‹ De tout un peuChapitre 15 sur 34 · LE MAÎTRE D’ÉCOLE · texte numérisé non relu

LE MAÎTRE D’ÉCOLE

Qu’il essaye seulement! Je voudrais bien voir...

’ HOOGE.

Vous le verriez et vous ne pourriez pas l’empêcher, Ils appellent cela la liberté de la presse ; mais, en vérité, celui qui ne vivrait pas toujours comme un petit saint serait exposé à se voir rudement malmené par la presse.

RARE, chirurgien.

Menez une vie régulière, cela ne fait tort à personne. Vous pourriez cependant de cette manière, vous dire les uns aux autres ce que vous pensez; vous pourriez même, si bon vous, semblait, vous prononcer contre Struensée et le gouvernement.

HOOGE.

Eh quoi ! nous prononcer? Je ne veux pas me prononcer, moi; je veux tenir ma langue, et il faut que les autres la tiennent aussi. Que chacun s’occupe de faire bouillir sa marmite.

LE MAÎTRE d’ÉCOLE.

Ne tenez pas des propos si téméraires, compère Babe. Pourquoi sommes-nous gouvernés, si nous voulons nous prononcer contre le gouvernement? Un bon gouvernement doit tout gouverner, le cœur, la bourse, la bouche et la plume. Dans un État bien ordonné, c’est un principe fondamental que l’on tienne sa -langue, comme le disait Hooge avec sa loyale bonhomie; car celui qui parle et imprime doit aussi'penser quelquefois, et rien n’est plus dangereux pour de fidèles sujets que de penser.

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