‹ De tout un peuChapitre 7 sur 34 · I.KTTKKS 1)F. nEnr.lX ■ t · texte numérisé non relu

I.KTTKKS 1)F. nEnr.lX ■ t

de raracir*re, pour amuser les autres. Par la même raison, les dames sont masquées tout simplement •en chauves-souris. Une l'oule de fcwmeü enlirfemica

et de prêtresses de la Vénus des rues papillonnent

sous cette forme et nouent des intrigues dans l’intcrêt de leur commerce. « Je te connais, » chuchote ici une de ces étoiles fdantes ; « je te connais aussi, » est la réponse. « Je te connais, beau masque, » crie là une chauve-souris au devant d’un jeune déhanché. « Si tu me connais, ma belle, tu nés pas grand’ chose, » répond le méchant tout haut, et la donna, compromise, s’évanouit comme le vent.

Mais que nous importe de savoir qui est sous le masque? On veut s’amuser, et, pour s’amuser, il ne faut que des hommes ; car on ne devient homme, en quelque sorte, qu’au bal masqué, où le masque de cire recouvre notre masque ordinaire de chair, où le simple tu rétablit 1a familiarité des sociétés primitives, où un domino cachant toutes les prétentions,, produit la plus belle égalité, et où règne la

liberté plus belle, — la liberté des masques. Pour

moi, une redoute a toujours quelque chose de trèsdivertissant. Quand les cymbales tonnent, que les trompettes retentissent, que les flûtes et les vio-

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Ions y enlrenit'lent k*urs doux et (‘arossnnls accords, alors, comiTie un nageur lénn'raire, je nie. précipite dans les flots bouillonnants et bizarrement éclairés des hommes, et je danse, et je cours, et je plaisante et je lutine les*uns et les autres, et je ris, et je dis à tort et à travers tout ce qui me vient à la tête. Dans la dernière redoute, j’ai été particulièrement gai ; j’étais si fou que je ne sais vraiment pourquoi je n’ai pas marché sur la tête. Si mon plus mortel ennemi m’était venu à la traverse, je lui aurais dit : « Demaio, nous nous tuerons; mais aujourd’hui je veux cordialement te couvrir de baisers. » I^a plus pure gaît^, c’est l’amour; or Dieu est l’amour, donc Dieu est la plus pure gaité ! Tu es beau ! Tu es ehormnut! Tu es l’objet de ma flamme! Je t’adore, ma belle ! C’étaient la les paroles que mes lèvres répétaient cent fois instinctivement. Et je serrais la main à tout le monde, et j’ôtais trè.s-gentiment mon chapeau à tous, et tous les hommes me rendaient mes politesses. Seul, un adolescent allemand fit le rustre, et déblatérait contre ce (lû’il appelait ma singerie des manières de la Babylone ivelcJie, et tonna de sa voix de basse de vieux Teuton, buveur de bière : « Dans une mascarade allemande, l’Allemand doit parler al-

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lemand. » — 0 adolescent allemand, comme je te trouve, toi et tes paroles, non-seulement niais, mais presque Idasphémafoires, dans ces moments où mon finie embrasse avec amour l’univers tout entier; oii Je voudrais, en jubilant, embrasser Hiisscs et Turcs, où je voudrais, en pleurant, me jeter au cceur de mon frère l’Africain enchaîné. .l’aime rAllemaf,me et les Allemands; mais je n’aime pas moins les habitants du reste de la terre, dont le nombre dépasse quarante fois celui de tous les Allemands. L’amour donne sa véritable valeur à l’homme. Dieu merci! je vaux donc quarante fois plus que ceux qui ne peuvent pas se dégager du bourbier de l’égoïsme national et qui n’aiment quor.Mlemagneet les Allemands,

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