DOCUMENTS DIPLOMATIQUES
Mémoire sur VaUiance entre le rm George • et V empereur Napoléon (1).
Deux grands principes Constituent le caractère es#sentiel de la race germanique ; à chaque période de son histoire et pendant un espace de mille ans oh les retrouve vivants et actifs; ce sont :
1** Le principe de l'autonomie des races;
2"* Le principe de la liberté.
Tandis que le monde latin incline à la centralisation, comme par exemple en France Tassentiment populaire a secondé les gouvernements dans leurs
(1) Ce mémoire a été rédigé en français par une plume allemand e ; nous n'y changeons pas Hfi mot»
efforts pour créer im pouvoir eiîcentré et pour absorber dans rÉtat TensemUe desr forces nationales, les instincts invinciblement autonomiques des peuples allemands luttèrent avec énergie contre les empereurs ^aspirant à la centraKsation, et Ton vit les peuples toujours rangés du côté des princes allemands, parce les princes allemands représentaient l'indépendance des races.
Si f'ancienne Confédération germanique n'a pas été fort populaire, si elle st plus d^uae fois provoqué de la part du peuple allemand des plaintes sérieuses, on ne saurait en accuser le principe sur lequel elle était assise. Les torts de la Confédération se résultent ainsi :
1** Elle représentait un trap grand nombre de trop petites monarchies groupées artificiellement et dont la division était contraire aux traditions alletméndes.
a*" Elle se fit à- plusieurs reprises Torgané de doctriftes et l'instrument d'actes ultra-réactionnaires.
8** Elle ne sut pas prendre un intérêt actif aux institutions de^ commerce et d'échange que la nation allemande réclamait énergiquement.
La situation créée par les événements de 1866 est la négation des deux grande principes de la vie natio- ■ nale allemande, à savoir : Tautonomie des races et la liberté.
Cette situatiwi conduira tôt ou tard à une révo-
lution iotérieure ea Allemagne ou à une grande guerre européenne. • . • .
Si la révolution éclate, ges efforts seront terribles pourl'Europe, parce que, se compliquant de questions * sociales^ elle sera la solution impitoyable de tous les problèmes qui agitent notre époque. On verra se lever . de concert avec le même cri, dan§ une coalition désespérée, et les démocraies politiques, et les classes ouvrières, dont le militarisme aggrave la misère, et4es classes aristocratiques, partisans «des souverains aflcmand& dépossédés. •
dette, révoliïtion qui se f;^t déjà pressentir ne pmt être conjurée que paf une grande et immédiate guerre européenne.
La parole de la guerre devra être : « Alliance entre . la nation française et la nation allemande. »
Les patriotes allen^ands stfpposent pour condition de cette alliance, que la France* prenne L'engag ement ^ de ne, pas vouloir entrer en Allemagne en* puissance conquérante, mais dans le dessein déclaré de délivrer TAllemagne et de la remettre en possession de son droit • naturel et historique.
Cette déclaration devra être explicite et formelle; elle devra précéder Touverture des hostilités; on vit dans cette attente «n Allemagne, parce qu'on sait la France assez éclairée pour comprendre flue, marchant
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à la tête des peuples de l'Europe, elle n'a rien à gagner à racq'iisition de quelques milles carrés, qu elle a, an contraire, beaucoup à perdre en se faisant de l'Allemagne une ennemie tcharnée et perpétuelle par la violation du territoire germanique.
Voyons ce qui, dans oe sens, a déjà été fait ou est en^voie de se faire.
Au point de vue moral, la France peut compter sur des éléments qui ont existé de tout temps, mais dont la virtualité apparente s'est décuplée ^près les événeagents de 1866 :
1"^ Les populations des pays annexés;
2** le parti démocratique.
Les populations des pays annexés sont pour ainsi dire l'âme du mouvement anti-prussien qui se développe et s'accroît depuis un an. Le centre de ce mouvement est le royaume de Hanovre, composé exclusivement de Bas-Saxons.
Le peuple hanovrien a déposé ua éloquent témoignage dans une adresse couverte de 850,000 signatures.
L'original de cette adresse aux grandes puissances se trouve à Paris, une copie est jointe au pli. Aussitôt que Sa Majesté l'Empereur Napoléon III daignera la recevoir, elle sera remise entre ses augustes mains
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aîosi qu'une lettre dont une copie se trouve également jointe au pli. . • '
On dpit se convaincre que jamais une pareille adresse est présentée par un peuple alIeiAand à un souverain d^a France et encore par un peuple qui était autrefois au premier rang dans les combats contre la France.
Sa Majesté le roi de Hanovre est fermement résolue de n'abandonner ni ses droits, ni les devoirs qu'il a à remplir envers son peuple.
Non seulement il a dans sa main le cœur de ses sujets, mais il dispose des services directs d'un grand nombre d'officiers intelligents, résolus et courageux qui n'ont jamais pris du service prussien, mais qui sont restés liés au roi par leur ancien serment de drapeau.
Tout le Hanovre est organisé pour un soulèvement. Il existe un comité occulte dont les ramifications éteadues dans tout le pays assurent au rdî la plus grande facilité de mettre en exécution, sans délai, tout ordre émané de lui.
A la tête de ce gouvernement national est placé un personnage d'une intelligence et d'une ^valeur éprouvée, il est assisté d'un pouvoir exécutif composé de jeunes hommes déterminés.
Chaque province a son chef dirigeant; suivant le système prussien établi pour la Landwehr, le pays est
divisé en 10 arrondissements, et à la tête de ces cantons sont placés d'anciens officiers et sous-officiers qui ont pour mission d'enrégimenter clandestinement tout ce qui est valide et en état de porter les armes.
Le gouvernement national a une presse à lui* 11 dispose d'un nombre suffisant d'employés da chemin de fer et du télégraphe pour recevoir les nouvelles qui lui importent et pour détruire au besoin les ligues télégraphiques et les voies de communication.
Le gouvernement national a pris également les mesures nécessaires, pour être informé de ce qui se passe dans les cercles militaires et dans les bureaux de l'administration et de la police.
Voici les résultats obtenus jusqu'ici par le gouvernement national :
1° Il a combattu par sa parole et par sa presse le ' parti annexioniste ;
2° Il a fomenté et soutenu l'agitation patriotique aux époques d'élections soit pour le parlement, soit pour les conseils municipaux et communaux;
3° Il a formé une coalition entre le parti des cléricaux, le parti des Ritterschaften (seigneurs fonciers) et le parti démocratique qui milite pour une consiitution fédérative de T Allemagne;
4** II a fait accepter l'idée dé Tintervention étrangère à rencontre du parti « Libéral-National »;
8"* Il a fait pénétrer dans tous les esprits l'espérance d'un changement prochain et la nécessité pour chacun d'y travailler.
Une Conférence tenue à Bamberg où se sont réunies les notabilités des partis a décidé Torganisatioa des partis et des mesures à prendre pour mettre les chefs en rapport entre eux.
Cette conférence a proclamé pour la réorganisation de TAIlemagne les principes ci-dessous énumérés :
V Constitution fédérativede TAllemagne et autonomie des races ;
2** Garantie des libertés nationales par rétablissement du suffrage universel pour toutes les assemblées représentatives des populations allemandes. ;
Une autre résolution a été votée : celle de déclarer, que les patriotes allemands ne devaient pas seulement ' applaudir à la France aidant TAllemagne à s'affranchir; mais qu'ils devaient, au besoin, solliciter cette coopération, pourvu que la France s'engageât à ne rien prendre ni à rien retenir du territoire allemand.
C'est le roi de Hanovre qui a subvenu aux dépenses nécessitées par le voyage et le séjour à Bamberg de ces chefs de partis.
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Le roi de Hanovre s'est rallié sans réserve aux principes du suffrage unîverseU
Tout cet ensemble de forces organisées s'applique sans trêve à populariser l'idée du concours nêcessaiwt de la France dans toutes les parties de l'Allemagne.
Il faut maintenant» parler, en second lieu, de la manière que l'Allemagne, s'appuyant sur les basea mora/ôs précitées, peut apporter à la France un secours actif et militaire dans une guerre.entre elle et la Prusse;
La population des pays directement annexés par la Prusse rentrent tout d'abord, sous ce rapport, de nouveau en compte. Toutes les préparations sont en premier lieu prises dans le Hanovre et dirigées- tellas. quelles par le roi de Hanovre.
Le Président du comité centra! et occulte, chargé par le roi de la direction des affaires intérieures du pays, a tout préparé. Dans le cas où une conflagration sérieuse, précédantla guerre, édaterait, toute la jeunesse guerrière va quitter le Hanovre enémigrant à l'étraifr ger. Chaque jeune homme soumis au service militaire;. sait d'avance à quel officier il doit s'adresser, à quel endroit il doit se rendre pour y recevoir les frais de route et pour se faire désigner le lieu- vers lequel il doit se dinigen.. «
Si, dans l'éventualité d'une- guerre, la» France acr cepte la coopération du Hanovre et permet la formation
d'une armée hanovrienne sur le territoire français, cette armée peut être facilement créée.
II y a déjà en ce moment en Suisse environ 1 ,500 soldate ayant fait le service militaire, qui sont entièrement à la solde dé' S. M. le roi de Hanovre, placés sous le commandement d'officiers et sous-officiers, formant les cadres des divers régiments.
Il y a de même 3 à 400 hommes en Angleterre distribués dé la même manière.
En Amérique il y a environ 2,000 hommes qui y sont organisés en ce moment par des officiers envoyés ad hoc et qui reviendront directement en Europe sur un simple avis concerté d'avance à transmettre par le câble transatlantique.
Dès que la guerre sera résolue et que la France sera disposée à faire avec le- roi de Hanovre le traité nécessaire, tous ces hommes organisés et divisés en régiments, seront immédiatement placés sur la frontière française pour y recueillir l'émigratioa hanovrienne qui formera ainsi Tarmée.
Le roi se rendra alors en France et adressera à son peuple un appel aux armes. Il déclarera en même temps qu'il a pris les armes pour l'indépendance, l'autonomie et la liberté du peuple allemand en général, qu'il s'est allié à l'empereur des Français au nom du* peuple al-
lemand pour délivrer TAUemagne d'un esclavage contraire à ses instincts, et- qu'il appelle par conséquent tout bon patriote allemand à venir dans les rangs de son armée, combattre avec les Hanovriens leur ennemi QOïùvam.
Il Qzt convenu que les chefs du parti démocratique lanceront en même temps un appel a;u peuple pour rinviter à se soulever. Ils déclareront dans cet appel que l'armée du roi de Hanovre est l'armée allemande, et que celui qui veut bien servir sa patrie doit s'y faire enrôler.
Le roi de Hanovre proclamera dans un manifeste les principes de n89et établira pour le Hanovre le suffrage universel.
Tout ce qui est matériellement nécessaire pour l'armée en voie de formation, est fait. En moins de deux mois 10,000 fusils Chassepot du modèle adopté pour l'armée française, seront fournis, les premiers mille sont déjà livrés; les uniformes sont commencés, les effets d'équipements, les souliers 'etc., ainsi que les armes blanches sont ou déjà faits en partie, ou commandés et seront complètement achevés au plus tard en deux mois.
Tout est fabriqué d'après les modèles français. Les règlements d'exercice, les articles de guerre, les lois organiques de l'armée, actuellement en vigueur en
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France, ont été soigneusement traduits en allemand et seront communiqués aux saus-afficiers, de telle sorte qu'au moment de la déclaration de guerre une armée allemande de 10,000 hommes d'élite serajtoute prête dans le plus bref délai possible pour pouvoir être mise à la disposition de la France.
Cette armée n'crffrira pas, il est vrai, un très grand secours.xnilitaire à la France, mais elle lui donnera par contre un appui moral d'une très grande portée. La présence de cette armée seule empêchera la Prusse de donner à la guerre contre la France la moindre apparence d'une guerre nationale, car il y aura alors, à côté de la France, une armée d'Allemands qui, comme les Hanovriens, ont compté en tout temps parmi les meilleurs patriotes allemands, ayant lutté toujours et partout pour la liberté et l'indépendance de l'Allemagne. L'armée française en tirera en outre le grand avantage lors de son entrée dans les pays allemands, de pouvoir se faire précéder toujours par une avant-garde de troupes allemandes.
Cette avant-garde fera comprendre aux habitants — si toutefois il en est encore besoin — qu'ils auront à recevoir les Français comme des amis et des libérateurs.
Dans la Hesse-Électoraletout est préparé de la même manière que dans le royaume de Hanovre, pour
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provoquer au moment da lagueroeUémigration de ion» Ifes'jennes gens- valide» et da; tous œuK. qui; sont.mé»aantent». L'électeur de Hasee apfpellera également aux. armes et inviterai les Hessoî» à sa. joindpa à llarmâï dU' roi' dfe Hanovre.
Ainsi qu'il résulte de ce qui précède, tous-:les-prépa~ ratifs sont faits pour la formation- dl\ine anmée. hanovrienne composée de soldats^ bien exercés.. Cetta armée- se- joindra à Tarmée française.. Mais on a« euj paiement soin da préparer, pour un moment donna un soulèv^ement général de tout* le peuple^ hanovrien..
• Ce soulèvement peut s'effectuer de trois manières différentes pour soutenir les opérations militaires :*
1" Dans le cas ou Tarméè française entrera' en Allermagne du côté de la Hbllànde, irconviëndl*a d'insurger successivement la population en avant de l'armée française afin que les troupes prussiennes aient à luttfer contre l'ennemi s'a^ançant du côté de Ik frontière et en même temps contre rinsurrecticm- dkns rîhtérieur dû pays même;
2* Quand -les troupes ffançaises' débarqueront* sur lès côtes llanovriènnes de Ik mer du' Nord , il' fâudba' d'abord procurer de bons pilotes et ensuite soulbver Ik population en? arrière dfes IbrcesprussiënnBs; faisant fhDut vers lë^ littoral;
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3** L'armée pnisienne ayant essuyé une défaite sur le Rhin se retirerait par le Hanovre pour prendre position sur TElbe, sa seconde ligne d*opération;
L'armée prussienne poursuivie par lès troupe» vî(>* torieuses françaises aura à subir une guerre de guérillas que les populations insurgées au nord et au sud lui feront subir. Des officiers d'état-major général ont déjà élaboré pour chacune de ces trois éventualités les plans nécessaires. Les lieux de rassemblement pour les insurgés sont désignés; les, chefs ont leurs instructions qui leur permettent d'agir dans un moment donné selon un plan général élaboré avec'soîa ' et assurant une action commune réglée d'avance.
Les armes pour ceux qui se soulèveront sont en parties cachées dans le pays; ce qui manque y sera introduit du dehors au moment donné. La* provision de poudre se trouve en Hollande où le chef de insurrection réside également pour se rendre de là dèins le pays et pour y prendre Ib commandement au moment de l'action . Les préparatifs de Torganisation dii soulèvement' se font en ce moment entre lui et le chef de l'administration civile dh royaume.
Toutes les mesures sont arrêtées pour faire sauter, à la réception d!un. ordre. spécial,, les, magasins de poudre à Hanovre. Les pmts^des^chemiRB da fen sea
ront détruits, les rails enlevés, les fils du télégraphe ooupés. Les Prussiens seront ainsi privés dans le Haï» novre de tout moyen de communication et tout trafic dans le royaume leur sera impossible alors que les magasins seront incendiés.
Rapport au roi de Hanovre sur la situation intérieure • de la France (d).
Paris, le 28 juillet 1859.
*« Sire!
« 'JLa situation est tellement compliquée et les nouvelles en circulation à l'étranger sont si contradictoires , que je crois nécessaire de donner à Votre Mayesté un aperçu détaillé sur l'ensemble de la situation telle qu elle se présente ici.
€ L'Empereur a remporté, dans les affaires intérieures, une grande victoire dans ce moment-ci.
« Il a donné des réformes qui, pour le moment, ne signifient rien pour le pouvoir monarchique. Il a accordé au^ Chambres le droit d'élire leurs présidents, d« voter le budget par paragraphes et l'éligibilité des ministres 43omme députés, ce qui a pour conséquence
(1) Nous reproduisons celte pièce telle qu'elle a été écrite en fronçaU.^r M. de Jttediog, eu 1859.
SÔt
que les miîiistres sont obligés de défendre eux-mêmes devant les Chambres les actes de leur ressort ; tout cela, ce sont des choses qui se trouvent dans presque toutes les constitutions des états de l'Europe» comme le minimun des prérogatives constitutionnelles, et qui existaient également dans la constitution monarchi* ' que et conservatrice du Hanovre sans que ces paragraphes aient porté ombrage au pouvoir royal.
« L'unique et véritable empêchement d'un développement du gouvernement monarchique est un conseil de ministres solidairement responsables, et ce cabi- * net uni et hon\pgène n'a pas été institué, car avec^ lui l'Empereur aurait abdiqué.
« L'Empereur n'a donc rien accordé que ce qu'il voulait et ce qu'il devait donner en prévision de l'avenir de son fils.
« Par contre il a divisé l'opposition. L'extrême gauche est isolée, le centre gauche n'existe plus et la majorité gouvernementale est de nouveau formée. L'impuissance de l'opposition s'est fait voir d'une manière écrasante en ne pouvant pas même tomber d'accord sur une protestation en commun.
« Si l'unité n'existe pas même dans la négation — comment pourrait-on la trouver, lorsqu'il s'agirait de faire une attaque positive contre l'empire ?
« L'assaut a été repoussé et l'Empereur, souè les.
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dehors d'une concession faite à Topinion publique, a pu se défaire d'une manière excellente de son ministre d'état, M. Rouher.
€ J*ai été toujours d'avis et j'en ai fait part à Votre Majesté, il y a de cela plus d'un an, que l'Empereur préparait de longue main l'éloignement du ministre d'état. J'ai motivé cet avis.
€ Ce ministre, surnommé par l'instinct du peuple le Vice-Empereur et pour lequel on avait même déjà trouvé la dénomination de «Majordome de l'Empire », s'était emparé de toutes les rênes du pouvoir. Tous les fonctionnaires et employés tremblaient de peur devant lui, ses créatures étaient partout, il tenait entre ses mains toute la machine de l'État, de telle sorte que l'Empereur était forcé de voir par ses yeux, d*agir par sa main.
« J'ai eu l'honneur d'attirer l'attention de Votre Majesté successivement sur les divers faits indiquant comment l'Empereur coupa une à une les racines qui liaient M. Rouher à la machine de l'État et qui auraient pu devenir un embarras très sérieux quand on aurait voulu l'éloigner tout d'un coup. C'est ainsi que j'ai mandé que par la nomination de M. Forcade de la Roquette au département de l'intérieur, ce ministère fut affranchi d'une manière énergique de toute influence du ministre d'État, — et que la présidence du Sénat,
qui vient d'elle Gonférée à. M, Roaher,.ne«5t8ât sans titulaire pendant toute une année.
«t L'Empereur a. tcairaillé d'apites un. plani arrêté d^avance pour éloigner le ministre d!État, qui; avait grandi démesurément et il est parvenue atteindre son but par le nouveau changement dans Tétat actuel des choses. — Car il. faut considérer que TEmpereur — comme je Tai vu — a tovaillé lui-même, sous main, pour former le tiers- parti; que des hommes tels que le duc de Mouchy et le baron de Mackau se sont joints à ce parti contre Rouher et qu'ils ont quitté ce parti immédiatement après la démission du minîftred'État; et enfin, que M. Rouher — comme je le sais positivement — n'a point du tout offert.' spontanément sa démission.
« Le marquis de Lavalette eastmisde côté, en même temps que M. Rouher^ et sans que la politique étrangère en fournisse une raison apparente.
« M. de La Valette fut appelé au poste- de ministre des affaires étrangères à la condition de ne pas faire de. la politique, il a fait plus — ou moins : il a empêché.
« A la place de ces personnes il y a maintenant un ministère composé de ministres de ressort, et dans lequel le lien du ministère d'État a disparu^ n'obéissant qu'à la volonté personnefle de l'Empereur.
S04 DE SADOVVA A SEDAN
« La liberté de l'action monarchique a remplacé Fomnipotence ministérielle.
« Tous les ministres à présent ne veulent être que les serviteurs de TEmpereur, ils le suivront n'importe dans quelle voie que sa politique choisira.
« Ceci est connu en ce qui concerne les autres ministres, et je me bornerai donc à quelques observations sur le ministre qui est le plus intéressant pour notre cause, je veux dire le prince de Latour d'Auvergne.
« Le ministre des affaires étrangères est un homme très honorable, il cherche toujours à faire honneur aux traditions de la famille dont il porte le nom. Ces traditions sont avant tout chevaleresque et militaires
— je cite seulement le premier grenadier de France
— et il est certain que le nouveau ministre suivra avec prédilection l'Empereur dans une politique chevaleresque et militaire et qu'il cherchera de joindre son nom dans l'histoire française à celui de l'ancienne famille des Lauraguet de Latour d'Auvergne.
« Les vues politiques du prince Latour d'Auvergne sont tout à fait identiques avec celles de M. Drouyn de THuys et du duc de Gramont. M. Drouyn de l'Huys m'a confirmé cela en disant : «Vous pouvez être content du prince Latour, il fera sur tous les points le contraire de ce qu'a fait M. de Lavalette. »
« Je me permets d'insérer ici quelques notices historiques sur les démarches qui ont eu lieu pour donner un successeur à M. de Lavalette, parce que les journaux ont publié sous ce rapport une foule d'inexactitudes.
« L'Empereur désira que M. Drouyn de l'Huys acceptât le portefeuille, il lui en parla à Saint-Cloud, le li de ce mois, après la séance du conseil privé.
« M. Drouyn de THuys se déclara prêt à rentrer au ministère si l'Empereur le voulait absolument. Mais il fit valoir contre sa rentrée les deux raisons que voici :
€ Il fit d'abord ressortir que l'action du ministère en voie de formation pourrait rencontrer de telles difficultés qu'il serait peut-être forcé d'e se retirer bientôt et qu'il serait ainsi privé, lui, Drouyn de THuy.^, d'être utile à l'Empereur pour Tavenir. Il exprima donc le désir que l'Empereur choisisse d'abord un ministère insignifiant et proposa pour le portefeuille du ministère des affaires étrangères le marquis de Talhouët, homme fort riche mais très insignifiant.
« Il fit ensuite valoir que sa nomination aurait une signification par trop prononcée, de sorte que si des complications survenaient, on pourrait prétendre que l'Empereur aurait voulu la guerre et que pour y arriver il aurait choisi M. Drouyn de l'Huys.
« Il conseilla donc de choisir d'abord un homme
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sans programme politique, afin d'éclaircir la situation vis-à-vis (le l'étranger et de faire arriver à maturité les questions pendantes. Quand alors le moment de l'action viendrait, lui — Drouyn de THuys — pourrait accepter la direction des affaires de bonne foi.
€ En outre de ces raisons données, M. Drouyn de l'Huys avait — comme je le crois — encore un motif intime et personnel qui lui fit désirer de ne pas devenir on ce moment ministre des affaires étrangères.
« Il voit et comprend parfaitement qu'il y a une nécessité pour la politique française d'arriver à une entente avec l'Italie et que cela est seulement possible par un arrangement sérieux et définitif à l'égard de Rome.
« La politique qu'il a poursuivie jusqu'ici personnellement, et les relations de famille du côté de sa femme, lui rendent très désagréable d'inaugurer une telle politique et il désire vivement que la question italienne soit d'abord complètement réglée et assise sur des bases précises d'un traité, avant qu'il ne prenne la direction des affaires, afin de, se trouver en présence d'un fait accompli.
« L'Empereur apprécia les raisons alléguées par M. Drouyn de l'Huys, et comprit bien sûrement le motif secret que je viens d'expliquer, mais il refusa très catégoriquement de choisir le marquis de Talhouèt
dont les relations avec le centre gauche ne lui permettraient pas de faire une politique sérieuse et secrète.
« Il prit le prince Latour d'Auvergne, dont la nomination offrit en même temps Toccasion de replacer le marquis de Lavalette au poste d'ambassadeur à Londres et de l'éloigner ainsi de Paris.
« Cependant Latour d'Auvergne ne voudra pas se prêter à n'être qu'un ministre provisoire, au contraire il tâchera de faire lui-même de lia politique décisive, et s'il y réussit, il restera.
« L'Empereur a donc divisé l'opposition, mis de côté le Corps législatif pour 6 à 8 mois, et s'entoured'un ministère qui lui laisse liberté entière de prendre l'initiative et de conduire sa politique.
« Pour le moment il a gagné beaucoup par là, mais il doit songer maintenant à fortifier pour toujours la position de l'empire et à écarter la dernière raison des dangers qui le menacent.
« Pendant les dernières années l'opposition a puisé sa force et- son courage dans la situation extérieure.
« Les ennemis de l'Empereur en France ont cru lé moment venu de l'attaquer sérieusement, vu que la France avait* perdu son prestige depuis la bataille de Kœniggratz et que la considération de l'Empereur en Europe avait depuis considérablement' diminué. Cette
attaque a été repoussée, mais les dangers continuent à exister et grandiront toujours, parce que le peuple aussi bien que l'armée se détourneront de plus en plus d'un gouvernement, personnifié dans un Napoléon, qui ne sait maintenir la France sur la hauteur de la première nation de TEurope et qui n'entretient une armée formidable que pour l'employer contre des émeutes intérieures en lui faisant faire le service de la police,
€ A coté de ces raisons qui so trouvent dans la situation générale, il y a encore des raisons spéciales.
« L'Empereur croit avoir des preuves certaines que la politique de la Prusse conspire avec tous les ennemis de la France et de l'Empire.
€ On prétend même avoir découvert des agents prussiens en très grand nombre lors des dernières émeutes. L'Empereur paraît ajouter foi aux rapports de la police secrète sur ce point et tout cela prouve quMl s'agit pour lui d'un combat à mort.
€ L'Empereur paraît résolu à accepter ce combat pour conserver l'empire napoléonien.
« Lés préparatifs pour ce combat sont poussés énergiquement et ils sont aujourd'hui plus complètement terminés que l'année dernière où l'événement imprévu de la révolution espagnole fit ajourner la guerre.
« En ce qui conqerne les préparatifs militaires intérieurs, je me permets de signaler à^Votre Msyesté les mesures suivantes :
« l"" Les forteresses sur le Rhin sont blindées; elles étaient déjà pourvues antérieurement de leurs caisses de guerre et de provisions ;
« 2** Les ordonnances de cavalerie pour les étatsmajors généraux des corps d'armée sont organisées, et à cette fin on a disposé de tout un régiment de cavalerie qui, pour ce service, vient d'être dissout ;
« 3** Les troupes de l'Algérie sont échelonnées le long des côtes prêtes à être embarquées ;
(La déclaration officieuse des journaux « que cette mesure avait été prise en vue des grandes manœuvres à exécuter j>, est presque percée à jour, puisque tout le monde sait qu'en cette saison il est impossible de faire des manœuvres en Algérie.)
« 4° La division de la flotte à Toulon a reçu Tordre de se tenir prête pour appareiller. Le préfet maritime de Toulon est ici à Paris ;
t 5** Le ministre de la guerre, M. le maréchal Niel, a adressé, le 16 juillet, une circulaire à tous les commandants de divisions, pour leur recommander :
« De procéder avec l'activité la plus grande à l'instruction des corps de toute arme. Il n'y a pas un moment à perdre pour exercer les troupes et les pré-
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parer sérieusement à toutes les opérations de guerre. » « Le ministre de te guerre ordonne de plus :
« Que les corps de toute arme soient au grand complet de façon à mettre en ligne tous lès hommes disponibles , et surtout qu'aucune dispense ou congé ne soit accordé sans nécessité absolue, »
« Ces passages sont copiés mot à mot de la circulaire en question du ministre de la guerre.
« La France est donc en ce moment si bien prête à entrer immédiatement en campagne, qu'au bout de 24 heures les opérations de guerre des plus sérieases peuvent commencer.
« Votre Majesté Royale me permettra maintenant de parler de la seconde question, qui n*est pas la moins importante pour toute grande action, celle de la constellation européenne et des alliances sur lesquelles la France pourrait compter.
« La première grande préoccupation du gouveraement impérial était avant tout et avec raison dirigée •vers l'Autriche et l'Italie, parce que Tentente de la France avec ces puissances forme da base fôndamen-? taie de toute opération*
€ J'ai déjà mandé à Votre Majesté, ,il y a pluaieurs mois, et je le peux confirmer aujourd'hui, qu'on as^
DE SADOWA A SEDAN 'Sll
su7'e ici, qu'une entente complète est établie entre l'Italie et TAutriche. fai expliqué verbalement à Votre Majesté, lors de mon dernier voyage, le commencement et Jes bases de cette entente et je me réserve pour une' prochaine occasion d'y revenir verbalement d'une manière plus explicite encore.
« Moins clairs étaient, jusqu'à présent, les rapports existants entre l'Italie et la France à cause de la question romaine qui rendait l'entente difficile.
« Mais il y a à présent sous ce rapport une base trouvée, sur laquelle l'entente pourrait sb' faire, et le Conseiller d'État M. Conti rapporte de sa inission les résultats les plus satisfaisants.
« Sans entrer plus avant dans les détails, je puis assurer au moins à Votre Majesté que la France croit être sûre de la neutralité bienveillante de l'Italie et de tenir en main le moyen de transformer cette neutralité en une alliance offensive et défensive.
« En ce qui concerne l'Angleterre, j'ai déjà eu l'honneur de communiquer à Votre Majesté que d'après ce qu'on m'assure ici, Lord Clarendon, avant qu'il ne -fût appelé au foreign office, s'était concerté avec l'Empereur sur certains points essentiels et nommément sur la neutralité de l'Angleterre.
4 Le prince Lalour d'Auvergne, en arrivant ici, a
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apporté l'assurance positive et très explicite de cette neutralité.
« A regard de TEspagne — dont la révolution J*année dernière a rendu impossible Faction — j*ai à mander que toute l'action de la politique française est en ce moment-ci dirigée en premier lieu à empêcher l'avènement du duc de Montpensier au trône d'Espagne et de susciter au gouvernement actuel de tels embarras qu'il lui serait impossible de songer à prendre une part quelconque dans un conflit européen.
« L'entreprise de l'infant Don Carlos, qui peut-être prendra déjà dans les premiers jours à venir des dimensions sérieuses, est favorisée d'ici sous main de toutes les fiiçons.
« On espère placer le gouvernement actuel entre les républicains et les carlistes, et déchaîner ainsi partout la guerre civile et l'anarchie générale et enfin parvenir à ce que le pays fatigué et ayant besoin de tranquillité rappelle la reine Isabelle ou, au moins, le prince des Asturies.
« En ce qui concerne les rapports etltre la France et l'Autriche il faut avouer qu'ils laissent encore beaucoup à désirer.
« La conviction de la similitude des intérêts existe de même que les deux puissances ont solidairement les mêmes intérêts de conserver, respectivement de
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reconquérir leurs positions en Europe. De là résulte une action diplomatique identique dans les questions politiques, comme p. ex. dans le conflit belge — et de là résultera jpeut-être une action commune, si des événements d'une importance supérieure arrivaient — mais il n'existe pas une alliance arrêtée.
« J'ai déjà fait entendre à Votre Majesté -r à une époque antérieure — quelques allusions sous ce rapport ; aujourd'hui je me permettrai de préciser l'état actuel de ces rapports de la manière suivante :
« L'Empereur Napoléon nourrit vis-à-vis de l'Autriche une double méfiance. Il craint d'abord que l'Autriche puisse l'abandonner pendant l'action — et ensuite qu'après la victoire, la maison dei Habsbourg puisse reprendre la politique de Charles-Quint et aspirer pour sa part à l'empire allemand, crainte motivée par le congrès des princes allemands en 1863.
« Pour écarter cette double méfiance, il faut des garanties très précises sous le double point de vue que l'Autriche aille de concert avec la France jusqu'au bout pour atteindre le but proposé et que ce but soit bien précisé d'avance.
€ Le comte de Beust s'est refusé, jusqu'à présent, de donner de telles garanties et de faire les déclarations qu'on lui demande, en disant, qu'il devait se
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conserver la main libre et qu'il ne pouvait s'engager à cause de la position extrêmement difficile de 1* Autriche.
« Ce qu'on désire ici c'est ce qui suit :
€ 1° Quand on parvient à une victoire décisive, il faut donner à l'Allemagne une telle organisation que, réellement, une centralisation militaire offensive soit rendue impossible, laquelle menace l'équilibre -européen en général et la France en particulier.
« Cela veut dire qu'on formera des groupes d'Étate, réunis entre eux par un lien fédératif, dont chaque partie — ou groupe — doit être assez fort pour se protéger par lui-même contre toute espèce d'hégémonie de la part de la Prusse ou de la part de VAu^ iridié.
« Tl\ est bien avéré que la France ne veut pas faire une guerre platonique. La .France doit gagner, elle aussi.
« On ne saurait méconnaître que le chauvinisme est pénétré fort en avant dans les vues de la population, et par conséquent, dès que la guerre commencera, un grand parti, si non le peuple tout entier, demandera que le prix de cette guerre soit la conquête de la frontière du Rhin.
« Si l'Empereur dans uue juste appréciation des raisons qui sont connues à Votre Majesté, et dans le
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désir de ne pa& créer un casus belli perpétuel, mais d'assurer les base» d'une paix durable entre la France et TAUemagne, rejette Tidée d'une telle conquête, il faut en donner dès raisons et montrer en plus au sentiment national des Français l'iivantage d'un bénéfice réel, moral et matériel.
« C'est pourquoi il faut que le but final du combat soit précisé d'avance et accepté de même par l'Autriche.
« Ce qui concerne le bénéfice direct, il s& trouvera dans une union économique et: militaire entre la France d'une part et la Belgique et la Hollande d'autre part, union qui, sans déroger à l'indépendance de ces états, leurs rendra pour toujours- impossible de prendre une position hostile contre la France.
« L'Empereur croit être assuré que l'Angleterre consentira à cette éventualité, à la condition qu'Anvers sera déclaré port libre, et il est à; présumer que TAutriche, vu la position qu'elle a prise dans le conflit belge (ce conflit n'est pas encore terminé), n'aura rien à observer contre cet arrangement.
« En ce qui concemela question du Rhin, — voici la suite des idées qui prévalent ici :
« Depuis un temps immémorial le^ Rhin a été la pomme de discorde- entre les nations allemande et
française. Pour arriver à une paix' durable entre les deux nations il n'y a pas d'autre, moyen que de former un État Rhénan neutre et de le placer comme barrière infranchissable entre les deux nations. A cette fin on se propose de former des pays sur la rive gauche du Rhin un État neutre et de placer sa neutralité sous la garantie collective des puissances européennes. Cet État sera donc protégé par le droit des gens, et n'aura ni forteresses, ni armées ; il n'appartiendra ni à la France, ni à l'Allemagne, mais il séparera ces deux nations. — Dans toutes les questions de douanes et de commerce, il nouera et entretiendra avec ses deux voisins des relations amicales, formant ainsi un lieu entre la France et l'Allemagne, en les empêchant toutefois d'arriver à un conflit guerrier. En aidant efficacement un rapprochement entre les deux nations il leur servira de chaînon pour toutes les relations pacifiques du commerce.
« Comme de raison, ce programme ne sera pas rendu public au commencement de la guerre, et la réalisation de l'idée ne sera pas divulguée comme fcttt, mais comme résultat de la guerre.
« Je. crois savoir que l'accord sur ces points n'est pas encore fait, quoique on le désire ardemment ici. L'Autriche cherche à conserver sous ce rapport la libre décision à sa poUtique future.
« Quant au casus belli, on croit qu'il, pourrait se présenter facilement.
€ J'ai déjà attiré la haute attention de Votre Majesté
— dans un de mes précédents très humbles rapports
— sur la grave signification des tentatives du viceroi. d'Egypte de vouloir s'affranchir de la suzeraineté de la porte Ottomane et de se placer sous la garantie des puissances européennes. Ces tentatives s'appuyent sur l'influence russe. Il est naturel que la Russie veut s'assurer pour ses plans éventuels contre la Turquie, l'alliance de l'Egypte qui sera pour elle une position stratégique très puissante. Ces projets ont éveillé, comme de raison, l'attention la plus vive de l'Angleterre, de la France et de l'Autriche, et le froid accueil du vice-roi par les cours de Vienne, de Paris et de. Londres en était la première conséquence.
c En même temps les trois cabinets ont encouragé le Sultan de s'opposer sérieusement aux efforts du vice-roi et ces encouragements sont devenus très presr sants dans le dernier temps.
€ Mustapha Fasil Pacha, l'ennemi mortel du viceroi d'Egypte, a été nommé ministre du Sultan sans portefeuille, et le vice-roi qui fit une curfe à Eaux- Bonnes, a été mandé à Constantinople pour se justifier de ses démarches.
€ Pour la connaissance intime de l'affaire, ie me
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permet» de transmettre ci-joint à Votre Majesté un aperçu des relations entre le vice-roi et la Sublimer Porte au point de vue du dpcàt- public.
« D'après le» nouvelles leisF plus récentes le viee-roi ne s*est pas rendu à Gonstanlinoplô, mais est retourné en Egypte et s- y prépare à une résistance sérieuse.
c Quand le conflit deviendra sérieux, la Russie devra se démasquer,* et alors^ la grande guerre européenne s'allumera à la question d'Orient à laquelle on saara mêler par une avant-campagne diplonanique' toutes le» autres questions pendantes.
« Ceci est la situation actuelle que j'ai cm de mon devoir de* développer devant Votre Majesté, , telle qu'elle se présente à mes propres- observations^
« Signé : Meding. »
TABLl Dis: MlTEÈUœ
Mon voya;^ à Paris retâTd&. — Le roi Geot^Siopp^a»^ tontai concession. — ÀiimiDistratio»' de la fortune perscKimelIe Avu rot à Londres. — Le' trésor hanoyrieo àila banque; d>Aii|»la!^ terre. — Un projet du ministre des finances in partibus. — Refus du roi. — Mes lettres de crédit. — Lettre du roi George à l'empereur Napoléon. — J^etlres du comte Platen à M. de Beust et au marquis de Mousiier, ministre des affaires étrangères de Napoléon lU. — Rapports du roi a^ec les princes.' du sang anglais. — Lettre dii duc dé Cambridge. — Le sé^ quealre et la question de droit: 1
CHAnTKE'n.
La princesse Frédérique de Hanovre. — Son amitié pour l'archiduchesse Mathilde, fille, de* raancfaiduc Albert, •^^^rojets de mariage avec le prince Hambert. — Le futur beau-père <^ 'et le futur gendre^ ^ la. bataille de Custozza. — Un», faiblesseu de princesse. — Brûlée vive. — Le due de Solm&. — Le comte WedeL — L»:Eoii autoria* c* à»tiàM*k>s^ battre. ; — Iftsii«iitia«gique du duel 29