DE L’AMERIQUE
Vers la fin du mois dernier, l’auteur de ce mémoire, informé que des ouvriers travaillant pour M. Ed. Dorion, près de la rue Mansfield, avaient trouvé ce qu’on croyait être des ossements de Sauvages s’adressa à ce dernier qui eût la complaisance de donner, pour la Société d'Histoire Naturelle les spécimens qu’il avait en sa possession, et ordonna à ses employés de conserver tous les restes qu’ils pourraient trouver. Les spécimens obtenus de M. Dorion sont : un crâne qui accuse évidemment letype américain ; des fragments d’un autre crâne, des restes de vases de terre semblables à ceux que les aborigènes fabriquaient avant la colonisation du pays.
L’endroit où ces restes ont été trouvés est immédiatement audessous de la rue Sherbrooke, entre les rues Mansfeld et Metcalie, et en ligne avec Burnside place. Il forme partie de l’élévation ou terrace sèche et sabloneuse qui s’étena entre le ruisseau du Collége et celui qui coule à travers la propriété de l’Honorable Juge Smith, sur le niveau de la rue Sherbrooke, et qui s’incline rapidement vers le bas-fond, en arrière de la rue Ste. Catherine. Le terrain a été labouré, mais aujourd’hui il est abandonné et il ne fournit que du sable à bâtir. Ce sable est du dépôt Post-Plio-
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cène, que j’ai appelé ailleurs le Sable Saæicave (1) ; il forme une
couche de deux à six pieds de profondeur et il repose sur une surface inégale d'argile de Léda. Ç Des informations m’apprirent que les ouvriers employés à trans- € porter le sable avaient souvent trouvé des squelettes et les avaient t
ensevelis dans l’argile au-dessous du sable, où leur présence plus tard pourrait faire supposer que l’homme en Canada « été contem- c porain de ce terrain, qui est historiquement très-ancien, quoique Ï d’une formation géologique très-récente. J’indique le fait de l’en- l sevelissement de ces squelettes dans largile de Léda afin d’em- l\ pêcher, s’il est possible, une erreur qui serait si sérieuse. ë LS
Les squelettes trouvés par M. Dorion étaient assis ou courbés en avant, mais on n’a pas remarqué leur position exacte. Quelques jours plus tard les ouvriers en découvrirent un autre que j’ai L vuinsitu. C’était celui d’un homme d’environ 50 ans. Le corps était incliné, la tête tournée vers l’est, la figure vers le sud ou le sud-ouest ; il avait les genoux pliés et relevés vers la poitrine et les bras placés de manière que les mains lui couvraient la figure. Les os avaient conservé leur forme, mais ils étaient jaunis par l’oxide de fer contenu dans le sable, et l’absence de matière animale les rendait cassants. Les cheveux, et toutes les parties molles avaient complètement disparu : il est évident que le squelette reposait depuis des siecles à l’endroit où il fut trouvé. Il n’y avait absolument rien qui l’enveloppât, et aucun objet d’art ne se rencontrait dans le sable environnant. Il était à deux pieds au-dessous de la surface üu sol. Un autre squelette, trouvé plus tard, avait la même position, courbé en avant, avec ja tête tour- I née vers l’est. Des morceaux de vases de terre furent trouvés auprès de ses mains. Tous ces squelettes appartenaient à des personnes âgées ; mais les ouvriers ont aussi trouvé les restes d’un enfant âgé peut être de 8 à 9 ans ; une partie seulement en a été conservée. |
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En examinant le terrain auprès de ces excavations, j’ai trouvé que cet endroit avait été occupé non-seulement par un cimetière des aborigènes, mais encore par un village ou par quelques-uns de leurs camps. Des fragments de poterie, d’autres objets travaillés, des os d’animaux sauvages sont mêlés en grand nombre dans le sol, surtout dans le voisinage d’endroits où des cendres, des charbons indiquent la position de feux domestiques. Quelques-uns
(1) Canadian Naturalist II, p. 402, Fig. 1, E, f.
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profondeur, Des restes de poterie et d’autres objets en grande abondance indiquaient le long séjour qu’une tribu sauvage quelconque devait avoir fait en cet endroit.
de ces feux avaient été allumés à la surface du sol, mais les autres dans des fosses d’un pied de diamètre environ, sur la même Ces foyers sont en grand nombre au sud-ouest de la rue Metcaife, sur les bords d’un petit ruisseau qui sépare cet endroit d’un plateau semblable où s’élevait la salle construite pour le bal en Phonneur du Prince de Galles, d’où ils s'étendent vers la rue Mansfieid, et ils s’étendent depuis le penchant du plateau qui gagne la rue Ste, Catherine plus qu’à moitié chemin jusqu’à la rue Sherbrooke, en tout une étendue de plus de cent verges de diamètre. L’rspect primitif du terrain a été considérablement changé par le sable qu’on a enlevé; mais il parait avoir formé une éléélévation sabloneuse légèrement arrondie, avec une légère dépression qui le traverse en ligne diagonale, et les habitations, indiquées par la place des feux, semblent avoir couvert la partie la plus élevée de l’endroit où la plupart des squelettes ont été trouvés. Une partie considérable de cet espace n’a pas encore été fouillée : elle pourra donner d’autres restes. Je vais maintenant décrire les objets trouvés, en commençant par les restes humains. Parmi ceux-ci nous avons principalement trois crânes, un de femme et deux d’hommes, presque parfaitement conservés. Les fragments des autres ne sont pas dans un état qui puisse nous donner beaucoup de renseignements. Voici les dimensions des trois crânes :
(D) (2) (3) Diamètre longitudinal..... 6,75 pouces 7,50 pouces 7,05 pouces, LL pariétal (1)...... 6,25 4 5,75 64 5,50 QU frontal ......... 4,50 66 5,00 64 4,75 « 66 vertical........ … 3,50 66 5,50 6 5,50 6 Arche intermastoïde....... 12,00 < 13,50 4 13,50 « ‘6 occipito-frontal..... 13,75 4 14,40 « 14,50 «
Circonférence horizontale.. 19,25 6‘ 21,00 ‘° 920,75 6
1. Crêne d’une femme âgée.—Il est distinctement pyramidal au vertex: avec les arcades sourcilières proéminentes, le front fuyant, mais convex et l’occiput allongé.
Les os de la face et des joues sont très petits et délicats comparés aux crânes d’hommes. Ce crâne est maintenant duns le musée de la Société d'Histoire Naturelle.