieur et tout fait prévoir un rétablissement rapide et complet de la malade. Pas de fièvre le soir ; 60 grammes seulement d’une urine un peu sanglante ; il faut’ ajouter qu’on avait oublié de vider la vessie avant l'opération, Le lendemain, samedi matin, pas une goutte d'urine, ni spontanément, ni après sondage ; le soir, même chose. La malade commence à s'inquiéter et, comme elle est intelligente, et qu'elle avait suivi toutes les péripéties de son diagnostic, elle demandé: avec angoisse si on ne lui a ‘pas enlevé son meilleur rein. Les vomissements commencent. Le lendemain, dimanche 14 novembre, l’anurie est toujours aussi complète et M. Marion décide de pratiquer une néphrotomie exploratrice de Pautre rein. L'autre rein existe ; à première vue, il est presque normal, quoique nettement lGbulé : mais à peine incisé l'aspect change : ce n’est qu'une
masse de pus aggloméré, sorte de mastic qui. remplit une
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série de loges largement anastomosées. On se trouve en présence d’une dégénérescence massive du rein conséeutive à une exclusion de cet organe par oblitération de l’uretère; en effet, tous les efforts ne peuvent arriver à faire pénétrer dans le bassinet une sonde, sa lumière semble avoir disparu. LE NES La malade mit six jours à s’éleindre avec une parfaite lucidité, des vomissements continuéls el l'absence complète de toute élimination rénale. Il ÿ éut opposition à l'autopsie, Néanmoins, il nous fut possible par l’incision rénale dattirer son moignon du rein et la partie proximale de l’uretère. Nous pümeés nous assurer pièce en main, que le conduit urétéral était complètement obliléré à 4 centimètres du bassinet.
Disons pour terminer, que lorsque les événements s'ag-
gravèrent, une infirmière de la salle des femmes vint nous
confier qué eelle malade avait déjà été dans le service de
Necker où elle était restée en 1907, près de deux mois. Le
personnel l'avait bien reconnue à +on entrée, mais comme elle n'avait rien dit de ce séjour à M. Marion elle supplia qu'on le tint secrel. Ur, nous avons pu retrouver les fiches de cetle époque concernant cette malade. Une série de cathétérismes urétéraux lui avaient été pratiqués le 28 avril par M. Pasteau, puis par M: Ertzbichoff, les 16 mai, 20 mej et 14 juin. Tous concordèrent. rour montrer l'existence
dune tuberculose rénale double et firent rejeter toute opé-
ration. Ulérieurement, les “troubles de cystite ayant
augmenté elle avait été consulter à Lariboisière. »
AVI OBSERVATION de Mlle A. S..., (25 ans) modiste.
Cette malade entre à Necker, le 9 novembre 1909, venant : de Lariboisière. ‘