‹ De Scribe à Ibsen;Chapitre 58 sur 67 · II. — HEDDA GABIER · texte numérisé non relu

II. — HEDDA GABIER

« J'ai voulu montrer ce que produit le contact de deux milieux sociaux qui ne peuvent s'entendre; Hedda Gabier (i) n'est pas une pièce à problème. » Ainsi s'est exprimé Ibsen, indiquant lui-même de quelle conception première est sortie son œuvre. Il me semble qu'il convient, en étudiant Hedda Gabier, de s'en tenir à l'interprétation qu'indique l'auteur, et de ne point embrouiller la question en cherchant sous chacune des péripéties du drame un sens caché et un symbole qui n'y est pas. Ainsi comprise, Hedda Gabier est un fort beau drame, d'une allure simple, vigoureuse, hardie, et qui ne contient guère plus d'étrangetés que celles qui sont inhérentes à toute œuvre conçue loin de nous, dans un milieu d'habitudes et d'idées qui ne nous sont pas familières et pensée dans une langue qui n'est pas la nôtre.

Hedda Gabier est une jeune femme mariée à un homme qu'elle n'aime pas. Ce George Tesman, brave homme et professeur estimé, quoique médiocre, ne répond nullement a l'idéal que s'est fait la romanesque Hedda. C'est pourquoi celle-ci s'ennuie et ne songe qu'avec une sorte d'effroi à l'existence qui lui est réservée

(1) Vaudeville, mars 189*.

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