‹ Débuts d'un évêque missionnaire [microforme]Chapitre 7 sur 11 · RETRAITE · texte numérisé non relu

RETRAITE

Sa Grandeur anonce qu'elle prêchera Elle-même la retraite de uit jours aux sauvages, du 12 au 19 mars. La Pie et le bonheur de ces Pauvres gens éclatent de

rtout. Ils n’osaient tant espérer | Que cette joie et ce bonheur soient pour tous une

fficace et salutaire impulsion au bien | Que le Bon

im-MMaître daigne lui-même exciter et fortifier tous les

œurs! Daigne-t.i] aussi accorder à Sa Grandeur, n retour de ses peines, de ses travaux, de l’amour u'Elle porte à toutes ces âmes, la grâce de les conuire ‘Ad Jesum Per Mariam’.

À Notre Grand Chef

de la prière que nous aimons.

Il nous semble que c'est un grand jour de fête aujourd'hni dans notre Pays ici au Pas en te voyant venir à nous, Monseigneur, étant revêtu de la Gran.

deur de Grand Chef de la prière. Depuis longt: nous entendions dire qu'on voulait te faire G Chef de la prière, dans ce Pays du Nord. C’est I quoi nous étions dans l'ennui ete voir arriver t tôt dans notre Pays. Enfin, aujourd'hui il ar que nous te voyons. Vraiment nous nous réja sons et nous remercions (sommes reconnaissant

Autrefois tu nous as bien traités pendant que étais prêtre. Tu as eu bien soin de nos âmes. L:

visiter. Bien des fois aussi tu nous as enseigné bonne nouvelle (bonne conduite). Maintenant consens encore à venir Prendre soin de nos âm Vraiment, nous te remercions de tout cœur.

Jadis, nous t’avons respecté, à plus forte raisc Maintenant que tu es évêque, nous allons

ttre adressée à Mer Charlébois par les métis sa mission de Cumberland.

(Traduction)

8 métis de l'Ile d’pinette (Cumberland), ivant au Grand Chef de la Prière, Mer Charle-

Mrandement nous nous réjouissons tous en enterfdirt dire que l’on veut te faire Grand Chef de la ère. Tous et chacun rendons des actions de grâ-

à cette grande nouvelle. Nous apprécierons sucoup les soins spirituels que tu nous procureras | notre bonheur. En autant que nous le pour-

ds nous allons prier pour toi. Nous allons comnder des prières (ls messe) dans notre église > au jour où on te fers Grand Chef de la Prière tous alors nous entrerons dans l'église pour prier ur toi. Nous désiruns fortement te voir dans autre pays lorsque nous irons prier pendant la nuit esse de minuit). Plaise à Dieu qu'il en arrive Asil Alors nous n'épargnerons rien pour te saluer mme il faut. Tous tant que nous sommes en ce

, nous t’aimons pour le bien que tu nous as fait.

D De nouveau tu veux bien te sacrifier pour avoir

Action Sociale du 29 avril 1911.

PREMIERE VISITE PASTORALE DE 1 CHARLEBOIS Journal de voyage.

| Delmas, Sask., Canada, 21 ai | Le 13 du courant, je quittais mon pauvre é:

de Le Pas en co ie du bon Père i 0. M. I., qui se rendait à l'Ile à la Crosse. lendemain le Vapeur nous déposait à Prince À assez tôt pour dire nos messes. Dans l'aprèsj'étais à Duck Lake dans ma chère école de 8. Michel. Il m'était doux de revoir mes bons p sauvages ainsi que les Pères et les dévouées & de la Présentation. Dans la soirée la joie fut c Plétée par l'arrivée de Mer Pascal, qui venait de toche où il avait donné la confirmation. Ce | heur se prolonges encore toute la journée du ler Main ; mais il fallait dire adieu à cette bien-ai: institution où j'si passé sept belles années de Le 16, à midi, nous étions les hôtes du R. P. : chon, ©. M. I., à Saskatoon. Mon cher neveu, Père Arthur Lajeunesse, O, M. I., était là au Pour égayer la conversation. Le temps passa vi l'heure de reprendre le train sonna trop tôt.

En passant à Battleford, les RR. PP. Delmas Paillé, O. M. I., se Joignirent à nous. Leur co:

ynie ne dura que deux heures mais elle fut joyeuse agréable.

la gare de Delmas tous descendirent, même le Rossignol. Je restai seul pour le reste de la t.

e bonne heure le lendemain, j'étais dans les s de Mer Legal, du R. P. Grandin et de toute ommunauté des Oblats d'Edmonton. L'accueil sincère et cordial. Je me sentais au-milieu de es affectueux et dévoués.

Bientôt nous étions à Saint-Albert. Là comme à monton, je fus l'objet de maintes amabilités, out de la pert üe Sa Grandeur Mer Legal, Il Apargna rien pour rendre ma visite des plus agrées. J'étais vraiment confus de tant d'égards et prévenances. Au petit Séminaire et au Count des Sœurs Grises une gentille réception avait préparée. Tout y r>pirait une vive sympathie. m'en sentais indigne ce qui mé rendait d'autant

s reconnaissant.

L'heure du retour sonna bientôt ; mais je rempordans mon cœur un doux souvenir de ma visite Saint-Albert.

e m'arrêtai à la mission de Delmas où j'avais sse mon compagnon, le R. P. Rossignol. Ici mme à Saint-Albert, je suis l’objet de toutes sortes

nt. Il avait préparé une magnifique cérémonie

hill | it} |

de confirmation, qui à eu lieu ce matin. 8 petite église était bondée d'une population u cosmopolite : de Français, de Canadiens, d’Ai de Métis et de Sauvages. Il y en avait pou les goûts. Plusieurs jeunes enfants eurent le heur de recevoir pour la première fois le Di l'Eucharistie, et 61 reçurent l'onction du !

Chrême. Le chant fut des plus charmants, I] présidé par les bonnes Sœurs de l’Assompti.

exécuté par leurs petites sauvagesses : (ces £ ent ici une jolie école-pensionnat pour les en indiens).

Le bon Père Delmas eut l'excellente idée noncer la quête en ma faveur. Ses bons fidèl montrèrent plus généreux que jamais. Cela permettra de continuer ma route ; car j’entrepr Un voyage de plus de 2,000 milles avec une bo vide. Je ne compte que sur la bonne Provide La cérémonie religieuse fut suivie d’un bon dîne d’une gracieuse réception au Pensionnat. Ce fi bouquet de la fête et l'adieu à la civilisation : dans quelques instants, il faudra prendre la route conduit au vrai pays sauvage.—‘‘Merci, braves h tants de Delmas: merci, à votre généreux ct merci à vos bonnes et dévouées religieuses !’” (

le bon Dieu daigne récompenser votre grande cha: à mon égard.

22 mai, (sous le tente, près du lac des Sables. : Premier campement sous la tenté. Il est ch

nt, sur le bord d’un petit lac remarquable par la mpidité de ses eaux. Une brise du nord chasse maringouins et nous laisse espérer un doux

08. 11 sera le bienvenu ; car nous sommes harasde fatigue. Depuis hier à midi, nous voyageons is au fond d’une lourde boîte de wagon sans res-

et par des chemins dont les nombreuses aspés n'ont jamais été aplanies. On peut s'imaginer secousses de toutes sortes qu'il faudra subir du stin au soir. — Notre guide est un des bons sau- : ges du Père Delmas. C'est une excellente nae. Ila la réputation d'être toujours content et . tisfait. Son bras est robuste et capable de manier fouet. Ses deux petits chevaux en savent quelque se.

Nous avons 60 milles environ de parcourus, à trars un pays ouvert à la colonisation. Il y a à ine une dizaine d'années, c'était un désert inhaté. Maintenant on voit des fermes et des habitaons tout le long de la route. De jeunes églises gissent de distance en distance. Hier soir, nous ons salué celle de Saint-Hippolyte où le bon et voué curé, M. Julion, fait beaucoup de bien malré sa grande pauvreté. A quelques pas de notre ente se trouve un vieux protestant anglais. On dit ae c’est le dernier habitant de race blanche de la égion. Demain nous allons dire adieu à toût vesbre de civilisstion pour entrer dans un pays püredent sauvage. — Mon compagnon, le KR. P. Ros-

Er RAGE EE à Dee me

‘signol, m'attend pour la prière du soir. Bonne à tous!

23 mai (9 heures P. M. — à la porte de la ter

Quelle journée ! Quels chemins! Quelle ter räture!1! Depuis 5 heures ce matin que nous ageons à travers une immense forêt et par des mins indescriptibles, C'est une suite de marai les chevaux et la voiture enfongaient au point fallait nous mettre aux roues pour en sortir,

lastiques d'Ottawa auraient baptisé ce chen “Le portage à la boue’’ J'avoue qu'il mérit:

pluie mêlés de neige. Ce soir, le calme s'est f: les nuages sont disparus et le soleil redevient dieux en nous souhaitant une bonne nuit. { sourire semble vouloir nous faire oublier les peti misères de la journée.

Nous avons tous besoin de repos, un de nos cl vaux (Rougeau) est épuisé (resté à plate, selon 1’ pression des Voyageurs), nous rendrs t-il au lac Prairies?... J'en doute. A demain.

24 mai — (en route). — Notre sauvage est à fa;

{bouillir ls chandière à &hé pour le dîner, Le tem

n'est pas d'humeur égale : tantôt il est beau et jo eux, tantôt il pleure et nous arrose de ses larme C'est bien l’emblême de la vie humaine : une gu cession de joies et de peines. Pauvre Rouges: Il n'en peut Plus. Il ne sent plus les coups de foue

=. 7 on parti est pris d'aller le petit pas et pas plus te.

Aujourd'hui est le jour fixé pour mon arrivée à

mission du lac des Prairies, y parviendrons-nous temps? Je le désire de tout cœur. Nous sommes ncore dans la forêt. Depuis hier matin, nous n'a- ONS pas vu un seul signe de vie humaine, si ce ‘est que les oiseaux nous saluent et nous encouraent de leurs chants joyeux.

8 heures P. M. — (en voiture). — Les chevaux dont si doucement que je puis écrire au fond de notre ragon. — Nous venons de sortir de la forêt. Une lie vallée verdoyante s'offre à notre vue. C'est elle du lac des Prairies. Au loin, nous apercevons eux cabanes indiennes. Deux cavaliers nous pouraivent pour s'assurer si c’est bier le grand Chef de a prière (l’Evêque) qui passe. Ils nous disent qu'il y à encore sept milles pour nous rendre à la mision. Mon Dieu! quand y arriverons-nous du train pù nous :Ilons. C’est endormant. Le R. P. Rosignol enronce des clous sans marteau.

Bonne fortune! Voici un sauvage avec deux bons chevaux. Il s'offre à nous conduire à la mision. Deo gratias! Adieu Rougeau! Tu arrive-

as quand tu pourras.

Enfin voici la mission. Le bon Père Cochin sort le l'église avec ses fidèles. Ils ont sans doute eu a bénédiction du Saint Sacrement. 1] nous regarde

enir, mais il ne nous reconnaît pas...

de l'Eglise et de ses missions.

8 heures P, M. — Le surprise à été comp personhe ne nous attendait aujourd'hui. Ch:

reuse accolade au Père Cochin et à son frère vers, puis une bonne poignée de main à tous sauvages réunis. C'est grande joie de part et d tre

Le bon P. Cochin Nous reçoit à cœur ouv Mais sa pauvreté ne lui permet pas de faire be Coup. Sa maison est en troncs d'arbres enduits terre. L'intérieur est tout d’une pièce. Une pe table et quelques bancs en guise de chaises en c stituent tout le mobilier. Pour lit, nous aun nos couvertures de voyage étendues sur le planch Nous ne nous plaindrons pas. Nous sommes h reux de partager sa pauvreté. D'ailleurs nous v Seigneur dans une cl pelle qui n'est guère plus riche. ‘Le servite n'est pas plus que le maître.” — I] faut ajouter

Le P. Rossignol ronfie.

Je vais essaver d'e faire autant. A demain.

25 mai. — Ascension.

Beau jour de fête. Personne n'a gardé le logis ; ous étaient à l'église au nombre de 850 environ. esse pontificale ; le P. Rossignol seul pour assisant, etc. Le R. P. Cochin tenait l'harmonium et bonduisait le chant. (Il ne faut pas oublier d'ajouer qu'il est un vrai artiste en musique.) La cérémonie fut simple; mais pieuse et belle dans son genre. Les pauvres sauvages avaient leurs yeux noirs tout grand ouverts; car, pour la plupart, ils n'avaient jamais vu d’Evêque.

Dans l'après-midi eut lieu la confirmation ; 61 y rirent part. A côté d'enfants de 8 à 9 ans se présentaient des vieillards et des vieilles de 60, 70 et 5 ans. (C'était beau et touchant.

Tous sont contents et heureux ce soir. Ils se

EL

* 26 mai. — De nouveau en route. Nous nous dirigeons sur la mission du lac Vert. Le R. P. Cochin est notre guide. Ses deux petits chevaux (ponies) vont doucement mais sûrement. Le temps passe vite quand même; car le bon Père a un répertoire bien fourni d'histoires pour égayer la conversation. Le chemin n’.t guère meilleur que celui dont j'ai parlé plus haut. Nous venons de traverser une rivière à gué. Les deux traits de l’attelage se brisèrent pendant que la voiture était encore dans l'eau. On peut s’imaginer quelle belle

figure nous avons faite, Il fallut payer un pe sa personne; mais ce ne fut qu'un petit acci entre bien d'autres. La gaieté ne fait pas dé cependant ; les histoires vont leur train.

27 mai. — Je viens de célébrer la messe sou tenje, et j'y ai donné la confirmation à une je femme. Il ya ici un CAMP sauvage dont deux milles sont encore infidèles. Hier soir, nous av essayé de les attirer à notre sainte religion: n

le mission. La Caravane sera assez nombreuse.

temps est gai, l'humeur pareillement. Enc 25 milles pour nous rendre au lac Vert; encore

grand nombre de bourbiers où il faudra descen, de voiture pour Permettre aux chevaux d'en sort — On m'appelle ; nous partons.

En face de la-mission du lac Vert. — La large seule du lac nous en sépare. Il faut attendre u embarcation pour J arriver. — Entendez-vous?. : Le cher Père Teston est suspendu à sa cloche : to les sauvages sont à brûler leur poudre. On dirs une bataille entre Russes et Japonais. Tout monde va et vient en criant : ‘‘Kitchiayamihew kimèw !”’ (Le grand Chef de la prière, (l'Evêque C'est la joie ; c'est la jubilation.

Dans l'embarcation. — La fusillade continu augmente même. On se croirait en danger. Te balles sifflent et frisent l'eau au large. On sent ce

ndant que c'est l'expression de la joie de cœurs ais et sympathiques. Je sens aussi que j'entre le territoire de mon Vicariat, car jusqu'ici

is dans le diocèse de Mer Pascal.

La chapelle paraît coquette sur la rive élevée du Le drapeau du Sacré-Cœur flotte à côté. La ison du missionnaire seule est pauvre et miséra- >. — Nous voilà près de la grève. Tout le monde scend la colline, le bon Père Teston en tête. Il s'en suivre un long chapelet de poignées de

kBains!!l....

9 heures P. M. — Le reste de la réception fut des us solennel : adresse en français et en cris ; entrée l'église en procession ; allocution, etc. C'est dire

ne le P. Teston ne fait pas les choses à moitié. ‘intérieur de sa chapelle est joliment décoré, et une propreté remarquable. Il mérite une bonne Dte. Quant à sa maison, c'est la pauvreté même. » dépense n’est pas plus riche. Il faut parfois odérer son appétit. Et dire qu'il vit ainsi depuis us de vingt ans! — Bonne nuit! Je vais me reoser, mais sur quel lit!1!....

28 mai. — Dimanche. — Messe pontificale, ce atin ; ouverture de la retraite des sauvages. L'asstance est nombreuse et des plus édifiantes. Ils coutent les allocutions autant avec leurs yeux qu'’aec leurs oreilles. Ils paraissent réellement, avides 8 la parole de Dieu. Leur respect pour l'Evêque

one

tient presque du culte. I] rappelle au moins | des premiers chrétiens.

ler juin. — La retraite s’est continuée jusqu matin dans les meilleures dispositions. Tou travaux ont été suspendus pour ne s'occuper q1 choses spirituelles. Une des compagnies de t avait chargé un bateau pour l’expédier à l'Ile Crosse ; mais pas un homme n'e voulu s’y en quer avant que la retraite ne fut terminée.

commis protestant fut obligé de patienter et de veiller son bateau à l'ancre. — Communion g rale hier et aujourd’hui. :A Ja messe, ce m:

eut lieu la confirmation : 60 y prirent part. Or ensuite une consécration au Sacré-Cœur, et con témoignage de leurs bonnes résolutions, les hom vinrent à la Sainte Table, promettre publiquen d'observer la tempérance totale. Cet acte fut : donte agréable au Cœur de Notre-Seigneur. 1 le monde semble content et joyeux. C'est que possèdent la paix de la conscience, le plus préci des trésors. Que le Bon Dieu daigne les con:

ver longtemps dans cet état!

Tous sont à préparer leurs fusils ; moi, je « préparer mes bagages, car le départ aura lieu d: une heure.

En canot. — Je viens de quitter la mission lac Vert. Le départ a ressemblé à l’arrivée : mê bénédiction, mêmes poignées de mains, même sillade, mêmes émotions dans l'intime de l’ên

’était pénible pour le cœur de voir le bon Père eston seul debout sur la grève et regardant notre not disparaître. Cela me rappelait mon ancienne litude de Cumberland, lorsque je voyais partir Sa randeur M£r Pascal, ou quelque confrère qui veait me visiter. Qui pourrait exprimer l'angoisse ‘éprouve alors le pauvre cœur du missionnaire ! Me voilà en canot. Plus de chars, plus de casse, plus de wagon; mais bien le canot et rien ue le canot jusqu'à mon retour à Le Pas, en octore. Deux bons sauvages, Mathias et Jean-Bapiste sont nos guides. Nous descendons la rivière astor. Le temps est magnifique, et les paysages ont charmants. Les maringouins viennent nous

resser avec leurs petites lances pour nous rappeler 1 "esprit de pénitence. — Il est temps de réciter le

Nous venons de camper. Quelle journée! Il a plu à verse depuis ce matin. Nous avons quand même continué notre route et à travers de nom- ‘ Mpreux rapides. Que de fois notre canot a frisé des

:*Mipierres prêtes à l'éventrer. Notre bonne Mère du

Dc'el nous a protégés ei noùs sommes ici ce soir tous s..18 et saufs ; mais passablement mouillés. | Bonne nuit!

8 juin. — En canot. — Nous venons de finir la méditation. Le soleil est radieux. C’est sans doute parce que c’est la fête de mon patron, saint Ovide !

1911 (page27).

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iens !.. Un antilope ! un antilope ! Le voyez-vous !

traverse la rivière. Regardez donc les hommes ’ils rament!.... Voilà le P. Rossignol debout avec arabine en mains! C’est sérieux !

Paffe! Malheur! il l’a manqué.... J.-Baptiste ‘empare de la carabine.... Paffe! Encore manqué affe ! Hourrah ! Le vailà mort !... Il a le cou brisé.

Vingt minutes ont suffi pour tirer notre proie sur a grève, la photographier, lui enlever la peau et a placer dans notre embarcation. Donc tous nous nous réjouissons de posséder de la viande fraîche. Le P. Rossignol seul a un gros remords de consciene d'avoir manqué son coup.

En face de l’école de Notre-Dame du Sacré-Cœur au lâc La Plonge. — Encore trois milles avant d'y arriver; cependant elle nous apparaît dans toute sa gentillesse. Sur une butte élevée et encadrée de beaux arbres, elle regarde la rivière Castor sur la-

Nous la voyons maintenant de plus près. Notre homme décharge son fusil. C'est le signal de la guerre. On nous a aperçus et voilà que la fusillade recommence. On voit déjà des enfants rangés en ligne sur le bord de l’eau ayant les bonnes Sœurs Grises à leur tête. Le R. P. Ancel, O. M. I., se tient sur le bout du quai, pendant que les FF. Burnouf, Auguste et Antoine, prennent part à la fusillade. C'est touchant. Ça me rappelle l'école

Mgr Cuarcepois et ses compagnons sauvages, après une bonne chasse (page 29).

Saint-Michel de Duck Lake. . Les yeux aimeraient à verser quelques larmes ; mais il faut leur apprendre à être plus courageux. Allons! Il faut débarquer et bénir cette charmante petite population.

Dans la soirée.—Le reste de la réception a consisté en un bon dîner qui n’a pas été la partie la moins pratique; puis en une jolie séance donnée par les enfants. (Ces petits sauvages et même les petites sauvagesses ont rempli leurs rôles avec une habileté admirable. Ça été tout à fait charmant. Ils ont tous mérité des félicitations ainsi que les bonnes Sœurs qui les ont exercés. . J'étais heureux de les leur donner.

9 juin. — Je suis encore à l’école. J'ai tenu à prendre mon temps pour visiter cette institution. Son importance l’exigeait. Je me suis enquis de tout, et à ma grande satisfaction, je constate que le bien se fait. J'ai été grandement édifié du dévouement et de l’abnégation tant de la part des Sœurs que de celle du Père et des Frères.

C’est un beau spectacle de voir des prêtres et des religieuses exilés pour ainsi dire au milieu de cette immense forêt et tout adonnés à l’instruction et à l'éducation de pauvres enfants sauvages. Il n’y a que l’amour divin qui puisse expliquer un tel dévouement.

Nos bons frères convers sont bien admirables aussi. Quel travail ils font! Quels services ils rendent! Leur ambition est de se dépenser pour la

prospérité de cette œuvre. Leur zèle les rend ing nieux jusqu’à leur faire installer un beau moulin scie au pied d’un rapide, tout à côté de l’école. 1 se servent du même pouvoir d'eau pour produire lumière électrique et Pour conduire l’eau dans l’ cole. — I] n’y a qu'une chose regrettable ; c'est q ces bons frères ne sont Pas assez nombreux. L'exc: de travail. affaiblit leur santé. Oh! qu'il: serait souhaiter que la vocation des frères convers fût pl connue |

EÀ ce moment, il ÿ & 44 enfants à l'école. Bien

tôt on espère en avoir cinquante. On leur appren le français et l'anglais. C’est le français qui domine La bonne conduite et la piété sont en honneur. Is plupart des enfants communient tous les jours. C'’es beaucoup dire, Ce matin, j'en ai confirmé 84. I faisait bon les voir si pieux, si bien exercés. Allons maintenant prendre du repos ; car demain il faudra continuer le voyage.

11 juin. — Nous venons de quitter l'école. Que le bon Dieu y répande ses bénédiction ! Que Notre- Dame du Sacré-Cœur se montre pour elle une püissante protectrice !

Six bons Mmontagnais de l’Ile à la Crosse condui. sent notrs canot. I] paraît que le R. P, Rapet, 0. M. I., en a demandé deux pour venir nous chercher et que dix se sont offerts. Six ont été choisis. Ce fut pour eux une grande faveur. Certains auraient préféré payer Pour avoir ce privilège. Cels

ndui.

apet, cherdisis.

; au- Cela

montre l'estime que ces pauvres sauvages ont pour l'Evêque. Le R. P. Rossignol et moi avons chacun notre canot et nous sommes traités aux petits soins. C'est à peine si on nous permet de nous servir de nos jambes pour débarquer.

Le temps est maussade. Un vent très violent accompagné de nombreuses ondées. (Ça n'empêche pas nos bons montagnais de ramer de toutes leurs forces.

Tiens! On signale le petit bateau remorqueur de la Cie de la Baie d'Hudson. Il vient à notre suite. Bonne affaire! Le capitaine a la bonté d’attacher nos canots à son bateau. Nous filons sans ramer comme de vrais dilettantes. Nous voilà à l'entrée du lac de l'Ile à ia Crosse. Encore six milles et nous serons à la mission. Mais le vent est trop violent et nous sommes obligés d'attendre le calme. Le bon Dieu a permis cela sans doute pour nous : donner le temps d'aller visiter une pauvre vieille malade et d'entendre sa confession.

Le vent cesse. ‘Le bateau se prépare à partir. On nous peimet d'y attacher encore nos canots.

Au large. — Les vagues sont hautes et nous font balancer. Il n’y a pas de danger pourtant. C'est même agréable pour ceux qui aiment les sensations.

Voilà qu’on aperçoit la mission et le fort de la Compagnie. Déjà nous sommes signalés. Une salve soutenue nous apporte le premier salut, Mon cœur-est: tout impressionné en songeant que dans

quelques minutes j'aborderai à cette mission l'Ile à la Crosse, qui à eu pour fondateurs 1} Taché, Mer Laflèche et Mer Grandin. Le sou:

nir de ces grands et saints missionnaires m'inspi Un grand respect pour cette terre qui a été foul de leurs pieds.

Il est neuf heures du soir. — Le soleil ici n’a p encore disparu. Ses r8yOns se reflètent encore a l'église, le presbytère et les nombreuses tentes « sauvages. Les drapeaux flottent de tous côtés : | bateau donne le ton joyeux à son sifflet, la fusi lade devient un vrai tremblement de terre ; toute 1 Population est en émoi. Le spectacle est ravissan

du débarcadère. Le bon P. Rapet, O. M. I., nou: salue de son air joyeux. La fusillade augmente e! devient assourdissante.

À peine ai-je mis le pied sur le sol, que toute la foule se met à 8enoux pour recevoir ma bénédiction, puis les uns après les âutres, tous sans exception, viennent baiser mon anneau. Avec quelle foi ils font cette cérémonie! J'en suis vraiment édifié. Nous passons. ensuite à l'église, où comme de raison il Ya adresse, ‘réponse, et: puis bénédiction du T. 8. Sacrement. Il ne me reste plus qu’à aller me reposer. Bonne nuit à tous!

12 juin. — Dimanche. — Quelle belle et heureuse journée! Cette mission est certainement ls perle de mon Vicariat. Les sauvages sont nombreux et

ssion de urs Mer e souven'inspire 6 foulée

n'a pas core sur ntes de Ôtés : le a fusiloute la vissant in près ., NOUS >nte et

ute la iction, ption, foi ils Sdifié.

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Mission de l'Ile à la Crosse (page 34).

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perle ix et

AE anus hcué Sa: bÿ3 Dies ché:

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de paroisse chez le cs qui puisse se vanter posséder autant de xusiciennes,

La messe pontificale de ce matin à été plus sole nelle que les précédentes : il y avait au moins de prêtres à m'asgist àj66 tous les deux étaient rex tus de belles ‘dülmatiques. C'est du luxe dans

pays. RS TES retraité des sauvages & commencé à là grand messe, Je pré n ngue crise pour les cris, ,

Ÿ ‘mes instructions en langr

Es sont tout yeux € édifiant et encou

inaperçu, mais il est très utile. et

ses mérites sont grands aux yeux de Dieu. Quel

inst Hiitie ae Mind :

#8 \ bonheur, si dans chaque mission, nous en avions semblable !

15 juin. — Jeudi, — Fête du T. 8, Sacrement Journée bien remplie. Messe pontificale, pros sion du Saint-Sacrement, confirmation, 108 c firmés, communion énérale, réception du sca) laire du Sacré-Cœur, trois sermons, etc., etc.

En canot. — Au départ. —

Un de mes hommes: ‘‘Wah! Wah!! Monseipeur, ça pète fort, hein !’’ Oui, pour sûr ; car plus » 200 fusi’s et carabines se déchargent à qui mieux nieux. Les échos se mettent de la partie, il en ulte une démonstration vraiment grandiose, et jui surpasse même celle de l'arrivée. Nous tournons une pointe et tout disparaît. La fusillade seule > fait encore entendre.

‘““Ekwa aspin, l'Ile à la Crosse'’ s'écrie un métis l'avant du canot. (Voilà l'Ile à la Crosse dispane). En même temps, il élève son fusil et fait cendre une grosse mauve. ‘‘Tiens! Monsei- , @t ce sera ton souper.” ‘‘Très bien, mon garç on, j'accepte.” Tout fier, il fait plier son aviron:et.2e plaint qu'il n'est pas'asses solide pour lui. Il craint de le briser !!

Cette fois, je suis monté comme un vrai bourgeois, grâce à la générosité des bons chrétiens de l'Ile à la Crosse. Le R. P. Rapet laissa entendre que j’aurais besoin d'un canot et de deux bons rameurs pour me conduire au r-rtage La Loche, distant de 150 milles, Sans retard, un bon vieux montagnais se présente et dit au Père, en ma présence: “La semaine dernière, je me suis acheté avec mes fourrures un canot de bois qui me coûte $125.00. Je ne l'ai pas encore étrenné. Quand même le roi d'Angieterre viendrait me le demander à louer, je le refuserais; msis pour Monseigneur, il est là à

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