LE THEATRE D IDEES. IX
théâtre tout ce que Scribe en avait exclu, ou qu'il n'avait pas su y mettre.
Al. Dumas fils, Emile Augier et ceux qui les ont suivis ont rendu au théâtre la peinture des mœurs et y ont introduit la discussion des questions sociales. Ils ont étudié l'homme dans les rapports qu'il soutient avec les autres hommes, dans sa condition, dans sa fortune et dans son état civil. Ils ont montré la société telle qu'ils la voyaient autour d'eux avec ses vices d'organisation dont quelques-uns pouvaient être réparés. Ils ont été des observateurs très clairvoyants. On leur doit une des périodes de notre théâtre dont l'éclat sera le plus durable. — C'est leur œuvre que M. Henry Becque a reprise et qu'il a continuée en la modifiant. Il a débarrassé la scène de plusieurs conventions, rapproché de la nature certains types de théâtre et rompu surtout avec cet optimisme qui était l'une des concessions les plus fâcheuses faites au goût du plus grand nombre. — Aprèslui,lesfournisseursduThéâtre- Libre ont exagéré ses tendances. En les portant à l'extrême, ils les ont immobilisées. Ils ont, comme on l'a si heureusement dit, créé un poncif. Il y a lieu d'espérer, au surplus, qu'ils n'ont pas compromis pour toujours l'avenir de la comédie de mœurs et du théâtre d'observa-