‹ De Sofia à TchataldjaChapitre 4 sur 23 · LA DÉCLARATION DE GUERRE · texte numérisé non relu

LA DÉCLARATION DE GUERRE

millions de chrétiens n*ont pas pu ne pas ébranler nos cœurs, nous, leurs congénères et coreligionnaires, qui sommes redeyables de notre liberté et de notre vie paisible à une grande libératrice chrétienne. Et la nation bulgare se souvient des paroles prophétiques du tsar libérateur. L'œuvre sacrée doit être menée à bout.

Notre amour de la paix est épuisé. Pour secourir la population chrétienne en Turquie, il ne nous reste plus d'autre moyen que de nous tourner vers les armes. Nous voyons que c'est par ce seul moyen que nous pourrons assurer la protection de sa vie et de ses biens. L'anarchie dans les provinces turques a menacé même notre vie nationale. Après les massacres d'Istib et de Kotchana, au lieu d'accorder justice et satisfaction aux éprouvés, comme nous le demandâmes, le gouvernement turc a ordonné la mobilisation de ses forces militaires.

Notre longue patience fut ainsi mise à une rude épreuve. Les sentiments humanitaires des chrétiens leur font un devoir sacré de secourir leurs frères, lorsqu'ils sont menacés d'extermination. L'honneur et la dignité de la Bulgarie m'imposèrent le devoir impérieux d'appeler sous les drapeaux ses fils préparés pour la défense de la patrie. Notre œuvre est juste, grande et sacrée.

Avec une foi recueillie dans la protection et l'appui du Tout-Puissant, je porte à la connaissance de la nation bulgare que la guerre pour les droits humains des chrétiens de Turquie est déclarée. J'ordonne à la brave armée bulgare de marcher sur le territoire turc.

A nos côtés et avec nous, combattront, dans le même but» contre l'ennemi commun, les armées des États balkaniques alliés À la Bulgarie : la Serbie, la Grèce et le Monténégro. Et dans cette lutte de la Croix contre le Croissant, de la liberté contre la tyrannie, nous aurons les sympathies de tous ceux qui aiment la justice et le progrès.

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Fort de ces sympathies, que le valeureux soldat bulgare se souvienne des actes héroïques de ses pères et de ses aïeux et de la vaillance de ses maîtres libérateurs russes, et qu'il vole de victoire en victoire.

En avant ! Que Dieu soit avec nous !

Le manifeste est signé par le roi et contresigné par les ministres dans l'ordre suivant :

Président du conseil et ministre des affaires étrangères, Ev. Guechof ;

Ministre de Tintérieur et de la santé publique^ Al. Ludskanow;

Ministre de l'instruction publique, Ivan Peief (ce dernier, directeur du Mir, fut nommé à la veille même de la guerre en remplacement de M. Bobtchef, envoyé à Saint-Pétersbourg) ;

Ministre des finances, T. Théodorof ;

Ministre de la justice^ P. Abrachef ;

Ministre de la guerre, lieutenant général Nikiforof ;

Ministre du commerce, de l'industrie et du travail, Chr. Todorof;

Ministre de l'agriculture et des domaines de l'État, D. Christof;

Ministre des travaux publics, D.-M. Jablanski ;

Ministre des chemins de fer, des postes et télégraphes, D. Franghia.

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