‹ De Tartufe à Ces messieursChapitre 1 sur 4 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Voici un tout petit livre sur la bihlio" graphie d'an grand sajet : de Tartufe à Ces Messieurs. Il s'agit ici de préciser une série d^efforts tentés pour la liberté, par les écrivains du théâtre et du roman. Comment des esprits affranchis se sont-ils figuré le râle du prêtre vis^à-vis de la société, quel jugement ont-ils porté sur V emprise de Vidée religieusey de Vidée catholique sur notre civilisation ?

La grande ligne, la courbe du sujet c'tst le constat d'un enhardissement du penseur visà-vis de la puissance hostile du dogme impérieux et de ses gardiens sévères. La

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liUérature anti-cléricale est vieille comme la littérature frcaiçaise ; dès que notre littérature raille et gronde, cest le moine qu'elle brocarde et qu'elle harcèle. Il y eut peut-être plus de courage à lancer la plus inoffensive plaisanterie, dans ces temps d'obédience absolue que plus tard à vouloir écraser ïinfâme.

Il y avait' chances de bûcher pour le livre et pour le plaisant. En tous cas on s'en tint longtemps à attaquer les faux-semblants; Cest un gage que Von donne à la religion que de lancer les fléchettes de ïépigramme contre le moine goinfre et dissolu. Plus tard Molière ne fait nulle pari profession de piété, mais non plus d'athéisme. Il laisse dire que Tartufe est le faux dévot ; il ne le dit point. Il montre. On a eu beau révoquer Védit de Nantes; la Réforme a duré^ encore qu'on traque les camisards. Des auio-da-fé brûlent encore en Espagne quand Voltaire et Diderot attaquent la religion et le prêtre. Il ne s'agit plus de fauxsemblants, dhypocrisies de piété dévoilées, H y a cela et autre chose; la question de principe. Voltaire défend à V homme intelligent d'être prêtre ou muphti. La Révolution tente de supprimer le personnage du prêtre^ de

DE TARTUFE A CES MESSIEURS It

faire rentrer le clergé dans la loi de la vie commune. Elle déprêtrise. Après la restauration du cultet Stendahl indique que V Eglise est redevenue puissance politique. Quelques prêtres anachroniques continuent à parler latiriy gardent une âme Janséniste ; les autres font de la politique et de t information politique par le confessionnal. Hugo décrit Vévêque Myriel et passe à Torquemada. Dans sa pensée définitive le prêtre est l'ennemi du Christ.

Dans la tendance nouvelle, après le réalismCy récrivain préoccupé de ces questions néglige la personnalité dû prêtre pouf s'attaquer à sa règle. Notre moderne déterminisme ne vient point reprocher leurs actes à ces hommes, ni même les comhcUtre.

Il veut les expliquer, les faire comprendre à eux-mêmes, leur montrer comme en un miroir leur anormalité dans le monde, enchaînement de visions nouvelles ^ déroulement continu d^évoUUion; V exégèse se charge d'établir la caducité des systèmes religieux; le roman ou le théâtre explique les contacts du prêtre avec une vie dont U est ou Vennemi ou la vîcUme.Ainsiparlent Anceydans GesMessieurs

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