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PLANCHE IX

PROCEDES qu'emploient LES INDIENS GALIBIS, DE LA GUYANE, POUP, LA FABRICATION DE LEURS POTERIES

Fig. 1. Boudins de terre glaise en cercles superposés pour former la panse du vase (1" temps du travail).

Fig. 2. — Cylindre obtenu par raclage de ces cercles (2" temps).

Fig. 3. Cylindre avec boudins superposés (ébauche du goulot) et en partie

raclés (S'^ temps).

Fig. 4. Cylindre avec goulot complet formé de boudins en terre de plus

en plus étroits (4'' temps).

Fig. 5. - Vase terminé avec bouchon.

Fig. 6. — Fragment de calebasse avec bord denté servant à racler la terre

et à la régulariser.

(Toutes ces figures sont environ à moitié grandeur naturelle).

SUR LES PROCEDES QU'EMPLOIENT LES INDIENS GALIBIS POUR LA FABRICATION DE LEUR POTERIE

I/éliidedes procédés iiuluslriels présente toujours un vif intérêt, surtout quand il sagil dune manifestation etlino^Maphi(pie aussi importante (jue l'est la poterie.

\']\\ 18S2. le Jardin d'Acclimation exhibait des Indiens (lalibis. de la (luvane. Nous avons pu les étudier longuement et observer le singulier mode de labrication di' la jxilerie mis en (inivre par une vieille femme (jui fabri- (piail les vases.

KUe comnienvail d'abord par disposer sur une planche une sorte de dis- (jue de terre glaise, puis elle y superposait un boudin de cette même argile disposé en cercle et dont les deux extrémités étaient soudées par pression. I^Ile superposait ainsi plusieurs boudins en cercle, comme le montre la lig. I. pi. 1\. Knsuite, au moyen des doigtset surtout en raclant avec un fragment de calebasse dentée (fig. O), elle régularisait les deux faces en amincissant la paroi et obtenait un cylindre 'lig. 2).

KUe posait alors dessus des cercles formés des mêmes boudins, mais de plus en plus étroits et comme lindicjue la figure 3 dans sa partie droite, les amincissait comme elle avait fait pour la panse du vase. Klle terminait en superposant de petits cercles en boudins de terre devant constituer le goulot (lig. 4), puis elle les régularisait et les amincissait par raclage comme pour les autres parties du vase. \'A\v linissait ainsi par obtenii* une bouteille, nalurellement un peu moins régulière que si elle avait été faite au tour, mais d un galbe intéressant. Elle terminait en façonnant un bouchon destiné à couvrir le goulot I lig. o .

Après avoir laissé un peu sécher le vase, elle le badigeonnait avec de l'ocre rouge délayé dans l'eau. Lorsque la dessiccation à l'air était assez avancée, elle lustrait le vase. Dans cet état, la poterie est assez résistante. Nous avons pu en conserver depuis cette épocjue un spécimen.

Pour faire cuire ce vase, elle formait une sorte de petit four rectangulaire au moyen de pierres disposées sur le sol. l^Ue le chautlait fortement au

bois, puis y déposait le vase et entourait le tout de charbon incandescent. Elle entretenait le feu pendant une ou deux heures et laissait ensuite refroidir durant la nuit.

C'est là un curieux mode de fabrication dont nous avons reproduit les multiples temps, indiqués ci-dessus, par diverses pièces, déposées par le professeur Hamy dans la vitrine desGalibis au Musée d'Ethnographie du Trocadéro.

Ce procédé paraît, d'ailleurs, avoir été d'un usage très fréquent dans l'antiquité, aussi bien en Amérique qu'en Europe et en Asie. C'est à peu près le seul qui permette de façonner de grands vases, le seul au moyen duquel ou puisse, dune façon relativement assez simple, fabriquer des vases un peu réguliers lorsqu'on ne se sert ni du tour ni même de la tournette. Il était intéressant de pouvoir suivre ce procédé dans ses divers temps d'exécution.

Au point de vue de l'origine de cette méthode, on pourrait supposer qu'il s'agit d'une adaptation toute particulière à une matière spéciale, de la mélhode de la vannerie, qui paraît avoir été un des procédés industriels les plus anciens. Ce mode de fabriquer la poterie est certainement très primitif et doit se ranger à côté de la méthode au poussé, qui consiste à enduire d'une couche d'argile fortement comprimée la paroi interne d'un panier. Celui-ci, étant mis au feu, disparaît, tandis que son revêtement interne se cuit et constitue un vase reproduisant la forme du panier avec empreinte sur sa paroi extérieure du tressage du panier.

(iCtte méthode et celle de la construction en boudins de terre paraissent avoir été l'origine de la fabrication de la poterie et avoir persisté jusqu'à nos jours (1). A ce titre, ces deux procédés pouvaient être ra])prochés.

(1) On fabri(iuait dans le Midi de la France, il y a peu d'années encore, de grands vases à l'usage de saloirs, par ce procédé des houdins d'argile superposés.

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