Planche n» I
182 DE SOFIA A TGÉATALDJA
Les colonnes du centre, plus fortes chacune d'une division, avaient pour mission l'attaque de front de la plus forte ; les colonnes d'extrêmedroite et d'extrême-gaucbe devaient déborder et empêcher Tarrivée des renforts.
Notons enfin que des reconnaissances se portaient en extrême flanc-garde de gauche le long de la mer Noire.
Le contact. — Dès cette journée 22 octobre, les colonnes du centre prennent contact avec l'ennemi. Celle de droite rencontre les Turcs fortement retranchés sur la ligne nord-est sud-ouest de Eski-Poloch, à leur droite le long du ravin de la Douvna-bounar. Celle de gauche les trouve à l'ouest de Erekleri. Ils ont là, pendant toute la journée, reçu des renforts de Kirk-Kilissé.
La colonne de droite repousse avec son flanc droit les forces turques qui prennent la position nord-sud Eski-Poloch-Petraen gardant Eski-Poloch comme pivot, position également très forte (23 octobre). Pendant ce temps la colonne de gauche livre bataille à Erekleri et force les Turcs à se replier d'environ 4 à 5 kilomètres.
La colonne d'extrême droite a rencontré au nord
de Seliolou des renforts allant d'Andrinople à Kirk- Kilissé, les a arrêtés et refoulés en arrière.
Quant à la colonne d'extrême-gauche, par suite des difficultés du terrain, elle n'a pas pu à la fin de la première journée dépasser Almatchik, sans avoir pris contact.
Le 23 octobre. — Le lendemain le combat s'engage sur le front Eski-Poloch-Erekleri dès six heures du matin. L'ennemi garde ses positions qui sont très fortes, le terrain montagneux, rocheux, escarpé rendant les assauts difficiles. Les Bulgares avancent peu. Cependant au soir ils occupent la ligne du cours inférieur de la Teké-Deré, en un demi-cercle qui va jusqu'à Karakaia.
Les Turcs se trouvaient maintenant refoulés dans le périmètre immédiat de Kirk-Kilissé.
La nuit du 23 au 24 octobre. — Il avait fait pendant toute la journée un temps épouvantable et le soir la pluie avait redoublé. Cette intempérie ne devait pas arrêter l'armée bulgare, au contraire, et elle devait, dès ces premières journées, adopter la tactique qui trouve le soldat turc le moins bon dans la défensive : le mauvais temps et la pluie.
184 DB SOFU A tCHÀTALDJÂ
Vers huit heures du soir, la colonne du centre gauche langait deux bataillons eh avant. En même temps la colonne d'extfême-gauche qui dans la journée était arrivée à Kidikeui s'avançait sur Achmatcha en suivant les crêtes et participait à l'attaque de nuit. L'ennemi surpris se débanda. Pris de panique, au lieu de se replier autour des forts de Raklitza et Skopo, au lieu d'occuper les tranchées et les redoutes préparées devant ces ouvrages, il prit en désordre la route de Baba* Ëski et de Bounar-Hissar, sematxt la terrent* dans la garnison demeurée à Kirk-Kilissé où une partie des fuyards était venue raconter la terrible attaque de nuit bulgare.
Du côté bulgare, on n'avait nullement prévu cette déroute et l'obscurité n'avait pas permis de s'en rendre compte. On croyait l'adversaire dans Eirk-Eilissé, prêt à une résistance acharnée.
Le 24 octobre. — Quand, le lendemain, matin à six heures, l'ordre d'avancer prudemment fut donné, une surprise attendait l'assaillant. L'ennemi avait disparu. Une infime arrière-garde était restée. On en eut facilement raison. La fameuse place^forte était aux mains des Bulgares.
La déroute. — J'ai déjà raconté dans de précécédentes correspondaûces Isl dérouté qui suivit le combat du 23 et comment le chemin de Kirk- Eili^sé à Jana était le témoignage de Taffolement qui régna cette nuit-là. Un détail que je ne connaissais pas est que les fuyards rencontrèrent à Uskub Deré) à mi-chemin entre Bôuiiar-Hissar et Kirk-Kilissé, des renforts qu'on leur envoyait et auxquels ils firent rebrousser chemin.
Après la prise de Kirk-Kilissé
Le 2S octobre. — L'armée bulgare, après avoir pendant deux jours perdu le contact et s'être reposée à Kirk-Kilissé, reprit sa marche en avant, en se développant en demi-cercle convexe au sud de Kirk-Kilissé.
Son avant-garde s'était la veille portée à Kavacli, Assam-Begli etUskub-Deré*.
Ce jour-là, le 25, Tarmée bulgare se portait (de droite à gauche) sur les lignes Enimal, Chiflik Mandra, Kavac-deré, Uskub-deré. Elle ne rencontrait cependant personne devant elle. La cavalerie