‹ DeburauChapitre 3 sur 27 · ER MIE RSA CIRE · texte numérisé non relu

ER MIE RSA CIRE

Le décor représente maintenant lintérieur du Théâtre des Funambules.

Ce décor a deux plans.

An premier plan, c’est le foyer — le foyer du public — qi devient à minuit le foyer des artistes.

À gauche, la buvette — et la porte qui mène aux coulisses : “Entrée des Artistes", dit-elle.

À droite, la porte à deux baftants qui s’onvre sur la rue. C’est par cette porte que le public s’en vient ef s’en va.

A centre, au second plan — séparé du premier par des rideaux gwon ouvre à volonté — le théâtre. C'est-à-dire la salle, orchestre et la scène des Funambules.

La salle est exige, l'orchestre est peu de chose et la scène est petite.

A ce moment, la Salle est pleine jusqu'aux bords et le rideau d’avant-scène est an sol.

Dans les baignoires et dans les loges, il y a des femmes et des bommes élégants. La plupart des autres spectateurs sont des gens du peuple. Quelques hommes ont déjà retiré leur jaquette. On crie, on chante, on se bouscule, on attend — et lorchestre s'accorde — et sa cacophonie paraît s’harmoniser avec le tinfamarre.

EF si ce n’était bas pittoresque — et fameux — tout cela serait assez minable, en somme.

APN CR COR €

ROBILLARD

qui vient d'entrer . Hein ? Ce succès, mon vieux, c’est fou !.… Quelle soirée !

MONSIEUR BERTRAND Et quelle belle salle... élégante... parée.

ROBILLARD La recette ?

MONSIEUR BERTRAND

J'attends !. [A Ja caissière.) Allons, vite. combien ?

LA CAISSIÈRE qui fait ses comptes 3 et 2, 5. et 2... un instant. c’est très bien.

D 227: Ct:4, 10...

MONSIEUR BERTRAND Oh ! Mon Dieu, qu’elle est lente |

L'AMCAISSILERIE Et 2, 4. Monsieur ?

Quoi ?

LA CAISSIÈRE Ca fait 730!

MONSIEUR BERTRAND 730 ! ! ! Elle est folle ! Allons, voyons... fais voir.

LA CAISSIÈRE Mais je suis sûre, enfin, monsieur, voici la somme.

MONSIEUR BERTRAND Attends. laisse-moi donc... fais voir...

Plus de 700... voyons, mais c’est le maximum. (I] compte à son tour.)

Nous Pavons fait ce soir |

PACE2/5.. cth2 tontu7.|

Ah ! Mes enfants, quelle recette !

Je n’ai jamais fait ça !.. Jamais ! Jamais ! Jamais ! Mon ami. 730!!!

Ah ! Je t’embrasserais !

LATCAISSTERE Si vous voulez |

MONSIEUR BERTRAND Non, je plaisante.

Obltyz0o1! 11

PASGARISSIÈRE

J'ai fait aussi pendant l’entr’acte… et les voilà... 3 francs 25 d’oranges, Et.2 de cervelas !

MONSIEUR BERTRAND

Mais c’est un ange |

ROBILLARD

Et quel succès pour Deburau — c’était superbe ! J1 a d’ailleurs trouvé, mon cher, en arrivant Ce soir dans sa loge une gerbe…..

MONSIEUR BERTRAND

Une gerbe de quoi?

ÉOBIETLARD De très beaux œillets blancs.

MONSIEUR BERTRAND

Une femme du monde encor...

ROBILEARD

Probablement.

Il n’aime pouttant pas les histoires de femmes. Il à peur des embêtements.

Et des drames.

Quand on lui fait la cour,

I] emploie un moyen charmant

Afin d’y couper court :

Il sort le portrait de sa femme.

Et comme elle est jolie, infiniment...

MONSIEUR BERTRAND Quel type!

On ne la voit jamais ?

ROBILLARD Jamais. C’est un principe.

Il la garde pour lui, pour tenir sa maison.

Il a, d’ailleurs, je trouve, absolument raison. Chaque chose à sa place.

MONSIEUR BERTRAND

Je suis de cet avis. Dis donc,

Quel était ce bonhomme avec un très grand front Et les cheveux très noirs

Et très longs,

Dans la baignoire, au fond... ?

L'ABOYEURS On me l’a dit ce soit.

Un nom en « on ».… c’est un poète. attendez donc...

MONSIEUR BERTRAND Connu ?

L’'ABOYEUR Plutôt connu... jy suis: Victor Hugon.

MONSIEUR BERTRAND Victor Hugo.

L’'ABOYEUR Pas « gon »?

ROBILLARD Mais non, mon vieux, mais non.

S MONSIEUR BERTRAND Hugo | Dis donc, quelle réclame |

; REBELLE AR DL = Tiens ! de te crois. Victor Hugo!

Er

ee MONSIEUR BERTRAND

Mais. je vois là quelqu'un. qui se cache. Pardon... à Pardon, madame...

Vous attendez quelqu’un ?

metre

LA DAME Où monsieur Deburau.

a ; MONSIEUR BERTRAND Ah ! on parfait, madame. Elle attend Deburau.

71 ROBILLARD

est sans ue la dame aux fleurs. ;

LA DAME À passe Le ici, n'est-ce pas ?

= ROBILLARD madame. +

i faut un petit quart d’heure.

as un instant, vous le verrez.

MONSIEUR BERTRAND

ROBILLARD Ça — nous n’en savons rien encor.

En tout cas, c’est vraiment dommage Qu'il ait ce rendez-vous.

Nous aurions pu souper tous ensemble, entre nous, Au petit café du passage.

Sans Deburau, c’est impossible.

ROBELIARD Evidemment.

MONSIEUR BERTRAND Et c’eût été charmant, N'est-ce pas ?

Comme ça, : Entre amis.

LABOVEUR à part Il se consolera de cette économie.

JUSTINE qui vient d'entrer Vous êtes encor là?

.MONSIEUR BERTRAND Nous bavardons.

HUSSALIN TE Dis donc,

Quel succès, hein, ce soir ? Oh! C'était merveilleux ! La recette ?

Très bien.

JUSTINE

Oui, mais combien ?

MONSIEUR BERTRAND Devine un peu.

JUSTINE 6oo ?

MONSIEUR BERTRAND Non — davantage.

JUSTINE Non ?

MONSIEUR BERTRAND

Si. C’en est indécent.

Près de 800!

ELA UR ENT qui vient d’entrer 800 quoi ?

JUSTINE La recette.

LAURENT Non &

MONSIEUR BERTRAND Si!

LAPEACE qui vient d’entrer avec Clara Combien ?

LAURENT Devine…

MONSIEUR BERTRAND Un peu plus de 800.

CLARA On va faire la-fête ?

ROBILLARD Impossible.

CEAXRA Pourquoi ?

MONSIEUR BERTRAND Deburau ne peut pas.

JUSTINE Pourquoi ne peut-il pas ?

ROBILLARD Il a pris rendez-vous.

CLARA Avec qui?

ROBILLARD Taisez-vous.… Elle est là.

JUSTINE

Br Ficin?

Qu'il vienne après nous raconter.

Qu’il ne trompe jamais sa femme.

ÈS CLARA Re — pe" Elle n’est pas très bien, la dame.

à - ROBILIEAR D F ‘ds est gentille.

CLARA

Oh! No regarde-la, mon cher, Elle à bien quarante ans!

ROBILLARD [a qu'est-ce que ça peut te faire ?

ne ie n’est pas toi qu’elle attend.

M JUSTINE Eh i Bien, tu n’attends pas ton vieil ami Pierrot ?

ROBILLARD

TOUS Bonsoit.

MADAME RÉBARD qui vient d'entrer Il est parti? ROBIELARD Qui ?

MADAME RÉBARD Deburau ?

ROBE ARD Non, pas encor. Bonsoir.

(Robillard s’en va.)

MADAME RÉBARD Combien fait-on ce soit ?

MONSIEUR BERTRAND Pas bien loin de 900.

MADAME RÉBARD Non ?.… C’est prodigieux !

CLÉMENT qui passe au fond et va pour sortir Bonsoir, mesdames et messieurs.

MONSIEUR BERTRAND Dis donc, Clément...

CLÉMENT Patron ?

MONSIEUR BERTRAND Ecoute un peu — viens donc.

Je ne suis pas content, tu sais.

CLÉMENT De moi ? :

MONSIEUR BERTRAND De toi.

CLÉMENT Pourquoi ?

MONSIEUR BERTRAND

Mais parce que, tout simplement, Tu ne respectes pas, mon vieux, l’engagement Que je t’ai fait signer.

CLÉMENT Oh! Patron, je...

MONSIEUR BERTRAND

Mais non.

Ta conduite n’a pas de nom!

Car tu m'avais juré — juré de ne plus boire

Par semaine qu’un jour, le jeudi seulement.

Or, on est vendredi, si j’ai bonne mémoire... Et tu empestes |

CLÉMENT

Ça c’est d’hier, patron — oui, c’est l’odeur qui teste.

MONSIEUR BERTRAND

Quel menteur ! J'aurais honte à ta place, Clément.

: CLÉMENT Mais j'ai honte, patron. Ça me fait de la peine D’être obligé de vous mentir, de me cacher.

MONSIEUR BERTRAND Pourquoi bois-tu ?

CLÉMENT Je ne peux pas m’en empêcher !

Ah! Croyez-moi, patron — allez, Donnez-moi deux jours par semaine !

MONSIEUR BERTRAND Comment, deux jours ?

CLÉMENT Pour me saouler.

Ça vaudrait beaucoup mieux.

On n’en parlerait plus, ce serait décidé.

Je crois que ce n’est pas une mauvaise idée.

Donnez-moi le lundi, tenez... c’est un jour creux.

MONSIEUR BERTRAND Tu voudrais le remplir.

| CLÉMENT Oui, patron — soyez généreux.

Dites, faites-moi ce plaisir, Donnez-moi le lundi.

Hein, mon patron ?

MONSIEUR BERTRAND Deux jours ?

L ie RSS ee £ PME < ee DEB URAU.

; CLÉMENT

* | Vous soutiez.…. c’est dit ?

M + ae

Oui, mais tu sais — pas un de plus.

CLÉMENT

(A PAboyeur, en sortant.)

0 TIFSTAINEL Le Dis donc, Clara,

Tâche donc de savoir,

Ettu me le diras,

Quels étaient ces deux grands yeux noirs

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