‹ De Sporotrichose Généralisée: A Forme Pseudo-BacillaireChapitre 3 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous n’avons nullement eu l'intention, en publiant ce travail, de faire une revue générale des connaissances actuelles en ce qui concerne la question des sporotrichoses.

Ou bien une telle étude n’aurait été qu’un inutile résumé des différents ouvrages, déjà si nombreux, qui ont paru sur la question, ou alors plusieurs années de recherches personnelles auraient à peine suffi à nous permettre de mener à bien une pareille entreprise.

Or. après cinq ans de guerre, le temps n’est plus pour nous aux longues recherches purement scientifiques. Il convient de laisser ce soin à d’autres plus compétents ou plus spécialisés dans les travaux de laboratoire.

Quant à nous, tout en rendant l’hommage qui leur revient, à ces travaux, dont nous nous sommes fatalement inspirés, nous avons voulu surtout nous cantonner dans l’étude de la question au seul point de vue pratique.

Combien de sporotrichosiques — relativement bien portants par ailleurs — ont traîné peñdant des mois et même

ANUS des années une vie misérable dans les salles d'hôpital, sans espoir de guérison, la nature de leur affection étant méconnue, alors qu’un simple traitement ioduré les aurait rendus en quelques semaines à la vie normale.

Tel le malade de du Cazal, de Monaco, & un moribond couvert d’ulcères présumés tuberculeux, et au lit duquel on ne s’arrêtait même plus »; le diagnostic de sporotrichose ayant été porté, le malade fut mis à l’iodure et six semaines après 1l sortait guéri.

Telle aussi la malade de Ravaut et Civatte & qui, prise également pour une tuberculeuse, était confinée au lit depuis sept mois. Son affection s’aggravait: le diagnostic est réformé et, en un mois, elle guérit ».

Bienheureux encore ont été ceux que la méconnaissance du vrai diagnostic n’a pas conduits à des désastres irréparables ; comme dans les trois cas de Duque (de Cuba), rapportés par Gougerot, où le premier et le deuxième malades subirent une double amputation de cuisses, tandis que le troisième était amputé de l’avant-bras. « Or, malgré ces mutilations, nous dit Gougerot, la mycose continuait d’évoluer et les trois malades ne guérirent que lorsque le diagnostie exact de sporotrichose fut posé, indiquant l’emploi de la médication iodurée ».

C’est afin de parer autant que possible à ces conséquences désastreuses d’un diagnostic méconnu que nous nous sommes efforcés de rapporter scrupuleusement l’histoire de notre petite malade, et les réflexions que cette histoire nous a suggérées au point de vue de l’étiologie, de la pathogénie et surtout du diagnostic, du pronostic et du traitement de l’affection en cause.

Nous estimerons avoir accompli une œuvre utile si ces pages contribuent dans leur modeste mesure à rendre plus présente à l’esprit la notion de sporotrichose et à éviter ainsi d’inutiles souffrances à quelques malheureux.

IT

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