I .a tâche a été dure, mai n oup
de consolations. Il et t la
simplicité enfantine de ces bons sauvages. Nous aillions pu les tenir à l'église toute la journée, ils n'auraient pas trouvé le temps trop long. Belle leçon pour certains blancs. Tous les parents assistaient au catéchisme aussi régulièrement que les enfants. Ils sont ignorants; mais au moins ils désirent s'instruire. Cent dix ont reçu la confirmation.
Les deux chefs et leurs conseillers étaient chargés de maintenir l'ordre à l'église et dans leur campement. Il fallait voir comme ils prenaient leur tâche à cœur. De vrais policiers n'auraient pas déployé plus de zèle. Malgré leur vigilance, ils ne purent cependant découvrir qu'un seul désordre, c'étaient de petits enfants qui jouaient trop bruyamment dans le camp. Le K. P. Turquetil, 0. M. I., qui est le directeur de cette mission, est absent. Au lendemain de Pâques, il partit avec trois sauvages pour un voyage d'exploration sur la Baie d'Hudson, dans le but de trouver un endroit propice pour établir une mission destinée à l'évangélisation des Esquimaux. Ses trois compagnons sauvages devaient revenir un mois environ après leur départ. Or, nous étions déjà à la fin de juillet et aucune nouvelle de nos explorateurs. On peut comprendre mon inquiétude à leur sujet. Peut-être ont-ils tous péri en route et jamais nous ne pourrons savoir ce qu'ils sont devenus. Cette pensée me poursuivait même pendant mon sommeil. Je voyais venir l'heure du départ
avec tristesse, car je n'avais pas de nouvelles de mon cher P, Turquetil. Mais la divine Providence bonne! A 8 heures, bier soir, au sortir de l'église, on entendit des coups de fusils répétés, de l'autre côté de la Baie où se trouve la mission. Les sauvages dirent immédiatement, -c'est quelqu'un qui est en dét] et qui appelle au secours. Ce ne peut étiv qu'un étranger car tout notre monde i I eut. Vite, deux hommes montèrent dans un canot et >r dirigèrent vers l'endroit d'où venait l'appel.
l'eu après, ils revenaient amenant les trois compagnons du 1\ Turquetil. Au comble de la joie, je remerciais le bon Dieu avec effusion. Dana le camp le bonheur «'tait encore plus grand : épouf parents et amis versaient des larmes «le joie.
-le recevais du R. P. Turquetil un long rapport de son voyage ci de s< - espérances pour l'avenir. ( le rapport était daté du fort ( Ihurchill <>ù le l était l'hôte de M. et de M"" Starnes, chef de police. L'hiver dernier, j'avais rencontré à Montréal parents de cette Dame, qui est une fervente catho lique. Bon bonheur est bien grand, parait-il, lie posséder an prêtre et de pouvoir recevoir la sainte communion tous les jours. 1 -« Père me dit qu'il
avait mis ,-,,'> jours pour se rendre et il n'avait |
de \ i\ l'es a\ ec lui que pour dix. I iui i I - Mina
gnons vécurent, le reste du temps, de cha
tout de jeûné. Ses compagnons en firent oui
CD
SB
pour revenir. Il leur a fallu 33 jours en canol par des rivières très rapides. Plus d'une fois ils <ui( failli périr. A la fin, ue trouvant plus de d'eau navigable, ils abandonnèrent leur canol cl pendant trois jours, Ils marchèrent à travers i forêt. Ils faisaient pitié à voir, tant ils étaient amaigris par les jeûnes et les fatigues. IU souffraient d'une faim dévorante.
Je pars le cœur content, sachant «pi»' tous sont vivants. Ma seule peine est de laisser ce bon Père l ul ei pour une période indéfinie. ( lomme
je lin exprimais mon Inquiétude : "Soyez tranquille, \lsr, me dit-il, le bon Dieu sera mon compagnon et mon gardien. Pourvu que ce Boit par obéissance que je reste ainsi bcuI, je ne crains rien." Ces beaux sentiments m»' consolèrent et je le bénis de tout cœur en lui donnant une sincère accolade frai
lielle.
Maintenant nous voilà «le nouveau à la voile. Si je ne me sentais |»;i^ le cœur triste à cause du di part, je serais | « n - 1 < '• â cl m nier: "Quel bon vent ' quel j1 >h vent !" Oui, quel bon \ ont g< mfle notre \<>ile et ii'ius fait voguer douze milles ;'i l'heure 1
Le commis de la Cie de la Baie d'Hudson u /. aimable pi >ur met i re sa barge à ma d t ion
pour traverser le lac. C'esl un grand avantage surtout le rapport de la BÛreté. I n simple canot
toujours dangereux Bur un lac d'aussi coi l>le v tendue.
27 juillet. — 6 heures P. M. — En barge. — Nous jouissons encore du bon vent. C'est on ne peut plus agréable. Pourtant depuis midi il pleut à verse : ce qui n'est pas aussi plaisant. Nous sommes déjà aux trois-quarts du lac. Nous pourrions arriver durant la nuit, si ce n'était la pluie qui va nous obliger à camper.
28 juillet. — Au campement. — 4 heures P. M. — La pluie, une vraie pluie diluvienne n'a pas encore cessé et ne paraît pas vouloir cesser de si tôt. Impossible de songer à quitter nos tentes. Il faut nous lésigner à passer la journée ainsi sur le sol humide, et enveloppé dans nos couvertures, car il fait froid. On peut, certes, imaginer facilement quelque chose de plus poétique.
4 août. — Mission Sainte-Gertrude, lac Pélican. — Mon voyage du lac Caribou à cette mission, n'a eu rien de marquant. Voilà pourquoi mon carnet a gardé le silence. Cette mission Sainte-Gertrude date de 33 à 35 ans. Le vénérable et zélé Père Bonald en est le fondateur. A son arrivée ici, il n'y avait que des infidèles et des protestants. Actuellement il n'y a pas un seul infidèle et très peu de protestants; mais à leur place, 500 bons catholiques. En 1900, ce bon Père fut enlevé à l'affection de ses sauvages pour aller fonder la Mission de Sainte-Croix, à Cross Lake, sur le fleuve Nelson. Nous aurons occasion d'en parler plus tard. Dans le temps, j'eus l'honneur et le bonheur de lui suc-
— tf
câîer dans cette mission. Je dis bonheur, car il laissa des chrétiens si bons, si respectueux que c'était un vrai bonheur de rester parmi eux, mais mon séjour n'a été que de courte durée. C'est le bon l'ère Rossignol qui continua l'œuvre commencée par le P. Bonald. C'est le R. P. Guilloux qui est actuellement directeur de cette mission. Il a pour socius le bon Père T. Renaud. Mon arrivée ici fut bien modeste, car on ne m'attendait pas si tôt. Pris à l'improviste, personne n'eut le temps de sortir son fusil. La cloche seule annonça ma venue et réunit toute la population à l'église. Là, le Père Guilloux présenta une adresse, mais malheureusement la réponse ne put avoir lieu : la joie de revoir ces bons sauvages que j'avais tant aimés et la vue de cette église qui m'avait coûté tant de peines et de travail, émurent mon cœur au point que les larmes se présentèrent à la place des paroles.
La bénédiction du Saint Sacrement vint me fortifier et au sortir de l'église, quelle joie ce fut pour moi de serrer la main à chacun et à chacune. Nous revoir après huit années de séparation et dans de telles circonstances était pour eux et pour moi un bonheur inexprimable. Oh ! quelle est profonde et solide l'affection qui existe entre le missionnaire et ses chers sauvages !
Je suis actuellement à leur prêcher une petite retraite comme je l'ai fait dans les autres missions. Tous sont fidèles aux exercices et je n'ai pas de
peine à me faire écouter. Ils paraissent réellement avides de la parole du bon Dieu. Les mères de familles, pour ne pas en être privées, viennent a leurs bébés qui, tour à tour, parfois tous ensemJ Be fâchent et crient à qui mieux mieux. On peut s'imaginer si une telle musique est agréable au | dicateur.
Je leur prêche la communion fréquente, même quotidienne. Cela les surprend un peu, car ils ne
trouvent pus dignes d'une telle intimité avec le Dieu Eucharistique; mais ils obéissent et déjà on en voit de bons effi
l n ordre parfait règne dans le village. Tn gendarmes attiti ut continuellement sur p
Le seul désordre et scandale existant vient non de
la part de nos indiens, mais de celle de trois ou
quatre blancs, employés mpagnies de traite.
Ils p;i «ut leur temps à bc remplir d'eau de feu, à Be battre et à provoquer les autres au mal. Heu reusement qu'ils ne sont pas toujours bien reçus. Il y en a un qui est aujourd'hui au lit par de coups de bâton reçus dan a course de la nuit dernière. Si cette leçon pouvait le convi I le
corrigi
C'est incroyable le mal que font ces blanc rompu i parmi n< »s sain i
< i râci ft I u'eu, nous avons à côté de gradés des âmes vraiment belles et bon ni Elles iclieiii une peau plu
res ; mais n'en sont que plus précieuses aux yeux de Dieu c'est là notre consolation.
10 août. — Pendant que les hommes font bouillir l'eau pour le thé. — Je viens de quitter notre chère mission de Sainte-Gertrude. Elle est encore en vue. Le Ii. P. Guilloux qui doit être mon compagnon de voyage a oublié des hosties, il est retourné en chercher. En attendant, les hommes font du thé, et moi, j'écris assis sur une pierre. J'ai encore le cœur bien gros des émotions que m'a causées le départ. La séparation m'a- été plus sensible ici que partout ailleurs. Qu'il m'en a coûté de quitter nos bons chrétiens ainsi que le cher P. Renaud ! J'aurais aimé rester au milieu d'eux, continuer à leur faire du bien et demeurer ignoré du reste du monde. J'envie le sort des missionnaires de ces postes. Je regrette la douce tranquillité que j'y ai goûtée autrefois. Adieu, joli petit clocher! Te verrai-je de nouveau? Je le souhaite, mais que d'amertumes j'aurai à ressentir d'ici à ce beau jour.
Voilà que le Père Guilloux arrive. Nous allons déguster un poisson blanc et continuer notre route.
Au campement. — Mes tentes sont dressées près d'un joli rapide dont le bruit servira à nous endormir. — En attendant, Pvobi, un de nos guides, nous raconte des histoires.
Quand le Père Bonald arriva à la mission de Sainte-Gertrude du lac Pélican, dit-il, nous étions encore tous païens. Notre chef de médecine «'tait
-lo-
in vieux du iKuii de Siwap. lu beau jour, mit* tersonne tombe malade. Voilà que Siwap dr< ente pour y pratiquer s< - magies médicales. A] i*être mia eu costume d'Adam, il y entre avec 1 turance de prouver une fois de plus sa puissance extraordinaire.
Il commença ses chants cadencés, ses cris supplications rits invisibles; mais rien ne
je produisait : la tente qui devait s'agiter était minobile ; les voix qui devaient se faire entendre étaient muettes; les clochettes qui devaient s'agiter
unit pas entendre Mors, le pauvre
aialheureux, au désespoir, B'écria: "Il j a quel- ■u un autour de la tente qui empêche mes esprits le venir. Chassez-le, chassez-le.' ' I ie R. P. Bonald, <jui était Burvenu, lui répondit: "C'est moi pu suis ici. .!«■ ne partirai pas. Voyons, si tu ea plus puissant que moi. Fais donc branler la tente, parler tes esprits, sonner tes clochettes; guéris donc ta malade." Ainsi provoqué, Siwap fait un der mer effort. Il crie, il pleure, il se lamente; mais tout <>t nui! Me. rien ne fonct ionne. Fou d< il soit, il s'avance vers le Père Bonald et 1<- coii damne à mort : "Avant que les feu il l - jaunissent, dit il, tu auras disparu." — Laissant entendre que, par ses magies mperstiti< uses, il allait le faire mou rir. < m-, la vérité fut que lui-même terre avant que les feuill< ut jauni I oup
de bravoun du P. [3onalri provoqua un mouven
de conversions qui alla toujours croissant. Bonne nuit. — Le bruit du rapide me donne envie de me reposer.
13 août. — Dimanche. — Sur le bord du Lac La Loutre, (Nikikosakakikan) . — Les deux derniers jours ont été occupés à faire des portages, de longs el de courts, de beaux et de mauvais. Nous sommes dans le pays des portages par excellence. Heureusement que le bon Dieu a établi un septième jour pour le repos. Nous l'observons aujourd'hui avec bonheur. Tout notre corps en ressent le besoin. Le B. P. Guilloux, plus que tout autre, se réjouit de cette halte d'un jour, car il est pris d'une indigestion de portage qui lui enlève tout courage. Ce matin, il a commencé sa messe, mais dès le Kyrie, il était forcé de discontinuer. Il est à gémir sous sa tente. Les deux sauvages, eux, ronflent, étendus au soleil. Pour eux, c'est un bonheur quasi parfait.
Quant à moi, assis sur nies couvertures, à la porte de ma fente, j'admire la beauté du lac et des environs. Je loue et prie leur Divin Auteur; parfois mon esprit se transporte auprès de ceux qui me sont chers, ou médite des projets pour l'avenir. La journée se passe ainsi bien paisiblement.
14 août. — Le Père Guilloux est un peu mieux. Le temps est beau; le vent est bon et la voile gonfh'e nous fait voguer agréablement sur le joli lac La Loutre. Nous jouissons; mais la pensée qu'au
boul noua attend un autre chapelet de p tempère not re en1 housiasme, I *e pau> uil-
loiix lee voit venir d'un œil triste.
Au campement : Sur le Lac ( lanard. i porta "Ht finis. I >eo ( i rat ias ! I .< ■ I i ail-
[oux ne Be porte pas t rop mal pour cela. I .'-■ ipoir que demain noua arriverons à la mission du Cœur, à Pakitawahan, noua donne du coui \;i dous procurer de beau I te nuit .
L5 août. — A Pakitawakan. Nous sommea arrivée ici à deux heures après-midi. Réception magnifique de la part de I i tion, drapeaux, oriflammes, cloche faisant entei eux, puis fusillade, comme de i
jur deux »mmi -
d'un côté i I femmes de Tant re, se pr
lébarqué, pour n ma b<
t ion. En< ;i . je m mu au il»-!:! d
expression, en revoyant b i que
I n i bien c >nnua aut • ef< >is. I «eur si b< uie t< luchi ■ et me ravit il aut a nt plus qu'elle entièrement due à leur propre in «pi 'ils n'ont pa de m > >ni (l 'ei
I <eur chef, Ma I
autorité m I ! m<
te que, lorsqu'i n'o
direction que tout a été préparé. Et on ne pouvait faire mieux.
C'est encore le R. P. Bonald qui fut le fondateur de cette mission. C'est lui qui, il y a environ 34 ou 35 ans, est venu du lac Pélican convertir les premiers indiens de cette localité. 11 lui avait fallu passer par^bien des privations et des sacrifices pour arriver jusqu'ici. Mais il en fut récompensé, car son ministère fut des plus fructueux. On dit qu'il faisait jusqu'à 50 à 00 baptêmes par jour.
Il ne se contentait pas de leur conférer ce sacrement essentiel au salut, il sut aussi les instruire et en faire de fervents chrétiens. Encore en ce moment, ils sont certainement les meilleurs de tout mon Vicariat. Ils se distinguent par leurs bonnes mœurs, leur simplicité et leur grande foi. Ils aiment le bon Dieu et le servent fidèlement. Ici, l'embarras du confesseur est de trouver matière à l'absolution.
La raison de la supériorité de ces sauvages-ci c'est qu'ils n'ont pas encore été en contact avec les blancs, c'est-à-dire avec les commis des Compagnies de traite. Ils vivent séparément dans les forêts par petits groupes d'amis et de parents. Ce n'est qu'en été et ici à l'église qu'ils se retrouvent tous ensemble. S'ils sont riches sous le rapport spirituel, ils sont on ne peut plus pauvres sous le rapport matériel. Leur nourriture habituelle est le poisson ; mais rien que le poisson, sans pain, ni
galette, ai Bel, etc. Quelques-uns commencent à cultiver la pomme de terre. Quand Ils veulent goûter à la farine, Ils sont forcés de la payer doua quinze piastres les cent livre
Je vais consacrer cinq jours à leur prêcher une iitc. Ce Bera un plaisir pour moi, car je Buis certain que mes paroles tomberont but une bonne terre et porteront des fru
La première église que j'ai construite eu ce pays fut celle <1<- cette mission, elle date de 1888 Je m*i n ai |>;i-s perdu le souvenir, car pendant plus d'un mois, nous avions travaillé, les sauvages et mm, comme des mercenaires, et nous D'avions d'autres nourriture «ju<' du poisson et des bluets, Bans farine, sans thé, même sans Bel. Les 9&u\ . - nous fai- Baient bouillir des racines d'arbustes en guis* de thé. fcte chapelle, construite en troncs d'arbres équarris et recouverte de terre, existe encore; mais elle est devenue la résidence du missionnaire pendant son séjour ici. Depuis un an. on a construit une autre chapelle |>Iik vaste et un peu moins primitive. Elle est quand même bien pauvre et bien déniul
21 août. De nouveau m route. .'<■ viens d< quitter notre chère mission du Sacré-* ir pour me diriger Bur celle de I' tasomption «lu Forl \< Ison.
I .< « cinq jours de retraite ont été des jours de fati: tblantes, mais que de consolations j'ai
éprouvé* - au milieu • !< <■< - bons fwuvaç Quelles
bonnes fui i habit - .il» - i i n m pli a de
poux ! Ils ont reçu là Bainte communion quatre jours de suite. Les confirmés ont été au nombre de quatre-vingt-dix. Dans ma classe de catéchisme, j'avais quarante curants, les plus petits. Le Père Guilloux en avait davantage dans la sienne.
Pour me causer une surprise, le chef organisa une souscription en ma faveur. Chaque famille y contribua pour deux piastres. Pas un n'avait cette somme en caisse. Ils furent obligés de remprunter avec promesse de la rembourser Lorsque l'agent du gouvernement viendra leur payer leur cinq dollars annuels. On peut s'imaginer quelle fut ma surprise et mon ('motion lorsqu'ils vinrent me présenter une bourse contenant $94.00. -J'ai eu de la peine à accepter celte magnifique aumône, sachanl qu'elle venait de gens si pauvres, si dépourvus de tout. Lorsque je leur demandai ce que je pourrais leur procurer pour leur faire plaisir en retour, ils /ne répondirent: "Des objets de piété, des croix, des images, des chapelets, et des scapulaires. Une telle réponse montre leur foi et leur piété.
J'ai quitté le P. Guilloux qui doit retourner à sa mission de Sainte-Gertrude. Mes guides sont, Jérôme Colomb et Célestin Peau de Caribou, deux fameux rameurs et d'excellents garçons. En ce moment une forte brise nous fait, naviguer à la voile d'une façon charmante.
23 août. — Sur la rivière du Bois-brûlé. — Tout va bien. Le bon vent et le beau temps nous ont
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pisfc e aombri
apercev< >ir au m u.
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ment de la miesion de I" venl du Nord nous
aime qui me perm< l'aller rejoindre
"I à la mfssion. 2G a< 'ut . - A la mission de ' avoi un
peu tard. M< nheur ne fui
le b
impal ienc< un jeûne f ilôt ri di
le voir que la pli
la famine, de
1 1 i | our ain li dire que
i plutôt que
pieds et me disait humblement : ".Mon Père enseigne-moi à prier."
("est encore le 1\. P. Bonald qui a l'honneur d'avoir paru le premier dans cet endroit isolé et d'y avoir converti les premiers chrétiens. Mais c'est moi qui ai eu le bonheur de donner à cette mission le beau titre de l'Assomption, en souvenir de ma bien-aimée paroisse de l'Assomption. J'ai eu de plus le mérite d'y construire la chapelle et la petite résidence du missionnaire. Il y a déjà près de 18 ans de cela. Le tout tombe en ruine. Le toit en écorces d'épinette laisse maitenant pénétrer la pluie librement. Une reconstruction s'impose; mais où prendre les fonds nécessaires?.... Nous sommes ici en pays méthodiste. Ce sont les ministres de cette secte qui ont eu l'avantage de venir les premiers. Nos catholiques actuels, une centaine environ, sont des conquêtes sur l'hérésie.
Le présent ministre a un revenu de $1,200.00 et il espère en obtenir $300.00 de plus lorsqu'il aura trouvé une compagne. Si le missionnaire catholique avait la moitié d'un tel salaire, non seulement il pourrait vivre, mais il aurait bientôt construit une jolie maison pour le Dieu-Eucharistique.
Rêve du ministre!!.... L'hiver dernier, il racontait à qui voulait l'entendre, un rêve qui semblait beaucoup le préoccuper. Il n'avait pas un Joseph pour l'interpréter, mais le sens en était facile à saisir. Voici! "Il nu; semblait, disait-il,
que j'étais mort, et que mon âme environnée de ténèbres cherchait la porte du ciel. Elle finit par [a trouver; mais Bainl Pierre, la tenait bow oief.
Mon finie lui demanda de l'ouvrir. — Qui < as?
lui «lit saint Pierre. — Je suis an tel, ministre méthodiste de telle mission. Vite, passez outre; allez
là-has OÙ VOUS VOyeZ OU gTOS feu, il n'y a DOS de
place j m > 1 1 1 vous en Paradis. — Comme je partais, ajouta le ministre, je vis le R. P. Bonald qui arrivait. M était tout lumineux et orné de blanc. — Saint Pierre lui dit, von- êtes le P. Bonald, prêtre et missionnaire catholique? — < >u i , je l«v suis. — < s| bien, entre/: ce Bont de telles gens que nous aimons à recevoir." — Ce rêve a tellement fait impreS8ion sur son esprit qu'il B certaine- velléii paraît-il, de se faire catholique.
ut. — Dimanche. — Il y a eu messe pontificale <•«• matin et confirmation cette après-midi. Grande fut l'admiration de nos chrétiens et des probants présents. Pour eux, la mitre et la cro /•talent une merveille que leurs deux grands yeux noire ne suffisaient pas à admirer. C'était la première fois qu'ils voyaient une telle cérémonie: Qs vont B*en » tuvenir longtemps.
• août . I V imii\ eau en route. 1 .. I '.' coq et moi avons quitté la mission de l'Assomption ce matin. 11 était impossible d*) rester d avant
anse de la famine. Mous sommes actuellement installés dans le canot du ministre qui a eu la bonté
de nous y donner passage gratis. 11 espère peutêtre que par là il aura un meilleur accès à la porte du ciel. Quatre sauvages font la manœuvre, et, nous sommes quatre passagers : le P. Lecoq et moi, puis un jeune méthodiste et un petit sauvage catholique que nous amenons à l'école. Nous sommes tassés les uns sur les autres; c'est à peine si chacun peul trouver place pour ses deux pieds. La position est bien fatigante, mais la bonne compagnie du P. Lecoq me fait oublier les engourdissements. Ce bon Père est un de nos vétérans dans les missions du Nord-Ouest. Il fut mon prédécesseur à la maison Saint-Joseph du Cumberland. Ses cheveux blancs sembleraient exiger la retraite et le repos; mais sa devise semble être: "Non timeo laborem." Aucun travail ne l'effraie. L'hiver dernier, il est allé faire chantier dans la forêt. Avec l'aide d'un bon Frère convers, il a coupé plus de 300 billots, qu'ils ont sortis de la ferêt à force de bras. Je ne doute pas que la porto du ciel ne s'ouvre à deux battants lorsqu'il y arrivera. Il l'aura bien mérité. 30 août. — Sous la tente. — Tout le monde est bien fatigué. Nous venons de faire un portage de trois bons milles à travers des marais impraticables. Chacun a ses parties sensibles. Pour ma part, mes épaules et mes pieds se plaignent de la manière dont ils ont été traités. Les premières ont trouvé le fardeau trop lourd et les seconds regrettent les morceaux de peau restés sur les racines et les pier-
I ,<■ |>;iu\ iv l 'ère Le* ; lui pas le den r{> v b 1 part , malgré son .*S1 août . - - Quelle dure journée <i
I rieu qu Bu tout, cinq de
deux à deux milles et demi de long. Par i quent depuis <•<• matin nous avons fait de 1" ;i L2 milles avec ai ur !<• dos. Ce n'é-
t;ut guère propre ;< nous remettre des fatigues d'h An - joir, chacun est rendu à bout <1< 3 —
Bans plus de détails, j-' cède à l'invitation de mes couvertun
1<t septembre. — Rien <|u<' quatre milles d tage depuis ce matin. Nous nous -entons un peu plus m l'aise. Nous sommes campés sur 1<- fleuve Nelson «jn'il va nous fit Hoir remonter jusqu'i 1 I ial
matin nous avons fcr un portai
le tracé du chemin de fer de la Baie d'Huds Nous avons vu plusieurs arpenteurs qui v travaillent «•Heure. V un jour l< s locomi <\ ivea ma
nœuvrer dan tout à fait Bain II
• probable <|n«' oui . mais quand
leptembre. \ • là à la mission d
( Jroix . ( Iross I iake. I «es protestant aux catholiques pour célébrer mon arrivé* T bous lee ordres du chef, ont pris pai I I /officier de la » >mpagnie, un |
1 .n drapeau. I »e pet it ministre méthod seul est resté à l'éc ■ ■ * I »e bon et vénérable I
Bonald, plus que tout autre était heureux de. revoir son ancien compagnon de la mission du lac Pélican. M y a 24 ans, jour pour jour, nous nous rencontrions pour la première luis à la .mission du Pas. P était déjà vieux missionnaire, et moi tout petit blancbec, sortant du ecolasticat. Je le reconnaissais avec plaisir pour mon supérieur. Voilà que le bon Dieu a changé les rôles et nous réunit à la mission de Sainte-Croix qui n'existait pas alors. Assez pour ce soir. Je ressens encore les effets des ]>ortages, le repos s'impose.
3 septembre. — Dimanche. — C'est vers 189G que je passai pour la première fois dans cette mission de Cross Lake. Jamais le missionnaire n'y avait posé le pied. Aussi, les sauvages manifestèrent-ils beaucoup d'étonnement à la vue de la robe uoire. Quelques-uns me prirent pour un "Wittiko" (mangeur d'hommes). Mais la plupart furent heureux de voir le prêtre catholique dont ils avaient entendu parler plus d'une fois. Un d'entre eux osa même m' apostropher de la sorte: "Toi, au moins, tu es un vrai homme de la prière (prêtre), mais les ministres méthodistes, eux, sont tous de mauvais chiens." L'officier de la compagnie, bien que protestant, me supplia d'obtenir la fondation d'une mission catholique. "Les sauvages sont très méchants, me dit-il, et c'est la faute du ministre qui les gâte." Deux ans plus tard, je repassai en cel endroit. Je reçus les mêmes sollicitations de
la pari du commis. Lu i sauvages se montrèrent très gentils à mon égard. Ils me demandèrenl <!<■ chanter des cantiques, de prier et de leur parler de notre Bainte religion. •!<• le fis volontiers, mais a ne l'ut qu'une Bemenoe jetée en terre.
Le premier jour de l'an L910, j'en recueillis les premiers fruits. Je passai cette journée à Instruire et à baptiser. Dans la Boirée, tous les sauvages, le chef en tête, m invitèrent à une assemblée dans l'école protestante. I .à , tous «l'une voix unanime insistèrent, pour avoir un missionnaire catholique. Je leur promis d'intercéder pour eux auprès des Supérieurs. Puis, je les quittai, le cœur bien touché de leurs bonnes dispositions.
L'été <le la même année, le R. P. Bonald urn- \;nt au milieu d'eux pour ne plus les quitter, arrivée excita le fanatisme du ministre et la guerre fut déclarée en règle. Le I'. Bonald, quoique de petite taille, ne recula jamais. Au contraire, pi que chaque jour, il avait le bonheur d'< quelque victoire Bur l'ennemi. Aujourd'hui, il compte 216 catholiques, ce «pu est près <le la moit ié «le la populat ion* I *resque t. »us tt li« iliqi
avec un l>«'ii nombre de protestant ent réunis
ce matin, dans une jolie chapelle, pour assister h la messe pontificale. On peut s'imaginer quelle impre ion une telle cérémonie a produite Bur ces nou ix couvert is et même bui
Ni mi allons profiter de leurs bonnes disposit !■
pour leur prêcher un triduum avant de leur conférer le sacrement de la Confirmation. J'espère que le Saint-Esprit les rendra de plus en plus fervents et fermes dans leur religion. Il y a même espoir
t[iie dans quelques années, il n'y aura ici qu'un seul bercail et un seul Pasteur.
Il y aurait beaucoup à dire sur le zèle et le dévouement dont le bon P. Bonald a fait preuve dans cette mission. 11 a semé dans la peine et les souffrances. S'il ne récolte pas encore dans toute la joie qu'il aurait droit d'espérer, il a au niojns la consolation d'avoir fait son devoir, et d'avoir gagné bon nombre d'âmes à Jésus-Christ.
5 septembre. — Ce matin eut lieu la cérémonie solennelle de la Confirmation. Quatre-vingt-un sauvages y prirent part et plus de 50 autres auraient dû avoir le même bonheur ; mais ils étaient déjà partis pour leurs quartiers d'hiver.
A la suite de la messe, on fit la nomination d'un chef et de deux conseillers ainsi que de deux gendarmes. On délibéra ensuite sur certaines questions touchant le bien de la mission, puis chacun se retira content et heureux.
11 ne me reste plus qu'à préparer mes pénates pour le départ. Il me faut cependant aller confirmer auparavant deux malades à domicile. Le Père Lecoq, plus vif que moi, a déjà pris les devants avec deux hommes et des enfants, pour son école de Norway lion
Il me va falloir quitter de nouveau mon cher P< I tonald. I te laisser seul , malgré son \ in-
I irmité ■ une chose qui me crè\ e le cœur. ( n'iii-jc un jeune Père â lui donner pour compagnon ! Ce jeune Père aurait bientôt appris la langue indienne el pourrait continuer la conversion «le- méthodistes. Outre cette mission, il y a plusieurs autres endroits où les sauvages protestants ou infidèl s demandent avec instance le prêtre catholique. Nounous voyons dans la nécessité de leur répondre : "Impossible ! nous ne pouvons aller à vous ; les ou vriers évangéliques nous manquent." Réponse bien pénible à l'âme de l'évêque missionnaire!
7 heures, P. M . Je viens de quitter Cross Lake. Notre canot faisait tellement eau qu'il nous m fallu camper ici à trois nulles seulement de la mis-ion.
Je suis avec deux sauvages, un catholique b1 un protestant, Uexandre el Thomas. Il nous r< 60 milles à faire pour nous rendre à Norwaj 11 la prochaine mission. Espérons que le temps nous sera favorable. Non. allons non er on
telldll lit S( Ml . Ilot IV eliriv petite 1 élite.
s septembre. Norw a) I Ion - .I, cette après-midi, un peu à l'improviste. On ne m'at tendait 1 1 tôt I .:i récept ion fut donc
cément i leste et je ne m'en plain ! ma
gnifiquea décorations indiquaient cependant l< «lit iments de • I 'en . du Pi J I
hou Pèn 1 .1 ■«■• k] u'étu it ai 1 1\ t qu'une h< ure i\ ant
nioi. C'est que j'avais de meilleurs hommes que lui. Le personnel de cette mission comprend le lv. P. Lecoq, directeur, le II. P. Thomas, le F. Gautier et quatre Sœurs Oblates du Sacré-Cœur et de Marie Immaculée. Cette mission ne date que de quatre à cinq ans. C'est le K. P. Beys qui a eu le courage de venir s'implanter ici au milieu des protestants. Los débuts promirent une abondante moisson de conversions; mais bientôt le fanatisme des ministres vint arrêter ce bon courant. Nous n'avons encore qu'une trentaine de catholiques sur une population d'un millier environ. Ti y a encore du travail à faire. -Pour favoriser les conversions, on a établi une école-pensionnat. Ce n'est encore qu'un grain de sénevé; mais elle promet pour l'avenir. Les bonnes Sœurs Oblates la dirigent avec beaucoup de tact, et de dévouement. Elles méritent certainement leur beau titre de "Missionnaires Oblates du Sacré-Cœur et de Marie Immaculée." Elles se montrent de vraies et saintes missionnaires. Il est regrettable qu'elles ne soient pas plus nombreuses. Il serait à souhaiter que la Congrégation fut plus connue de nos jeunes canadiennes. U me semble qu'un grand nombre d'entre elles viendraient avec plaisir se dévouer dans nos missions sauvages. Elles aimeraient le titre de "Missionnaires Oblates."
Le bon Frère Gautier, de son côté, est admirable de dévouement. Tout en étant bon religieux, il est
le factotum de la mission. Il s'occupe de pêche, de chasse, de oharpenterie, <lc forgi te. <
le compagnon et l'aide le plus fidèle et le plus précieux pour le missionnaire. Il est content « t heureux. Son seul regret est de ue pas avoir un autre Frère pour compagnon. "Ah! M-r. me disait-il, larmes aux veux, donnez-moi un compagnon avec <|ui je puisse travailler et me dévouer!" est avec un cœur bien attristé que je fus forcé de lui répondre: "Bon Frère, je n'en ai pas un Beul à ma disposition. Que puis-je fairi II y a cepen-
dant tant de bons et braves jeunes gens qui pourraient venir et se taire missionnaires chez nos sauvages. Si quelqu'un désirait recevoir le titre de "compagnon <lu bon Frère Gautier," je le lui accorderais volontiers. J'ai m le bonheur de rencontrer ici le bon Père Turquetil dont j'ai pari.' plus haut. Après s'être procuré à Churchill tous les renseignements désirés pour l'établissement d'une mission chez les Esquimaux, il revint directement par cette voie au lieu de passer par Montréal. Il e^t tout enthousiasmé des Esquimaux, et il ne rêv< que la fondation d'une mission parmi eux. I ■ difficultés sont grandes; mais son eèle et ion dévouement sont encore plus grands. I pécuniaires manquent ; mais ce qui fait surtout défaut, c'est un compagnon. Qui aura le ootirago de B'offrir? Ce compagnon trouvé, commencera l'évangélisation de plus de 3,000 Esquimau
sera une tâohe précieuse et méritoire aux yeux de Dieu. Prions donc le Maître de la moisson qu'il envoie au moins un second ouvrier.
11 septembre. — Le départ est déjà fixé à demain matin. La prochaine station sera la mission Saint-Alexandre, au grand Rapide, 150 milles d'ici, tout le grand lac Winnipeg à traverser dans sa largeur. Le R. P. Turquetil sera mon compagnon. Nous pourrons au moins nous donner mutuellement l'absolution en cas de Gaufrage. Notre embarcation sera un simple canot. Nos guides s'appelleront Thomas Mine et John George.
13 septembre. — Sur le bord du lac Winnipeg. — Assez bonne journée hier; mais aujourd'hui, nous sommes condamnés à rester à la même place. Un gros vent du sud nous empêche de monter en canot. Rien de moins intéressant que d'entendre tout le jour le bruit des vagues, de n'avoir qu'une masse d'eau sans fin à contempler et de languir assis sur le sol sous une pauvre petite tente. Il faut quand même se montrer gai et courageux. La mauvaise humeur ne sert à rien.
Le P. Turquetil le sait; aussi cherçhe-t-il à s'égayer en guettant les mouettes avec son fusil pour les arrêter dans leur vol masjestueux. Il en a déjà un bon nombre gisant sur le sable de la grève. Thomas et John sont allés tendre un laoel pour prendre des caribous. Ces animaux sont si nombreux que leurs pistes dans la forêt sont aussi battues que
celles des bêtes à cornes dans leur pâturage. en tendant des ! o court la
chance d'arrêter le premier qui pae tran-
gler.
enez! Voilà que le Père Tùrquetil vient de faire une nouvelle proi< accombe à la tentation
d'aller l'imiter.
L5 - Encore sur le bord du lac Wm-
nipeg. — Bonne journée. Ce matin, le calme tU . Nous laissâmes sans n t irel el Ba i campement. Nos deux rameurs déployèrent toi leur te que bientôt nous eûmi
couru une dizaine de milles. Tout à coup n bon vieux John < U oh '. Kfus-
!■; !" (d< gnaux, des orignaux I . En
►eaux orignaux apparaissaient sur la grève. Ils «'taicnt à B'abreuver, à prendre un bain el muser : c'était une femelle av< i - deux John < I tarda mettre à leur pour-
suite en Be faufillant à travers les brous Nous continuâmes à ramer Bans bruit. Bienl une détonation Be fil entendre, puis une deuxième, puis un.' t roisième et les t roi laux <le di
dana la forêt . John i nou - fait » mme
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raniér avec toute la vigueur possible. Enfin ; i t tout essoufflés il dou ! cri( : I >■ m moi d'autres balles, j'en ai b ix " te, je
sautai à terre et partis avec lui. Arrivés à deux arpents environ dans la forêt, nous aperçûmes la mère étendue sans vie. Un de ses petits gisait à ses côtés, mais vivait encore. Tout près, le troisième était debout semblant se demander ce qui leur était arrivé. Pour le tirer d'embarras, je lui logeai une balle dans la tête. Une autre balle fit trépasser le blessé, et nous étions en possession de trois belles pièces. La joie de mes sauvages était au comble. Ils allaient avoir de la viande fraîche et même du lait pour blanchir le thé. Mais une difficulté se présenta : Que faire de tant de viande? Impossible de tout mettre dans notre canot. Heureusement que l'indien a toujours un expédient pratique. Ils pratiquèrent une grande ouverture dans la mousse épaisse et froide du marais où nous étions, y déposèrent la viande ; la recouvrirent de mousse et de branches de sapin ; puis, ils dressèrent un épou vantail pour effrayer les loups. A leur retour, cette viande sera encore toute fraîche, ils pourront l'emporter aux Pères et aux Sœurs de Norway House. Que dites-vous de ce genre de glacière? J'ai eu la précaution de prendre avec nous toute la viande de l'orignal que j'avais tué. Il me semblait qu'elle était bien meilleure!
Outre cet exploit, nous avons parcouru aujourd'hui plus de 30 milles. Ce soir, le temps est beau et nous promet une belle journée pour demain. En attendant, nous allons prendre un bon repos.
16 septembre. - Au même endroit. — Tout n'< I pas aussi joyeux aujourd'hui qu'hier. Qd gi vent nous tient captifs sur le bout d'une presqu'île. t samedi; nous devrions arriver à Grand Rapide pour demain. Mais impossible. Il nous faut faire .h 9 ;icî. 9 de résignation malgré nous.
Les hommes profitent de cet arrêt pour fane nne provision de sommeil et pour faire diminuer le volume «le notre provision de viande. S'ils ne sont pas malades, leur pouvoir digestif aura été mis à une rude éprew
L8 septembre. A Grand Rapide. — Enfin nous voilà rendu.- de peines et de misères. Qu'il mauvais ce lac Winnipeg! Sept jour- pour parcourir ce que l'on peut faire en deux journées. Mais, n'importe, nous sommes arrivés sains et saufs, i
lentiel. A peine étions-nous débarqués, qu'un catholique accourt me dm : "vite M-'1', viens, mon enfant se meurt et il n'est pas baptis Je volai auprès du petit malade. J'ai tout juste le tempe de le baptiser, et son âme s'en va jouir du beau ciel du bon Dieu. Quel bonheur pour lui! Et quelle joie pour moi
p.» septembre. Cette mission de Saint-Alexandre du Grand Rapide, compte une cinquantaine «le catholiques mêlés à 200 protestants environ. Malgré ce milieu empoisonné, il- conservent I bien leur foi et l'attachement a leur religion. Il- ne voient cependant le prêtr< que deux fois l'an. Je
les ai visités autrefois pendanl seize ans de ma mission du Cumberland. Je les considère comme mes enfants. Demain, je bénirai le mariage d'une fille que j'ai bapl isée moi-même.
11 y a une jolie petite église que j'ai construite en grande partie. Elle a l'honneur d'avoir des fondations dont la maçonnerie est l'œuvre des mains d'un évêque, Msr Pascal.
C'est par cette mission que j'ai débute' dans mon ministère chez les sauvages, le 24 août L887.
Il y a donc ici des souvenirs qui nie sont chers. de ne puis cependant séjourner longtemps en cet endroit. Si c'est possible, nous repartirons demain pour le Pas. La difficulté sera de trouver des hommes et des canots.
20 septembre. — Nous sommes encore ici et nous sommes condamnés à y rester jusqu'au 26. Les hommes qui sont libres n'ont pas de canots, et ceux (pii ont des canots sont partis à la chasse à l'orignal. J'en suis contrarié, car j'ai bâte d'arriver (die/ moi. Il faut bien se résigner quand même, de vais en profiler pour faire le catéchisme; ils en ont bien besoin.
Ce délai nous donnera aussi l'occasion de pratiquer la pauvreté et la mortification: car il n'y a pas de magasin dans cette localité; de sorte (pie les gens sont à court de tout : ils n'ont ni thé, ni sucre, ni lard, ni tabac, ni allumettes, etc. Nous sommes réduits à la même disette qu'eux. Nous ne vivons
que tje poisson. ( '<■ matin, au moment de corni cer la messe, pas une Beule allumette pour allumer les cierges. Il qous fallut visiter deux aces
nt d'en trouver nue Les pauvres fumi arrachent, selon l'expression des métis. Ils Boni trist iceni leurs pipes vides, sont de mau>
humeur, souffrent el font Bouffrir les autres. Pour j< me moque d'eux < n leur démontrant h Lis - »nt i sclaves d'une pauvre i t i I mpo [uand même de les com i
! ne larme au coin le l'œil, ils soupirent après un pet it morcea u de fcab ic. 1 1 est bi< n vrai de dire : "qui ;i l»ii boira , qui a fumé fumera . ' '
ptembi 3 heures I '. M . Nous
enfin quitté la mission du Grand Rapide ce matin. Nous avons «I p monté huit milles de rapide. Mais nous voilà arrêtas par le vent en face du lac de Tra Le vrai Keewatin (vent du Nord) nous ap te \v fn "il in même temps que
1 1 i faut d< >nc enc< >re prendre [Kit ienee ma ' l'en\ ie d'aller en ;i\ ant.
I (tenibre, 5 heuri P M . I .. î . ccil nie ce matin, ma froid r/eau I aux
lu canot .i\ iron Rllè en :
tant «I m ma burette pendant qui
la tente. Un 1 proj hauffer I
in m i . 1 1 1 « >ns l'Iu ! h I profité du calme pour monter l<
el pour traverser la moitié du lac des Cèdres; mais de nouveau, nous voilà arrêtés dans une île, cette fois, par le vent du sud. Kncore patience! Patience!! — Nous n'avons plus que de la galette sèche à manger. C'est peu appétissant, et le brûlement d'estomac donc ! !
28 septembre. — 4 heures P. M. — Juste au moment où je me mets en fiais d'écrire, les hommes s'écrient "Pasitak ! Pasitak ! ! (embarquons! embarquons!); Le vent, en effet, semble se calmer et nous donner enfin notre liberté. Allons! plions bagage et vite en canot. Adieu ! ! chère petite île. Merci de ta bonne hospitalité; que serions-nous devenus sans toi?
*29 septembre. — Nous avons réussi hier soir à traverser le fameux lac des Cèdres. Il était tard quand nous avons atteint la rive opposée. Nous avions ramé cependant comme des braves. Ce lac, découvert par des Français, avait reçu primitivement le nom de lac Bourbon. Mais plus tard, les Anglais le nommèrent Cedar Lake, (Lac des Cèdres) et c'est ce dernier nom qui prévaut à présent. Il est d'ailleurs bien choisi, car de tout l'Ouest, il n'y a que dans les îles de ce lac que l'on voie du vrai cèdre. Nous naviguons en ce moment sur la rivière Saskatchewan. Le courant est très rapide. 11 faut faire manœuvrer l'aviron. Le Père Turquetil et moi, en avons un dont nous nous servons alter-
nativement. - Il fait très chaud aujourd'hui soleil nous brûle la figure.
1er octobre. Fête <lu Saint lê».> lire.
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