‹ De St Nazaire à BoulourisChapitre 8 sur 17 · ARE PTS EAU TURN · texte numérisé non relu

ARE PTS EAU TURN

TAXT

Mon Carnef PAR

Urbain GOHIER É

L'impunité des Q.-M.

Le procès en tentative de corruption intenté contre le procureur de la République de’Tlemcen Sur la plainte de M. Päscal Ceccaldi, député de Vervins, s'est passé comme il était convenu.

Pas un instant, ni d'un côté ni de Fautre de la barre, il n'a été question des autres parlementaires, à qui le magistrat inculpé s'était vanté d’avoir versé des « provisions ». Il avait expliqué qu'il les rémunérait comme avocats : ce qui ne tient pas debout, puisqu'on ne prend jamais des avocats par demi-douzaines, et que précisément le défenseur de l'accusé n'était pas un Q.-M.

Done les parlementairés qui avaient reçu des sommes pour prix de leur intervention les ont gardées. En-ce qui les concerne, la corruption a été perpetrée : l'affaire devait être portée dévant le jury.

Le Parquet n'a retenu que la tentative non suivie d'effet suür lextraordinaire député qui refuse les pourboires.

L'accusation et la défense avaient conclu ce pacte : le dossier des Q.M.: criminels ne sera pas ouvert.

Rappelez-vous le procès Humbert, et M° Labori disant aux assises :

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N'ayez pas peur, je ne ferai pas de diversion. {1 serait pourtant facile d'en faire ! î

Ah! messieurs les jurés, quel beau procès nous pourrions plaider, et comme nous serions sûrs des acclamations d'une,presse qui, peut-être demain, nous reprochera avec justice de n'avoir pas assez parle!

Si nous ouvrions les scellés qui sont là, si nous jetions du vent de la publicité tous ces noms, et parmi eux les plus illustres..., il serait facile ici de faire du scandale.

Je vous assure que je pourrais énumérer les noms de ceux qui, craignant que je ne fusse de ceux qui,

-parfoïs, à la barre, songent à irriter les passions per-

sonnelles, n’ont fait supplier de ne point les compromettre, de ne point. les perdre el” de né point les déshonorer !

Qu'ils soient rassurés, je ne prononcerai pas-un nom. À une condition !.….

Et l’accusée posaït ses conditions.

Rappelez-vous l'affaire Steinheil : on nommait partout les ministres et les parlementaires qui fréquentaient assidument à l'impasse Ronsin et au Vert-Logis, qui devaient avoir des informations de prémière main sur le double assassinat. Mais on neles nommait pas à l'instruction ; on ne les nommait pas à l'audience.

Rappelez-vous le premier procès Marix :

marché conclu, ouvertement entre:le ministère publie et la défense pour taire les noms des politiciens complices et patrons de l’escroc.

Dans l'affaire Rochette, marché conclu publiquement; on ne prononcera pas au Palais de, Justice les noms des politiciens corrompus que Ja presse a pourtant désignés. ;

Dans Paffaire Flachon marché conclu. Comme

un témoin — une imprudente gigolette, quin'a

pas encore assez trainé dans le lupanar parle-

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mentaire (elle à vingt ans!) — nommait feu Gérault-Richard, les avocats se récrient : « Zl avait elé convenu que les dossiers des Q.-M. ne seraient pas ouverts, et qu'aucun nom ne serait prononcé ! » Pas même celui de l’ex-ministre qui dirigea les investigations du vidame de ! Pressensé au « Colbert », après une copieuse ripaille.

Ainsi, dans chaque affaire criminelle - — tantôt atroce, tantôt ignoble, — on voit grouiller les Parlementaires.

Ils se tiennent dans l'ombre. La Justice constitue soigneusement les dossiers avec lesquels on pourrait les envoyer au bagne; mais les dossiers ne sont pas ouverts; le gouvernement les garde, comme une épée de Damoclès. Cela s'appelle en bon français un chantage: en conséquence de quoi les ministères vivent par les votes de gredins, et les lois de la République . sont fabriquées par des individus qui devraient confectionner des chaussons de lisières.

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Les Français de demain.

Arrestation, à Paris, de M. le baron Hochwœæchter, inculpé d’escroqueries.

Arrestation, à Nice, de M. Xavier Valentyns, inculpé de détournements montant à plus de deux millions. :

Avec l'argent des stupides Français, ces deux rastaquouères menaiént naturellement la « grande vie » possédaient automobiles et châteaux, entretenaient les grues qu’on appelle « charmantes artistes » dans les journaux boulevardiers.

Ils serontprobablementdéfenduspar M°Lévy- Oullman qui s'écriera :

« Oui, messieurs, mes clients ont beau débarquer de Kænigsberg ou de Berg-op-Zoom. üs sont bons Français, aussi bons Français que n'importe quel indigène. Ils aiment la Franc e, parce. que la République en a fait le paradis de la pègre universelle. Les Valentyns et les Hochwæchter Sont chez eux dans un pays que gouvernent leurs pareils. »

Et tout le monde, à l'audience, conviendra que M° Lévy-Oullmann est « fondé dans ses dires ».

La vie privée,

Je ne me suis jamais lassé de dénoncer l'hypocrisie de cette fameuse distinction entre le vie publique et la vie privée; mais je n'avais pas encore trouvé un aussi beau cas que celui-ci.

L'affaire Flachon s’est déroulée jusqu’au bout sans qu il fût question de l'instituteur signalé depuis quinze jours, quotidiennement, par l'Action française.

L'Action française a publié son nom, et le contenu de la note de police, figurant au dossier sous la cote 399 bis, qui le montre : 40 divorcé pour avoir voulu contraindre sa femme à la prostitution ; 20 inculpé de participation s&etive à la traite des blanches; 3° amawt et colaborateur de la proxénète « Nitchévo », pourvoyeuse de la bande Flachon; 4 instituteur publie en fonclions dans une école de garçons du IHif arrondissement.

Le directeur de cette école aété interrogé par

RPC

un journaliste. Il a répondu « qu'il n'avait pas à s'occuper de la vie privée des instituteurs »

Admirable |

Les politiciens disa ient déjà : «Ne vous oc- Cupez pas de savoir si je suis un Concussionnaire, un voleur, un maître-chanteur, un satyre, un pilier de trip GE : c'est de la vie privée. Parfaite crapule dans ma vie privée, je suis tout de même un //onorable dans le monde politique. »

Le raisonnement est trop ingénièux et trop commode pour ne pas faire la joie ‘de tous les malfaiteurs. Il trouve aujourd'hui sa plus remarquable application : le proxénète professionnel (vie privée), éducateur officiel de la jeunesse française (vie publique;.

À propos de l'affaire Curie, nous demandions aux gens de l'Enseignement supérieur : « Estce donc là votre morale laïque ? »

L'Enseignement primaire fournit la réponse.

Les pères de famille sont avertis,

Quand l'instituteur public recrutera dans sa propre classe des sujets pour le divertissement privé des Flachons, à quel point précis de l’opération va-t-on fixer la limite du domaine public et du domainè privé ?

Ye Leurs enfants!

FRivarol pose éette question :

« Si M. Bédorez, directeur de l'Enseignement primaire, avait un enfant aux écoles de la rue Béranger, sous la coupe de l’institeur-proxénète, tolèrerait-il longtemps cette attente et ce risque? »

Je posais naguère la même question, quand le citoyen Jaurès publiait Nana dans sa feuille, et répétait chaque jour en gros caractères :

« Camarades, lisez Nana; faites lire Nana dans

vos familles ! >»; et quand le citoyen Jaurès pro-

nonçait à la Chambre sa mémorable apologie de Soleilland. Je demandais si la fille du citoyen

Jaurès lisait Vana, et si les exploits de Soleilland eussent été applaudis au château de Bessoulet.

La réponse des Jaurès, des Bédorez et de tous les exploiteurs de la démagogie ne varie pas :

« Nous avons, disent-ils, une doctrine pour nous, et une doctrine pour nos dupes. Nos enfants ne sont pas des voyous. Nos enfants, baptisés à l'eau du Jourdain, font leur première communion, étudient dans les couvents chic, passent leurs vacances dans des châteaux, bien gardés par. des chapelains, des précepteurs, des gouvernantes. Ils n’ont rien à craindre des proxénètes et des satyres. » :

C'est exact. Tandis que les petites filles des ouvrières affamées aux Cent Millé Palelots sont de la chair à plaisir pour les tribuns et négriers socialistes.

Ga les repose des comtesses belges où moldo-: valaques, et des pensionnaires à Claretie.

Récompenses nationales.

Le #ouvernement demande aux Chambres de voter une pension viagère Ge 1.800 francs à la sœur dé M. Pierre Picard, inspecteur des télégraphes, mort pauvre le 6 novembre 1910, « à titre de récompense nalionale en reconnaissance des services rendus à la Science et a la Nation par les travaux de M. Pierre Picard en matière d'élec-

tricité et de télégraphie, particulièrement en matière de télégraphie sous-marine ».

Par exemple, les inventions de ee modeste fonctionnaire ont permis la communication directe entre Paris et Alger, puis l’utilisation en triple de l’appareïl Baudot. Simplification, rapi-

“ -dité, économies considérables.

Reconnaissance nationale : 1.800 francs.

Mais à M. Tanes, pour épouser Mile Fallières; à M. Le Gall, pour avoir ramassé les pantalons et les corsets dans le f...umoir de Félix Faure ;à 3 M. de Hault de Pressensé, pour avoïr vendu sa | conseiènce ef l’'Aurore au ministère de l'intérieur; à tous les valets du régime : des trésoreries généralés valant de40.000 à 200.000 francs de rente. .

À tous les Q.-M. que rejette le suffrage universel, des recettes particulières et des perceptions valant de 20.000 à 50.000 francs de rente. À tous les courtiers électoraux, gendres et neveux de Q.-M., protégés d’actrices et d’hétaires oflicielles, des bureaux de tabac. Des pensions dé 12.000 franes aux vieilles maîtresses de mi nistres et de Présidents de la République...

Fa Notre belle marine.

On plaidait, au Palais, le procès d’un avoué contre son propriétaire, en résiliation de bail. L'avoué se plaignait que le voisinage d’un cou-

.turier, la circulation des trottins, des mannequins, des ouvrières et des clientes troublât le recuetllement de son étude et déses clercs.

L'avocat du propriétaire fit cette triomphante

objection : « La maison est si tranquille qu'un EE de nos plus célèbres lieutenants de vaisseau y

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a loué un petit appartement pour faire de la littérature, et qu'il y confectionne une kyrielle de romans. »

Pendant ce temps-là, les cuirassés sautent, les torpilleurs coulent, nos admirables matelots apprennent la navigation dans dés bouges infâmes. Vive la France! all right!

On pourrait peut-être mettre ces guerriers en demeure de choisir entre le métier pour lequel nous les payons — et l’autre.

Il eët vrai qu'une marine où l'escadre légère comprend six croiseurs cuirassés placés sous l'invocation de: (4° division) Waldeck-Rousseau, Edgar-Quinet, Ernest-Renan, (2° division) Zéon- Gambetta, Jules-Ferry, Victor-Hugo, est fatalement une-marine d’opérette. 7

Mais elle coûte trop cher pour une farce!

Simple rapprochement.

En deux jours, deux catastrophes de chemin de fer : à la gare d’Austerlitz et à Bondy.

Les mécaniciens sont immédiatement ineulpés d'homicide par imprudence.

Qui les jugera ? La juridiction de droit commun.

Pourquoi pas d'autres mécaniciens, leurs camarades ?

- Les officiers de vaisseau qui échouent les bâtiments, qui les font ou les laissent sauter, sont jugés par d’autres officiers, leurs camarades:

Les victimes de la Liberté étaient cent fois plus nombreuses, et le désastre national mille fois plus grave à Toulon qu'à Bondy. Pourquoi

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deux poids et deux mesures ? Pourquoi deux 4 s 6

Justices ?

Alors surtout que MM. les officiers de vaisséau sont «en bordée» quand leurs cuirassés font explosion ; tandis que les mécaniciens sont sur leurs machines, marqués les premiers pour la mort!

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