‹ De tout un peuChapitre 32 sur 34 · La catastroplio du cheinin de fer de Versailles · texte numérisé non relu

La catastroplio du cheinin de fer de Versailles

l’i.NCKNOIE de HAMBOUnr. •16-*

bienfaisant, il faut nommer tout d’abord M. James de Rothschild, un nom qu’on est sûr de rencontrer là où il y a une œuvre d’humanité à accomplir. Et mon pauvre Hambourg est en ruine, et les lieux où se'rattachent si étroitement tous mes souvenirs de jeunesse, ne sont plus que décombres fumants 1 Je déplore surtout la disparition de la tour de Saint-Pierre; — elle était si élevée au-dessus de la petitesse de son entourage ! La ville sera bientôt rebâtie avec des maisons rectilignes et des rues tirées au cordeau, mais ce ne sera pourtant plus mon vieux Hambourg, ma vieille ville toute de guingois avec ses recoins bavards. Le Breitcngiebel, où demeurait mon cordonnier^ et où j’allais manger des huîtres, — la proie des flammes! Le Correspondant de Hambourg annonce, il est vrai, que le Dreckwall ressortira bientôt de ses cendres comme un phénix, — mais, hélas ! ce ne sera plus le vieux Dreckwall !

Et l’hôtel de ville! que de fois je m’amusai des statues d’empereurs qui ornaient sa façade, et seiYiblaient sculptées dans de la viande fumée de Ham- ' bourg! Les hautes perruques bien poudrées qui donnaient un air si majestueux aux pères de la République, ont-elles été épargnées par le feu? Le ciel

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me garde, dans un moment comme celui-ci, de tirer un tant soit peu ces vieilles perruques! Au contraire, je rendrais volontiers témoignage, aujourd’hui, (|ue hîs gouvernants de Hambourg ont toujours devancé les gouvernés en bon vouloir pour le progrès social. Le. peuple, ici, a toujours été bien au-dessous de ses représentants, parmi lesquels on compte des hommes de la culture et de l’esprit le plus étendus. Mais il est à espérer que le grand incendie aura aussi illuminé quelque peu les intelligences inférieures, et que toute la population de Hambourg reconnaîtra aujourd’hui ((ue l’esprit du ’ tem[)s qui, daujj cette infortune, lui fait sentir ses bienfaits, ne doit plus être^otîensé à l’avenir par les

petitesses du mercantilisme. H ne sera surtout plus possible maintenant d’ajourner davantage à Hambourg le moment où l’égalité civile des différentes confessions sera reconnue. — Nous voulons espérer de l’avenir les meilleures choses, puisque ce n’est pas en viÿn que le ciel envoie ses plus grandes épreuves.

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