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convenable pour tracer des lignes ou raies, (Fig. 14) Il a été taillé dans un os solide de la jambe de quelque animal, l’extrétrémité la plus large correspondant à la partie poreuse de l’os près de la jointure. On a aussi trouvé d’autres poinçons, ou aiguilles en os, mais de forme plus grossière.
Fig, 13.
9. Objets en pierre.—Plusieurs pierres ovales et aiguisées qui ont pu servir de marteaux et de couteaux, mais elles n’ont reçu aucune forme artificielle. 11 y a aussi plusieurs pierres portant les marques du feu, employées probament pour soutenir les marmites, chauffer l’eau ou cuire le pain. Un morceau de trap, régulièrement oval, long de cinq pouces dans son plus grand diamètre, a évidemment éte travaillé et poli, et peut avoir servi de pilon pour moudre le grain ou encore avoir été mis au feu pour cuire le pain décrit par Cartier. Une autre pierre triangulaire a été perforée par un Saxicave, pendant la 3me période, comme c’est le cas pour plusieurs pierres à chaux près de la montagne de Montrénl; il a peut-être servi de cale pour leur ligne de pêche. On n’a trouvé encore ni pointe de flèche, ni autre arme en pierre, mais j’ai en ma possession une partie de la tête d’une flèche en jaspe verdûtre, trouvé dans mon jardin, à une assez petite distance de l’endroit en question.
10. Objets en fer.—Deux petits morceaux de fer ont été trouvés avec les deux poinçons, près de l’un des foyers, et font probablement partie des reliques. Un de ces morceaux paraît être un petit conteau ou un ciseau à taillant oblique, de trois pouces de large et tel que les sauvages ont pu le fabriquer avec un morceau de fer étranger, obtenu des premiers voyageurs européens, fig. 15. L'autre est un morceau carré de fer uni, peut être faisait-il partie d’un grand couteau.
La valeur historique de ces reliques dépend en grande partie
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de la réponse à la question si elles appartiennent aux aborigènes qui habitaient Hochelaga à l’époque de sa découverte par Cartier, ou si elles doivent se rapporter à une occupation antérieure ou subséquente de l’lle par les Sauvages.
Le 3 Octobre 1535, Jacques Cartier débarquait dans l’Ile de Montréal et visitait un village sauvage qu’il appelle Hochelaga, nom qui paraît désigner le district plutôt que la ville elle-même. En 1540 (1), dans son troisième voyage, dont il ne reste malheureusement qu’une partie, il indique, vraisemblablement à la même place, un village qu’il appelle Tutonaguy ; et comme il avait appris en même temps à donner le nom d’Hochelaga à une étendue de pays, il est probable que c’est le même endroit appelé précédemment Hochelaga. En 1603 (2) Champlain laisse voir que Hochelaga avait disparu, ou n’existait plus. Il n’en est plus question jusqu’en 1642, époque de la fondation de Montréal par les Français sous le Sieur Maisonneuve (3). A cette occasion les relations des Jésuites nous donnent des détails très-intéressants sur le sort d’Hochelaga (1642 ch. 9). Ils nous apprennent qu’alors il ne restait plus d’autres traces de l’Hochelaga de Cartier qu’un nom donné à l’Ile par les sauvages, indiquant qu’elle avait été le site d’un village ou d’un fort. De plus deux sauvages âgés, qui accompagnaient quelques-uns des nouveaux colons au sommet de la montagne, affirmèrent qu’ils étaient les descendants des anciens habitants ; que leur tribu avait jadis habité tout le pays environnant, même le sud du fleuve et possédait plusieurs village populeux ! les Hurons qui étaient leurs ennemis les en avaient chassés, et quelques-uns d’entre eux s’étaient réfugiés chez les Abénaquis, d’autres chez les froquois, d’autres chez les Hurons même. Un de ces Sauvages ajouta que son grand-père avait cultivé la place même où ils étaient, et s’étendit sur l’excellence du sol et du climat pour la culture du blé d’Inde ; mais les Iroquois étaient trop redoutables pour leur permettre d’occuper l’île de nouveau. Les
(1) M. Dawson a suivi la traduction du 3me voyage de Cartier, publiée par la Société Historique de Québec. Mais c'est en 1641 que ce voyage a eu lieu, [Red. J. I. P.]
(2) La relation du voyage de Champlain en 1603, est extrêmement rare, Il n’y en a peut-être en Canada qu’une copie, qui appartient à M. l’abbé Verreau, [Red.]
(3) M. de Maisonneuve, comme on sait, avait été nommé gouverneur par la Société du Montréal, [Red.]
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missionnaires remarquent de plus que ce peuple, autrefois sédentaire et cultivateur était devenu errant par suite des dangers auxquels il était exposé, fait très important, comme nous le verrons plus loin. Un de ces hommes dont nous parlons s’appelait Atcheast, et d’autres détails montrent qu’il faisait partie d’une troupe que les missionnaires regardaient comme parlant l’Algonquin.
Fig. 14.
Les Français les invitèrent à revemir dans l’île de Montréal et leur promirent de les protéger contre les Iroquois, mais ils ne paraissent pas avoir surmonté leurs craintes jusqu’à ia conclusion de la paix en 1646. Alors un certain nombre de familles, et parmi elles, dit-on, quelques descendants des anciens habitants fermèrent un établissement qui ne paraît avoir existé que peu de temps, parce que la crainte des [roquois s’empara encore d’eux. Cependant quelques-uns demeurèrent assez longtemps pour semer du blé d'Inde. A l’époque où nous sommes, nous voyons donc établi ce fait important, que ceux qui se regardaient comme les habitants primitifs de Montréal étaient de la langue Algonquine et que le nom de leur tribu était Ononchataranons, (1) ou Iroquet. Leur chef était alors Taouichkaron. C’est la deuxième mention historique que Je trouve de ce peuple, il semble se disperser, ou disparaître de Montréal au commencement de la guerre avec les Iroquois l’année suivante. De ce qui précéde, il résulte que si,
(1) Ononchataronon était le n9m donné à cette tribu algonquine par les Hurons qui terminaient en ronon les noms de peuple ; on l’appelait encore l’Zroquet d’un de ses chefs, [Red.]
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comme la chose paraît certaine, les restes qui viennent d’être trouvés indiquent l’emplacemeut d’un ancien village sauvage, ils doivent avoir appartenu ou à l’Hochelaga de Cartier, ou au dernier établissement de 1646, à moins toute fois que ce dernier n’ait occupé précisément ia même position que le premier : dans ce cas il serait difficile de distinguer les restes de l’un de ceux de l’autre. Quant à la seconde et à la troisième alternative, il semble qu’après Poccupation de lîle par les Français et à une époque où les missionnaires travaillaient avec succès parmi ces nations, le terrain occupé par leur village devrait présenter plus de traces de leur commerce avec les européens qu’on n’en rencontre dans l’endroit en question. Avec la crainte qu’ils avaient des Iroquois, ils £e seraient probablement établis aussi près que possible de leurs alliés dont les habitations étaient sur le bord de la rivière, Deplus, il paraît impossible qu’une aussi grande quantité de fragments de poterie et d’autres restes fût le résultat du séjour de quelques familles pendant une année seulement. Ils indiquent plutôt un lieu habité pendant longtemps. Ces raisons m’engagent à regarder comme l’alternative la plus probable, que le lieu en question est le site du village primitif visité par Cartier en 1535, à moins que nous tronvions dans son récit quelque raison qui nous fasse rejeter cette conclusion.
Afin que le lecteur puisse juger par lui-même, je cite ici la narration même de cet ancien voyageur si attentif, que je reproduis de l’excellente traduction anglaise de Hakluyt avec quelques changements suggérés par le professeur Darey du Collége McGill qui a eu la complaisance de comparer le français donné par la Société Littéraire et Historique de Québec. Entre ces deux textes il y a de nombreuses différences qui proviennent sans doute en partie de ce que la traduction d’Hackluyt a été faite sur les anciennes éditions, perdues maintenant ; mais quelques-uns sont bien évidemment des erreurs de la traduction. L’extrait suivant se rapporte au jour qui suivit l’arrivée de Cartier dans l’ile de Montréal, où il débarqua, pense-t-on au pied du Courant. (1) “ Le len-
(1) Au lieu de retraduire en français le passage d’Hackluyt cité par le Principal Dawson, nous avons cru qu'il valait mieux donner le texte de Cartier tel que publié par la Société Littéraire et Historique de Québec. Nous ferons observer que ce texte, copié à la bibliothèque impériale de Paris, sur un manuscrit qui paraît dater du milieu du 16e siècle, diffère encore en quelques endroits de la traduction de Hackluyt corrigée par-le Principal Dawson et de la traduction de Ramusio qui est en général faite avec beaucoup de soin. Nous indiquons en note
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demain au plus matin, le capitaine s’accoustra, et fit mettre ses gens en ordre pour aller voir la ville et demeurance du dit peuple, et une montagne qui est jacente à la dite ville, où allèrent avec le dit Capitaine les (1) gentils-hommes, et vingt mariniers, et laissa le parsus pour la garde des barques, et prit trois hommes de la dite ville Hochelaga pour les mener et conduire au dit lieu. Et nous estant enchemin, le trouvasmes aussi battu (2) qu’il soit possible de voir, en la plus belle terre et meilleure plaine (3) des
chênes aussi beaux qu’il y en ait en forêt de France, sous lesquels estoit toute ia terre couverte de glands, Et nous ayant fait environ une lieue et demie (4) trouvasmes sur le chemin l’un des principaux Seigneurs de la dite ville Hochelaga, avec plusieurs personnes, lequel nous fist signe qu’il se fallait reposer au dit lieu près
un feu qu’ils avoient fait au dit chemin. (5) Et lors commença le dit Seigneur à faire ‘1 sermon et preschement, comme cidevart est dit être leur coutume de faire joye et connaissance, en faisant celui Seigneur chère au dit Capitaine et sa compagnie ; lequel Capitaine lui donna une couple «te haches et une couple de couteaux, avec une Croix et remenbrance du Crucifix qu’il lui fist baiser, et lui pendit au col; de quoi il
rendit grâce au dit Capitaine. Ce fait, marchasmes plus outre, et environ demie lieuë de [à commençames à trouver les terres labourées, et belles grandes campagnes pleines de blé de leurs terres, qui est comme mil de Brésil, aussi gros ou plus, duquel ils vivent, ainsi que nous faisons du froment. Et au parmi d’icelles campagnes, est située et assise la dite ville de Hochelaga, près et joignante une montagne qui est à l’entour d’icelle, bien labourée
et fort fertile (6) ; de dessus laquelle on voit fort loin. Nous nom-
les différences qui nous semblent les plus importantes, M. Faribauit paraît douter si le manuscrit français est original ou si ce n'est pas une retradr:tion. [Red]
(2) La traduction de Hackluyt dit cing. [Red.] (3) Fréquenté (Hac : et Ramusio). [Red.]
(4) Le mot n’est pas dans Hackluyt: il jeut cependant avoir quelque importance dans la question présente. [Red.]
(5) 4 ou 5 milles, (Hac:) [Red.] (6) Ce que nous fîmes (Hac: et Ram). [Red.]
(7) Littéralement qui l'entoure, bie:. cultivée et très fertile. (Note de l’auteur) ; la traduction de Ramusio dit : ‘ con una montagna cultivata tutta a torno et molto fertile, sopra !a qual si vede molto lontano.”’ Ce qui voudrait dire cultivée tout autour. [Red]
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masmes icelle montagne le Mont Royal. La dite ville est toute ronde, et close de bois à trois rangs, en façon d’une pyramide croisée par le haut, ayant la rangée du parmi en façon de ligne perpendiculaire, puis rangée de bois couchéz de long, bien oints et cousus à leur mode, et est de la hauteur d’environ deux lances. (1) Et n’y a en icelle ville qu’une porte et entrée, qui ferme à barres, sur laquelle et en plusieurs endroits de la dite clôture y a manière de galeries et échelles à y monter, lesquelles sont garnies de roches et cailloux pour la garde et défense d’icelle. Il y a dans icelle ville environ (2) cinquante maisons, longues d’environ cinquante pas au plus chacune, et douze ou quinze pas de large, toutes faites de bois, couvertes et garnies de grandes écorces et pelures des dits bois, aussi larges que tables, bien cousues artificiellement selon leur mode ; et par dedans icelles, y a plusieurs aires et chambres ; et au milieu d’icelles maisons y a une grande salle par terre, où font leur feu et vivent en communauté, puis se retirent en leurs dites chambres les hommes avec leurs femmes et enfans. Et pareillement ont gréniers (3) au haut de leurs maisons, où metten. eur blé, duquel ils font leur pain qu’ils appellent C'araconi, et le font en la manière ci-après. Ils ont des piles de bois, comme à piler chanvre, et battent avec pilons de bois le dit blé en poudre, puis l’amassent er pâte, et en font des tourteaux qu’ils mettent sur une pierre (4), puis le couvrent de cailloux chauds, et ainsi cuisent leur pain en lieu de four. lis font pareillement force potages du dit blé, et de fêves et pois, desquels ils ont assez ; et aussi de gros comcombres (5) et autres fruits. Ils ont aussi de grands vaisseaux comme tonnes en leurs maisons, où ils mettent leur poisson, savoir: anguilles (6), et autres qui sèchent à la fumée (7) durant l’été, et en vivent en hiver, et de ce font un grand amas, comme avons vu par expérience. Tout
(1) La gravure de Ramusioindiquerait une hauteur d'environ 16 pieds. (4 q [Auteur.]
(2) Au plus, (Hackluyt). [Red.] (3) Ceci s’accorde bion avec la description de Champlain, [Red.]
(4) Large pierre chaude, (Hackluyt et Ramusio). [Red.] (5) Cosi melloni assui et cocomeri grandi, (Ramusio). [Red.]
(6) Ni Ramusio, ni Hackluyt ne mettent ce mot. [Red.]
(7) Au soleil, (Ramusio). [Red.]
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leur vivre est sans aucun goût de sel, :t couchent sur écuorces de bois étendues sur la terre, avec méchantes (1) couvertures de peaux, de quoi font leurs vêtements, savoir: Loirs (2}, Bièvres (3), Martres, Renards, Chats-sauvages, Daims, Cerfs, et autres sauvagines ; mais la plus grand part d’eux sont quasi tout nuds (4).
La plus précieuse chose qu’ils aient en ce monde, est £surgni (5), lequel est blanc (6),et le prennent au dit fleuve en cornibots en la manière qui en suit. Quand un homme a desservi la mort, ou qu’ils ont pris aucun ennemi à la guerre, ils le tuent, puis l’incisent (7) sur les fesses et cuisses, et par les jambes, bras et épaules à grandes tailledes ; puis ès lieux où est le dit Æsurgni avalent le dit corps au fond de l’eau, et le laissent dix ou douze heures, puis le retirent à mont, et trouvent dedans les dites taillades et incisions les dits cornibots, desquels ils font des patenostres, et de ce usent comme nous faisons d’or et d’argent, et le tiennent la plus précieise chose du monde. Ia la vertu d’étarcher le sang des nazilles : car nous l’avons expérimenté. Ce dit peuple ne s’adonne qu’à labourage et pêcherie pour vivre ; car des biens de ce monde ne font compte, parce qu’ils n’en ont connaissance, et qu’ils ne bougent de leur pays, et ne sont ambulatoires comme ceux du Canada et Saguenay, nonobstant que les dits canadiens leur soient sujets avec huit ou neuf autres peuples sur le dit fleuve.
(1) Ce mot n’est pas dans Hackluyt. [Red,] (2) Rat musqué, (Auteur)
(3) Nom ancien du castor, [Red.]
(4) Cette dernière phrase manque dans Ramusio. [Red.]
(5) Ce mot semble avoir embarrassé les traducteurs. C’est probablement le nom local de quelque coquille qui devait ressembler à celles employées par les sauvages pour leur porcelaine. J'oserai suggérer qu’il est formé de cornet, nom empioyé par les anciens écrivains français pour désigner des coquilles du genre volute, et qui est un terme technique en conchyliologie. Dans ce cas, il est probable que l’Esurgny était fait avec les coquilles de quelques-unes de nos espèces de Melanie ou Paludine, comme les sauvages du bord de la mer employaient pour leur rasade et leurs ornements les coquilles du Purpura lapillus et du Dentalium. Il est aussi possible que Uartier ait mal compris la manière de se procurer ces coquilles, et sa narration se rapporte à quelque pratique de la faire chercher par les criminels ct les prisqnniers dans les parties les plus profondes du fleuve, (Aut.).
(6) Comme neige, (Ramusio). [Red ] (7) Avec certains couteaax, (Hack.). [Red.]
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s, bras dessus le corps où ils pouvaien: toucher, pleurans de joie de nous urgni voir, nous faisans la meilleure chère qu’il leur estoit possible, en douze nous faisaus signes qu’il nous plut toucher leurs dits enfants. Après s tail- ces choses faites, les homines firent retirer les femmes, et s’assirent pate- sur la terre à l’entour de nous, comme «i eussions voulu jouer un
,et le mystère (1j. Et tout incontiueut reviurent plusieurs femmes qui ’étan- apportèrent chacune une natte quarrée, en façon de tapisserie, et les Ce dit étendirent sur la terre au malien de la dite place, et nous firent met- >; car tre sur icelles. Après lesquelles choses ainsi faites, fut apporté par it con- neuf ou dix homwes le Roy et Seigneur du dit païs, qu’ils appelnbula- lent en leur langue Agouhanna, lequel estoit assis sur une grande ue les peau de cerf, et le vinrent poser dans la dite place sur les dites euples nattes près du Capitaine, en faisant signe que c’estoit leur Seigneur. Celui Agouhanna étoit de l’âge d’environ cinquante aus, et n’estoit
NE mieux acvcoutré que les autres, fors qu’il avait à l’entour de la teste une manière de lisière rouge pour sa couronne, faite de poil d’hé-
rissons (2), et estoit celui Seigneur tout perclus et malade de ses
membres, Après qu’il eût fait sun signe de salut au dit Capitaine et à ses gens, en leur faisant signes évidens qu’ils fussent les bienvenus, il montra ses bras et jambes au dit Capitaine, le priant les vouloir toucher, comme s’il lui eût demandé guérison de sa santé (3). Et lors le Capitaine comment : à lui frotter les bras et jambes
avec les mains, et prit le dit Agouhanna la lizière et couronne qu’il fe avoit sur sa tête, et la donna au dit Capitaine ; et tout incontinent Melanie furant amenés au dit Capitaine plusieurs malades, comme aveugles,
UE borgnes, boîteux, impotents, et gens si très vieux que les paupières
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ggérer ns fran-
1anière ER ne que prA* (1) Quelque comédie ou quelque mystère, (Ramusio et Hackluyt). ans les ed.) à
(2) Pores-épics. [Aut.]
(3) Cette dernière phrase ne se trouve ni dans Hackluyt, ni dans
Ramusio, (Red.) à F| TRE Le DRE . ns
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des yeux leur pendaient sur les joues, et LL ‘voient et couchoient prés du dit Capitaine pour Les toucher: telle. ‘qu’il semblait que Dieu fut là descendu pour les guérir.
Le dit Capitaine voyant la pitié et foy de ce dit penple, dit l’Evanvile St, Jean, sçavoir : l’/n principio, faisant le signe de la Croix sur les pauvres malades, priant Dieu qu’il leur donnât connaissance de notre saincte VWoy,et de la Passion de Notre Sauveur (1) et grâce de recouvrer chrétienté et baptesme. Puis print le dit Capitaine une paire d'heures, et tout hautement lut mot à mot la Passion de Notre-Seigneur, si que tous les assistans la purent ouir, où tout ce pauvre peuple fit un grand silence, et furent merveilleusement bien entendibles, regardans le ciel et faisans pareilles cérémonies qu'ils nous voyoient faire. Après laquelle fit le dit Capituine ranger tous les hommes d’un côté, les femmes d’un autre, et les enfans d’autre, et donna ès principaux et autres, des couteaux et des hachots, et aux femmes des patenotres, et autres menues choses, puis jetta parmi la place et entre les dits enfans des petites bagues et Agnus Dei, d’étain, de quoy menèrent une merveilleuse joie. Ce fait, le Capitaine commanda le sonner les trompettes et autres instruments de musique de quoy le dit peuple fut fort réjoui. Après lesquelles choses, nous prismes congé d'eux, et nous retirasmes. Voyant ce, les femmes se mirent audevant de nous pour nous arrêter, et nous apportèrent de leurs vivres lesquels ils nous avaient apprestés, savoir: poisson, potages, fèves, pain (?) et autres choses pour nous cuider faire repaistre et diner au dit lieu. Et pour ce que les dits vivres n’estoient à nostre gout, et qu’il n°y avoit gout de sel, les remerciasmes, leur faisant signe que nous n’avions besoin de repaistre.
Après que nous fusmes sortis de la dite ville, fusmes conduits par plusieurs hommes et femmes d’icelle sur la montagne devant dite, qui est par nous nommée Mont-Royal, distante du dit lieu d’un quart de lieue (2; ; et nous, estant sur la dite montagne eusmes vue et connaissance de plus de trente lieues à l’environ d’icelle, dont il y à vers le Nord une rangée de montagues, qui sont Est et Ouest visantes, et autant vers le Su; entre lesquelles montagnes est la
en Ces mots ne se trouvent ni dans Ramusio, ni dans Hackluyt. (Red.)
(2) Ce mot n'est ni dans Ramusio, ni dans Hackluyt. (Red.) (Ramusio.) (Red.)
(3) D'un peu moins d'un mille,
choient oit que
l'Evanla Croix LisSAICE ir (Det lit Capila Pasouiïr, où eilleuseles céréit Capiautre, et couteaux s menues es petites veilleuse pettes et ort réjoui.
15 retiraspour nous as avaient res choses Jur ce que out de sel.
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nduits par evaut dite,
lieu d’un usmes vue Île, dont il st et Ouest nes est la
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terre la plu belle qu’il soit possible de voir, labourable, unie et plaine : et par le milieu des dites terres, voyons le dit fleuve outre le lieu où estoient demeurées nos barques, où il y a un saut d’eau le plus impétueux qu’il soit possible de voir, lequel ne nous fut possible de passer (1) ; et voyions le dit fleuve tant que l’on pouvait regarder grand, large, et spacieux, qui allait an Sn-Onest, et passoit par auprès de trois belles montagnes rondes que nons voyions et estimions qu’elles estoient à environ quinze lieues de nous; et nous fut dit et montré par signes par les trois hommes (2) qui nous avoient conduit qu’il ÿ avoit trois itieux Sauts d’eau au dit fleuve, comme celui où estoient nos dites barques ; mais (3) nous ne pusmes entendre quelle distance il y avait entre l’un et l’autre, Puis nous montraient que les dits sauts passés, l’on pouvait naviguer plus de trois lunes par le dit fleuve. (4) Et là dessus me souvient, que Donnacona Seigneur des Canadiens nous a dit, queiquefois avoir esté à une autre terre, où ils sont une lune à aller avec leurs barques depuis Canada jusqu’à la dite terre, en laquelle 1i croit force Canelie et Girofle. [ls appellent la dite Canelle Adotathui, le Girofle C'anonotka. Et outre nous monstroient, que le long des dites montagnes estant vers le Nord, il y a une grande rivière qui descend de l’occident comme le dit fleuve. Nous estimons que c’est la 1 .ière qui passe par le Royaume et Province du Saguenay ; et saus que leur fissions aucune demande et signe, prisrent la chaisne du sifHlet du Capitaine qui est d’argent, et un manche de poignard qui estait de laiton jaune comme or, lequel estoit au côté de nos mariniers et montroient que cela venait d’amont le dit fleuve, et qu’il y avait des Agojudas (5) : qui est à dire mauvaises gens, qui estoient armés lusques sur les doigts, nous montrant la façon de leurs armures, qui sont de cordes, de bois lacés et tissus ensemble : nous donnans à entendre, que les dits Agojudas menoient la guerre continuelle les uns ès autres ; mais par défaut de langve, ne pusmes avoir connaissance combien il y avait jusques au «it pays. Le dit Capitaine (1) Cette dernière phrase manque dans Ramusio. (Red.)
(2) Ces mots ne se trouvent ni dans Ramusio ni dans Hacklurt, (Red.)
(3) Comine nous ne comprenions pas leur Jangue. (Ramusio). (Reu.)
(4) Tout ce qui suit jusqu'aux mots : ‘et outre‘? manque également dans Ramusio et dans Hackluyt. (Red.)
(5) Agouronda, (Ramusio). (Reü.)
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leur montra du cuivre rouge, qu’ils appellent Caquedaze (1), leur montrant vers le dit lieu, et demandant par signe s’il venoit de la. Ils commencèrent à secouer la teste, disant que non et montrant qu’il venait du Saguenay, qui est au contraire du précédent. Après lesquelles choses ainsy vues et entendues nous retirasmes à nos barques, qui ne fut sans avoir conduite de grand nombre du dit peuple, dont partie d’eux quand venoient nos gens las, les chargeoient sur eux comme sur chevaux, et les portaient.??
À, porte; B, carré; C, maison du chef ; D, palissade de défense.
L'édition originale des voyages de Cartier parait avoir été illustrée de cartes ou de plans; il en existe une représentant Hochelaga dans la traduction italienne de Ramusio (2) publiée à Vénise en 1560. C’est une espèce de vue idéale à vol d’oiseau faite ou sur les lieux ou d’après souvenir. Une copie réduite des
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(1) Caignetudze, 2e voyage ; aignalaze, 1er voyage. (Ramusio). (Red.)
(2) C'est à M. l'Abbé Verreau, Principal de l'Ecole Normale Jac- CRE que je dois d’avoir pu consulter cet ouvrage. (Aut.)
(1), leur bit de la.
ontrant . Aprés es à nos dit peurgeoient
défense.
avoir été présentant publiée à )] d’oiseau éduite des
sio). (Red.)
ormale Jac- Aut.)
parties lés plus importantes est donnée fig. 16. Elle montre la construction de ces palissades de bois, la forme et l’arrangement des maisons et ella donne une idée grossière de l’aspect des environs. Elle nous permet de comprendre les dimensions que Cartier donne aux habitations : ces dimensions évidemment ne se rapportent pas à des demeures particulières qui sont carrées, mais à une suite de quatre ou cinq maisons. De plus elle donne environ 120 verges pour le diamètre de l’enceinte circulaire, et environ 30 verges pour chacun des côtés du carré placé au centre. Elle montre encore que le village était situé près de la base de la montagne, (laquelle ne paraît pas cependant, parceque le point de vue était pris du sud), qu’il ÿ avait nn petit ruisseau à l’ouest et probablement un autre à une grande distance vers l’est.
Comparint la description de Cartier avec les détails posterieurs des Jésuites nous pouvons, je pense, arriver aux concinsions suivantes sur l’emplacement d’Hochelaga. Cet emplacement était non seulement éloigné de 4 ou 5 milles de la place où Cartier débarqua au pied du courant; mais encore à quelque distance du fleuve, au pied de la montagne, sur une terrasse sabloneuse qui est plus propre que toute autre partie de l’ile à la venue du chêne et la culturz du blé-d’inde telle que les Sauvages la faisaient. 1! était situé à un quart de lieue du sommet de la montagne, à l’est d’un petit ruissean qui en lescendait et en face d’un autre ruisseau semblable qui conlait au nord-ouest, et comprenait dans un diamètre d’environ 120 verges un amas assez dense de cabanes, Toutes ces indications correspondent à l’endroit en question, et si le village fut détruit avant 1603 et toutes les constructions de bois consumées par le feu, il ne devait en rester aucune trace en 1642, et le sol était probablement à cette époque couvert d’arbustes et de jeunes arbres. Mais la tradition des sauvages pouvait avoir conservé le souvenir de l’endroit, etsi, comme il n’y a aucun motif d’en douter, l’endroit mentionné dans la relation des Jésuites était le front de l’escarpement de la montagne, leurs compagnons auraient eu tout à leurs pieds l’ancienne résidence de leurs pères, et leur remarque sur le climat et la position auraient été exactes et nécessairement dictées par le spectacle qu’ils avaient sous les Yeux. Je ne prétends pas que cette preuve soit certainement assez évidente pour identifier le site ; mais si nous considérons en même temps les restes que nous venons de trouver, nous sommes suffisamment autorisés à croire que c’est là emplacement le plus probable d’Hochelaga, jusqu’à ce qu’on donne des preuves plus certaines en faveur d’un autre endroit.
0e La seule objection de quelque poids qui se présente à ion esprit en ce moment, c’est le petit nombre de cadavres trouvés. Si cetie place avait été habitée pendani longtemps et si le peuple a êté dans l’usage d’ensevelir ses morts près de leurs demeures, nous pouvons espérer trouver un cimetière plus vaste. Mais nous ne savons pas combien de temps Hochelaga a existé an temps de Cartier, et les exCavations qui ont été faites ne sont pas suflisantes pour constater le nombre de tombes. De pius ce peuple avait peut-être la contume, attribuée par Charlevoix à d’autres tribus, de déterrer ses Ë morts tous les 8 où 10 ans et d’aller, après une fête solennelle en leur honneur, les ensevelir dans un même endroit, souvent assez éloigné du village. On doit aussi observer que ces corps ont été ensevelis suivant l’usage primitif des sauvages, et l’état où ils sont indique une antiquité plus que suflisante pour qu’on les puisse supposer enterrés à une époque aussi reculée que celle du voyage de Cartier.
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E, plan d'une maison ; «, entrée et place du feu : l', section d'une partie de la palissade, Je ne puis terminer cet article sans exposer sur les annales prehistoriques de Montréal quelques conclusions qui découlent des faits 1 établis plus hant.
I. Les aborigènes de Montréal étaient de race algonquine (1).
Cartier indique évidemment comme identiques les langues parlées à Stadacornié où Québec et à Hochelaga. Plusieurs mots qu’il
(1) On les a regardé généralement comme iroquois ou Hurons, sans aucune autre raison apparente que leur vie sédentaire et agricole, [ Aut.] Pour des raisons que nous n’avons ni le temps, ni l’espace dé développer, nous doutons encore contre l'opinion du savant auteur, que les sauvages dont il est question fussent Algonquins. [Red.]
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IT. Au temps de Cartier, les habitants de Montréal et de ses environs fuyaient devant les Iroquois et les Hurons, et peu de temps après ils perdaient finalement la possession de l’ile de Montréal. Le récit des deux Indiens en 1642 suppose qu’à une époque plus ancienne les Algonquins s’étaient étendus au loin dans le sud et l’ouest de Montréal. Cette trauition ressemble beaucoup à celle des Delawares, dont les ancêtres, alliés aux lroquois, (quoique ceux-ci plus tard eussent eû des démélè: avec les Delawares comme avec les Hurons,) auraient chassé devant eux les Aliigewe, peuple qui habitait comme les Algonquins des villages entourés de remparts de bois. Ces deux histoires marchent absolument de pair, si elles ne font pas partie d’un «le ces grands mouvements de population. Nous apprenons de plus des missionnaires Jésuites qu’üne partie des Algonquins chassés fut absorbée par les Hurons et les [roquois, fait important pour ceux qui étudient les traits physiques et sociaux de chacune de ces races.
III. Le déplacement des Algonquins tendait à les réduire à un degré plus bas de barbarie. Cartier regarde évidemment le peuple d’Hochelaga comme plus stationnaire et plus agricole que ceux placés pius à l’est, et il est naturel qu’un peuple demi-civilisé, lorsqu’il ne peut vivre en sécurité et qu’il se trouve poussé sous un climat moins favorable, devienne plus grossier, et plus errant, comme nous apprenons par les Jésuites que tel x été le cas pour les descendants de ces peuples.
Si Hochelaga avec ses champs bien cultivés, avec sa population stationnaire et peu guerrière en apparence, était seulement
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un reste d’une multitude de villages semblables autrefois, répandus sur la grande plaine du Bas-Canada, mais détruits bien avant la colonisation du pays par les Français, nous aurions actuellement ici un exemple historique de ces déplacements de tribus sédentaires et pacifiques, déplacements qui paraissent s’être opérés d’une manière si étendue en Amérique. Nos Alzonquins primitifs ‘e Montréal pourraient donc prétendre descendre de ces races demi-civilisées, ont les restes répandus dans les différentes parties de !’Arnérique du nord, ont excité tant de recherches. Si Cartier était : rrivé quelques années plus tard, il n’aurait pas trouvé d’Hochelaga. Fût-il arrivé un siècle plus tôt, il aurait vu plusieurs villages semblables sur une contrée occupée dans son temps par des races hostiles.
Ces réflexions ne sont pas de simples spéculations, elles ouvrent la voie à des recherches utiles. Jusqu’à quel point la civilisation des Iroquois et des Hurons était-elle empruntée à ces races qu’ils déplacèrent ? Quelle est actuellement la différence de ces restes trouvés à Montréal et ceux des Hurons dans le Haut- Canada ? Y a-t-il quelques restes de villages dans le Bas-Canada,
qui puisse confirmer le récit de ces deux anciens sinvages en
A ces questions, je n’ai pas l’intention de répondre ; je me contente de diriger mon attention vers ces restes récemment ‘lécouverts près de ma demeure, et qui seront, je l’espère, recueillis et conservés avec tout le soin que demande leur importance comme :ouvenirs historiques. C’est dans la persuasion que j’ai de leur importance, dans le désir de préserver de l’oubli les dernières reliques d’une tribu éteinte, que je chercherai l’excuse de m'être occupé d’un sujet qui ne se rapporte pas directement à mes études ordinaires, mais qui est, comine recherche éthnologique, du ressort de ce journal.
Nors.—Pour ce qui regarde les gros concombres et les fèves dont parle Cartier, on peut remarquer que suivant l’opinion de fen le Dr. Harris et du Professeur Gray, qui tous deux se sont occupés de ce sujet, les aborigènes de l’Est de l'Amérique possédaient et cultivuient certainement la citrouille commune et quelques espèces de courges et probablement deux sortes de fèves, quoique ces plantes ne soient pas indigènes au nord du Mexique. Leur culture, comme celle du blé doit avoir passé des pays du sud à ceux du nord. [Auteur.]
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