‹ Décadence et chute du systême de finances de l'AngleterreChapitre 1 sur 5 · A SES CONCITOYENS · texte numérisé non relu

A SES CONCITOYENS

D EPurs assez long-tems , le gouvernement actuel de 1 Angleterre en a imposé par un système de finance , qui doit a !a fin s’écrouler.

L esprit de parti qui a intéressé toute l’aristocratie de l’Europe contre nous, dans la guerre que ce gouvernement orgueilleux nous a suscitée, soutient encore cet édifice chancelant ; mais les appuis qu’un fanatisme d’opinions et de craintes exagerees lui ont prêté , ne feront que précipiter sa chûte avec plus de fracas.

Déjà toutes les classes de citoyens en Angleterre voyent i’abîme prêt-à engloutir leurfortune : la banque est aux abois ; et le monde commer4:ant s empresse de retirer ses capitaux d’un pays me,nacé d une subversion inévitable.

, où les Français doivent

s estimer ce qu’ils valent. Leur constitution actuelle et les ressources de la république offrent aux capitalistes timides les garanties les plus sûres.

la France , près de jouir du fruit de ses victoires appelle les développeinens de l’industrie; elle a aujourd’hui les premiers droits à la confiance , et n’a plus besoin que d’organiser les institutions nécessaires pour la fixer.

Parmi ces institutions , celle d’une BANQpE tient le premier ordre. Si les propositions qui ont été faites sur cet objet n’ont pas réussi , c’est que l'on a . dans le nouveau régime , voulu enter cet établissement sur un autre qui avait appartenu à l’ancien , et que l’on n’a point su y introduire ce qu’il fallait pour le rendre populaire.

Qu’on se hâte donc de reprendre ce projet sut de nouveaux principes ; que les citoyens opulens le réalisent d’une manière vraiment digne de la liberté; qu’ils s’empressent d acquérir ainsi des droits à la reconnaissance du peuple; quils se lancent avec confiance , et qu’ils ne craignent pas de se montrer riches, s ils se montrent en meme-tems Républicains.

L’écrit dont je leur offre la lecture , éveillera sans doute en eux une juste défiance sur tous les placemens qu’ils peuvent àvoir faits de leur fortune dans l’étranger. Beaucoup d'entr’eux peutêtre ont eu l’aveuglement de l’envoyer en Angle-

terre , au commencement de la révolution , et même depuis : mais quelque part qu ils Tayent placée, quand ils connaîtront bien l’état boursoufflé du crédit de l’Angleterre , sa part dans toutes les transactions des places de change de l’Europe doit les faire trembler.

Qu’ils rappellent donc promptement leurs richesses dans leur patrie , où, depuis six mois au moins , ils auraient dû les avoir fait rentrer ; qu’ils se hâtent même , s’ils veulent^ cueillir leur parc de gloire dans la défense du gouvernement républicain, et s’ils veulent éviter la punition qu’autrement la providence toujours juste , et la nature des choses réservent évidemment à leur timidité.

La révolution des Etats-Unis de l’Amérique et la nôtre ont montré que l’homme de génie, capable d’avançer l’esprit public des terni où il vit , obtient quelquefois , avec quelques feuilles d’impression , des victoires plus décisives que celles d’aucun général.

Telle paraît être la destinée de ce dernier écrit de Th. Paine , accoutumé, comme on sait , aux plus grands succès révolutionnaires.

Th* Paine , à qui des patriotes égarés par de perfides Sinon , les agens des rois , ont fait plus

de mal que ceux-cî ne pouvaient jamais lui en faire, directement ; Th. Paine q i souffert plus d’un ah d incarcération , subi une c. iielle maladie et contracté , au Luxembourg , une infirmité qui nienàce ses jours ; Th. Paine qui n'est même sorti de cette affreuse prison que trois mois après le g Thermidor , et que les agens de Pitt eussent probablement fait périr sur l’échaffaud, sans cette journée ; Th. Paine pardonne et oublie tour pour V amour DE LA liberté : il n*a pas élevé un seul reproche : il excuse régarcment des patriotes qui ont été ses persécuteurs : il ne voit que les complices des rois qui les ont égarés ; et toujours malade , il ne travaille encore qu à combattre les ennemis des droits de Phomme et de ceux des peuplés,

Puissent tous les Français imiter enfin cetté magnanimité , et remplir les plus glorieuses destinées qui aient encore été données sur la terre à aucune nation !

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