ON DONNERA PAR EXTRAORDINAIRE UNE BRILLANTE REPRÉSENTATION
DE
MARRRCHAND DH ABITSS
Pantomime en 2 tableaux de M. COT D’ORDAN
avec
JEAN-GaspArD DEBURAU
De plus, une pancarte accrochée à la porte du théâtre indique le prix des places. La musique qui jouait s’interrompt — et l’aboyeur
s'approche de la rampe.
ee
L'ABOYEUR
parlant an public
O Peuple de Paris. Peuple qui déambule,
Arrête ici tes pas. voici les Funambules !
Le Théâtre des Funambules.. le voici !
Ne passez pas, messieurs. entrez tous ! C’est ici !
Entrez, manants et gentilshommes !
Entrez, messieurs |
C’est ici que l’on peut pour de modiques sommes
Voir des comédiens tout à fait merveilleux...
Uniques…
Uniques et savants !
En avant
La musique ! |
(La musique reprend — maïs il Pinterrompt bientôt et continue
son boniment.)
Noble et charmante populacé,
Admire en vérité
Cette modicité
Du prix des places !
Pour les gens très huppés
Qui viennent en coupé
Nous avons l’avant-scène.
- Ce couloir vous y mène
Et c’est un coin délicieux
Qui coûte un franc cinquante exactement, messieurs ! Nous avons tout prévu :
Les loges de balcon ne sont pas très en vue, Si l’on veut s’y cacher pour des raisons intimes. Ca coûte un franc vingt-cinq centimes !
L’orchestre : quinze sous.
Ce n’est pas le Pérou !
Et l’on est bien :
On est de face !
L’amphithéâtre, c’est pour rien :
Dix sous la place |
Et quant au paradis,
Savez-vous combien c’est ?
Eh ! Bien, en bon français,
Messieurs, je vous le dis :
C’est fou.
Cinq sous |
Cinq pauvres sous !
Cinq, oui !
Pour voir un spectacle inouï...
Admirable... charmant. exquis.
Hep ! Vous alliez entrer chez madame Saqui | Venez, monsieur, venez.
Ce n’est pas comparable !
Vous alliez vous casser le nez !
Ici, monsieur, c’est admirable !
Je ne sais même pas à côté si l’on joue !
On n’y va plus du tout,
C’est fini, c’est fini.
Quand on est déloyal, on est toujours puni.
C’est une ingrate !
Ingrate, encor, mon Dieu... mais je suis obligé D’ajouter que l’ingrate est une ingrate âgée | Qu’offre-t-elle au public ? De pauvres acrobates, Des sauteurs qui ne sautent pas,
Des danseurs qui ne dansent pas,
Des soubrettes sans nul appas,
Et des comédiens
Veufs de légèreté, de finesse et d’astuce.
Bref, chez elle on ne trouve rien.
Sinon des puces !
Tandis qu'ici, messieurs, vous avez Deburau, Le plus illustres des Pierrots,
Et le meilleur !
Que dis-je, le meilleur ? Il en est l’inventeur Divin !
Avant qu'il vint
On disait : Gilles.
Et c'était un pantin -
Très agile
Et fragile.
Depuis qu’il est venu,
C’est devenu :
Pierrot ! ke
Un être famélique
Etrange et flegmatique.
Venez voir, messieurs, Deburau — Qui jamais n’a dit un seul mot Puisqu’il peut tout dire par gestes.
Je vous jure qu’il est troublant.
Venez voir cet homme tout blanc, Avec sa longue veste
Blanche
Et ses interminables manches |!
Dans le bon vieux Cassandre Nous offrons monsieur Alexandre 5 Laplace.
Dans le Marchand, monsieur Laurent...
Et nous avons encor deux places Au premier rang |
C’est madame Rébard qui fera la Duchesse...
Vous connaissez tous son adresse !
C’est Clara
Qui fera
La Soubrette…
Et c’est Justine eh ! oui, Justine, Qui fait tourner toutes les têtes, Et qui ce soir fait Colombine.
Un dernier mot :
Les décors sont nouveaux...
Les costumes aussi...
Cat ici
Tout est beau !
La pantomime en deux tableaux, Due à l’imagination
D'un grand ami
(hate
De la direction,
À pour titre: « Marrrchand d’habits ! »
C’est à la fois comique Et c’est très émouvant...
En avant La musique !
La musique reprend et, à la faveur de Pobscurité, s'opère un changement qw’il est convenu de nommer un changement à vue. PSS CeStes
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