URBAIN GOHIER
Il a fallu de rudes combats pour conserver à la population de Paris la jouissance des bois de Meudon, que la République « démocratique et sociale » voulait livrer aux seigneurs de la finance.
est maintenant le tour de la forêt de Montmorency.
La forêt de Monimorency est l'une des plus pittoresques de l'Ile-de-France; sa flore extraordinairement variée fait le bonheur des botanis-
tes ; le fameux château de la Chasse, l’ermitage
et le cimetière de Sainte-Radegonde, lés souvenirs de Madame Roland, les magnifiques ombrages, ont toujours attiré les promeneurs, au grand profit des villages voisins. Les: guides Joanne, Conty, Bedæker, affirment que les routes et les chemins de la forêt sont libres. Les -gravures anciennes, dont on voit un specimen dans les Environs de Paris de Georges Cain, témoignent que, sous les tyrans, le bourgéois et l'ouvrier païisien allaient déjeuner, sur l'herbe en forêt de Montmorency.
Sous la République, c'est une autre affaire Une demi-douzaine de riches personnages, qui
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Se croient obligés d'être barons en l'honneur des anciens Seigner rs du domaine, ont acheté lesbois, et prétendent fermer méme les grandes routes au public.
Le même fait s’est produit à Mortefontaine dont les sites ravissants étaient jadis peuplés de peintres et d’amants. Un jour, M. Agénor de Gramont ayant épousé la dot d'une Rothschild, ét s'étant offert aux frais de la Juive ce morceau de forêt, ses hommes d'armes ex xpulsèrent artistes et réveurs. «Ilne fallait pas déranger les faisans et les läpins de M. le duc » : Comme-si les pauvres bêtes n’aimaicnt pas mieux nous voir dormir sur l'herbe que de recevoir les coups de fusil des aristocratiques imbéciles!
Pour la forêt de Montmorency, les communes intéressées résistent ; elles invoquent les usages séculaires et 1 indications formelles du cadastre.
La commune de Bouffémont, soutenue par les communes de Domont, de Montlignon, de Saint- Prix, ét par la Société des Amis de la Forêt de Montmorency (siège social à la mairie de Bouffémont) plaide énergiquement pour la cause qui intéresse tout le public. Le juge de paix d'Ecouen lui avait donné raison en 1910 ; malgré les con-
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clusions du ministère publie, fondées sur la loi -
municipale, le tribunal de Ponioise lui a donné
tort le 45 février 1911. :
L'affaire va revenir devant la Cour de Paris, Si la communé de Boufflémont perdait son
proces, toutes les autres communes seraient
éntrainées dans sa défaite, et les nouveaux « barons de Montmorency », qui ne sont pas précisément les premiers barons chré iens, ferméraient à jamais les accès de ces beaux bois:
Il faut vivre sous la Troisième République,
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