‹ De Scribe à Ibsen;Chapitre 63 sur 67 · III. — LA DAME DE LA MER · texte numérisé non relu

III. — LA DAME DE LA MER

On nous a donné successivement les Revenants, le Canard sauvage, Hedda Gabier, Maison de poupée. Peu à peu nous nous familiarisons davantage avec le tour d'esprit et les habitudes de pensée du dramatiste norvégien. Et surtout nous prenons pour entendre son œuvre les dispositions qui conviennent. Les bizarreries ne nous en étonnent plus. Nous ne sommes plus fâchés que certaines parties nous en demeurent fermées. Nous comprenons qu'il faut entendre les œuvres étrangères comme étrangères, c'est-à-dire en acceptant d'avance que quelque chose nous en échappe, car entre la pensée de deux peuples qui diffèrent par la race, par les origines, par les traditions, il ne saurait y avoir entière communication et pénétration absolue. Demander qu'un public français, ne fùt-il composé que de lettrés, entende une pièce d'Ibsen, comme il ferait de l'œuvre conçue par une pensée française, cela est à peu près absurde. Ce qui est juste, c'est de discerner tout à la fois dans l'œuvre ce qui en fait la saveur locale et ce qui lui donne une portée générale et une signification humaine.

La Dame de la 31er (i) est un drame symbo-

(I Cercle des Escliolicrs, dreembre I89i,

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