X INTRODUCTION
lion. La peinture de la société doit être recommencée sans cesse, à mesure que la société ellemême se modifie. M. Jules Lemaître a pu encore emprunter la plume d'Augier pour écrire le second acte du Député Leveau. Et le Prince cCAurec, qui semble écrit par un neveu de Beaumarchais, en venant hier, est venu à son heure.
Pourtant c'est ailleurs, dans une étude qui va plus loin et creuse jusqu'à des réalités plus profondes, que réside l'œuvre propre des dramatistes d'aujourd'hui. La vie sociale ne se compose que des manifestations extérieures de notre activité. C'est dire qu'elle ne se suffit pas à elle-même et ne s'explique pas par elle seule. Elle n'est qu'une traduction souvent infidèle et grossière de la vie intérieure. Mais c'est ici qu'est la clé de tout. C'est ici que sont les causes, ici qu'on voit naître les actes dans leurs origines, ici que s'élabore à l'aide d'éléments complexes et parfois contradictoires la personnalité de chaque individu. En sorte que s'il voulait, lui aussi, pénétrer jusqu'à ce qui dans notre nature est l'essentiel, le théâtre devait devenir un théâtre d'analyse.
Mais les problèmes qui s'agitent dans la vie intérieure de chacun de nous sont ceux-là mêmes dont la morale de tous les temps pour-