‹ Débuts d'un évêque missionnaire [microforme]Chapitre 8 sur 11 · RME RU MR PUS · texte numérisé non relu

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sa disposition.” — C'était on ne Peut plus ge: L'offre fut acceptée. C'est dans ce fameux ca que j'écris ces lignes. :

Quant aux hommes, deux avaient été demand quatre se présentérent. I] Y avait done l'embar du choix. Pour éprouver leur générosité, le Rapet leuf dit : ‘Sachez que vous n'aurez pas d’ tre paiement à votre retour qu’une image.” “Qu'importe, ajoutèrent-ils, J’honneur d'accom) &ner le Grand Chef de la Prière

re est un paieme suffisant.’ — Trois, au lieu de deux; furent chois

Martial, François. et Benoît; un cris, un métis un ‘montagnais. François est en tête du cano Benoît en arrière et Martial ‘est mon voisin en.

Nous venons de rencontrer deux canots qui! vien nent du Portage Là Loche. On m'a remis un d; ©. M. I., qui soupire aprè

18 juin. — Dimanche. Sur le bord du lac Buf flo: — Dans cé pays le repos du dimanche est-ob. servé, même en Voyage. : C'est la coutume de res. ter au même endroit, à moins. qu’il y ait bon vent pour se sérvir de la voile, il fait un temps

Mais le cœur inspiré de la foi ouve des sentiments qui dépassent toutes les

autés de la poésie. Il comprend mieux la bonté Jésus, et il se sent d'autant plus près de son in Cœur qu'il est plus éloigné des mondsins. La eur est facile au point qu'on aimerait voir la sse se prolonger toute la journée.

Midi. — Voici une légère brise qui nous invite à

ser la voile. Nous allons en profiter.

9 juin, — Au bout d'un long portage. — Les mes sont à monter le canot dans de nombreux pides.: J'ai suivi la voie de terre. Nous sommes la rivière La Loche. C'est une petite rivière ueuse et remplie de rapides. Elle n'offre rien ttrayant. Le pays environnant n’est guère plus éable. Il mériterait le nom de: Pays bas. Ce est qu'un marais rempli d'eau. Il est très diffi. de trouver un endroit favorable pour faire du

feu: ou pour camper. Les endroits secs ne pr tent qu'un terrain de sable où ne poussent que cyprès. Les orignaux abondent ici. On voit traces un peu partout. Mais nous n'avons pa:

core eu la bonne fortune d’en rencontrer un.

Voici mes hommes. Ils ont eu fort à faire les rapides ; car ils sont tous en transpiration. 20 juin. — Nous sommes arrêtés par le ven:

les bords du lac Le Loche. La mission est en de nous; mais impossible d'y aborder. Cela procure l'avantage de faire des actes de résigna: De nombreux maringouins semblent vouloir re notre sort encore plus pénible. Benoît, lui, se v sur les canards. Malheur à ceux qui osent vol la portée de son fusil. François, de son côté, sa satisfaction à se gratter la figure avec un v rasoir dans l'espoir d’y voir pousser un peu de ba Six heures du soir. — Je viens de prendre souper au canard frais, grâce à mon Benoît.

vent tombe, nous pourrons probablement p:

21 juin. — A la mission de la Visitation, Por: Le Loche. Nous avons réussi à traverser hier r gré le vent et les vagues. I] était dix heures | sées, lorsque nous avons abordé. Il va sans

qu'il y « eu fusillade. On semble être sous l’

pression que la visite de l’évêque ne serait pas va sans cela.

En débarquant, je trouvai toute la population,

ion.

vages, agenouillée sur deux lignes, depuis le lac squ'à la résidence du missionnaire. Après la bédiction d'usage, tous demeurèrent dans la même sition jusqu'à ce que j'eusse fini de faire baiser Dn gnneau à chacun. Personne ne manquait de

e le signe de là croix avant de baiser l’anneau iscopal. On voyait qu’ils étaient inspirés de l’est de foi. C'était impressionnant de les voir.

e matin, tous étaient réunis pour :4 messe. La apelle se trouvait trop petite pour les contenir, en qu'ils fussent tassés les uns contre les autres, ns même lâisser de passage au milieu. J ’ai été aché de les voir prier si pieusement et chanter | ec tant d'âme et d'entrain. Le cœur se sent par-

s ému jusqu'aux larmes en voyant ces pauvres bitants des bois si bons et si religieux.

Iles, Il sépare les eaux du bassin du Churchill celles de la rivière Athabaska.

ertains aventuriers canadiens sont parvenu jus- ‘ici: jadis et ont fait alliance avec des montaaises.. Voilà Pourquoi un grand nombre de ces avages ou métis portent des noms canadiens, tel e Janvier, Laliberté, Bouvier, etc. Mais il ne r reste de canadien que le nom et l'esprit de foi. urs mœurs ef leur langue sont devenues sauve.

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e R. P. Pénard, O. M. I., est le directeur de mission, ayant le frère Pioget pour assistant. n à été lui-même le fondateur, il y a une vinge d'années. Il a vécu depuis dans une grande reté. Sa résidence est une misérable cabane ôt faite pour abriter les habitants d'une basseque des êtres humains. Pendant plusieurs anmême, il fut obligé .de partager la hutte du age. On peut s'imaginer, quel dévouement et le abnégation il lui a fallu pour vivre de la > si longtemps. La chapelle est un peu plus enable ; mais tout de même, quelle est pauvre ! n'a jamais connu ce que c’est que Ja peinture. y à ni bancs ni chaises. En cela elle ressemn peu à Saint-Pierre de Rome! Notre-Seir doit s’y croire de nouveau dans l’étable de iléem. Cela fait mal au cœur quand même de ir si pauvrement logé.

juin. — Si le bon Père Pénard se distingue sa pauvreté, il ne se distingue pas moins par

tzèle à instruire et à moraliser ces sauvages.

un missionnaire modèle sous ce rapport. Il ie lui-même et cherche à communiquer sa scienx autres. Quand un moyen ne réussit pas, il avente un autre. Il a été à peu près le premier roduire la communion fréquente, même quoti.

ne chez les sauvages. Les résultats sont maques : la foi augmente, les mœurs s'améliorent, nombre dss péchés diminue. Il en est tout

ux et ne cesse de répéter : Vive la communion idienne !

ujourd'hui, nous avons fait passer un examen ègle aux enfants, grands et petits, qui doivent confirmés. Les uns après les autres sont vecomparaître devant nous pour subir un questione sur le catéchisme. J'ai été réellement étonde leurs réponses. Parfois on se serait cru en men de théologie. Un petit garçon de cinq ans emi a répondu sans hésiter à toutes les quess principales du catéchisme. C'était admirable ‘entendre. Je n'ai pu m'empêcher de l’admetà la communion et à la confirmation.

ÿ juin. — Dimanche. — Jour de cérémonie :

se pontificale, sui generis. Confirmation, réion du scapulaire du Sacré-Cœur, bénédiction du t Sacrement, ete. Le tout fut bien modeste, s les pauvres sauvages en sont contents et heu- M: !1y a eu 100 confirmés. — Le Frère Pioget D de grands services dans cette mission : il est tre et musicien, pêcheur, cuisinier, sacristain, etc. Quels mérites il a aux yeux du bon Dieu! > juin. — Me voilà de nouveau en canot pour rner à l’Ile à la Crosse. Nous venons de quit- & mission avec le cérémonial accoutumé. J'évais une peine profonde en laissant le Père et rère dans une si grande indigence. Il ne leur bit presque plus rien à manger. J ‘espère que la ridence pourvoira à leur subsistance.

Petit garçon de 514 ans à qui Mgr a fait passe un examun de catéchisme (page 47).

D juin. — Ile à la Crosse. — Me voilà de retour Le voyage s'est fait sans accident, mais il a peu agréable. Le vent, la pluie, le froid, tout t mis de la partie pour nous contrarier. L'’esiel, c’est que nous soyons arrivés sains et saufs. > Dieu en soit loué et remercié !

juillet. — En canot sur le lac de l’Ile à la Cros- Je viens de quitter la mission. Elle apparaît ore jolie et coquette sur la rive du lac. Adieu, sionnaires courageux et dévoués! Adieu, bons raves sauvages! Que le Sacré-Cœur et sa divine e vous soient propices! Qu'ils répandent sur s les bénédictions les plus abondantes de succès le salut! Que du haut du ciel nos saints Evés, Taché, Laflèche et Grandin protègent cette e, premier champ de leur apostolat !

iens! Voilà toute une flottille de canots qui anent à notre rencontre. Ce sont probablement montagnais qui retournent de la chasse. Chaa sa voile hissée, c’est joli à voir. Voilà qu'ils 8 aperçoivent. Il va sans dire que les fusils vont aire entendre. Les voici qui approchent : il va ir procéder à la cérémonie de la poignée de n. ls croiraient commettre une grosse faute > passaient tout droit sans baiser mon anneau. a cérémonie est terminée. La fusillade recomce en guise de dernier salut. Dans un des ca- : Ü y a une pauvre vieille qui est bien malade.

| 4 60- ee.

C'est à peine si elle a pu lever la main pour to: la mienne. Elle fait pitié !

Voilà un autre canot qui nous poursuit : on fait signe de nous arrêter. Qu'y a-t-il donc 2 avons sans doute oublié quelque chose et on l'apporte. ..….. ;

C'est ineffable! Imaginez-vous que c'est famille montagnaise, qui étant arrivée trop pour me saluer à mon départ, DOus a poursuivis dant trois milles par un gros vent contraire, afi me foùcher la main. Il n'y a pas beaucour blancs qui en feraient autant. Ils s’en retour: contents et le bon vieux décharge son fusil en s d'adieu !

Au sujet de l'Ile à la Crossé, il ne faut pas t un fait que j'ai trouvé bien édifiant. ya quinzaine d'années, une bonne sauvagesse cr résidant au Lac Canot, petite mission desservie l'Ile à la Crosse, est devenue veuve. Contra ment aux autres sauvagesses, elle ne songes pa - se remarier. Elle s'adonna à la piété et aux b nes œuvres. Non seulement elle éleva chrétien ment ses propres enfants, mais elle voulut aider autres parents à en faire autant. Pour cela, elle fit catéchiste. Chaque jour, elle réunissait tous enfants et leur apprenait à connaître et à air Dieu. Le dimanche, elle réunissait toute la pet population des environs, faisait chanter des can ques, récitait le chapelet et lisait quelques pass

he

s du catéchisme ou du livre de prières. Remarit-elle quelques désordres, elle faisait une correcn charitable aux coupables ; ou bien, elle en aversait le missionnaire, quand il venait visiter ls ssion. Tous l’estimaient et l'écoutaient, au point ‘ils lui donnèrent le titre de ‘‘Okiskinohantakem'’ aitresse). Se sentant enfin vieillir et incapade remplir plus longtemps ses fonctions de mafsse, elle instruisit tout spécialement une de ses es, avec une de ses compagnes, afin qu'elles ssent lui succèder. C'est fait; sa fille enseigne uellement sous sa surveillance. Grâce à son dé-

s. Ils sont tous venus à l'Ile à la Crosse pour retraite et ils se sont montrés édifiants. J'ai le bonheur de voir cette bonne vieille maîtresse e j'ai félicitée et encouragée. ‘ 4 juillet. — Sous la tente, 9 heures P. M. — pnne journée. — Nous avons parcouru plus de 60 les, malgré un temps orageux et désagréable.

En sortant du lac de l'Ile à la Crosse, noûs somes entrés dans le fleuve Churchill, qui porte ses ux jusqu'à la Baie d'Hudson. Le lac de l'Ile à 1 Crosse est le réservoir qui l'alimente. Ce fleuve

est pas considérable à sa source, mais il devient u à peu d'une grandeur respectable. Il est sur-

tout remarquable par ses rapides qui sont noml et parfois très longs. ‘

Nous en avons sauté une dizaine aujourd C'était joli et sensationnel. Bien des amateur raient jubilé d’être à ma place. D'autres, plus des, se seraient cru perdus et les actes de cc tion auraient été nombreux.

Nous venons de camper. Le temps a repris air joyeux. Tout près, est une famille montag: qui est, ici pour faire la chasse. Déjà ils ont tu orignal. On vient de nous faire présent d’un morcosu de viande sèche, noire comme du .

Nous le dégusterons avec plaisir ! — Bonne nui

5 Juillet, — En canot. — Mon Dieu! Q chaleur! Le soleil rôtit littéralement. Nous nons de passer par un campement de montagr Nous y avons pris le déjeuner. On nous a serv

jeunes canards. C'était excellent. Ça donnai: la vigueur à mes hommes : ils rament à faire } les avirons. Le bon montagnais qui m'a reçu d sa tente a daigné faire les choses grandement. commença par étendre une toile sur le soletyp une boîte sur laquelle il étendit une couverture, p Pour coussin, y déposa son propre oreiller.

tout paraissait assez Propre; mais l'on sait que couverture et l'oreiller sont des nids à vermi J'aurais préféré la boîte toute nue, mais pour ne | déplaire à mon hôte, je m°y aw.s | à disant : ‘‘Arr que, pourra !’’ Le même ‘Luvage, voyant que !

Mboite à vivres avait piteuse mine, m'offrit la sienne n échange. ‘‘Tu vas y perdre, lui dis-je, car lu tienne est bien peinturée, bien finie et forte.” — “N'importe, me répondit-il, je serai heureux

Alors, il ouvrit sa boîte pour en enlever le contenu. Quelle odeur! Quelle malpropreté à l’intérieur! Et dire qu'il va falloir y mettre ma nourriture ! J'étais bien déçu. ! Nouvelle preuve qu'il ne faut pas toujours se fier uniquement à l'extérieur des choses: et même des

Nous naviguons encore sur le Chur-

Bientôt, après avoir sauté quelques beaux rapides, nous le quitterons pour prendre une autre route per les lacs. Elle est plus courte et moins dangereuse.

Tenez! Mon Léon vient de faire un bon coup, mais en même temps quelle cruauté! Une bonne mère huard avait deux petits très gentils et mignons. Elle les aimait de tout son cœur. Aussi, à la vue de notre canot, elle comprit le danger pour ses deux bien-aimés. Alors, elle se mit à supplier et à implorer miséricorde. Elle aurait pu facilement plonger et éviter tout danger pour elle-même, mais elle semblait nous dire : ‘Me voici, tuez-moi si vous le voulez, mais je n’abandonnerai pas mes deux chéris.” — En effet, elle reste à son poste jusqu’à ce qua notre canot fut à quelques verges seulement. Alors, mon Léon, de sang-froid et sans pitié, lui

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rene nee mmmenrmmnmnmrnnnnre.

flamba la cervelle d'un coup de fusil. J'étais t ché de compassion, mais c'éteit notre seul moy de nous procurer de la viande. Il faut dire que c' dé la viande peu recherchée, car beaucoup n'ose Pas manger du huard; dans la nécessité on n° pas si délicat... | T juillet. — Toujours même chaleur. — Elle « agrémentée de nombreuses ondées de pluie accomp gnées d’éclairs et de tonnerre. Par-dessus le ma ché, il faut faire des portages pendant que l'e: est encore suspendue aux feuilles des arbres ; ce q est fort peu goûté ordinairement par les amateur Mes pauvres hommes sont épuisé. Je le’ suis pa sablement moi-même, bien que j'aie moins travail qu'eux. Nous sommes Campés dans un endro très humide. Il m'a fallu faire une sorte de plar cher en bois pour me coucher à sec.

8 juillet. — (au campement). — Triste journée Plusieurs portages à faire, bon nombre de rapides sauter, des lacs à traverser, et toujours par un température tropicale Mais Je plus beau fut qu notre guide s'égara sur un grand lac. (Il ne mérit. pas de blâme, car il n'avait passé là qu’une seule fois, et il y a déjà trois ons). I1 nous fallut parcouri: près de quinze milles Pour rien. Afin de regagner le temps perdu et Pour prévenir le découragement de mes hommes, je me servis de mon aviron presque toute la journée. Je n'avais pas fait cette manœuvre depuis neuf ans. Je n'en ai pas perdu le

our, mais je n'ai plus la force d'autrefois. Aussi, juis-je très fatigué ce soir. On dit que dans un as semblable, un lit dur est plus favorable au repos. Je vais bien reposer, car je coucherai sur le roc. 9 juillet. — Dimanche. — Sous la tente. 4 heures P. M. — Quelle journée! Vraie __ de pluie et de vent depuis la nuit dernière. possible de naviguer. Je comptais bien arriver a bonne heure ce matin au lac La Rouge, pour dire la messe aux quelques catholiques qui s’y trouvent. Mais il n'y » pas eu à y songer. On ne peut quitter la tente ar un temps pareil. J'en ai profité pour dormir sur mon rocher jusqu’à 8 heures. Quoi qu'on en illéMdise, je crois qu’un lit de plumes vaut mieux que la pierre pour faire disparaître la fatigue.

Ça été une grande consolation pour moi de pouvoir. aujourd’hui célébrer la sainte messe. Je l'ai IMfait, bien pauvrement installé, mais le plus pieusement possible. Rien ne me pressait, j'ai pu jouir plus longtemps de mon bonheur et prier plus spécialement pour tous ceux qui me sont chers, parents, jamis et bienfaiteurs. Je souhaite que mes prières soient exaucées.

10 juillet. — Lac La Rouge. — Sous la tente.— Ce matin, vers les 9 heures, nous avons pu enfin reprendre notre navigation malgré de mg averses.

Il nous a fallu faire des portages et sauter des rapides dang-reux. Peu s'en est fallu que le canot

\ ne se brisât contre des roches. Mais le clou de journée fut un portage improvisé. Mon guide n’: ané pu trouver le vrai portage, il fallut en imp viser un, et, je Puis dire à notre désavantage q notre improvisation n’a pas été heureuse. Penda plus de deux heures, nous avons eu la consolati

de patauger dans l'eau et la boue jusqu'à mi-jar bes, puis de nous atteler au Canot comme des bêt de somme. Pour conserver mes souliers secs, les laissai dans le canot, et je me servis des soulie blancs de nos Premiers parents. Comme ils ne so! pas épais, ils ont subi plusieurs égratignures dans broussailles, Heureusement que le temps se cha: gera de les réparer à bon marché!

Nous n'avons ici qu'une vingtaine de catholique perdus au milieu des hérétiques. Autrefois, ils on été pendant plus de dix ans sans voir le prêtre, Il ont conservé quand même leur foi malgré les tracas series du ministre protestant. De

jolie petite chapelle où ils ge réunissent pour prier ntiques. Ils sont pauvres et misérables, mais leur foi est active et solide. Le ministre n’essaie plus de les pervertir, car il sait, par expérience, que c’est du temps perdu. J'ai trouvé un pauvre vieux bien: malade. Il pleurait de joie en m'apercevant, car il craignait de mourir sans voir le prêtre. I] n'est Pas encore confirmé, |

présent.

M 11 juillet. — (Encore sous la tente). — Je suis

On peut Ms imaginer quel éspace il me restait pour célébrer

la messe. J'ai réussi quand même, et de plus j'ai

donné sept confirmations. Le bon vieux malade pleurait à chaudes larmes au moment de la communion et de la confirmation. Le bonheur remplissait son âme pendant que son corps était dans la souffrance. Sa pauvre vieille femme était auprès de lui, souffrante, elle aussi, et incapable de marcher. C'était touchant de les voir. Après la cérémonie, je me préparais à partir lorsqu'un de mes hommes vint me dire qu'il ne voulait pes aller plus loir. :il avait de l'ouvrage chez lui, et il lui fallait retourner. — Belle affaire! Lui qui s'était engagé pour un mois et demi! Que faire? — I] me faut renvoyer mes. deux rameurs et en engager d’autres ici. — Deux de nos catholiques consentent à venir avec moi, mais ils n’ont pas de canot. Ils sont à en chercher un, pendant que j'écris ces lignes. Ah! les voilà qui reviennent. — Ils ont bien .trouvé un

canot, mais il est vieux et pourri. Notre vie n' sera guère en sûreté. A tout risque nous allon partir.

18 juillet. — (A Je voile sur le fleuve Churchill) — On dit: bonne fortune après mauvaise fortune C'est notre cas. Le bon Dieu semble vouloir me faire oublier le Contre-temps que j'ai eu au lac L: Rouge. Depuis notre départ, le vent nous a ét favorable. Nous avons navigué à pleine voile. Rien de plus beau ni de plus agréable. On parcourt de . longres distances en peu de temps et sans aucune fatigue. L3

Nous sommes de nouvesu sur le fleuve Churchill. Il est devenu large et majestueux. ‘ De temps à autre, il se rétrécit et alors, il nous offre le spectacle de magnifiques rapides. Les Yankees s'extasieraient d’admiration. Quant à nous, nous préférerions nous priver du spectacle et ne pas avoir à transporter armes et bagages dans les portages. Le pays que longe le Churchill est pittoresque, et peut donner des espérances aux chercheurs de mines, mais ne sera pas envié des cultivateurs, C'est une suite continue de rochers plus ou moins élevés, dont les uns sont dénudés et les autres recouverts de petits trembles ou de cyprès. Le terrain cultivable est rare et de peu d’étendue. C'est le pays par excellence des orignaux et des animaux à fourrures.

Voici justement un gros ours noir qui apparaît sur la crête d’un de ces rochers. Il est à s’amaser

vie n'y Den faisant la ronde. L'envie nous brûle de le tirer, allons Enais pas de carabine, pas même de balles pour le

fusil. Voilà que mes hommes veulent aller lui lan-

rChill). Rcer au moins une décharge de plomb. Ils débarortune. Bouent l’un avec le fusil, et l’autre la hache en main. Or me EI] n'y a guère d'espoir qu'ils rapportent leur proie. lac La En effet, ils reviennent tout piteux. La fine bête

8 été Da eu assez de flair pour s’apercevoir de leur appro- Rien Eche et elle a préféré aller s'amuser dans les profonuré de Dieurs de la forêt.

Nous venons de passer le rapide de la Chaudière qui est un des plus considérables du Churchill. J’en ai pris un cliché instantané. Je souhaite qu'il soit réussi. Nous voilà campés à l'entrée de la rivière Caribou qui est la décharge du fameux lac du même nom. Nous aurons à la remonter dans toute sa longueur. Si au moins le bon Dieu daignait nous accorder un bon vent pour gonfler notre voile !

14 juillet. — Sous la tente, au rapide de la montagne. — Mon désir d'hier soir n'est pas réalisé. Un violent vent contraire nous a obligés à ramer toute la journée. Mes hommes ne pouvant résister seuls, je fus forcé de me servir de mon aviron. Ce soir, tous mes membres sont malades. Vers les 4 heures P. M., nous étions à nous demander où diriger notre canot, car mes guides n'ont jamais voyagé sur cette rivière, et moi, je n'y ai pas passé depuis 22 ans.

| Nous étions dono un peu embarrassés, lorsque tout à coup une détonation se fait entendre sur la rive

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opposée ; on peut comprendre notre joie. Nous tro vâmes là une dizaine de MoOntagnais qui remontaie: la même rivière que Nous, avec une barge pleine marchandises pour la Cie de la Baie d'Hudson. Ils s’en vont à même destination que moi, c'es à-dire, à la mission Saint-Pierre, au lac Caribo: Nous ne pouvions faire une meilleure rencontr: Depuis lors, nous avons voyagé ensemble, de sort que nous ne sommes plus inquiets du chemin à su vre. Ils viennent de finir de transporter et leur merchandises et leur barge, à travers le portage car le rapide est si considéra qu'il est impossib|, de le remonter. Ils transportent les marchandise: sur leur tête au moyen de longues lanières de cuir appelées ‘‘colliers’””. Quant à la barge on la traîne sur le sol. Ces pauvres sauvages s’y attellent au moyen de leur collier et on les voit faire des efforts comme de vraies bêtes de somme. Ça fait réelle. ment pitié de les voir. Pas un mot de plainte cependant de leur part. Au contraire, la note gaie domine tout le temps. A demain!

15 juillet. — En canot. — Encore gros vent contraire. Vraiment pas de chance. — Heureusement que nos bons montagnais ont eu la charité de nous prêter un de leurs hommes Pour nous servir de guide et pour nous aider à ramer.

Nous avons pris les devants : je tiens à arriver ce soir à l'entrée du lac Ceri

un petit groupe de sauvages. C’est d'ailleurs le jour fixé pour mon arrivée à cet endroit. Je tiens à ne pas me faire attendre. Vive la ponctualité !

17 juillet. — Lundi. — En canot. — La journée a été si bien employée hier que je n'ai pu écrire : grand'messe, deux sermons, catéchisme, confession. Il était près de minuit lorsque j'ai pu réciter mes vêpres.

J'ai chanté la messe tout seul, c'est-à-dire avec l'aide de deux sauvages. L'église n’était qu’une misérable maison de sauvages; mon trône, une vieille boîte toute sale, et mon autel, une table de . même qualité. Les assistants étaient tous assis par terre, excepté le prétendu chantre qui siégeait sur une cuve à mes côtés. Il me restait juste l’espace pour circuler de ma boîte à l'autel, c’est-à-dire environ six pieds. C’est ainsi que j'ai chanté la messe pontificale.

Ce matin, j’ai dit de nouveau la messe et donné la confirmation avec la même simplicité de cérémonies. Nos chrétiens étaient contents et heureux quand même. Pour eux, voir l’Evêque, c'est voir le bon Dieu. Leur foi est grande et sincère. J'’espère que la plupart d’entre eux auront une belle place dans le ciel malgré leur pauvreté et leur crasse.

Nous naviguons en ce moment sur le beau lac Caribou. Nous sommes toute une flottille: trois barges et quatre canots. Deux autres barges sont arrivées du Cumberlsnd à destination du lac Cari-

bou. Toutes sont chargées de marchandises pour les magasins de la Cie de la Baie d'Hudson, Je suis heureux de rencontrer ici des sauvages de mon ancienne mission du Cumberland. Ils ont emporté avec eux les journaux des Pères du lac Caribou. Je m'en suis emparé et je fais mes délices en lisant les nouvelles du mois d'avril et du mois de mai derniers. Ce sont de vraies nouvelles pour moi.

Entre temps, je laisse traîner ma ligne à côté du canot et j'ai le phisir de sortir de l'eau de magnifiques truites du poids de six à dix livres. J ‘en ai déjà quatre dans mon canot.

Ce lac a 200 milles de long et la mission est à l'extrémité nord. Il est remarquable par la limpidité de ses eaux, par la grande quantité d'îles, lesquelles sont remplies en hiver de iilliers et de milliers de caribous qui viennent se nourrir de la mousse blanche, qui y croît en quantité. Son nom de Lac Caribou est bien mérité. Au printemps ces mêmes caribous disparaissent pour aller passer l’été sur les bords de la Mer Glaciale d'où ils reviennent au début de l'hiver. Nous sommes donc privés de

leur présence, surtout du plaisir de les caresser avec nos balles.

Au campement. — Nous voilà campés sur le bord du lac. Le temps est calme et le soleil luit encore sur la crête des arbres. C’est beau ; c’est poétique ! Les hommes s'amusent sur le sable du rivage. Quel. dues-uns font la chasse au porc-épic. Ils en ont

déjà apporté deux qu'ils sont à écorcher pour en faire un festin. Ces petits animaux sont très nombreux dans cette partie du pays. La chasse en est facile, car n'ayant que des pattes très courtes, ils ne peuvent se sauver qu'à petite vitesse. Il suffit d'être armé d’une hache ou d'un bâton pour. les assommer. Autant ils sont lents et lourds sur le sol; autant ils sont agiles pour grimper sur les arbres C’est là qu'ils vont se nourrir des branches de cyprès ou de tremble. C'est là aussi pour eux un refuge quand ils sont poursuivis par un loup ou un renard. Un autre moyen de défense, ce sont les longs poils piquants dont ils ont le dos hérissé. Si, poursuivis de trop près, ils n'ont pas le temps de monter sur un arbre, ils s'arrêtent, se courbent la tête en dessous du ventre ne laissant que le dos exposé. Alors, malheur au loup qui se hasardera à les attaquer. Il en sera quitte pour se remplir la gueule d’épines dont il ne pourra se défaire et qui souvent, lui causeront la mort. Ces piquants du porc-épic sont très recherchés par les sauvages qui les teignent de différentes couleurs et s’en servent pour orner le dessus des souliers.

20 juillet. — A la Pointe du Porc-Epic. — A 6 heures A. M., assis sur le rivage et un peu triste.—

Nous voilà aux trois quarts du lac. Nous sommes venus à la voile hier et cette nuit. Mais durant l'obscurité de la nuit, les deux autres barges ont été séparées de la nôtre par une forte bourrasque.

: Nous ne savons ce qu'elles sont devenues. Nous sommes à attendre, espérant qu'elles vont nous rejoindre. Ce qui me contrarie le plus, c'est que l'une des barges disparues contient ma chapelle portative ; de sorte que j: suis privé ce matin de célébrer le saint sacrifice de la messe. C'est la première fois depuis mon départ du Pas, et si la barge & péri! Adieu ma chapelle ainsi que les objets nécessaires pour administrer la confirmation! I] y a de quoi me rendre pensif et triste.

9 heures, A, M. — Aucune nouvelle de nos deux barges. Nous partons quand même. 11 heures À. M. — En barge. — Deo Gratias! Nous retrou- Vons sur notre route les deux barges que nous croyions perdues. Elles étaient en avant de nous. Leurs guides, inquiets sur notre compte, étaient à nous attendre. Ainsi nous étions tous saufs et à

devenu trop violent. Cinquante milles nous séparent encore de la Mission. Un bon coup de voile suffirait pour nous y conduire,

21 juillet. — A la Mission. — Le bon Dieu nous a favorisés du coup de voile désiré. A8 heures, hier soir, le vent se calma quelque peu et permit de lancer nos embarcations. La nuit a été pénible. C’est, blotti dans un coin du bateau, couché sur des sacs de farine, puis exposé à la pluie st au Piétinemeni . des hommes que j'ai plutôt langui que dormi. Mais

n'importe, nous volions sur l’eau, et ce matin, dès 5 heures, nous étions en vue de la mission ; à 6 heures et demie j'étais à l'autel.

Le bon Père Egenolf nous avait aperçus de loin sur le lac. Il eut le temps de ranger ses sauvages en deux lignes pour me saluer et recevoir ma bénédiction. Comme partout ailleurs, la fusillade n'a pas manqué. Les drapeaux et les oriflammes flottaient au vent et indiquaient la joie de tous les cœurs. Pour ma part, j'étais heureux de revoir en santé ce cher Père Egenolf, que je savais seul depuis quatre mois. En courageux missionnaire, il a bravé cet isolement tout en déployant beaucoup de zèle pour le bien spirituel de ses sauvages. Je suis content de lui et le bon Dieu doit l'être aussi.

26 juillet. — 8 heures P. M. — De nouveau en barge. — Nous venons de quitter la mission. Je la vois encore là-bas. J'y ai passé cinq jours qui ont été tellement occupés que je n'ai pas même songé * au journal de voyage. Oui, cinq jours bien employés depuis 4 heures du matin jusqu'à dix et onze heures du soir. Trois cent cinquante sauvages étaient à notre disposition. Il s'agissait de leur faire du bien. Pour cela, il fallait prêcher, catéchiser, donner des audiences, confesser, etc. J'avais charge des Cris, et le Père Egenolf, des Montsgnais. Je prêchais à ces derniers par interprête. Le tâche a été dure, mais nous avons eu beaucoup de consolations. Il était beau de voir le foi et la

simplicité enfantine de ces bons sauvages Nous

aurions pu les tenir à l'église toute la jo 6e, ils

Parents assis-

aussi régulièrement que les

enfants. Ils sont ignorants ; mais au moins ils dé-

sirent s'instruire, Cent dix ont reçu la confirmation.

Les deux chefs et leurs conseillers étaient chargés de maintenir l'ordre à l'église et dans leur campement. Il fallait voir comme ils prenaient leur tâche à cœur. De vrais policiers n'auraient pas déployé plus de zèle. Malgré leur vigilance, ils ne purent cependant découvrir qu'un seul désordre, c'étaient de

i j bruyamment dans le » O. M. I., qui est le

un voyage d’ le but de tro

avec tristesse, car je n'avais pas de nouvelles d: mon cher P. Turquetil. Mais la divine Providence est bonne! A 8 heures, hier soir, au sortir de |‘ glise, on entendit des coups de fusils répétés, de l'autre côté de la Baie où se trouve la mission. Lea sauvages dirent immédiatement, c'est quelqu'un qui est en détresse et qui appelle au secours. Ce ne peut être qu'un étranger car tout notre monde est présent. Vite, deux hommes montèrent dans un canot et se dirigèrent vers l'endroit d'où venait l’appel.

Peu après, ils revenaient amenant les trois compagnons du P. Turquetil. Au comble de la joie, je remerciais le bon Dieu avec effusion. Dans le camp le bonheur était encore plus grand : épouses, parents et amis versaient des larmes de joie.

Je recevais du R. P. Turquetil un long rapport de son voyage et de ses espérances pour l'avenir. Ce rapport était daté du fort Churchill où le Père était l'hôte de M. et de M”*° Starnes, chef de police. L'hiver dernier, j'avais rencontré à Montréal des parents de cette Dame, qui est une fervente catholique. Son bonheur est bien grand, paraît-il, de posséder un prêtre et de pouvoir recevoir la sainte communion tous les jours. Le Père me dit qu'il avait mis 26 jours pour se rendre et il n'avait pris de vivres avec lui que pour dix. Lui et ses cotmpagnons vécurent, le reste du temps, de chasse et surtout de jeûne. Ses compagnons en firent autant

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