DE LA MÉDITERRANÉE
« De Sox)hocle à Mistral »... L'autenr s^ excuse de ce titre. S^il correspond exactement à la pensée qui nous animait dans notre activité chorégique ou dans nos essais critiques, il paraîtra peut-être â tel censeur quHl dépasse V importance fort modeste des études réunies dans ce volume. Toutefois on voudra bien le tenir pour îine haute devise qui oblige et oriente et V accepter comme on accepte une ligature trop voyante par égard à son utilité.
Ce recueil présente en même temps qu'Hun F. P. C. de no$ recherches d^ avant~guerre , une introduction à des ouvrages plus complets oic serait constituée une synthèse des idées, des méthodes et des exemples, synthèse à peine effleurée ici.
Lorsque ces études ont été écrites, V auteur ne pouvait que sentir confusément la tragédie guerrière qui déjà hantait V Europe, le
Cette préface a été écrite au front, alors que, régiment par régiment, toute l'armée française, anxieuse et décidée, attendait d'être engagée dans la suprême lutte. Des circonstances dues à la (f crise du papier » ou à d'autres causes ont retardé, à l'excès et jusqu'après la victoire espérée, l'impression de ce recueil. Il a paru préférable de ne rien changer à des pages qui portent la marque des jours tragiques.
Monde et surtout la fiévreuse pensée germanique ; il ne pouvait que pressentir à quelles hautes vertus, sous rimpératif des circonstances, la France allait être contrainte de faire appel.
Mais son angoisse devant la vie frivole et la conscience frelatée, si fort à la mode, lui servait de secret indice. Ses efforts — si falhles quils fussent — tantôt par V écrit, tantôt par Vorganisation des spectacles de plein-air, étaient tous une protestation contre V étourderie universelle (sauf en Allemagne), une hostilité préventive contre V esprit à peine masqué de nos adversaires naturels, enfin une exhortation à dégager en nous V « héroïque » et « V éternel » ou plus simplement le durable, Z'esprit cIê vie.
Par delà le plaisir et les insouciances partout répandus, ce rappel à la nature tragique des êtres et des choses n'étaierit pas sans soulever de fines railleries. Hélas! il fallait une autre tragédie et Wautre sang que celui du Bouc dionysiaque pour purger les délires et les erreurs /...
Pour que le Boulevard crut enfin que <\c'*était arrivé » n^a-t-il pas fallu les Gothas ? Et les têtes creuses n^ ont- elles point divagué près de quatre ans avant de renoncer aux niaiseries sans lendemain du « système D y> et à la stratégie démotique du « Ven fais pas» ?...
Lorsque noiis nous attachions à réveiller dans les hémicycles d^ Orange, de Nîmes, de Béliers ou d^ ailleurs les émotions, les ferveurs, « lis estrambord et l'enavans di fors » {Jj qui furent jadis la sauvegarde de nos ancêtres ; lorsque nous réunissions par
((i) Les enthousiasmes et l'énergie des forts (Mistral),